25 mars 2016

BIO - SHS : Attendez demain, c'est aujourd'hui la journée mondiale de la procrastination décrétée par l'ONU.

25 mars : Journée mondiale officielle de la procrastination.
Selon une équipe de chercheurs du Départément de psychologie et de neurosciences, et du Département de génétique l'Université du Colorado à Boulder (USA), la procrastination et l'impulsivité seraient influencés par des mêmes traits génétiques. Selon une étude publiée dans Psychological Science (lien), près de 50 % de ces traits génétiques seraient à l'origine de ces deux comportements particulièrement caractéristiques de la personnalité de chacun.
Comme Procrastination et impulsivité semblent génétiquement liées, il est fort probable que ces deux tendances comportementales aient évolué ensemble de manière phylogénétique. Et plusieurs facteurs leur seraient associés, tels le stress et la dépression. Une source de la procrastination et de l’impulsivité pourrait également résider dans l’oubli ou la perte de vue de ses objectifs, plutôt que dans une simple tendance à toujours repousser à plus tard. Reste à savoir si c'est la société moderne, dans laquelle, l'homme ne chasse plus pour vivre, n'a plus besoin de faire du feu, etc. et où tout est facilité, sans besoin de faire d'efforts, sans plus d'urgence vitale immédiate, est une cause facilitante ou si elle n'est qu'une conséquence de cette dimension évolutive.
L'étude a porté sur 181 paires de jumeaux identiques et 166 paires de faux jumeaux. Outre l'origine génétique, il existe un chevauchement certain entre les deux traits de caractère qui seraient liés à l'aptitude à une forme de distraction, lorsqu’on poursuit un objectif sur le long terme. Les procrastinateurs auraient tendance à succomber à une récompense sur le court terme, abandonnant leur but ultime et ayant des difficultés à gérer leurs ambitions. Les chercheurs s'attachent dorénavant à découvrir si les deux traits sont liés à des capacités cognitives telles que les fonctions exécutives, et s’ils influencent l’autorégulation au quotidien. Quant à la journée mondiale de la procrastination, elle a été fixée par les Nations unies en 2014, la première journée mondiale de la procrastination ayant eu lieu le 25 mars 2010. Elle est reproduite depuis tous les ans à la même date. L’idée a émergé à la parution du livre « Demain c’est bien aussi » de Kathrin Passig et Sascha Lobo, publié en 2009 et qui a connu un vrai succès en Allemagne. L’ouvrage, très vite traduit en français en 2010, vise à déculpabiliser les procrastinateurs ; l'ONU semble les avoir suivis, d'autant que maintenant, on sait que c'est n'est pas tout à fait de leur faute mais, pour la moitié, celle de leurs ancêtres. Enfin, on verra ça demain ...

24 mars 2016

DIV : 10 ans de RACAM - Un siècle d'innovation dans l'aéronautique

RACAM (Rencontre Aviation Civile Aviation Militaire) fête le 12 mai 2016 sa 10e édition, au Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget.

L'innovation dans l'aéronautique - Un siècle de fertilisation croisée des domaines civil et militaire
Jeudi 12 mai 2016 - 14h30-19h00
Musée de l'Air et de l'Espace - Le Bourget

La fertilisation croisée, le mélange des ADN des deux grands partenaires de l'aéronautique, civile et militaire, telle sont la source et la condition de l'un des domaines d'innovation majeur qui, depuis cent ans, irrigue le monde d'aujourd'hui et celui de demain. L'innovation adresse tous les domaines de l'aéronautique, que ce soit celui des appareils, de leurs structures, leurs équipements et leurs performances, où celui des systèmes qui planifient, organisent et assurent leurs efficacité et performance. Elle concerne également leur sécurité et celle du ciel, celles des acteurs et des usagers qui peuvent ainsi mieux communiquer, collaborer, se rencontrer et voyager, mais aussi la sécurité des nations et des citoyens. L'innovation en aéronautique, c'est aussi un domaine sans précédent de transfert, pour irriguer les autres transports, l'économie, la santé de demain, l'usine du futur, sans oublier les méthodes, les procédés et la structuration d'organisations complexes, toujours en mouvement, en poussant à la fois les deux concepts d'efficacité et de vitesse. Rarement un domaine n'aura été aussi fertile, aussi innovant, créateur d'idées, de richesses et d'applications. Il est dû à la passion d'hommes qui se réunissent depuis cent ans autour d'un pari, initialement fou de quelques-uns et aujourd'hui accessible à tous : voler avec des machines. Tel est le message qui sera développé autour des plus grands acteurs nationaux de ces deux domaines aussi intriqués qu'inséparables et complémentaires.
RACAM est depuis dix ans le lieu privilégié d’échanges entre les grands acteurs du monde aéronautique, en réunissant les hauts responsables de l’aviation civile et des armées, les grands industriels, les dirigeants de compagnies aériennes et d’aéroports, les unions et groupements professionnels, les associations et, globalement, tous les acteurs et utilisateurs majeurs de l’espace aérien. Cet événement annuel unique en Europe est l’occasion d’évoquer des sujets d’actualité et d’identifier de nouvelles synergies dans le but commun de bâtir une aviation plus performante, un ciel plus sûr et un avenir réussi pour ceux qui volent ou font voler.
Au Programme de ce 12 mai, dès 14h30, Ouverture et allocution de bienvenue du président de RACAM, le général Gilles Desclaux, puis Allocution d’ouverture du chef du chef d’état-major de l’armée de l’air, le général André Lanata.
Une première session sera consacrée à l'innovation aéronautique, principe immuable, avec Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, Bruno Sainjon, IGA et président-directeur général de l'ONERA, 
Marwan Lahoud, directeur général délégué du groupe Airbus, Jean-Yves Le Gall, PDG du CNES, et Pierre Éric Pommellet, vice-président exécutif de Thales.
Mme Catherine Maunoury, directrice du musée de l’Air et de l’Espace interviendra à mi-temps. 
La deuxième session rappellera que l'aéronautique est une aventure d'hommes visionnaires et passionnés, avec le général Stéphane Abrial, directeur général délégué de Safran, Patrick Jeantet, directeur général délégué de ADP, Jean-Pierre Letartre, PDG de EY (Ernst and Young), et le général Richard Reboul, commandant du CEAM (Air Warfare Center) de l'Armée de l'air. 
L'allocution de Patrick Gandil, directeur général de l’Aviation civile, clôturera les débats. 
Renseignements et inscriptions (ici) - tél : 02.85.52.40.02  - mail : racam@ienair.fr

22 mars 2016

DIV : Serpentex 2016 - Solenzara.

