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02 juin 2020

BIO - IA : Le fantasme du premier œil bionique.


Un consortium de trois équipes de recherche, l’une du département d’Electronique de l’université des Sciences et Technologies de Hong Kong à Kowloon (Chine), la seconde du département d’Ingenierie et d’Informatique de l’Universite de Californie à Berkeley et une autre de la division des sciences des matériaux du Laboratoire National Lawrence Berkeley en Californie (USA), vient d’annoncer dans la revue Nature (lien ici) la conception du premier œil bionique complet à destination future des non voyants.
Cet équipement électronique intégré, l’EC-EYE (ElectroChemical EYE), est constitué d’un globe oculaire artificiel complet dont la rétine est constituée de minuscules capteurs électrochimiques positionnés dans une membrane hémisphérique d'aluminium et de tungstène et imitant les véritables cellules photoréceptrices. La partie optique du prototype est constituée d’une lentille et forme la cavité sphérique contenant un liquide ionique. Les données qui en sont issues sont transmises par de minuscules câbles formant le nerf optique. Pour l’instant limité à une résolution de 100 pixels et à un champs de vision de 100 degrés, le dispositifs sera amélioré pour permettre d'ici cinq ans selon les auteurs une vision quasi normale sur 160 degrés et permettre une utilisation substitutive en clinique, voire dépasser les aptitudes naturelles de l’homme. L'appareil pourrait alors équiper des robots humanoïdes ou d’autres dispositifs de vision. Les chercheurs pensent ainsi pouvoir à terme obtenir un œil doté de nanorécepteurs permettant une vision dix fois plus précise et performante que celle de l’œil humain. 
Deux problèmes restent posés et non abordés par les auteurs. Le premier est celui de l’interface qui sera nécessaire chez l’homme entre la partie artificielle est le premier relai sous cortical (genouillé latéral du thalamus) en respectant son organisation structurale en couches et fonctionnelle en hémichamps droit et gauche, en réseaux rapide (magnocellulaire) et plus lent et précis (parvicellulaire), selon le type d’information et sa localisation sur la rétine. Ce problème est d’autant plus critique qu’il participe à la ségrégation des informations en contrastes, couleurs et mouvements, tout en permettant d’assurer la mobilité oculaire (poursuite oculaire, mouvements réflexes, contraintes de nystagmus, etc.), pour un traitement spécifiques à d'autres aires cérébrales distinctes (notamment corticales). Il se posera d’autant plus s’il doit être coordonné avec un œil sain restant, posant la question de sa cohérence ou de sa suppression, produisant alors un nécessaire handicap pour pouvoir être couplé avec un second œil artificiel (éborgnement). Le second problème est, dans le cas fort théorique ou le premier pourrait être résolu, de savoir ce que ferait un homme augmenté d’une vision dix fois plus performante que la naturelle.
Nous sommes encore une fois confrontés au fantasme des spécialistes de l’artificiel qui veulent faire plus en omettant les contraintes de bases comme si leur solution allait de soi. Toujours plus n'est pas forcément mieux. 
Il y a fort à parier que les équipes californiennes et chinoises produiront un œil artificiel qui restera un gadget puisque d’une part impossible à connecter utilement au cerveau, sauf à en faire un simple outil d'interface cerveau-machine (BCI). Dans le cas où l’interface serait possible, alors pourquoi utiliser un œil plutôt qu’un dispositif plus efficace de caméras incorporées ou embarquées sur des lunettes, plutôt qu’un dispositif « usine à gaz » faisant courir des risques chirurgicaux considérables à la personne qui en serait équipée ? Enfin, lorsque les auteurs affirment que l’œil est déjà capable de différencier des lettres simples comme E et Y, ils omettent l’idée que ce n’est pas l’œil qui voit ces lettres, mais tout un ensemble, avec l'intervention d'un système postérieur, soit d’intelligence artificielle dans leur cas, soit d'intelligence naturelle soumise aux apprentissages culturels dans le cas de l'homme normal, l’œil ne détectant que des différences auxquelles une intelligence donne éventuellement un sens en fonction des acquis, de la mémoire et des apprentissages, et de la motivation ... à voir.
Ce problème de l’interface est récurent chez les mécanistes qui engagent pourtant des moyens colossaux comme s’il était résolu. Le fameux Elon Musk fait d'ailleurs comme s'il avait franchi ce cap grâce à son dispositif cerveau-ordinateur développé par sa société Neuralink, alors qu’il ne permet que de produire de nouveaux apprentissages chez les sujets à partir d’électrodes implantées, comme le faisait déjà Grey Walter par l’électroencéphalogramme de surface (électrodes collées sur le scalp) avec ses tortues robots au milieu du siècle dernier, et que réalise tous les jours le "brain-computer interface" tel qu'il est enseigné et mis concrètement en oeuvre à l'ENSC. Pour l'avoir moi-même testé à l'hôpital avec des électrodes implantées et recueillir des potentiels évoqués cognitifs de 1993 à 1999 (voir liste de publications ici), je peux affirmer que ... ça ne marche pas ... à de tels niveaux macroscopiques et d'approximation théorique.
Rien de nouveau sous le soleil, et toujours le fantasme du bio-mimétisme  dans un transhumanisme paralysé par ce boulet conceptuel. On ne fait pas voler des avions en imitant les oiseaux ! Voir à ce propos l'excellent article de Jean-Claude Beaune, André Doyon et Lucien Liaigre sous le titre "automate" dans la non moins excellente Encyclopaedia Universalis (lien ici), et comprendre comment, "Comme le train qui s'entête, dès sa naissance, à singer la diligence, le robot, marqué des pouvoirs nouveaux de l'électricité, de l'asservissement mécanique et de l'électromagnétisme, s'entête à son tour à parodier tristement la nature humaine" (sic).
Voir l'article de Martin Koppe sur un "Regard anthropologique sur le biomimétisme" dans le Journal du CNRS (lien ici), qui explique le "biomorphisme", c'est-à-dire utilisation et "détournement" de solutions héritées de l'évolution adaptative pour faire quelque chose d'autre (par exemple le Velcro inspiré des épines du fruit de la bardane). Tout cela ne peut être confondu, dans un fantasme à la Pinocchio et à la bonne fée, avec la simple copie réductionniste d'éléments isolés d'ensembles fonctionnels intégrés, en espérant que la fonction émergente des derniers apparaisse spontanément des simples bouts de bois et de ferraille des roboticiens ou du silicium des informaticiens.

