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14 septembre 2026

Interdiction du smartphone au lycée : entre prudence cognitive et paradoxes d'usage !

Un récent article de Isabelle Castéra, interviewant Xavier Pommereau, psychiatre de l'adolescent à la clinique Béthanie de Talence, est paru dimanche dernier (13 septembre 2026) dans Sud-Ouest, sous le titre « L’usage du téléphone portable interdit au lycée : Quid de l’éducation au numérique pour les ados ? ». L'article fait également référence à un article de la même auteur paru le même jour sous le titre « Interdiction du portable : au lycée, le téléphone interdit, sauf quand il devient obligatoire ». 


Xavier Pommereau appelle à l’interdiction de l’usage du téléphone portable au lycée tout en déplorant l’absence de formation face aux effets pervers des plateformes.

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La généralisation de la « pause numérique » dans les lycées soumet le système éducatif à une tension pédagogique et organisationnelle complexe. D’un côté, l’évloignement des terminaux mobiles répond à des constats documentés en sciences cognitives, en neurosciences et en psychologie : réduction des distractions attentionnelles, prévention des comportements d'addiction aux écrans et amélioration du climat scolaire. 

Les données d'évaluations internationales (PISA, OCDE) pointent et mettent par ailleurs en évidence la corrélation négative entre surexposition aux écrans à des fins récréatives et performance cognitive ou la santé mentale des adolescents.

Toutefois, la mise en œuvre de cette interdiction au lycée révèle dcertaines limites majeures :

Le paradoxe des usages instrumentaux : 

Au quotidien, les lycéens font face à un double message institutionnel. Le smartphone est officiellement banni des espaces de vie scolaire, mais demeure en pratique sollicité pour des démarches administratives (accès à la restauration via QR code, outils d'authentification), l'identité numérique légale, des applications pédagogiques encadrées et l'accès à des outils documentaires ou d'IA nécessaires à la réalisation de certaines tâches auxquelles chaque lycéen est soumis.

L’absence d’auto-régulation et de formation critique

Comme le pointe Xavier Pommereau, s'il est légitime d'éloigner les jeunes des dynamiques captologiques des plateformes, l'interdiction stricte ne saurait tenir lieu d'éducation. En l'absence de dispositifs pédagogiques raisonnés visant à développer l’esprit critique face à la désinformation, et aux biais cognitifs, la lutte contre la dépendance numérique aux algorithmiques nocifs et la soumissions aux notifications intrusives, la capacité d'auto-régulation numérique des élèves à un âge critique d'exposition reste très significativement sous dimensionnée, voire absente dans de nombreux cas.

Pourtant, pour les auteurs, la régulation de l'outil numérique dépasse le seul cadre de la contrainte passive ou de l'interdiction pure et simple. L'effort pédagogique doit accompagner une nécessaire régulation, l'apprentissage à la prudence et à la sauvegarde des esprits en construction. Le cas échéant, la détection des personnes en difficulté et une aide psychologique doivent pourvoir être proposées. La régulation et le contrôle doivent s'accompagner d'une stratégie sociale cohérente, comprenant l'exemplarité des adultes, parents et professeurs, l'apprentissage formel de la "littératie numérique", et l'acquisition d'une "hygiène numérique".

Références pour aller plus loin : 

22 juin 2020

IA : Compétition pour force brute de calcul.

L’institut public de recherche Riken et le groupe informatique Fujitsu annoncent aujourd’hui la performance de vitesse de calcul de 415 millions de milliards d’opérations à la seconde pour leur nouveau supercalculateur Fugaku (415,53 pétaflops). La machine japonaise devient ainsi la plus rapide du monde (voir le communiqué).
Le nom du champion vient du nom nippon du Fuji Yama. L’ordinateur est installé au sein du Riken Center for Computational Science (R-CCS) à Kobe (Japon). 
Mis à la disposition du monde de la recherche, Fugaku devrait dès 2021 permettre de travailler sur la modélisation de la diffusion du Sars-Cov-2 et du COVID-19, mais également sur la conception de nouveaux médicaments, celles de solutions énergétiques, d’optimisations industrielles, à la recherche fondamentale sur l’univers, sur des problématiques d’Intelligence artificielle et d’informatique quantique, ou à la simulation de catastrophes naturelles ou industrielles.
Mais la compétition reste ouverte, et les américains et chinois prévoient déjà des concurrents dont les puissances attendues sont en exaflops, soit en milliards de milliards d’opérations à la seconde.

29 mars 2020

IA : IBM ouvre ses accès gratuitement pendant 90 jours.

La chaire IBM de l’ENSC informe la communauté cognitique. 

Pendant la crise sanitaire mondiale, IBM a recensé quelques unes des offres les plus adaptées pour aider les organisations à faire face à leurs nouveaux challenges.

Le lien https://ibm.co/OffresIBM permet des accès gratuit pendant 90 jours.

Par ailleurs, pour assurer la continuité des programmes, IBM a réalisé un portail (https://www.ibm.com/remotelearning/) qui rassemble :
  • des outils et ressources pour l'enseignement à distance, notamment des gratuités exceptionnelles sur certaines solutions
  • des conseils pour bien accompagner chacun (enseignants, parents et accompagnants) dans ce mode d'éducation.
Le site IBM Academic Initiative (https://my15.digitalexperience.ibm.com/b73a5759-c6a6-4033-ab6b-d9d4f9a6d65b/dxsites/151914d1-03d2-48fe-97d9-d21166848e65/home) réunit des ressources gratuites, formations, vidéos, badges, logiciels et Cloud en libre-service pour les étudiants, élèves et enseignants. 
Les élèves peuvent y découvrir en autonomie les bases de l'intelligence artificielle, de la sécurité, des data sciences et de la blockchain, ou du quantique.