Du 7 au 25 mars, une flotte aérienne remarquable se retrouve en opération d'exercice tactique sur la base aérienne 126 de Solenzara, à Ventiseri, en Corse.
Chaque année depuis 2007, Serpentex est l'exercice "à l'échelle" pour l'entraînement aux opérations extérieures, telles celles du Mali, de Centrafrique, de la bande sahélo-saharienne (BSS) ou du Levant.
Rassemblant plus d'un millier d'hommes de plusieurs nationalités, l'exercice 2016 réunit surtout 7 Rafale, 11 Mirage 2000, 1Casa, 1Transall, 2 Fennec, 2 Tankers, 4 Hawks britannique, 1 Learjet allemand, 2 B52 américains, 2 AMX italiens, un drone Harfang ... flotte qui doit évoluer au fil des jours pour rassembler 13 nations alliées.
Plusieurs vagues d’aéronefs effectuent, de jour comme de nuit, des missions d’appui aérien selon des scénarios complexes et réalistes. Les unités de contrôle aérien avancé (JTAC : Joint terminal attack controllers) se concentrent que les procédures d'appui aérien rapprochés (CAS : Close Air Support) pour mener les tirs sur le champ de tir de Diane. Les procédure CAS assisté par l’emploi d’outils numériques (DACAS: Digital Aided CAS), les missions de coordination de frappe et reconnaissance (SCAR : Strike Coordination and Reconnaissance), et les moyens de renseignement et information (ISR : Intelligence, Surveillance and Reconnaissance) sont notamment testés en situation "dense".d'activité.
Un exercice grandeur nature ou les forces sont conjuguées aux procédures et moyens de C2 pour l'organisation de grands systèmes complexes en situation critique. Un chercheur de l'ENSC sera présent pour cela sur site, le 22 mars, lors d'une journée de démonstration aux personnalités et aux partenaires industriels, académique et de réserve.

21 mars 2016

IA : Robotique - Google n'investit plus dans les Replicant(s) ...

D'après Bloomberg (ici), Alphabet Inc.; qui est la maison mère de Google, se séparerait de "Boston Dynamics", la compagnie des robots autonomes, chiens de transport et humanoïdes développés initialement par la DARPA pour les combattants du futur (Waltham, Massachusetts, USA).
C'était en 2013 que Larry Page avait annoncé qu'Andy Rubin, ancien directeur d'Android que Google avait racheté en 2005, s'occupait de nouveaux projets et notamment de la division "Replicant", consacrée à la robotique, et créée suite au rachat de huit start-up dont Boston Dynamics. Le départ de Andy Rubin fin 2014 laissait Replicant sans réelle direction ni stratégie, avec des projets peu compatibles avec les activités centrales de Google, sans rapport entre-elles, et surtout sans débouché financier à court-terme. 
Alphabet a donc rendu son verdict : les équipes de Boston Dynamics sont perçues comme incapables de concevoir un produit commercialisable, il convient donc de s'en séparer. Quant aux autres chercheurs de Replicant, il sont intégré sous la direction de Astro Teller à la division X avec la perspective d'être réfractés sur d'autres sujets que la robotique, celle-ci pourrait alors être abandonnée purement et simplement par Google.
Trois conclusions et commentaires à cette nouvelle donne : (1) Difficile de faire du transhumanisme à court-terme, (2) des projets fous chez Google, mais dans le seul cadre d'une culture Google et d'un moule strict et rentable Alphabet, (3) des perspectives sombres pour la robotique au sein de Google...
Des suites intéressantes sont à attendre, surtout que le Toyota Research Institute et Amazon se sont déjà annoncés comme repreneurs potentiels. 

18 mars 2016

DIV : Pour une "Université du Futur" en Aquitaine.

Souhaitée par le Président du Conseil Régional d'Aquitaine et annoncée lors de sa dernière campagne électorale pour la Région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, l'Université du futur en Aquitaine doit permettre de doter la région d'un dispositif de recherche, formation et transfert, sensibilisation citoyenne et ouverture au monde concernant les révolutions numériques. Il s'agit d'une urgence stratégique absolue.
Nous passons à une vitesse inconcevable d’un ancien monde, semblant immuable et régi par les régularités, à un nouveau monde de plus en plus numérique, et auquel la plupart des citoyens ne comprend plus rien, dans un écart entre méfiance absolue et abandon dans une confiance totale aux politiques, économistes et scientifiques. Donner une vision panoramique du nouveau monde, en débattre, créer des vocations et permettre à chacun de mieux anticiper l’avenir, en mobilisant les forces vives pour l'avenir digital seront les principales missions de « l’Université du Futur en Aquitaine ». Cette structure à inventer devra notamment contribuer à transformer les menaces des technologies de rupture en opportunités de développement scientifiques et économiques, et donc en création de richesse et d’emplois.
L'urgence : face à un tsunami technologique qui submerge le monde, la première vague numérique a été surfée par les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) américains, une seconde voit le réveil de la Corée du Sud, l'avance du Japon et d'autres grands majors de l'IA, des biotechnologies et de l'hybridité. L’Europe est en retard. Elle doit se mobiliser pour aborder les vagues suivantes. l'une d'elles est celle des NBIC (Nanotechs, Biotechs, Infotechs, Cognotechs). Il y va de son avenir, de son indépendance, ou… de son déclin.
Le défi est immense. Orienter le destin de tous, jeunes et moins jeunes, mais aussi générations futures, à long terme, revient au politique. Pour l'heure, son monde reste sourd aux alertes et aux souhaits d'un monde scientifique en alerte, qui voit l'avenir s'inventer sur les bords américains du Pacifique, en Asie du sud-est ou dans quelques pays dont on ne sait parfois pas trop grand-chose. À l’instar des initiatives des géants du numérique, des instances de la défense américaine, des firmes chinoises, japonaises et coréennes, les spécialistes des NBIC colonisent le cybermonde. On connaît les 1400 milliards d’euros de valorisation des GAFA, mais on ignore aussi les avancés plus discretes de la robotique et de la cobotique, celles de l'intelligence artificielle, de la génétique ou des nanotechnologies dans la transformation du monde, la transformation de l'homme, la transformation de la biosphère, et bientôt celle de l'espace.
Face à un tel déferlement, et malgré l'ignorance des élites politiques et le quasi-analphabétisme technologique des citoyens, il convient d'urgence de donner à chacun les moyens de ses choix, aux scientifiques ceux de la recherche et aux entreprises ceux de la compétitivité pour aborder l'avenir en position dominante, ou pour le moins non dominée. Face à l'actuelle mainmise du marché du numérique par les géants américains, à la captation de valeur et au déclin de l'économie européenne, il faut réinventer un moyen d'aborder les nouvelles frontières en valorisant les meilleurs cerveaux, notamment en les gardant, sans qu'ils ne fuient vers les côtes californiennes ou de l'est américain. ce sera dans l'échange, et le rééquilibrage que l'avenir peut se construire, pour retrouver une Europe qui a créé l’aéronautique, l’électricité, la chimie, l’auto, le téléphone et le cinéma, et qui abandonne le numérique et son implication sur le vivant, y compris sur le statut génétique même de l'homme, à l'étranger, sans contre-pouvoir, sans compétition, sans alternative autre que le clientélisme ou la soumission.
Dans le cadre d'une rupture de la distanciation, l’ “Université du Futur en Aquitaine” pourra former, informer et susciter ces débats philosophiques et technologiques, organiser la réponse scientifique et économique, promouvoir l'entreprise, les écoles d'ingénieurs et les laboratoires. Faire tomber les frontières, alors que de vieilles barbes discutent encore des différences entre SHS et TIC, des limites jusqu’ici établies entre vivant et non biologique s'estompent. La naissance de l’intelligence “non biologique”, pas seulement celle qui bât les joueurs de Go ou pose des diagnostics médicaux, trouve aujourd'hui des ouvertures dans l'hybridité, dans la biologie de synthèse, dans l'intrication homme-système, dans l'autonomie d'êtres virtuels et pourtant dont les actes et conséquences d'actes sont bien réels.
Derrière les NBIC, il y a des mutations économiques qui se profilent, avec Google et Apple constructeurs de voitures, fournisseurs de santé, et bientôt peut-être d'implémentation de la pensée.
J'ai vécu les époques où l'on niait la possibilité de la suprématie artificielle sur les jeux d'intelligence alors que le dernier vient de tomber, celle de l'impossibilité du décodage du génome aujourd'hui possible à quelques dollars, de l'hybridité artificielle dans la reproduction de la vie, frontière elle aussi tombée l'an passé, la possibilité des robots amoureux, des voitures autonomes, du terrorisme numérique, etc. La poursuite de l'autisme politique et scientifique n'est plus tenable. Le choc idéologique à négocier d'urgence sera moins douloureux que celui de l'asservissement des peuples ou même de leur disparition au profit des seuls technologues américains, asiatiques, ou pire, religieux.
Face à cette bombe sociale, économique, de civilisation, les positions acquises disparaissent, comme Kodak au profit des téléphones. Ceux qui n’ont pas saisi les opportunités de la compétition universelle du futur numérique sont probablement, sans le savoir, déjà d'un autre siècle.
L'Université du Futur, c'est une chance de recoller à l'avenir, de développer les orientations stratégiques et mélangées, scientifiques, culturelles, technologiques, économiques, pour s'inscrire dans le futur en marche. En s'appuyant sur les forces vives de la région, les clusters, les pôles de compétitivité, les lycées, les écoles d'ingénieurs, les universités, sur les étudiants et scientifiques, sur les entreprises et les laboratoires, sur les systèmes de santé, industriel et de défense, sur les associations culturelles et sociétés savantes ... toutes les volontés et les intérêts sont à mobiliser. L'Université du Futur en Aquitaine est l'opportunité de donner à la région la dimension de leader dans la compétition européenne pour son avenir, son indépendance et le pleine réalisation des ses citoyens pour une vie qui, que l'on le veuille ou non, sera numérique.