30 avril 2020

IA - SHS - DIV : De l’impossibilité potentielle de prévoir : le futur du Covid-19 dans l’impasse du chaos.

Outre le fait que le plus difficile à prévoir, c'est l'avenir (voir ici), certains s'y essaient pourtant. Ainsi le 16 avril, Elie Cohen, économiste et directeur de recherche au CNRS, a élaboré trois (3) scenarios de sortie de la crise économique due au coronavirus. Qu’en tirer comme conclusions ?
« scenario en V ». On plonge très profondément, on touche le fond, on rebondit rapidement. La crise est de courte durée : par exemple quelques semaines. L’économie reprend et la perte d’activité en 2020 serait compensée en 2021 et même 2022. Les deux ou trois ans moyennés seraient alors nuls en termes de croissance.
« scenario en U ». On plonge, on reste au fond le temps de la crise qui est longue : plusieurs mois sans reprise, au moins  avant l’automne, peut-être plus. La perte de PIB est très importante, pouvant atteindre 10%. Il s’agit d’une crise majeure, sans réelle possibilité d’imaginer les conséquences économiques, sociales, culturelles, industrielles, militaires, etc.
« scenario en W ». On plonge, on rebondit et la crise sanitaire repart, et on replonge, et ainsi de suite avec une constante de temps par exemple de 3 à 4 semaines : succession de périodes de confinement et de redémarrage. Pour Cohen, « c’est le scenario noir absolu et c’est ce qu’il faut absolument éviter ». Néanmoins, c’est celui dont il n’est plus tabou de parler, et que le Premier Ministre envisage en y préparant le parlement et les citoyens à un scénario dit « stop and go » (voir ici).
Alors, que se passe-t-il dans ce cas W ? Ce scénario a notamment été théorisé par Neil Ferguson, épidémiologiste de l’Imperial College (voir ici), qui bien que  particulièrement critiqué par de nombreux théoriciens (lien ici) semble avoir inspiré les politiques de françaises, américaines, anglaises ... en effet, à lorsqu’on sait qu’en matière biologique la négation n’a aucune valeur conjuratoire, il est utile d’examiner toutes les pistes d’interprétation des données jusqu’ici recueillies. Parmi les modèles qui ont été étudiés (lien ici), ce W rappelle les phénomènes rencontrés dans les théories du chaos déterministe. Et ces modèles chaotiques sont loin d’être incohérents. Dans ceux-là, la dynamique échappe à l’ambition épidémiologique, elle n’est plus prévisible, et seuls des modèles mathématiques spécifiques sont applicables.
De manière générale, on peut en décrire trois types de perspectives.
Premier cas : l’oscillation (WWW) s’éteint en tendant vers un attracteur entier, qui peut prendre toutes les valeurs intermédiaires entre le maximum et le minimum, avec une probabilité centrée sur une valeur de tendance centrale. Les statisticiens s’écharpent sur la forme normale ou non de la distribution de probabilité, sur la validité de la médiane ou de la moyenne selon les modèles, etc. Bref, on ne sait rien sinon prévoir, mais sans certitude.