Ces ressources sont accessibles depuis votre adresse mail académique (ensc).
Pour tout renseignement, contacter Soit vitre responsable d’année, soit, le cas échéant, le directeur de la chaire IBM, Marc Rodier, à l’ENSC.

07 octobre 2019

DIV : Complexité explicable.

(Texte en anglais plus bas)

La complexité explicable (ou compréhensible) est une doctrine scientifique (SHS) basée sur le constat du refus et/ou de l’intolérance d’usage des technologies numériques, notamment dans le cadre de l’augmentation humaine et de l’hybridité, par des sujets lambda, et ce d’autant plus qu’augmente la complexité de cet usage ou celle de l’environnement dans lequel il s’insère ou qu’ils génèrent.
Le but est de doter ces systèmes des formes/aptitudes communicationnelles permettant aux sujets concernés de comprendre :
  • à quoi ils servent (pour faire quoi ?), 
  • en quoi ils servent (comment font-ils cela ?) et 
  • pourquoi ils servent (quelle est la justification de leur existence ?).
Les objets ou systèmes complexes ou induisant de la complexité doivent être, dès leur conception, prévus pour les utilisateurs (anthropologie, médecine et ergonomie) et doivent être accessibles comme objet de raisonnement (cognitique), et cela de manière indépendante des groupes culturels ou nationaux amenés à collaborer grâce à ces dispositifs.
Ceux-là doivent expliquer capables de « décrire » leurs objets et d’ « expliquer » leur logique dans le cadre d’une adéquation intelligible à des objectifs explicités. Notamment, leur logique et leur degré d’autonomie doivent pouvoir être transparentes et facilement compréhensibles. 
Le but recherché s’articule autour :
  • de l’acceptabilité, 
  • de la tolérance et 
  • de la confiance.
La complexité explicable prend une dimension particulière, impérative, avec les dimensions de la formation des personnels et de/à leur collaboration. Elle doit pouvoir être comprise par les sujets qui y sont confrontés, permettant de faciliter à la fois les procédures d’apprentissage, mais aussi celles de l’adaptation continue. en cel, elle est à la fois un objectif (former à la complexité explicable) et un moyen (former par la complexité explicable) des pédagogies d.avenir.

La complexité explicable doit être connue selon un plan d’action conceptuel (design) qui prend en compte :
  • les points forts et les faiblesses des dispositifs ;
  • ceux des interfaces, notamment dans le cas d’interfaces adaptatives ;
  • la justification des démarches de décision impliquant l’humain ou d’autonomie substitutive ;
  • la logique de ces choix décisionnels ;
  • le niveau de confiance à accorder à chaque niveau explicatif ;
  • le type d’erreurs susceptibles d’être produits ;
  • les mesures correctives (ou d’échappement) en fonction du but à atteindre.
La redevabilité, c’est-à-dire la responsabilité artéfactielle explicitée, attachée à chaque niveau contribuant à la complexité globale, doit pouvoir être justifiée et comprise par les individus qui y sont formés. On est donc dans des plans de formation à la compréhension plus qu’à l’utilisation, ce qui inverse une position classique de la préparation des personnels.
Dans le cadre d’une complexité technologique ou instrumentale de plus en plus répandue, il est important de pouvoir disposer d’indice de confiance permettant l’adaptation ou la tolérance à cette complexité.

Le concept est à la base de certains cours de l’ENSC.
Bernard Claverie © 7 octobre 2019 (Bordeaux).


The explicable (or understandable) complexity is a scientific doctrine (HSS) based on the observation of the refusal and / or intolerance of the use of digital technologies, particularly in the context of human increase and hybridity. subjects lambda, and all the more so that increases the complexity of this use or that of the environment in which it is inserted or that they generate.

The goal is to equip these systems with communication forms / skills that enable relevant subjects to understand what they are used for (to do what?), What they serve (how do they do that?) And why they serve (what is the justification of their existence?).

Complex or complexity-inducing objects or systems must be designed for users (anthropology, medicine and ergonomics) from the outset and must be accessible as an object of reasoning (cognitive), independently of cultural or national groups brought to collaborate through these devices.
They must be able to "describe" their objects and "explain" their logic in the context of an intelligible adaptation to explicit objectives. In particular, their logic and degree of autonomy must be transparent and easily understandable. The goal is based on acceptability, tolerance and trust.

Explainable complexity is usually evoked with the dimensions of staff training and collaboration. It must be understood by the subjects who face it, making it possible to facilitate both learning procedures and those of continuous adaptation.

The explicable complexity must be known according to a conceptual action plan (design) that takes into account:
  • the strengths and weaknesses of the devices;
  • those of the interfaces, especially in the case of adaptive interfaces;
  • the justification of decision-making procedures involving the human being or of substitutive autonomy;
  • the logic of these decision-making choices;
  • the level of confidence to be given at each explanatory level;
  • the type of errors that can be produced;
  • corrective measures (or escape) depending on the goal to be achieved.

Accountability, that is to say the explicit artefactual responsibility attached to each level contributing to the overall complexity, must be justified and understood by the individuals who are trained there. We are therefore in training plans for understanding rather than for use, which reverses a classic position in staff preparation.
In the context of an increasingly widespread technological or instrumental complexity, it is important to have a confidence index allowing adaptation or tolerance to this complexity.



02 avril 2019

IA - SHS : Nouvelle frontière franchie - la justice rendue par les machines.