17 mars 2016

IA : La Corée du Sud dans les starting-blocks de l'Intelligence Artificielle.

Jeudi 17 mars 2016 - Séoul. 
A l'issue de la série de matchs qui a opposé le champion du monde de Go Lee Sedol et la machine AlphaGo de Google (voir ce blog), le gouvernement sud-coréen a annoncé son intention de faire de la Corée du Sud  un des pays majeurs de l'Intelligence Artificielle. Face aux multiples critiques publiques contre le gouvernement dans le fait que la Corée du Sud reste un outsider dans la préparation de la 4eme révolution industrielle, celui-là a annoncé officiellement un investissement de 1 milliard de Won (quelque 760 millions d'euros) dans le but de stimuler l'industrie de l'IA en Corée d'ici 2020.
Les firmes Samsung LG Electronics, SKT, KT, Naver, Hyundai seront de la partie avec un investissement de 3 milliards de Won chacune.
Au programme, un centre de recherche pour la R&D de l'IA, commun avec ces majors de l'électronique, de l'informatique, de l'industrie... 
Pour ce qui est des chiffres, le marché mondial de l'intelligence artificielle a été estimé à 165 milliards de dollars US en 2016. La Corée du Sud n'y représente que moins de 3,5%. L'entreprise consiste donc à doter le pays des moyens de hisser la Corée du Sud à un niveau international de compétitivité, et comme l'espère les dirigeants sud coréens, juste derrière, voire au niveau des leaders américains.
Lien : Wonhap News Agency (ici).

IA-DIV : Formation Cobotique des enseignants et chercheurs de l'ENSC

Deux journées d'apprentissage avec les deux nouveaux cobots de l'école. Ces jeudi 17 et vendredi 18 mars 2016, les experts de Aerospline CRAM (Coopérative Robotics for Aerospace Manufacturing) sont venus former les enseignants, chercheurs et doctorants de l'ENSC.
Deux bras articulés collaboratifs "Universal Robots" UR3 viennent d'entrer dans la plateforme technologique de l'ENSC.
Trois objectifs et projets : (1) Ouvrir la formation d'ingénieurs et la formation continue (DU cobotique) à la cobotique effective avec des projets autour de l'hybridité anthropotechnique; (2) Développer les transversalités vers les axes d'excellence UX et KX; (3) Donner à l'ENSC une visibilité en cobotique, au même titre que l'intégration homme-système (IHS) dans les cockpits des avions et automobiles, le command and control (C2) dans la gestion de crises et la simulation organisationnelle, le bio-monitoring et les brain-computer interfaces (BCI), l'accessibilité des technologies, l'intelligence artificielle (IA) collaborative et partagée, l'aide au handicap et les TIC-santé, etc.
De belles perspectives pour nos futurs ingénieurs et diplômés de l'ENSC Bordeaux INP.

15 mars 2016

IA : More than Moore - la Loi de Moore revisitée.

C'est officiel ... pour le moins pour les scientifiques.
Dans un article publié le mois passé dans "Nature" (ici), Mitchell Waldrop, éditeur de la revue et spécialiste de l'IA et des sciences de la complexité, annonce une rupture fondamentale avec la "Loi de Moore" dans la conception des microprocesseurs.
Depuis quelque cinquante ans, le développement des composants électroniques répond à un principe selon lequel leur nombre se multiplie régulièrement sur chaque puce pour chaque période temporelle. Cette loi, dite "Loi de Moore", décrivant ce développement exponentiel a subi plusieurs adaptations. Une version "Moore v1.0" est initialement publiée en 1965, prévoyant le doublement des semi-conducteurs sur les chips tous les 12 mois (x2<->1 an). La version "Moore v2.0" de 1975 dispose qu'un doublement des transistors est prévu tous les 2 ans (x2<->1,96 an). Enfin, une version plus générale "Moore v3.0", en 1992, s'accorde sur un doublement de n'importe quelle caractéristique (puissance, capacité, vitesse, fréquence…) tous les 18 mois (2<->1,5 an) avec la "feuille de route" de la « Semiconductor Industry Association » (SIA). On le voit, le développement est expansif et illimité, abordant rapidement des vitesses de développement de plus en plus faramineuses.
Pourtant, cette loi n'est plus adaptée aux générations d'objets connectés. On aborde donc une nouvelle adaptation, une version 4.0 que l'on désigne par l'expression « more than Moore ».
Les microprocesseurs de cette époque nouvelle consomment déjà moins d'énergie et intègrent de multiples capteurs. Ils contiendront bientôt d'autres éléments structuraux tels que des puces GPS, de la mémoire vive d'inspiration biologique, des puces Wi-Fi ou autres destinées à la communication des objets entre eux, des gyroscopes, accéléromètres, boussoles ou même sextants. L'époque est aux "puces hautement intégrées". Cette évolution révolutionne la loi de Moore en ce sens qu'elle apporte des propriétés bien plus importantes qu'un processeur deux fois plus rapide que le précédent pourrait le faire. Ce principe est défini dans l’« International Technology Roadmap for Semiconductors » (ITRS) de 2013. L'histoire de cette modification trouve sa source dans deux contraintes majeures.
La première débute en 2000 quand il devient évident qu'une "mise à l'échelle géométrique" qui correspond à la réduction de la taille des composants pour avoir plus de transistors sur une même surface, touche à sa fin. Les modifications techniques imposées aux composants pour leur faire suivre la loi de Moore amène en 2011 à passer à la conception 3D de transistor en silicium de 22 manomètres (1nm=10^^-9m). Émergent alors plusieurs types de problèmes inhérents d'une part à la taille des transistors par rapport à la longueur d'onde qui les parcourt, et d'autre part à la chaleur produite par rapport à la fréquence du processeur. Des constructeurs se voient obligés de repousser leur conception des transistors de taille inférieure. Ainsi Intel qui prévoyait des tailles de 10nm en 2016 se voit contraint de les annoncer au mieux pour la fin 2017. Avec un tel décalage, la limite physique de 2 ou 3 manomètres ne serait pas atteinte avant 2020.
La seconde contrainte est celle de la "Loi de Rock". Celle-là postule que le coût de conception et de fabrication d'une nouvelle puce double tous les quatre ans. Or la logique de l'exponentiel impose très rapidement des coûts prohibitifs.
Pas d'autre solution que de changer de logique, et c'est ce qu'à fait l'ITRS en adoptant dès 2014 une feuille de route hors loi de Moore, dans une logique du « more than Moore » pour l'Internet des objets. Cette profonde mutation vient d'être officialisée par la publication de "Nature" (lien).