Second cas : l’oscillation (Ww-) se stabilise sur deux valeurs, maximum et minimum, avec un rythme qu’il reste à découvrir, probablement lié à la période d’incubation du virus et à la durée des reconfinements. Là encore, on ne sait rien pour n’avoir aucune valeur pertinente potentielle pour alimenter le modèle. La variabilité des données à y entrer voit une explosion combinatoire des solutions, dépassant des capacités raisonnables de calcul informatique, et sans que personne ne puisse donc en donner une perspective. 
Troisième cas : la dynamique (WXY) converge vers un attracteur étrange, non entier, de dimension fractale, caractéristique du chaos déterministe. Ce que l’on sait de certain à son propos est que l’étude de ce type de phénomènes ne peut se faire qu’à posteriori. Il n’y a aucune solution ni aucun moyen de prévoir quoi que ce soit ; toute prévision est mathématiquement impossible. On peut avoir des accélérations fréquentielles combinées à des phases de quasi stabilité plus ou moins longues avant de nouvelles explosions d’instabilité, cela sans maximum ou minimum calculables. Un exemple modelisé à partir d’une équation simple (x(i+1)=r.x(i)*(1-x(i)) avec r arbitrairement fixe à 2,6 (figure du haut), à 3,2 (figure du milieu) et à 3,7 (figure du bas) pour une valeur x de 0,4, illustre les trois cas cités, alors que les paramètres de l’équation sont très proches. 
Comme les dynamique du troisième ordre sont excessivement sensibles à des conditions initiales dont des différences infimes amènent à des futurs complètement différents, toute tentative de rationalisation est vaine dès qu’on s’éloigne du moment initial de la dynamique. 
Ainsi, on montre à partir de l’exemple précédent, dans le troisieme cas, qu’en réglant la valeur initiale x à 0,4 (figure du haut) ou à 0,4000001 (figure du bas), soit avec une différence (par exemple imprécision) inférieure à un millionième, la dynamique du phénomène est complètement différente. Elle montre, dans le cas considéré, l’impossibilité totale de toute prévision si l’on ne connaît pas avec très grande exactitude ces valeurs initiales, ce qui est bien entendu impossible dans les études portant sur des facteurs globaux estimés, approximés ou même inconnus et alors simplement supposés.
On peut donc comprendre, si tel est le cas, que personne ne sache ce qui va se passer, et que le politique, lui non plus ne sache rien. Il peut rassurer le peuple, mentir, donner des certitudes. Mais les modèles ne peuvent rien dire de futur.
Alors qu’elle perspective ? Autant une petite variation peut induire un effet chaotique, et le battement d’aile d’une chauve-souris en Chine peut provoquer un cataclysme en Europe et en Amérique, autant une autre petite intervention peut faire changer de trajectoire la dynamique considérée, et la précipiter sur un nouvel attracteur. On peut alors imaginer le rôle majeur que pourraient jouer des médicaments, largement diffusés, même si leur action n’est pas prouvée, mais qui changerait un tout petit peu le phénomène. Le jeu en vaut la chandelle, en attendant un vaccin qui jouera, espérons le, le rôle d’un nouvel attracteur entier majeur (pour peut qu’il puisse l’être), précipitant la dynamique mortelle dans une stabilité que chacun appelle de ses vœux.
Sur le chaos déterministe, lire l’article de Futura Sciences (lien ici), et celui de Sciences Étonnantes (lien ici).