La présidente de l'Estonie vient d'annoncer (selon Wired) son intention de confier le jugement des délits mineurs (dont les dommages sont inférieurs à 7 000 euros) à un système d’intelligence artificielle (IA). Ce système devra, dans un premier temps, se prononcer de manière  autonome sur la culpabilité d’un prévenu, sur le dommage subi et sur le montant de la peine. Le condamné aura la possibilité de faire appel devant un tribunal « humain » de deuxième instance, ou celui d'accepter la sentence, ce qui devrait être le cas dans un nombre significatif de cas et désengorger d’autant les tribunaux et permettant aux juges et greffiers de se consacrer au traitement des affaires plus complexes.
Une intelligence artificielle aura pour la première fois dans l'histoire de la justice la responsabilité autonome d’un jugement. Le principe de cette IA judiciaire a été développé par Ott Velsberg, directeur national des données en Estonie, et associera l’analyse des textes légaux, l’analyse des informations mises en ligne par les deux parties en conflit sur une plateforme dédiée, et les preuves, témoignages, allégations et informations personnelles concernant les parties. Là réside un second point qui peut être problématique, puisque ce principe est non conforme avec ceux de la RGPD européenne et pourrait engager à une justice prédictive avec une collecte préventive de données personnelles et les dérives de fichage qui seraient alors légalement justifiées par la commission potentielle de délits. La date de promotion de ce système est prévue pour la fin de l’année 2019.
Le premier et principal problème reste néanmoins celui, éternel, de la confiance dans la décision. En décembre 2018, un groupe de travail de la Commission européenne pour l’efficacité de la justice avait déjà proposé une charte éthique européenne sur l’utilisation de l’IA dans les systèmes juridiques. Ce qui pose problème est l’opacité du fonctionnement de tout logiciel de deep learning, dont le principe est justement d'échapper à toute possibilité de représentation cognitive. Le deep learning est en effet une méthode d’IA basée sur un  « apprentissage opaque » apprend d’elle-même en fonction de partis-pris de programmation (méthode, information de base, etc.). Il est impossible de savoir ce qui se passe précisément dans le programme, et on démontre que les apprentissages sont différents en fonction de données initiales différentes (sensibilité aux conditions initiales) et de la pratique (expérience) du programme. On peut par exemple craindre que des jugements initiaux soient moins pertinents que les suivants et qu’après un certains temps, les décisions convergent vers des bassins d’attraction, les rendant systématisées plus qu’individualisées.

12 décembre 2018

SHS - TECH : Colloque FRACTURES à l'ENSC - 12-13 XII 2018

Colloque 
Ecole Nationale Supérieure de Cognitique
109 avenue Roul - 33405 Talence
(Tram B - Station Béthanie)

La question des inégalités numériques est une question de société majeure à l’heure où les environnements, activités, relations sont profondément marqués par une hyper présence des outils et services numériques. Le programme initié grâce à la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine (MSHA)  aborder cette problématique à partir des questions de l’accessibilité numérique et par rapport au public des personnes en situation de handicap (porteuses d'une déficience physique, sensorielle, cognitive…), des personnes âgées et d’une façon plus générale, de toutes personnes mises en situation de handicap.
Deux axes forts sont abordés pendant le colloque organisé à l'ENSC :
Accessibilité, handicap et communication dans les écosystèmes numériques
Dispositifs, expérimentations, usages : des dynamiques aux innovations.
Accès au programme : (lien ici).

18 octobre 2018

IA-SHS : Cybersécurité - le piégeage du Web par faille cognitive.

Le Typosquatting » est une technique toxique et très efficace de piégeage des utilisateurs du Web. Elle repose sur l’écriture d’un nom de domaine qui ressemble à un nom de domaine officiel ou privé connu par celui qui reçoit un message comportant un lien. Celui-là, en confiance, ouvre le lien ... ce que souhaite ke cyber pirate.
Cette nouvelle technique a fait l’objet de deux rapports (1) et (2) publiés en février 2018 par la société de sécurité informatique Menlo Security.
Le Principe du typosquatting repose sur le fait que notre cveraue est doté ed capciatés éotanntes moibilsant des procsesus proches ed la dysxelsie. Ces processus ont fait l’objet d’études scientifiques (lien) qui montrent que les mots sont spontanément lus par groupes de lettres.
Cette propriété est à la fois une performance et une faille. Ainsi, un pirate peut acheter des noms de domaine imitant des noms de site connus, ou envoyer un message mail avec le nom falsifié d’un correspondant habituel, la différence résidant dans un détail, par exemple une faute d’inversion de lettres (ENCS pour ENSC) ou d’utilisation d’un caractère non romain (@, &, €, etc.) ou non codifié de manière informatique classique (ç, ë, å, etc.). Loin d’être une erreur typographiques, la stratégie consiste en un leurre pour l’usager qui n’a ainsi pas conscience de s’être fait piéger.
Le typosquattage peut s’appuyer sur des noms qui mobilisent l’émotion de l’internaute, tels que « tresor-pubilc, mais aussi tresor-publics, tresar-public, tresor-public, etc. », ou « dircetion-ensc, direction-esnc, mais aussi direction-ėnsc, direčtion-ensc, directiøn-ensc, etc. ». Il peut consister en utilisation, élision  ou inversion de lettres (unviresite-bordeaux, unversite-bordeaux, etc.), en suppression ou ajout d’un tiret, d’un slash ou autre (universitebordeaux, universite_bordeaux, ou universite/bordeaux, pour universite-bordeaux), en utilisation d’accentuation orthographiquement correcte (université-bordeaux), ou en modification du code terminal (.tr pour .fr, .cam pour .com, .arg pour .org, etc.). L’important est que l’erreur soit efficace et que la victime n’en prenne pas conscience, ou trop tard. Une technique très efficace repose d’ailleurs sur l’étude statistique des erreurs de frappe récurrentes de l’internaute à piéger pour lui proposer des erreurs congruentes avec son propre handicap, ses habitudes ou sa personnalité cognitive.
Dans tous les cas réussis, la victime, pensant correspondre avec une personne, une société, un organisme typosquatté, est alors invitée à donner des informations personnelles ou confidentielles dans un processus de phishing (hameçonnage).