13 mars 2016

BIO-SHS-IA : Est-il intelligent de penser que l'IA a quelque chose à voir avec l'Intelligence ?

L'histoire a commencé avec Spearman et Binet. Au début du siècle dernier, la science s'écrivait encore aussi en Français. en Allemand, en Russe, en Italien ou en Espagnol. L'Anglais était même parfois évité pour correspondre à une forme de culture rigoriste qu'évitaient encore autant que possible des gréco-romains dont le but et l'espoir sont souvent de s'arranger de la complexité.
Outre manche, Charles Spearman recherchait alors le moteur "pur" de l'intelligence, constitué d'un "facteur G" (G pour intelligence "générale"), dont dépendraient les différentes aptitudes de l'homme. Spearman était un psychologue anglais notoirement connu pour ses méthodes statistiques. Son analyse factorielle a pour but de dégager des facteurs sous jacents d'un ensemble de données d'observation. Par conséquent ces données, dont celles des différents comportements, sont conçues comme issues de facteurs cachés explicatifs de la variabilité humaine : tel est le cas du facteur G ou facteur général d'intelligence qui sous-tendrait pour l'anglais les performances et les tâches intellectuelles.
Alfred Binet proposait quant à lui avec Théodore Simon, une mesure de l'intelligence à partir de toutes un fatras de données de base évoluant en fonction de l'âge (âge mental) et variant pour certains en fonction du milieu socioculturel : expression orale, écrite et caractères graphologiques, aptitude au calcul, au raisonnement (notamment à propos des suites) et à la représentation géométrique, données biologiques et céphalométriques, etc. L'intelligence est alors conçue comme émergente de ses composantes, multicritères, évolutive et surtout relative ; elle s'exprime en pourcentage par rapport à des normes d'âge et de moyennes socioculturelles. Binet s'attachait ainsi à souligner les influences sociales, physiques et évolutives. Des interprétations rapides, notamment par certains ergonomes, psychométriciens et naturalistes américains, feront paradoxalement de l'échelle du QI composite de Binet un "Q test", instrument de sélection, d'élitisme, voire d'exclusion et de racisme.
Les approches étaient alors top-down (descendantes) d'un côté de la Manche, et ascendantes (bottom-up) du côté sud. S'opposaient une conception d'une intelligence théorique structurant les aptitudes des Anglais et celle d'un ensemble de performances des Français synthétisées dans un coefficient global qu'on aurait souhaité réservé à la détection et l'aide des fragilités, à l'orientation vers des procédures d'adaptation ou de rattrapage et au respect des différences de chacun.
Ces deux orientations culturelles et opposées, l'une d'une essence "pure" dont dépendent les diverses aptitudes implémentées chez chacun, l'autre globalisant les aptitudes constitutives des personnes, ont longtemps été discutées puis testées par les psychologues expérimentalistes. Ainsi Louis Thurstone ou Joy Guilford semblent se rassembler autour d'un modèle analytique dans lequel le système cognitif est composé d’aptitudes indépendantes les unes des autres. Parallèlement, John Carroll, Raymond Cattell et John Horn ont développé chacun sur d’autres bases des modèles qui a été récemment généralisés sous l'acronyme "CHC" (pour Cattell-Horn-Carroll), à l'origine d'un test devenu une référence des principales échelles d’intelligence.
Au tournant du siècle, on a assisté à un rapprochement entre ces deux conceptions avec des modèles hiérarchiques de l’intelligence, dont le modèle en trois strates de Carroll. Selon lui, des aptitudes élémentaires se combinent en fonctions de plus grande étendue qui contribuent à l’intelligence générale. Cette pyramide voit une base d'une trentaine de capacités spécifiques, telles celles de raisonnement, de mémoire visuelle ou auditive, la fluidité des idées, l’aisance numérique, la maitrise du vocabulaire, etc. Un deuxième étage réunit huit grands facteurs comme l’intelligence fluide ou logico-mathéamtique caractéristique de capacités de raisonnement et de logique indépendantes des apprentissages, et comme l’intelligence cristallisée ou verbale basée au contraire sur des connaissances ou des capacités acquises. Sont également convoquées la mémoire, la vitesse de traitement de l’information qui elles sont à la fois gérées génétiquement et modulées par l'expérience. Ces facteurs de deuxième étage supporteraient quant à eux le sommet de la pyramide : le fameux facteur G d’intelligence générale. Il serait alors une combinaison entre rapidité à traiter l’information et capacité à la concentration pour la gestion d'un problème s'étayant sur les aptitudes sous jacentes.
À côté de cette intelligence particulièrement dépendante des aptitudes logico-mathématiques et verbales que privilégient les systèmes scolaires, de la sélection et du travail, d'autres approchent tentent heureusement d'enrichir le débat au-delà des jugements de valeur autour de termes très connotés d'intelligence, de surdoué, d'imbécillité ou de débilité. Elles appellent des notions de performance dans des domaines variés qui mobilisent des aptitudes exécutives, flexibles, de contrôle et de vitesse de traitement ou de raisonnement. Les chercheurs de la psychologie expérimentale, cognitive, différentielle, sociale ou culturelle, ceux des neurosciences, de la neuropsychologie et du handicap neurologique, les psychanalystes, les sociologues, les linguistes ont développé d'autres conceptions de l'intelligence, mesurable ou non, mais qui émerge progressivement d'aptitudes et d'expériences et de la construction progressive du cerveau qui s'exprime dans la confrontation à la complexité du monde extérieur comme intérieur. L'affinement des définitions, la multiplicité des mesures, le développement des recherches sur l'intelligence naturelle ont ainsi fait avancer les concepts. On a alors étudié l'intelligence des oiseaux, des rongeurs, des singes, et chez l'homme celle des bébés qui se constitue dans le rapport à la mère et à l'environnement, des enfants et adolescents qui se construit dans l'intégration et l'opposition au monde, l'intelligence du sportif, du danseur ou du musicien, celle du peintre ou de l'architecte, du militaire ou du manageur, de l'artisan ou du journaliste. Ces notions d'intelligence variées n'ont plus qu'un lointain rapport avec de simples "processus supérieurs" encapsulée dans des échelles strictes de jugement, d'attention, de mémoire. Elles privilégient l'adaptation, et convoquent des notions plus floues telles que celle de recrutement du cortex préfrontal, de mobilisation des connectomes cérébraux, de contribution des composantes du langage, des contraintes de la mémoire de travail, et surtout d'aptitudes à la "métacognition". Homo "sapiens sapiens" est l'homme "qui sait qu'il sait". Son intelligence est de savoir construire la sienne. Une telle construction émerge en fonction de stratégies qu'il sait mobiliser, adopter ou éviter, orienter ou mettre en œuvre avec plus ou moins de bonheur, de maturité et de sûreté, pour s'adapter à des modifications environnementales qu'il maîtrise sans pour autant les définir ou même parfois en avoir une pleine conscience.
Au-delà de cette puissance conceptuelle de la métacognition, la critique des modèles statiques a permis l'arrivée de modèles dynamiques. Le développement de l'intelligence prend du temps. Jean Piaget a ainsi montré la nécessité de développement par des stades qui traduisaient une modification dynamique des structures opératoires loin du modèle d'intelligence brute, factorielle, et du fantasme anglo-saxon du facteur général d'intelligence. Aujourd'hui, on s'intéresse à la diversité des processus d'apprentissage et des cultures, mais aussi à la "plasticité cérébrale" et au développement de modules cérébraux qui s'interconnectent en réseaux ou en sous-systèmes dynamiques, complémentaires, substitutifs les uns des autres, de la vie fœtale aux dernières heures de la vie des personnes de plus en plus âgées. Cette expression d'aptitudes auto-organisées est dépendante de celle de gènes interagissent entre eux en fonction du milieu et de l'expérience de la confrontation d'un individu "vicariant" à un milieu naturel, psychosocial ou culturel de plus en plus enrichi et dans lequel le numérique est omniprésent.
Au plan psychodynamique, l'intelligence est également conçue comme confrontation permanente et complémentarité réitérée entre d'une part les dimensions multisources telles que précédemment définies et d'autre part la personnalité. Celle-là est faite de préférences cognitives, d'émotions et d'affects stabilisés mais chaque jour réévalués. Chaque homme, pour l'avoir vécu, sait l'importance de ces dimensions affectives sur la mise en œuvre, la conduite, la fiabilité ou même la faillite du raisonnement. Ainsi certains neuropsychologues tels Antonio Damasio ou des psychanalystes s'intéressent-ils d'une part à l'existence d'une "cognition chaude" et d'autre part à la finalité d'une "pensée plaisir" plus orientée vers la récompense que la performance. On voit donc que l'intelligence est multidimensionnelle, et la réduire à la performance est bien preuve de son absence. Les aptitudes et compétences d'abstraction logico-mathématiques et verbales ont été balayées par des auteurs récents. Howard Gardner a par exemple, au contraire, montré leur dépassement dans un ensemble complexe et difficilement formalisable et réductible à de simples équations.
Et l'IA, là-dedans. C'est bien le problème. Certains informaticiens, qui n'ont souvent lu que des chiffres et quelques phrases en Anglais, ont retenu évidemment l'intelligence figée, celle de Spearman ou des échelles de CHC. Ils ont donc construit un projet automatique autour de cette définition obsolète pour doter les machine d'une forme calculatrice Le projet s'est structuré vers le Graal d'une intelligence "pure", avec le désir de la performance, mais aussi celui de la compétition qui en découle souvent. On a donc vu fleurir des IA qui ont permis de résoudre différents jeux dits d'intelligence, dont ceux de boules, le jeu de dame, le jeux d'échec, et maintenant, le Go. Reste le Poker, mais là, c'est connu, ça finira au révolver.
Bien sûr qu'il est idiot de vouloir être plus performant qu'une machine, que ce soit un régulateur de vitesse, un pilote automatique de bateau ou d'avion, de vouloir conduire mieux qu'une Google car, ou dépasse tout autre système artificiel intelligent. Mais quand ça va mal, chacun souhaite qu'il y ait un pilote dans l'avion ou dans la cabine du tgv. Ce qui veut bien dire que la définition de l'intelligence artificielle joue un petit peu sur l'écart référentiel à celle de l'homme. Les machines seront un jour, peut-être, aussi intelligente que les hommes, pour tout et dans tous les domaines, en s'appropriant les expériences des passés comme l'espoir et la conscience de l'avenir, mais ce sera alors l'intelligence d'un homme artificiel. Pour l'instant, ce n'est qu'une somme d'outils, comme des marteaux, de règles à calcul, des ordinateurs, des robots compagnons, ou des systèmes Internet. Il leur manque une caractéristique fondamentale de l'intelligence humaine : la vie.
On peut à ce propos revenir à une définition plus globale et biologique de l'intelligence, en ramenant son expression au meilleur moyen de favoriser et donc de transmettre un patrimoine génétique : la sexualité. Elle commence avec le choix des partenaires, leur séduction, l'échange des gamètes, la grossesse et sa protection, l'écoulement et l'élevage des lignées descendantes, la constitution d'un havre de paix chez les nidicoles, la famille, la tribu et autres artifices sociaux de protection des enfants, de valorisation des parents et de respect des aïeuls. Le plus intelligent est celui qui survit et fait survivre sa lignée, sa famille, et donc celui qui se reproduit. C'est donc celui qui sait, peut ou pourrait négocier au mieux la survie de ses gènes au-delà de sa propre existence. Tout le reste ne serait que des stratégies d'intelligence qui accompagnent le génome dans sa poursuite millénaire. Pour cela il faut évidemment savoir parler, calculer, mais être puissant et séducteur, avec la force, l'art, l'humour, les études, le niveau social… Toutes ces stratégies de contour que l'individu essaye de mettre en œuvre pour survivre, pour lui ou sa descendance, sont guidées par un principe dual majeur : la motivation et le plaisir, la recherche du renforcement positif... En définitive, l'intelligence ne serait-elle pas qu'une question d'espoir et de bonheur ?