28 mai 2019

DIV : La « Team ENSC » en demi-finale de la Mars Society

Les élèves 1A de l’ENSC, conduits par le professeur Jean-Marc Salotti, ont candidaté au concours de la Mars Society : "Mars Colony Prize Competition". Le concours consiste à proposer le meilleur plan de conception d’une colonie martienne de 1000 personnes. Il est doté d’un premier prix de 10 000 $ d’un second prix de 5 000 $ et de 2 500 $ pour la troisième place. En outre, les 20 meilleurs articles seront publiés dans un ouvrage à paraître en 2020 et intitulé «Colonies de Mars: plans d’installation de la planète rouge».
La "Team ENSC", a été sélectionnée pour la demi-finale : 25 projets qualifiés dont un seul français. 
L’ENSC représente donc la France au côté d’équipes majoritairement  américaines (16), de 2 polonaises, et d’une équipe britannique, une japonaise, une suisse, une suédoise, une finlandaise et une israélienne.

11 avril 2017

IA - SHS : La Réalité Virtuelle s'invite dans les sciences du comportement à Berkeley.

L'Université de Stanford avait déjà son "Virtual Human Interaction Lab." (VHIL). L’université de Berkeley ouvre son laboratoire dédié à la recherche sur la réalité virtuelle (RV) au sein de son "Centre pour la Cognition Augmentée" (CAC). 
Le but est d'évaluer l'impact psychologique et comportemental de la RV sur l’être humain. Le "UC Berkeley Immerex Virtual Reality Lab." est organisé en joint venture entre l'université et une société de Santa Clara (Californie, USA), Immerex. Celle-là propose des lunettes de RV couvrantes et légères, ce qui est original par rapport aux autres solutions qui correspondent généralement à des casques classiques (lien).

13 juin 2016

TECH : Des drones de transport maritime sur une mer sans hommes.


L’équipe Ocean Blue d’Alesund (Norvège), équipe de R&D de Rolls-Royce, et des chercheurs d'un consortium academique associant plusieurs université finlandaises (Tampere University of Technology, VTT Technical Research Centre de Finland, Åbo Akademi University, Aalto University, University of Turku) et un cluster maritime associant Rolls-Royce, NAPA, Deltamarin, DNVGL et Inmarsat, ont réalisé un ensemble allant de la construction à l'exploitation en passant par la navigation de prototypes de drones de transport maritime (voir annonce).
De tels "navires fantômes" seraient plus sûrs, en assurant une plus grande sécurité aux marins, en faisant accompagner leurs navires par une flotte entièrement autonome, ou même permettre à des capitaines restant à terre de commander à distance leurs cargos depuis un centre de contrôle. Ils seraient également moins chers à la construction et moins polluants. Le but principal reste cependant financier, avec une une économie estimée à 375 milliards de dollars, selon l’entreprise. Ils pourront ainsi être déployés dans des régions inhospitalières telles que la mer Baltique ou pour les ,nouvelles routes du grand nord. 
Si le problème technologique semble en passe d'être résolu, les dimensions humaines et socio-économiques ne le sont pas. Ainsi, es syndicats représentant le million de marins concernés s’opposent à ce projet, d’après le vice-président de l’innovation maritime de l’entreprise, Oskar Levander. De même, les compagnies maritimes, les ports, mais également les assureurs et les organismes de réglementation doutent de la réalisation du projet à court terme. 
Pour Océan Blue, les cargos fantômes seraient complètement chargés de conteneurs. Le pont et les autres systèmes dévolus à l’équipage (habitat, génératrices d'électricité, chauffage et climatisation, eaux courantes et usées, réserve alimentaires et cuisines, etc.) seraient supprimées et remplacés par une quantité plus importante de marchandises, minimisant les les coûts et augmentant les recettes. Ces drones seraient ainsi 5 % plus légers et consommeraient 12 à 15 % en moins de carburant. L'absence d’humains à bord supprime les risques de santé et de sécurité (accidents, tempêtes, piraterie…). 
Rolls-Royce et son consortium se place ainsi dès aujourd'hui en leader dans une compétition maritime à vocation de transport qui pourrait bien bouleverser l’industrie et l'économie maritime.
Voir la galerie de photos des vaisseaux et salles de contrôle du programme "ship intelligence" (ici).

10 février 2016

DIV : Des chercheurs de l'ENSC au CASPOA de Lyon.