27 novembre 2017

IA : L'intelligence artificielle forte.

Les spécialistes de l’Intelligence Artificielle (IA) distinguent l’IA "forte" de l’IA "faible". Il n’est évidemment pas question ici de puissance, mais d’une forme "épistémologique" de la discipline privilégiant l’inspiration d’imitation ou celle d’indépendance du fonctionnement de l’Intelligence Naturelle (IN). 
Plus exactement, la première forme d'IA désigne l'intelligence d'une machine, ordinateur, drone ou robot, la plus similaire possible à l'intelligence des êtres humains, conçue comme étant issue de choses simples combinées entre-elles, pour arriver à des choses compliquées, voire complexes dans le cas de productions émergentes. Ces productions potentielles permettraient alors à la machine la plus sophistiquée, pour l'heure théorique, d'être dotée de "conscience", allant jusqu’à pouvoir éprouver des besoins, des émotions et des sentiments. Cet automate imitatif pourrait à un certain niveau de complexité penser lui-même, croire que son existence bien qu’artificielle, et cela avec ou non l’intervention de composants naturels dans le cas de constructions "hybrides", soit d’essence animale ou même humaine. 
 Ce problème de la "conscience" doit être conçu à deux dimensions : celle de la "conscience de soi" et celle de la "conscience de situation". La première permet à l’automate de considérer sa propre existence comme "personnelle", unique et inscrite dans une forme d’expérience du passé et d’une ambition du futur, et la seconde, permettant l’appréciation des caractéristiques du milieu environnement physique, relationnel humain, hybride ou artificiel, est constitutive du sentiment de la différence entre "soi" et "non soi". Ces deux dimensions concurrentes sont constitutives d’une forme de "compréhension" de ses propres "raisonnements", d'une "métacognition", et de l’émergence d’un "sens moral", c'est-à-dire d'un jugement porté sur ses propres pensées, comportements et intentions. Pour un tel projet, il convient de distinguer les deux formes incompatibles de l’IA que sont le "symbolisme" et le "connexionnisme". 
Dans le premier cas, un programme exprimé dans un langage interne manipulant des symboles selon des règles d’une grammaire bio inspirée, hybride, ou complètement artificielle, permet l'expression d’éléments émergents, non strictement programmés. Il doit cependant disposer de caractéristiques fondamentales telles que de la mémoire, des capacités d’apprentissage, une logique interne et une forme de motivation à la "survie" et à l’appétence "cognitive". Ce programme doit donc être en mesure d’emmagasiner des informations et d’y adapter son propre fonctionnement, avec une "motivation" à s’enrichir lui-même. Un programme autonome intelligent qui reste dans son coin sans rien faire et rien connaître de son environnement ne sert à rien, ni pour lui ni pour d’autres. Il peut rester temporairement en sommeil, mais doit pouvoir être "réveillé" en fonction de l’apparition des circonstances qui permettraient son "intégration" environnementale. Les spécialistes de l’IA imaginent qu’un tel programme commence avec des concepts simples pour les combiner selon des règles de logique, et ainsi arriver à l’expression de comportements complexes. Certains informaticiens s’inspirent de l'apprentissage de l’enfant qui s’adapte et apprend de son environnement physique et relationnel, pour programmer une "aptitude cognitive". Celle-là n’est pas suffisante sans une "motivation" qui entraîne le programme lui-même à s’auto-enrichir. Le programme assemble alors entre eux des éléments simples pour produire des éléments qui le sont moins, et ainsi de suite. Ces éléments sont des représentations de l’environnement ou d'éléments de logiques, c’est-à-dire des symboles. La perspective évolutive est ici non prévue, même si elle peut être incitée, et les connaissances comme les représentations ou les réactions ultérieures ne sont pas contenues dans le programme initial. Il y a bien "émergence" des éléments d’intelligence ; cette émergence peut être hiérarchisée en niveaux allant de l’inventaire des éléments de base jusqu’aux concepts les plus sophistiqués ou même, le cas échéant, jusqu’à la conscience de soi et celle de son environnement. 
L’approche connexionniste s’affranchit quant à elle de la présence d’un programme interne manipulant des symboles. Elle s'affranchit également d'une mémoire déclarative contenant des symboles et surtout d'une horloge qui règle les séquences des itérations internes comme dans une architecture Von Neumann. Seules les caractéristiques organisationnelles, fonctionnelles et structurales, de la machine sont définies au départ. Ce sont les capacités de modifications internes de l’automate qui permettent une "auto-organisation" interne, intimement couplée avec l’environnement, capable d’en détecter les modifications et de s’y adapter en fonction de cette transformation interne. Les réseaux de la machine sont évolutifs et peuvent se doter de nouvelles connexions ou même de nouveaux composants par enrichissement circonstanciel. La machine peut alors, dans un cas théorique parfait, recruter d’autres machines ou même des hommes pour partager un patrimoine informationnel commun ou réparti en fonction des besoins. Le système de couplage environnemental est ici au centre d’un fonctionnement auto-émergent et peut, dans un cas idéal promu par certains spécialistes de l’IA connexionniste, s’auto-enrichir et s’autoproduire selon le principe d'une "autopoïèse", c'est-à-dire d'une propre production de soi. L’apprentissage connexionniste se fait en deux processus concurrents et concourants : imprégnation, et enrichissement. Il n’y a pas à proprement parler de mémoire déclarée en symboles dans un programme formel. Les symboles ne sont ici que l'expression de la machine capable de lire certains de ses états internes. Cette expression est structurée par une grammaire qui émerge des contraintes structurales et fonctionnelles de l’automate, ainsi que de l’environnement dont la machine à "conscience" ; elle n’est pas en elle, ni implémentée ni incarnée, mais s’exprime dans l’intégration machine-milieu. Dans le connexionnisme, la mémoire prospective résulte de la disposition de nouveaux réseaux ou la modification d’anciens, la mémoire rétrospective dans le maintien de configurations existantes, qui peuvent ou non être réutilisées, remobilisées de manières complète ou partielle. Ce recyclage explique ainsi des phénomènes quasi naturels d’amnésie et de modulation des souvenirs. 
De manière concrète, la plupart des programmes d’IA dite "ascendante" correspondent actuellement à des architectures comportant plusieurs éléments simples reliés entre eux, à l'imitation du vivant, mais implémentés sur des structures de calcul symbolistes (architecture Von Neumann). On joue à faire "comme si" c'était vivant. Même si c’est l’interaction entre les éléments qui dicte le fonctionnement du programme, celui-là reste contraint par une segmentation du programme et de la mémoire, et par un fonctionnement réglé par une rythmique séquentielle contrainte par une ultrahorloge interne totalement étrangère à une structure naturelle. Même si le programme peut évoluer et faire exprimer des comportements non initialement programmés, cette émergence est limitée par la structure même de l’électronique actuelle. 
Néanmoins, le plus grand avantage de l’IA ascendante est qu’elle peut apprendre et s’adapter. Cette approche permet également une imitation plus fidèle de la cognition naturelle avec des programmes conçus analogiquement à des êtres vivants, ou même à des ensembles d’êtres vivants, réseaux ou collectivités En effet, les types de programmes les plus connus d’IA ascendante concernent les systèmes multi-agents, les algorithmes génétiques et le deep learning, et les réseaux de neurones formels ou artificiels. 
On est donc encore loin d'une réalité artificielle connexionniste, en restant à un jeu d'imitation dans lequel même Alan Turing savait qu'il n'était question que d'une pâle copie de la réalité du vivant.