12 mars 2016

IA : Le Go humain est définitivement dépassé.

Ce matin à Séoul, le champion du monde de Go a perdu sa troisième partie contre l'IA de Google.
Voit ce Blog (ici).
Quoi qu'il advienne dans les deux manches suivantes, la confrontation est définitivement perdue.

Venez débattre du problème : que reste-t-il aux homme, au Node de Bordeaux (lien ici).

11 mars 2016

BIO - IA : La compétition cerveau naturel - intelligence artificielle continue

On sait maintenant que l'IA pulvérise l'homme dans tous les jeux d'intelligence traditionnels.
Terrence Sejnowski est un célèbre neurobiologiste, professeur au Salk Institute à La Jolla (Californie - USA). Il  est également référent du Howard Hughes Medical Institute de Chevy Chase (Maryland, USA). A partir d'une représentation 3D du tissu de l’hippocampe, l'équipe de Sejnowski a découvert quelques résultats surprenants, publiés dans la revue en ligne eLife (ici).
L'analyse de tissus cérébraux de rats a permis de reproduire en 3D quelques micromètres de l'hippocampe dont on connaît le rôle fondamentale dans la mémoire. La reconstitution de la connectivité neuronale à ainsi pu être faite à un niveau nanomoléculaire par microscopie de pointe, et grâce à des algorithmes de calculs et d'imagerie sophistiqués. Les chercheurs ont été surpris de constater qu'il n'existe pas 3 catégories de synapses comme on le pensait auparavant, mais 26. En découle une aptitude de stockage complètement augmentée : 10 fois supérieure aux estimations précédentes. En effet, chaque neurone peut avoir des milliers de synapses, le connectant à de milliers d'autres cellules.
Connectomes cérébraux
Les plus récents modèles décrivant le cortex cérébral et ses circonvolutions montrent qu'il peut dans l'espace restreint de la boite crânienne multiplier sa surface et augmenter à la fois le nombre de neurones qui le constituent et celui des connexions qui relient ces neurones entre eux et aux autres parties du cerveau. Ainsi pour quelque 1200 millilitres de volume en moyenne, sont développés 20 milliards de neurones et plus de 150000 km de fibres nerveuses, chaque neurone pouvant entretenir un millier de connexions avec les autres neurones.
Ramené au cortex cérébral et au nombre approximatif de synapses, les travaux de l'équipe de Sejnowsky (résumé) suggèrent que l'homme disposerait d'une capacité d'au moins un pétaoctet (10 puissance 15) de bits tout en ne consommant qu'une énergie ridiculement faible (moins qu'une simple ampoule basse consommation de 20W) par rapport à toute machine de calcul envisageable. Cela expliquerait pourquoi le cerveau parvient à stocker autant d'informations, malgré si peu d’énergie, et a encore de beaux jours de supériorité à venir sur la machine et la puissance brute informatique.