Du 10 au 12 février 2012, cinq enseignants-chercheurs, un membre de la direction et un conseiller militaire de l'ENSC sont en formation C2 (Command and Control) au Centre d'Analyse et de Simulation Pour les Opérations Aériennes (CASPOA) sur la base aérienne 942 du Mont Verdun à Limonest près de Lyon.
Le CASPOA est un centre d'excellence de l'OTAN, notamment en ce qui concerne la formation au C2 (Command and Control) des personnel qui planifient, organisent, contrôlent et mènent concrètement les opérations aériennes au niveau opérationnel et tactique, tant en défense du territoire qu'en opérations extérieures. Il fournit aux pays de l'OTAN et à leurs alliés des services des tests et de validation de dispositifs de simulation, tout en permettant d'explorer des concepts et des expériences sur les technologies et les procédures de soutien aux opérations. l'une de ses missions est également de 
fédérer les experts du domaine de compétence C2 et de contribuer aux efforts en la matière de l'OTAN.
Le but de cette formation "à façon" est de donner un niveau de compétence opérationnel aux personnels de l'ENSC afin de mettre en oeuvre des moyens de simulation C2 dans la plateforme de simulation de gestion de crises de l'école.

26 mars 2015

IA : Deep-Learning - ambition de Google.

Mais qu'est ce donc que le Deep-Learning ?
Encore Google !!!
La firme de Mountain View a acquise pour quelque 400 millions de dollars la start-up DeepMind spécialisée en intelligence artificielle.
Cette société britannique, fondée en 2011 par des neurobiologistes et mathématiciens qui ont produit des jeux vidéo, des logiciels de résolution de conflits et de projectique. Ces spécialistes on d'ailleurs développé un modèle de réseau de neurones artificiels, testé sur une console Atari 2600, qui dans 3 jeux sur 7, ont manifesté une intelligence artificielle réalisant de meilleures performances qu’un être humain.
DeepMind développe des techniques de "deep structured learning" ("apprentissage en profondeur"). Ces techniques informatiques utilisent des données brutes pour apprendre sans supervision humaine, simplement par jeu de maturation de réseaux de neurones formels.  La métaphore est celle d'un animal ou d'un humain qui apprend tout seul par essais erreurs, grâce à des renforcements positifs ou négatifs permettant la stabilisation de priorités. On parle de "deep neural networks" ou "convolutional deep neural networks". Ce système d'auto-apprentissage s'inspire directement de la nature et des propriétés des réseaux de neurones naturels et avaient été largement développés par les cybernéticiens et notamment le mouvement PDP ("parallel distributeur processes") de la fin des années 1980, alors que les chercheurs ne disposaient pas encore des apports récents des modélisations mathématiques de ces dernières années et surtout de la puissance et de la rapidité de calcul ainsi que des masses de mémoire aujourd'hui autorisées par les machines modernes (voir ce lien).
Or Google s'intéresse depuis plusieurs années à ces techniques déjà embarquées pour la reconnaissance vocale sur smartphones Android ou recherche automatique de photos sur le réseau social Google plus. Ce sont aussi des techniques IA impliquées dans le projet de cerveau artificiel de Google, dont on connait la performance de ses 16 000 processeurs en réseau, et qui avait déjà appris à distinguer "des chats" dans les vidéos postées sur le Web.
Le but est évidemment de fournir des outils auto-apprenants, mais surtout celui de faire émerger des "patterns cachés" qualifiant le comportement des internautes selon leurs caractéristiques ou leurs origines.
Cf "introduction aux algorithmes d'apprentissage profonds".

10 février 2015

IA : Vers une défense aérienne intégrée.