18 août 2017

TECH : Techno hype - Gartner publie son cycle 2017.


L’institut de conseil et d'études technologiques Gartner est l'un des grands observateurs et analystes mondiaux de l'évolution des technologies. Il a théorisé au début des années 2000 les étapes de maturité et d'adoption de ces technologies innovantes qui semblent suivre une dynamique particulière appelée "cycle du hype". Ce cycle correspond ni plus ni moins à une courbe logistique bien connue en biologie cybernétique pour traiter de l'homéostasie ("processus opposants" de Sokoloff), que les experts de Gartner ont redécouvert ou en s'en inspirant pour l'appliquer aux évolutions technologiques. Le peu de publications sur le sujet de la part de Gartner laisse planer l'ambiguïté sur ces quelque 110 cycles proposés (payants), mais chacun sait que la science est un éternel renouvellement!

Mais qu'est-ce que veut dire "hype" ?
Littéralement, on peut traduire par "branché", "dans le coup",  "dans le vent". A l'origine, le terme vient du monde anglo-saxon de la couture et désigne le "battage" ou le "tapage médiatique", promu par certains médias à un moment donné (articles, reportages, éditoriaux, émissions tv, photos de starts portant de la "hype", etc.). Certains préfèrent la notion d’avant-gardisme suscitant d'abord une certaines méfiance, voire un refus, mais arrivant à percer grâce au battage et à la réputation des adeptes. Les trucs "hype" se diffusent par le "buzz".
Gartner observe ce qui est à la mode, participe par ses observations au tapage et fait donc le buzz. A force de répétition et de pouvoir de conviction, l'institut a imposé son cycle et en fait même commerce, en le protégeant probablement auprès de juriste qui n'ont jamais rien lu en biologie. Le buzz fait son effet, et le monde industriel et des technologies suivent la mode : en techno, et bien évidemment en électronique ou informatique, il faut être branché ! Sinon ça s'arrête et il faut rebooter...

Voyons de plus près : selon Gartner, chaque technologie innovante suit la dynamique de la "hype" (ou du "hype", comme l'on veut). Les technologies qui survivent passent par le phénomène "hype" théorisé en cinq stades. Ces étapes sont "déposées par Gartner" et correspondent à la perception de l'avancée de ces technologies par les experts et les industriels, et à leur popularité auprès du public.
Ce chemin traverse donc successivement les étapes de l'enthousiasme du début (innovation trigger), des attentes irrationnelles (peak of inflated expectations), du désenchantement ou de la désillusion (trough of disillusionment), du retour en lumière (slope of enlightenment), puis de la mise en productivité vers le succès (plateau of productivity).
D'après Gartner, qui se garde bien de publier les données sources sur lesquelles il s'appuie pour valider cette uniformité de parcours, toutes les technologies qui ont réussi telles que l'internet, le cloud, le big data, la 3G, le smartphone et les tablettes, etc. ont emprunté cette dynamique et ont franchi a leur propre vitesse les différentes étapes du cycle "hype".
Chaque été, l'Institut Gartner publie son édition annuelle, en précisant les états d'avancement et les délais nécessaires avant leur adoption à grande échelle pour chaque technologie potentiellement d'avenir.