09 mars 2016

IA : Ca y est, le Go est tombé ...

Le Go était le dernier jeu « fermé » dans lequel l’homme conservait l'avantage sur la machine.
Le Sud-Coréen Lee Sedol, numéro trois (cf.) au classement mondial, considéré aujourd'hui comme le meilleur joueur au monde, a concédé aujourd'hui sa défaite face à Deep Mind et à son programme au programme Alphago conçu par Google.
Si la première des cinq parties prévues a été très serrée, le résultat est tout de même là : l'IA a vaincu le meilleur joueur humain.
Attendons la suite des autres rencontres pour savoir si ce résultat échappe au hasard ou à un accident transitoire de la stratégie du joueur, ou si l'IA a fait tomber le dernier bastion de l'intelligence naturelle dans les jeux de stratégie qui, bien que correspondant à un nombre fini de possibilités, n'est pas maîtrisable par la force massive du calcul.


08 mars 2016

IA : Aquinum se pose la question : "que reste-t-il aux Hommes ?" - La Node - 15 mars 2015 - 18:30

Dans le cadre de ses soirées de réflexion, l'association Aquinum organise une soirée débat autour de la question : 
Mais que reste-t-il aux Hommes ? Google joue au Go.

Au siège de Aquinum - Le Node - 12 rue des Faussets - 33000 Bordeaux
Mardi 15 mars 2016 - à partir de 18h30
  • l'histoire de la relation homme / machine du Turc Mécanique à Deep Blue - par Thomas Gibertie
  • succomber au Jeu de Go grâce à la lecture d’extraits du livre de Yasunari Kawabata « Le maître ou le tournoi de go » - par Sébastien Menvielle
  • apprendre les bases du jeu en découvrant son fonctionnement et sa philosophie - par Olivier Claverie
  • découvrir le fonctionnement d’Alphago et de l'IA - par Arnaud Cueille
  • appréhender l'ingénierie cognitive et les enjeux humains - par Bernard Claverie 
Une table ronde rassemble tous les intervenants et permet à tous d'échanger, débattre autour d'un apéro collaboratif. Live tweet : @PierreDeruelle #AlphaGo - voir le programme (ici).

Aquinum est une association des professionnels du numérique en Aquitaine. 
Elle fédère et anime une communauté de près de professionnels ou futurs professionnels du numérique : développeurs, rédacteurs, graphistes, consultants, chefs d'entreprise, vidéastes, programmateurs, community manager, formateurs, etc.
Aquinum est au Node de Bordeaux - 

16 février 2016

IA : Airbus va recruter ... des robots humanoïdes manufacturiers.

Airbus Group vient de lancer vendredi 12 février 2016 un programme innovant de recherche en robotique (lien). Ce partenariat avec le Joint Robotics Laboratory (JRL), basé depuis 2004 à Tsukuba, au Japon, a pour but la conception des "robots humanoïdes manufacturiers".
Le JRL est un partenariat entre l’institut national de la science et des technologies industrielles avancées japonais AIST et le CNRS.
Le nouveau programme de quatre ans vise à développer des robots humanoïdes dédiés aux lignes d’assemblage de construction aéronautique. Le principal enjeu est le développement de nouveaux algorithmes de planification et de contrôle des mouvements pour permettre au robot de réaliser des tâches dans un environnement exigu, comme en est capable un humain. Airbus a, en effet, besoin de robots humanoïdes capables d’aller dans des endroits inaccessibles à d’autres types de robots, de s’agenouiller, de se pencher pour démultiplier sa force, etc. Pour se déplacer, le robot va adopter une approche  dite "multi-contacts". De plus, le robot devra prendre un certain nombre de décisions posturales pour effectuer des tâches dans des environnements contraints.
Encore une bonne nouvelle pour le progrès technologique et les concepteurs, fabricants de robots "humanoïdes manufacturiers", peut-être moins pour les "hommes manufacturiers" ... Mais le souci des roboticiens du CNRS n'est peut-être pas celui de ceux qui rêvent d'avoir un job pour, entre autres, avoir les moyens de pouvoir encore prendre l'avion. Un des désastres diagnostiqués et pronostiqués par Martin Ford dans son ouvrage « The Lights in the Tunnel » (Acculant Publishing, 2009) dont l'analyse nous est donnée dans l'excellent Blog de "Automates Intelligents". Une goutte d'eau dans l'océan des 3 millions d'emplois que certains prévoient détruits par les robots en France d'ici 2025 (lien). 
Il est grand temps de repenser les emplois à créer en substitution de ceux que les robots vont faire disparaître. Une idée de réflexion éthique, comme ça, en passant, pour les roboticiens du CNRS ... qui sont aussi payés pour ça ! Voir à ce propos l'ouvrage de Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee  « Race Against the Machine » (lien).
Télécharger le communiqué de presse sur cette initiative de Airbus : ici.

BIO - TECH : Impression 3D d'organes vivants.

L'étude qu'une équipe de recherche du centre médical Wake Forest Baptist de Winston-Salem 5caroline du Nord - USA) et publiée le 15 février 2016 dans Nature Biotechnology (lien), rend compte de la première impression 3D de tissus et d'organes vivants.
L’impression 3D, ou conception additive, ne se limite pas au plastique et au métal, mais a initié une nouvelle phase avec l'impression de cellules vivantes. La bio-impression consiste à déposer des gouttelettes d'encre biologique qui vont former des couches successives se superposant pour constituer un tissu en trois dimensions.
Jusqu'ici, on avait 3 techniques différentes de bio-impression 3D. Une première est similaire à la technique du jet d'encre, par projection de microgouttelettes d'un liquide contenant des cellules par une tête d'impression piézoélectrique. La bio-extrusion consiste à faire pousser des constituants des tissus de manière mécanique à travers une microseringue. Enfin, la bio-impression laser utilise un balayage laser de 10.000 impulsions par seconde; chaque impulsion génère alors une microgouttelette. Cette technique la plus récente permet des dessins complexes et une bonne viabilité des cellules qui ne subissent pas de contrainte mécanique et peuvent être assemblées en formes diverses, telles que des organes entiers (oreilles, muscles et os).
Après une dizaine d’années de travail, l'équipe de sud WFP a mis au point un outil de bio-impression 3D du premier type, mais doté de plusieurs réservoirs. 
Cette technique, appelée "Integrated Tissue-Organ Printing System", permet à la fois l'impression de plusieurs types cellulaires, de gels à base d’eau, et d'une substance biodégradable qui sert de forme à l'organe. Cette structure solide sert de moule extérieur aux cellules vivantes englobées dans les gels. Une fois l’organe implanté, la structure externe se décompose progressivement afin que l’organe prenne sa place et se vascularise et évite ainsi toute dégradation. Pour améliorer la vascularisation, les chercheurs ont également imprimé des microcanaux dans la structure qui est donc aérée comme une éponge. Les nutriments et l’oxygène peuvent ainsi plus facilement pénétrer jusqu’aux cellules.
Pour tester les implants ainsi imprimés, les chercheurs les ont greffés sous la peau de souris et de rats. Pour ce qui est des oreilles, deux mois après l'impression, les greffons ont gardé leur forme et un tissu cartilagineux s’est formé. Pour le tissu musculaire implanté sur un rat, le greffon s’est suffisamment développé pour rendre possible la création de nerfs dès le quatrième mois. Quant aux os imprimés en utilisant des cellules-souches humaines, ils se vascularisent au bout de cinq mois.
Il faudra évidemment attendre de nombreux tests cliniques afin de pouvoir utiliser ces implants imprimés pour les greffer sur l’homme. Néanmoins, la voie est ouverte pour la chirurgie reconstruction ou augmentative du futur.