Thales Raytheon Systems finalise actuellement le programme de contrôle et de commandement (C2) des opérations aériennes ACCS (Air Command and Control System) de l’OTAN. 
Les tests ont démontré le fonctionnement en réseau du système ACCS entre les sites pilotes situés à Lyon Mont Verdun en France, Glons en Belgique, Uedem en Allemagne et Poggio Renatico en Italie. Ils ont permis de valider les performances du système pour un très grand nombre de mouvements aériens et ont prouvé les performances du système et ses capacités d’interconnexion entre les unités de l’OTAN et les centres nationaux de contrôle et de commandement des opérations aériennes de quatre pays européens au travers d’un seul système intégré.
Ce système va progressivement se substituer à ceux déjà en place dans les pays de l’OTAN, et permettra à terme de planifier et de conduire automatiquement des opérations aériennes en commun. Le système est destiné à tous les pays européens de l’OTAN et assurera ainsi la protection de 10 millions de km2 contre plusieurs types de menaces, grâce à la coordination des moyens des pays membres.
Le système ACCS est conçu pour pouvoir s’adapter au futur des missions de l'Alliance Atlantique, qu’il s’agisse de contrôle et de commandement des opérations aériennes,  ou de déploiement des capacités de défense antimissile balistiques. C'est un dispositif intégré de « défense intelligente » dans un contexte de menaces et parallèlement de nécessaire réduction des coûts de structure et de support, tout en privilégiant la plus grande souplesse en matière de personnel et d'adéquation de la formation et du maintien en performances et compétences.
Thales Raytheon Systems est une entreprise internationale spécialisée dans les systèmes de défense aérienne, les systèmes de commandement et de contrôle des opérations aériennes, les radars de défense 3D, les radars du champ de bataille et de contrebatterie. Depuis sa création en 2001, cette société commune transatlantique est devenue l’une des plus belles réussites du secteur de la défense. Elle emploie 1 600 personnes et est détenue à parts égales par Thales et Raytheon. Son siège français est à Massy.

L'ENSC envisage de se rapprocher d'une part de l'entreprise productrice du système de C2, dans le cadre de sa collaboration avec le groupe Thales (laboratoire HEAL), et d'autre part de l'Armée de l'Air, utilisatrice du système, dans le cadre de sa collaboration invitée par le CEM-AA avec le CEAM.

30 septembre 2011

IA : De l'Intelligence Artificielle pour remplacer les traders.

La sideration qu'exerce le metier de trader sur les jeunes tient à la fois du prestige et de l'image sociale attachée notamment aux revenus spectaculaires de certains d'entre-eux, et à la fois à la réputation de goût du risque et de passion du jeu et du pari, correspondant probablement à certaines personnalités psychologiques particulières.
Le côté obscur de la profession est également double, avec d'une part une faible proportion de traders qui reussissent pleinement une carrière certes rapide, mais nerveusement épuisante et physiquement usante, et d'autre part les erreurs, leurs conséquences affectives, et le cercle vicieux de spirales infernales d'enfermements psychologiques, de rupture sociale et de repli sur soi dans un monde purement virtuel de relations électroniques, favorisant des comportements d'excès, des inhibitions critiques ou des réactivités ratées.
Certains decideurs financiers et gestionaires de ressources humaines sont aujourd'hui convaincus de l'avantage de remplacer les traders, ou pour le moins certains d'entre eux, par des programmes informatiques spécialisés, appliquant des règles logiques strictes et sécurisée. C’est déjà en partie le cas et les décisions des tradeurs sont d'ailleurs accompagnées par des programmes décisionnels.
Le Foresight
, un organisme de prospective œuvrant pour le gouvernement britannique, vient de publier un rapport sur l’impact de la technologie sur les marchés financiers. L'hypothèse proposée est celle d'une généralisation du procédé d'automatisation intelligente dans les prochaines années.
En effet, les logiciels peuvent tous les jours encore plus accumuler, synthétiser, interpréter de plus en plus rapidement, toujours plus d'informations issues des sources les plus divers, en dépassant évidemment les compétences et aptitudes cognitives humaines. Le bénéfice pour l'optimisation des prises de décision financières instantanées, avec un niveau de securité optimal, favoriserait alors des robots decisionnels et auto-apprenants accessibles alors aux particuliers. Les auteurs du rapport précisent que ce type d’intelligence artificielle bénéficierait d’algorithmes lui permettant d’apprendre seule, sans intervention humaine, sur des critères objectifs, en se gardant des effets de contagion ou de panique qui ont agité le monde financier ces dernières années.
Référence (lien).

09 septembre 2011

IA : un humanoïde dans l'espace.