L'an passé, Gartner indiquait par exemple le 16 aout (2016), les états suivants :
- enthousiasme pour la poussière intelligente, l'impression 4D et l'ordinateur quantique ;
- attente irrationnelle pour la blockchain, la maison connectée et les véhicules autonomes ;
- désillusion pour l'internet des objets, le machine learning et la réalité augmentée ;
- illumination pour la réalité virtuelle, le contrôle gestuel et l'impression 3D.
Ce 15 aout 2017, Gartner a publié (lien) :
- enthousiasme pour la poussière intelligente, l'impression 4D, l'homme augmenté et les BCI ;
- attente irrationnelle pour les robots intelligents, le machine learning, le deep et le smart learning ;
- désillusion pour les véhicules autonomes, la blockchain et la réalité augmentée ;
- illumination pour la réalité virtuelle.

En fait, Gartner indique trois tendances fortes.
1/ - L'intelligence artificielle généralisée (partout), avec l'IA générale mais aussi le deep et le machine learning, la poussière intelligente, les véhicules autonomes, l'informatique cognitive, les drones commerciaux, les interfaces de conversation, les robots et espaces de vie et de travail intelligents ...
Ces technologies suscitent les attentes les plus fortes que ce soit de la part du public, des experts ou des industriels.
2/- Les technologies d'immersion, avec l'impression 4D (objets qui peuvent changer de forme), les brain-computer interfaces, l'homme augmenté par les systèmes technologiques, et qui restent à des phases d'enthousiasmes. La réalité virtuelle, la réalité augmentée, les nanotubes électroniques ou la maison connectée sont plus proches de la maturité.
3/- Les plateformes digitales avec la 5G, la blockchain, l'internet des objets, l'informatique quantique, les systèmes neuromorphiques, le edge computing ...
Ces technologies sont chargées d'espoir et doivent pouvoir révolutionner le monde des usagers des technologies.
Voir le tableau synthétique ici (lien).

Tout cela est très "hype" ... On verra bien.

31 mars 2017

IA - SHS : Cybercriminalité - la santé attaquée - la protection cognitive à l'ordre du jour.

L'indice IBM X-Force Threat Intelligence est un indicateur d'observation de la cybercriminalité, publié chaque année par l'entité sécurité d’IBM. 
Il est composé d'observations internes, issues de la surveillances de 8000 clients répartis dans 100 pays, et de données externes tels que des capteurs de spam, hameçonnage, honeynets et autres dispositifs malwares, grâce à des réseaux-pièges et à la surveillance de plus 37 milliards de pages Web, d'images et mails frauduleux.
IBM a publié son rapport le 30 mars 2017, et constate que le nombre de données compromises est passé de 600 millions 2015 à plus de 4 milliards en 2016, soit une augmentation de 566% pour la seule année dernière.
L'évolution concerne évidement les cartes de crédit, les mots de passe et les renseignements personnels, mais l'explosion concerne aujourd'hui n-beaucioup plus les données médicales personnelles.
De même, IBM a constaté un changement de stratégie des cyber-déliquants. Ainsi, ceux-là s'attaquent plus aux données non structurées, telles que les archives d’emails, les documents commerciaux et de propriété intellectuelle, et le code source.
Un troisième constat d'évolution qualitative concerne l'intention de ransomware qui a fait corrélativement augmenter le nombre de spams de près de 400%. En effet, la principale méthode utilisée pour le ransomware utilise les pièces jointes malveillantes dans les courriers indésirables. 
Face à cette menace et ce danger, l'économie a elle-même évolué. IBM signale que 70 % des entreprises touchées par le ransomware payent plus de 10 000 $ pour récupérer l’accès aux données et aux systèmes. Le FBI a estimé que, pour les trois premiers mois de 2016 aux USA, les cybercriminels ont perçu en rançon près de 210 millions de dollars, ce qui permet une estimation d’un milliard de dollars sur l’année 2016. Le ransomware représente ainsi 85 % des attaques. 
La santé et les services financiers sont les secteurs les plus atteints. Ainsi, l’industrie de la santé a été assaillie par un très grand nombre d’incidents, avec une concentration sur les des cibles plus petites, ce qui entraîne un nombre plus faible de fuites de données mais déstabilise beaucoup plus le système global, les petites structures étant moins bien protégées et culturellement préparées.
Le rôle de la prévention et de la protection cognitive semble de plus en plus évident. En moyenne les clients suivis par IBM ont enregistré plus de 54 millions d’événements de sécurité en 2016, soit seulement 3 % de plus qu'en 2015, avec une baisse de 12 % des attaques d’une année à l’autre. Ces résultats semblent liés à l'évolution des systèmes de sécurité qui s'améliorent et surtout, d'après IBM, à de nouvelles innovations, comme les systèmes cognitifs.
Accès au rapport IBM X-Force (ici).
Voir le communiqué d'IBM (ici).

03 juin 2016

IA : Watson pour la cybersécurité.

IBM a lancé depuis un an son programme de "cognitive era" (ère cognitive). C'est sur les performances de Watson, le super-ordinateur qui a gagné le jeu Jeopardy, que NYSE, le groupe de Sécurité d'IBM, compte pour aider les équipes de RSSI et de cybersécurité a mieux identifier les menaces. le rôle de Watson serait d'analyser des sources de données multiples non structurées, qu'elles soient exprimées en langage naturel, sous forme de texte, de posts, de blog ou de visuels,
pour repérer les faire remonter des données qu’il juge pertinentes et qui échappent jusqu'ici aux outils d’analyse classique. Or c'est ce patrimoine informationnel non structuré qui constitue 80% des données quotidiennes produites dans le monde. 
La tâche ainsi définie est nommée « sécurité cognitive ». La méthode consiste, selon IBM, à "formuler des hypothèses, des argumentaires basées sur des preuves ainsi que des recommandations" avec par exemple une analyse de malwares permettant d’identifier automatiquement les évolutions et variantes entre différents logiciels malveillants, même s'ils sont conçus de manière différente afin d’échapper aux antivirus classiques.
Après cette annonce du 10 mai 2016, IBM doit préciser la façon dont Watson sera proposé aux entreprises, avec une version beta pour la fin d’année.