15 février 2016

DIV : Cycle "Grands Témoins" de l'ENSC - Gérard Bréard - La gestion de situations de crise - 15-02-16

Cycle de rencontres « Grands Témoins »
Conférence de M. Gérard Bréard
"La gestion de situations de crise"
15 février 2016 – 17h00
Petit amphithéâtre de l’ENSC

Cette rencontre inaugure le cycle “Grands témoins” dont le but est de faire rencontrer les élèves ingénieurs avec des personnalités marquantes du monde socio-économiques, notamment à propos de grandes questions que les ingénieurs diplômés pourront être amenés à traiter au cours de leur carrière professionnelle future.
Le sujet que Gérard Bréard a choisi de traiter est celui de la “gestion de situations de crise”, à partir d’un fil rouge : le processus de développement et de lancement d’une fusée, en abordant différents points : Management de la complexité, Gestion des compromis, Processus de décision, Adhésion des acteurs.
Gérard Bréard est ingénieur diplômé de l’ESTACA et de l’ESTA. Il a été Directeur Technique d’Astrium (aujourd’hui Airbus Defence et Space). Il participe à ce titre au Comité technique Ariane destiné à approuver l’aptitude au lancement de chaque lanceur spatial. Il a participé à la validation des cinq vols de qualification des missiles M51. Il a été promu « Executive Group » par le PDG Louis Gallois, ce qui représente la plus haute fonction des directeurs techniques des divisions et filiales du groupe Airbus.
Gérard Bréard est actuellement Président du Conseil d’Administration de l’INP Bordeaux.


DIV : Le groupe des INP, c'est quoi ?

Le groupe des INP est une fédération de plusieurs établissements d'enseignement supérieur français réunissant 30 écoles spécialisées dans la formation des ingénieurs et la recherche en ingénierie, situées dans 4 villes : Bordeaux, Grenoble, Nancy, Toulouse..Avec plus de 20 000 étudiants au sein du Groupe, aujourd'hui les INP diplôment 1 ingénieur sur 7 formés en France.
Les 4 INP :

  • Bordeaux INP (statut de grand établissement), 5 écoles internes, 1 école des travaux agricoles et 2 écoles universitaires de Pau et de Bayonne conventionnées ;
  • Lorraine INP (statut de collegium d'ingénierie d'une université), 11 écoles internes dont 1 à Metz ;
  • Grenoble INP (statut de grand établissement), 6 écoles internes ;
  • INP de Toulouse (statut d'université), 3 écoles internes, 4 écoles rattachées dont 1 à Tarbes. 
Une prépa intégrée au groupe est organisée sur 6 sites : Bordeaux, Grenoble, Nancy, Saint-Denis de la Réunion, Toulouse, Valence.


DIV : La doctrine, ou le partage des représentations.

La doctrine militaire occupe une place première dans la transformation que les armées ont entreprise depuis les années 1990, et que l'armée de l'air a tout particulièrement développée dans son plan stratégique "unis pour faire face" (Mercier, 2014). Ce renouveau de la pensée doctrinale est caractérisé par une réflexion dont les perspectives découlent d'au moins trois nouvelles dimensions de la Défense des pays occidentaux, notamment de ceux de l'Alliance atlantique. Elles sont (1) une nouvelle éthique de la guerre et l'acceptation sous contrainte par les citoyens dans le cadre d'une attention continue des médias et de la pression de juristes internationaux, (2) une maîtrise budgétaire avec à la fois des restrictions relatives aux matériels et moyens alloués et celles des emplois disponibles, (3) une nouvelle forme des conflits souvent asymétriques, qui font intervenir des « acteurs non étatiques parfois mal définis, à la motivation idéologique plus ou moins explicite, et parfois candidats à des solutions irrationnelles » pour la logique occidentale, et dont « les motivations émergent autour d’un projet, d’idées et de valeurs qui évoluent au fil du temps ou des acteurs eux-mêmes » (Desclaux, 2015).
La notion de doctrine est mal connue du grand public, et parfois même de certains militaires de formation subalterne. C'est d'abord une construction intellectuelle qui compile, analyse, formule et met à disposition l'ensemble du savoir nécessaire à guider les ensembles militaires dans leur action opérationnelle. Elle prescrit ainsi des règles et les conditions optimales du commandement et de la conduite d’actions de défense et d'opérations. Par voie de conséquence, elle permet à la fois son enrichissement par l'organisation des moyens de réflexion et de décision, et sa diffusion au sein de l’institution militaire. Les armées savent ainsi s’organiser, s’entraîner, prévoir et programmer, s’engager, répondre et développer leur action selon les orientations politiques qui leur sont données.
La doctrine précise la compétence, les portées et limites de l'action ainsi que les conditions présidant à l'emploi de la force, l'ensemble permettant de parvenir aux fins attendues par le politique, et ce dans les conditions diverses dans lesquelles ces armes seront utilisées. À un second niveau, la doctrine militaire permet au commandement de concevoir son action et celle de ses forces en fonction de la complexité des fins en question. Elle permet ainsi de donner à chacun des différents niveaux de commandement les principes d'organisation des moyens dont ils disposent dans l'inventaire des procédures et modes d’action disponibles dans des contextes attendus ou inattendus, connus ou inconnus.
La doctrine donne donc aux militaires des représentations collectives qu'ils peuvent partager à chaque niveau de compétence et entre les niveaux hiérarchiques. Cette intention de représentation partagée est le point focal de la doctrine. Comme l'écrivait Ferdinand Foch en 1903, l'un des "principes de la guerre" est de disposer d' « une même manière de voir, de penser et d’agir ». Il s'agit dans ce cadre de disposer d'une "interprétation collective" de ce que les armées doivent faire et comment elles doivent le faire aujourd'hui et demain. Elle est formulée dans un langage spécifique, propre à l’institution militaire, pouvant supporter des adaptations spécialisées en fonction des armées, des pays et des enjeux. Elle met également à disposition des spécialistes les moyens de l'amélioration continue de leurs méthodes et de leur environnement, dans ce qu'il est convenu d'appeler la "transformation".
La doctrine militaire est donc intimement liée à la notion de "représentation partagée". Elle est probablement une déclinaison formelle d'une cognition collective qui s'étaye à la fois sur l'histoire et l'expérience du passé ; l'analyse et la conception de l'actualité, et l'espoir d'un développement heureux du futur qu'elle entend maîtriser ou pour le moins auquel elle entend participer de manière majeure. Elle est donc un champ expérimental à la fois maîtrisé et accessible pour engager une recherche sur la "cognition collective".
C'est dans ce sens que l'ENSC s'appuie sur l'Armée de l'air, et notamment ses centres de réflexion (CESA) et de formalisation (CEAM) de la doctrine des forces aériennes, pour développer son second axe de compétence KX (Knowledge eXchange) à côté des bases de son expertise en UX (User eXperience).
Les déclinaisons expérimentales permettront d'approcher dans un second temps les domaines de l'entreprise et d'autres grands systèmes sociotechniques (Seddon, 2013; Murray et al., 2005). 