Selon BBC news, un robot-astronaute humanoïde a été mis en oeuvre dans la station spatiale internationale. Le robot R2 (pour Robonaut v2) ressemble à un astronaute dépourvu de jambe (un torse, deux bras et deux mains à forme humaine, ainsi que d’un casque doré avec visière pour la tête). Le poids de cet « homme de fer » est de 136kg. Une version ultérieure lui permettra de recevoir des jambes et des pieds afin qu'il puisse se déplacer dans l’ISS dont les coursives sont prévues pour les hommes. Il pourra également être fixé sur un module d’exploration Centaur 2 afin de parcourir la surface de la Lune ou de Mars.
Fruit de 15 ans de travaux de la Nasa et de General Motors, c'est le premier humanoïde spatial développé pour travailler et aider les humains à l’intérieur comme à l’extérieur de la station.
Selon la Nasa, le robot est capable d’effectuer des mouvements quatre fois plus rapide que les premières versions terrestres R1. Il a plus de dextérité et dispose de meilleurs capteurs R2 effecteurs.
F1 dispose d'un compte Twitter (@astrorobonaut) déjà suivi par plus de 45.000 followers. Il répond ainsi aux questions des internautes comme le ferait un astronaute humain, tout en étant capable de réaliser d'autres tâches techniques ou de communication avec les autres membres de l'équipage et les contrôleurs sur terre.
De tels robots tel que celui testé sur l'ISS seront chargés d’effectuer des tâches de maintenance et de ménage, d’aider les astronautes durant leurs sorties, de les remplacer dans des conditions critiques ou trop dangereuses, mais également de leur tenir compagnie.
On envisage également de recourir à eux de manière autonome pour effectuer de la maintenance sur les satellites et pour préparer l’arrivée des humains sur Mars, et cela sans se préoccuper de leur survie ou de leur retour.
Accès au site de R2 (lien)

10 mars 2011

SHS : Digital Human Modeling 2011 - Lyon

Le premier symposium sur la modélisation numérique de l’être humain "Digital Human Modeling" DHM-2011, organisé par le comité technique « simulation de l’humain et environnement virtuel » de l’association internationale d’ergonomie (IEA), se tiendra les 14-16 juin 2011 à Lyon (France).

Si l’évaluation de l’ergonomie d’un produit demande de construire des maquettes ou des prototypes, la modélisation numérique permet des coûts de conception réduit et une facilité d'emploi et de communication de maquettes virtuelles. Les maquettes numériques (DMU) et les mannequins numériques (DHM) peuvent également être facilement modifiés pour des tests prospectifs. Ils permettent d’aider les concepteurs à adapter le produit à l'usage.
Le mannequin numérique doit représenter au mieux un être humain, non seulement aux plans anthropométrique ou biomécanique, mais également en ce qui concerne le mouvement, la perception, l'adaptation environnementale, etc.
Le programme du symposium aborde les domaines suivants :
  • Anthropométrie et modélisation 3D du corps humain
  • Données fonctionnelles chez l’humain et leurs modélisations
  • Modèle biomécanique avancé de l’humain
  • Capture et reconstruction de mouvements
  • Simulation de posture et de mouvement
  • Biomécanique et inconfort
  • Démonstration de logiciels et applications
  • Réalité virtuelle et modèle numérique de l’être humain
  • Modèles mentaux/cognitifs et modèles intégrés
  • Personnes âgées, personnes handicapées, autres population spécifiques
  • Validation et vérification
  • Standardisation de modèles et protocoles

18 février 2011

DIV : Premiers pas sur Mars.

Les astronautes Diego Urbina (Italo-Colombien) et Alexandr Egorovich Smoleevskiy (Russe) sont les premiers hommes à avoir fait un "faux" pas sur Mars, le 14 février 2011. Ils sont ainsi les premiers à avoir marché sur Mars… pour de faux. Membres de la mission Mars-500 qui a débuté en juin 2010, ils ont avec 4 autres scientifiques été les pionniers enfermés pendant 520 jours dans un simulateur qui reproduit l’intérieur d’un vaisseau d'une mission martienne. En autarcie domplète dans 550m3, ils doivent renouveler l’air, recycler l’eau, gérer les subsistance, maintenir leur forme physique, et … se supporter.

Le 10 février 2011, trois d’entre-eux ont quitté le module principal pour un petit module qui leur donne accès au module martien, et deux d'entre eux ont enfilé des combinaisons soviétiques Orlan modifiées pour marcher "comme si c'était" sur Mars, par -60°C et sans oxygène extérieur.
L'expérience se terminera le 5 novembre 2011, soit 1 an et demi après le "faux" départ, pour une "fausse" arrivée sur Terre.
Site de la Mission et celui de l'ESA Mars-500.
Voir le film de la première sortie sur Mars à Moscou.