14 décembre 2015

DIV : L'interdisciplinarité, vers des "instituts de convergence"

Le programme "investissements d’avenir" souhaite soutenir les échanges entre les disciplines scientifiques grâce à une nouvelle action intitulée “Instituts de Convergences”.
C'est lors de la présentation de la Stratégie Nationale de la Recherche (SNR), le 14 décembre 2015 au musée du quai Branly, que le premier ministre Manuel Valls a annoncé cette action prévoyant des centres qui "intègreront les sciences dites 'dures', le numérique, les sciences humaines et sociales, le monde socio-économique, et développeront des formations d’excellence". La faisabilité de tels centres interdisciplinaires a été établie par le Service de la stratégie, de la recherche et de l'innovation (SSRI) de la DGRI du Ministère de la Recherche.
Un premier appel d’offres sur le sujet pourrait être ouvert en janvier 2016. Le statut, la composition, la surface disciplinaire, le nombre et les budgets afférents ne sont pas encore connus.

12 décembre 2015

IA : Un fond pour l'IA positive.

Elon Musk (SpaceX et Tesla Motors) et Sam Altman (Y Combinator) co-président la nouvelle association (sans but lucratif) fondée le 11 décembre 2015 avec d'autres entrepreneurs de la Silicon Valley tels que Reid Hoffman (LinkedIn), Jessica Livingston (Y Combinator), Peter Thiel (PayPal) et plusieurs entreprises dont Amazon Web Services, Infosys et YC Research on annoncé la création à San Francisco de "Open AI", un organisme sans but lucratif consacré à la recherche sur l'intelligence artificielle.
Ces industriels ont réuni un fond d'un milliard de dollars pour "l'avancement de l'intelligence artificielle de la manière la plus probable de bénéficier à l'humanité dans son ensemble, sans restriction liée à la nécessité de générer des profits." En filigrane, s'assurer que l'intelligence artificielle reste bénéfique pour l'humanité (lien) et éviter qu'elle ne se déploie du côté de l'autonomie contre les hommes (lien).
Cette initiative fait suite aux peurs de plusieurs scientifiques (e.g. ici) et industriels (e.g. ici et là) quant au danger que représente l'intelligence artificielle, dans la ligne du Future of Life Institute, un organisme de plus de 10 millions de dollars d'investissement créé en octobre 2015, et dont le but est que la technologie promeuve une "vision optimiste du futur".
 Le directeur de la recherche de "Open AI" est Ilya Sutskever, un spécialiste du deep learning (ancien de Google Research), et le CTO Chief Technology Officer) est Greg Brockman spécialiste des transactions dématérialisée (issue de Stripe). On trouve autour d'eux des ingénieurs et scientifiques tels que Trevor Blackwell, Vicki Cheung, Andrej Karpathy, Durk Kingma, John Schulman, Pamela Vagata, et Wojciech Zaremba.
(voir le site de Open AI : ici ; et les postes de l'Usine Nouvelle : ici ; Forbes Tech : ici et là ; Gizmodo : ici).

21 juin 2015

DIV : Guy Boy nommé Dean of the School of Human-Centered Design, Innovation and Art - FIT

Notre collègue et ami Guy Boy vient d’être nommé Dean de la nouvelle School of Human-Centered Design, Innovation and Art du Florida Institute of Technology (FIT), à Melbourne (Florida - USA), à partir du 1er août 2015.
Le FIT se trouve au sein de la "Space Coast" de la Floride, un des lieux de la technologie américaine, à moins d'une heure du NASA Kennedy Space Center de Cap Canaveral et du centre Orlando.
Le FIT est un des meilleurs organismes de formation technologique gardant le soucis de l'interdisciplinarité et de la compétence généraliste de ses étudiants. Il a développé un centre de recherche sur le Design centré sur l'homme (HCDI).
La nouvelle école dirigée par le Professeur Boy associe dans une politique scientifique et culturelle commune plusieurs départements, dont les technologies et les arts, pour un nouveau collège entièrement dédié à l’innovation et au design thinking : une nouvelle approche globale du system engineering, telle que celle développée au d.school de Stanford ou au MIT Media Lab.
A suivre ...

03 février 2015

IA - SHS : les objets connectés source de données d'usage

La journaliste S. Eustache et le graphiste G. Quévrin, contributeurs de l'excellent site I.T. (Industrie et Technologies), nous offrent une très belle présentation imagée à propos des objets connectés.
Reprenant les courbes de progression des différents marchés (industrie, santé, villes intelligentes), les auteurs montrent comment les objets connectés envahissent notre vie et n'épargnent plus personne dans le monde numérique.

Le mieux est de regarder leur iconographie et de réfléchir, à l'issue, aux enjeux de cette formidable explosion digitale pour pouvoir l'accompagner à la fois au plan technique qu'au niveau des productions et de l'exploitation des incroyables déluges de données qui vont se déverser sur nous, en anticipant les comportements, les marchés et les défenses, résistances ou limites éthiques qui ne manqueront pas d'émerger d'un tel cataclysme technologique et culturel.
Du travail, évidemment, pour les ingénieurs en cognitive. S'ils ne s'intéressaient pas à cette immense mutation en marche, ils manqueraient probablement aux ambitions des fondateurs de la filière ... "accompagner le progrès pour une meilleure place de l'homme dans les systèmes".



extrait :
"Véritables usines à données, les objets connectés permettent de collecter de l'information sur des thématiques variées, et se répandent dans de nombreux secteurs. Ils représentent ainsi un marché prometteur, comme vous le découvrirez dans cet infoposter."