Desclaux, G., Claverie, B. (2015), C2 et cyber. Pensez Les Ailes Françaises, 32, 61-68. Juillet 2015. Paris : Centre d'Etudes Stratégiques Aérospatiales. 
Foch, F. (2007), « Des principes de la guerre », Paris : Imprimerie nationale (1re éd. 1903), réédition Paris : Economica, collection : Stratégies et Doctrines. 
Mercier, D. (2014), « Unis pour faire face : plan stratégique de l'Armée de l'air », Paris : Etat major de l'Armée de l'air.
Murray, P., Poole, D., Jones, G. (2005), « Contemporary Issues in Management and Organisational Behavior », South Melbourne : Cengage Learning Australia. 
Seddon, J. (2013), « Freedom from Command and Control ». New-York (USA) : Productivity Press.

14 février 2016

BIO : Chronobiologie par flashs.

Une des caractéristiques du vivant est de manifester une activité de ses différentes fonctions variable avec le temps. Cette activité est connue sous le nom de "chronobiologie" résulte de la combinaison de différentes fluctuations elles-mêmes réglées sur des processus écologiques principalement marqués par la succession de lumière et d'obscurité. 
Différents équipements biologiques assurant l'interface avec l'environnement et la sensibilité de l'organisme influencent ces fonctions. Ainsi chaque organisme vivant en surface de la terre ou en faible profondeur (terrestre, maritime, lacustre) présente-t-il des rythmes circadiens, circamensuels ou circannuels, qui se synchronisent avec l'oscillation de la lumière baignant notre planète en multiples rotations par rapport au soleil et exposée à sa lumière indirecte renvoyée par la lune. Il en est ainsi des plantes avec la photosensibilité assurant la photosynthèse, la pousse et la croissance, l'éclosion des fleurs et leur orientation, etc. Pour les animaux, c'est le cas des activités de territorialité ou de migration, de vie sociale, de sexualité et de reproduction, de veille et de sommeil, d'activité motrice et de vigilance, d'alimentation et de prise de boisson, d'aptitudes affectives et cognitives, etc.
L'homme, comme tout animal mammifère, n'échappe pas à ces règles qui ont traversé l'évolution et contraignent donc ses fonctions comme ses activités individuelles, sociales ou culturelles. Un des principaux problèmes rencontrés par les hommes ainsi réglés est celui des dessins chromisations entre les rythmes personnels et des oscillations lumineuses écologiques.
Tel est le cas des voyages transatlantiques avec le "jet lag" mais également de certains troubles physiologiques, physiques ou psychologiques, qui semblent partiellement sensibles à la lumière : insomnies, troubles de l'humeur, mélancolie, etc. Ainsi, au-delà de la perception, la sensibilité visuelle à l'éclairement grâce aux photorécepteurs rétiniens entraîne dès activations sous corticales, telles que le noyau supra chiasmatique (NSC) et l'épiphyse, en relation temporelle avec les principaux rythmes biologiques.
La physiologie de la photo-synchronisation (nonimage-forming ou NIF) n'est pas bien connue néanmoins, le développement de thérapeutiques par exposition à une lumière artificielle pour la resynchronisation est devenu un réel challenge dans le traitement de certains troubles mentaux. De la même manière, on sait que le NSC qui gère la production de mélatonine et donc le déclenchement du sommeil, peut tolérer jusqu'à près d'une heure de décalage horaire en 24 heures. Cela entraîne donc une durée de resynchronisation d'au moins un jour par heure de décalage horaire dans le sens de l'allongement des rythmes (est-ouest) et un trouble labeur plus important dans sens contraire puisque la rythmicité du NSC peut s'allonger mais difficilement être raccourcie. Le nombre d'heures de décalage "biologique" doit donc être calculé en termes d'allongement selon le nombre de fuseaux concernés par le voyage est-ouest. Dans le cas du jet lag, le traitement consiste à prendre de la mélatonine selon des heures précises pour maintenir le rythme de départ dans le cas de voyage court avec retour immédiat, ou à forcer l'organisme à raccourcir ses cycles notamment dans le cas de voyages ouest-est. 
Une récente étude publiée le 8 février 2016 dans le Journal of Clinical Investigation apporte de nouvelles données et permet d'envisager de meilleures performances du traitement par la lumière, ou luxothérapie. Cette étude a été menée par des chercheurs du Département de Psychiatrie et Sciences du Comportement et du Centre médical du sommeil de l'Université de Stanford (Californie, USA), et du Département de recherche de santé mentale du Centre des anciens combattants de Palo Alto (Californie, USA). 
Elle a porté sur 39 sujets qui ont été exposés soit à une lumière continue, soit à des flashs de lumière de 2 millisecondes, avec différentes latences interstimulus. (De 2,5 à 240 secondes). Les chercheurs ont simultanément étudié les taux de mélatonine et les variations de vigilance et d'attention, et la somnolence des sujets. Les résultats montrent que le système circadien humain intègre des séquences de flashs de manière non linéaire avec une efficacité maximale pour une période spécifique (ISI = 7,6 ± 0,53 secondes). La séquence de flashs toutes les dix secondes permet d'ajuster l'horloge circadienne de deux heures en avance alors que l'exposition à une lumière continue ne permet de faire avancer l'horloge naturelle que de 35 minutes.
La lumière intermittente est donc plus efficace que la lumière continue pour induire des changements circadiens. Cette découverte pourrait être utilisée pour traiter le jet lag, mais également des personnes dont les rythmes circadiens ne sont pas alignés, avec des périodes de sommeil et de réveil décalées, ou des patients souffrant de désordre affectif saisonnier. 
Une start-up spécialisée dans la biotechnologie a même été approchée pour mettre en place un masque capable de projeter les flashs lumineux nécessaires pendant la nuit de sommeil, en fonction soit du décalage, soit du trouble présenté. Les chercheurs estiment également que ce produit pourrait aider également les adolescents, pour les aider à dormir plus la nuit et donc à rester plus attentif pendant les périodes scolaires.
Lien vers l'article (ici).

TECH : Une puce 60 fois plus rapide que les actuelles.

Le brouillage et l’interception des communications des ennemis sont deux clefs fondamentales de la tactique militaire. Avoir le contrôle sur les ondes électromagnétiques devient aussi important que d’avoir des armes efficaces pour gagner un conflit. Le centre de recherche et développement de l’armée américaine (DARPA) vient de mettre au point une puce de conversion analogique-digital ou ADC (Analog-Digital Converter) qui serait dix fois plus performante que les technologies existantes. Réalisée selon une nouvelle conception, cet ADC permettrait aux équipes sur le terrain de disposer d'une large bande d'analyse, permettant de réagir beaucoup plus rapidement à d’éventuelles attaques électroniques.
La fréquence d’échantillonnage du nouvel ADC peut aller jusqu’à 60 GHz, soit plus de 60 fois celle  des technologies du marché. Cette très haute fréquence d’échantillonnage permet d’acquérir des ondes électromagnétiques à très haute fréquence et de surveiller un spectre allant de 0 à 30 GHz. Cette puce permettrait alors de couvrir la très grande partie des techniques de communications actuelles : FM, télécoms, satellites, radars, etc.
Lien vers l'annonce de la DARPA (ici).