02 août 2009

BIO : Régénération neuronale in vitro.

La réparation du système nerveux central a longtemps été considérée comme impossible, cependant des chercheurs français de l'INSERM, du CNRS et de l'Université Pierre et Marie Curie (*) viennent de montrer que la régénération des neurones après un traumatisme était possible. Ces travaux menés in vitro viennent d'être publiés dans la revue Plos One.
L'équipe dirigée par Alain Privat a montré qu'un élément essentiel freinant cette régénération était dû à l'activité des astrocytes qui, en cas de traumatisme ou de lésion de la moelle épinière, constituent un cicatrice isolant les neurones. Les astrocytes synthétisent la GFAP (Glial Fribillary Acidic Protein) et la Vimentin, deux protéines qui isolent le neurone endommagé afin de ne pas perturber le bon fonctionnement du système nerveux central.
Cette "cicatrice" constitue une sorte de grillage impénétrable hostile à la régénération axonale et donc à la propagation de l'influx nerveux. En cas de traumatisme important, ces cicatrices engendrent la paralysie motrice.
Afin de bloquer la formation de ce tissu cicatriciel, les chercheurs ont utilisé une technique de thérapie génique basée sur l'utilisation des ARN interférents. Ces petites séquences d'ARN fabriquées sur mesure ont été, à l'aide d'un vecteur thérapeutique viral, introduites dans le cytoplasme d'astrocytes mis en culture. Une fois dans la cellule, elles activent des mécanismes qui bloquent la synthèse des deux protéines secrétées par les astrocytes et responsables de la formation de la cicatrice. Grâce à cette technique, les chercheurs ont réussi à contrôler la réaction des astrocytes, et quand ceux-ci sont cultivés avec des neurones, à favoriser leur survie et à déclencher la repousse axonale.
(*) Unité Inserm 583 "physiopathologie et thérapie des déficits sensoriels et moteurs" et Centre de recherche de l'institut du cerveau et de la moelle épinière (UPMC / CNRS / Inserm).

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