14 novembre 2014

DIV : Destinées numérique 2014.

Les Destinées Numériques 2014 se tiendront le 27 novembre 2014 à l'ENSEiRB.
Cet événement annuel, créé et piloté depuis 4 ans par l'ADEISO, le réseau des entreprises et entrepreneurs du numérique et de l'électronique en Aquitaine, est à la fois un forum et un séminaire professionnel et technique.
Les destinées regroupent sur une journée les acteurs professionnels du digital, de l'innovation et de l'entreprise du futur.
Le programme 2014 (ici).

15 mai 2014

iA -SHS : Le poids écologique de l'Internet.

Au lieu de lire ce message, pensez à l'environnement !!!

L'ADEME est l'organisme officiel français, créé en 1991, ayant pour mission la protection de l'environnement et la maîtrise de l'énergie en ce qui concerne les déchets, la pollution des sols, le transport, la qualité de l’air, le bruit, la qualité environnementale, l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Pour cela, l'ADEME s'appuie sur des expertises scientifiques et techniques pour proposer des conseil et accompagner les décideurs, et pour inciter et faciliter les choix favorisant des solutions respectueuses de l'environnement et les bonnes pratiques environnementales (site officiel de l'ADEME). 
Elle édite notamment le site "Réduisons vite nos déchets, ça déborde" (ici).
Depuis quelques années, l'ADEME s'est intéressée au prix écologique des TIC. Ainsi, elle propose un dossier "écocitoyens" sur la réduction de l'impact des usages de l'Internet et des courriels (ici) ou sur celui de l'usage des téléphones portables (ici).

L'ADEME a produit, avec la société "Bio Intelligence Service" une série d'études objectives de l'impact environnemental des usages quotidiens des TIC. Ce travail avait été relayé sur ce blog (lien interne) et a fait l'objet d'une nouvelle publication de sensibilisation en février 2014 (lien ici).
En mesurant l'impact de trois usages des TIC (mail, consultation, stockage) en termes d'émission de gaz à effet de serre (en équivalent CO2), d'épuisement potentiel des métaux (en équivalent fer) et d'épuisement potentiel de ressources fossiles (en équivalent pétrole), en prenant en compte la fabrication du matériel informatique (ordinateurs, disques et data centers), son usage, et la fin de vie des équipements, l'ADEME arrive à des conclusions inquiétantes (bilan ici).
Ainsi, le prix écologique de l'envoi d'un mail à une ou plusieurs personne, avec ou sans pièce jointe, celui des clics et des consultations Web telles qu'on peut les faire sans y penser en recherche documentaire, en jeu en ligne, ou en musardant simplement sur la toile, est quantifié et montre combien des quantités effarantes de tonnes CO2 par an sont ainsi dépensées dans le monde. Le "pompon" reviendrait aux clefs USB et aux connexions entre ordinateurs et clefs USB qui dépensent une quantité surprenante d'énergie. 
Toutes proportions gardées, et selon les statistiques de l'ADEME appliquées à l'ENSC,  une diminution de 10% de courriels de 10 Mo au sein de l'école, c'est à dire pour à peu près 200 personnes, permettrait de gagner plus de 15 tonnes équivalent CO2 par an, c'est-à-dire l'équivalent d'environ trente traversées aériennes transatlantiques. 

De nombreux rapports internationaux commencent à poser très sérieusement la question de l'impact des TIC sur l'environnement. Selon certains d'entre-eux, le numérique va faire exploser la consommation d'énergie mondiale dans la prochaine décennie avec à minima 4% de cette énergie, et selon certains jusqu'au double prévu d'ici à 2020.  
Au plan mondial, le film documentaire "Internet, la pollution cachée" (à voir ici), présenté en 2013 au festival international du film scientifique Pariscience, montre comment sans qu'on le sache vraiment des millions de kilomètres de cuivre ou de fibres optiques transportent les mails, les images et les musiques vers des milliers de data centers. Il révèle la face cachée de l'industrie silencieuse de l'Internet. Ainsi, d'après les réalisateurs du film, un mail envoyé entre deux voisins immédiats parcourt-il en moyenne 15.000 km alors qu'en une heure transiteraient quelque dix milliards d’emails dans le monde, pour une consommation d'à peu près 15 centrales nucléaires. Le stockage dans les data centers nécessite des quantités colossales d'énergie de refroidissement. Et les spécialistes commencent à s'inquiéter du boum du commerce en ligne qui produit beaucoup d’octets, comme d'ailleurs la publicité ciblée à laquelle on ne prête que peu d'attention et qui pourtant vient probablement imprimer sa trace infraconsciente dans le cerveau de l'internaute.
Sans revenir sur l'utilité évidente des TIC dans la lutte contre le changement climatique (surveillance satellitaire, télémédecine, rationalisation du travail et des déplacements, etc.) telle que peuvent le montrer des études internationales (voir par exemple ici), ni sur l'intérêt dans l'éducation et pour la culture de la jeunesse et des peuples, on ne peut que prendre conscience de la trace écologique très significative d'un usage facile et non raisonné de l'Internet, du mail et du Web, en incitant chacun de nous à diminuer ses connexions, ses clics et ses envois pour le bien de la planète. Voici par exemple de quoi reposer rationnellement l'intérêt des supports et des bibliothèques traditionnelles, ou de l'écriture et de la prise de note traditionnelles, dans un contexte qui n'est pas aussi simple qu'il apparaît, ou qu'on voudrait nous le faire croire.