Cognitique / Cognitics - Ce site est destiné aux élèves ingénieurs et aux doctorants de l'École Nationale Supérieure de Cognitique (ENSC Bordeaux-INP). Il donne en complément des enseignements des pistes de documentation et de débat selon les thèmes SHS, IA, BIO, TECH, culture, infos générales et vie de l'ENSC. Il prépare notamment aux épreuves de grand oral de fin d’études.
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18 mai 2021
SHS-BIO-TIC : D'autres ouvrages sur la cognitique, la science et les SHS.
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Pays/territoire :
109 Avenue Roul, 33400 Talence, France
SHS - BIO - TIC : Des théories pour la cognition - Nouvel ouvrage.
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ia,
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Pays/territoire :
109 Avenue Roul, 33400 Talence, France
07 octobre 2019
DIV : IA et images - les réseaux de neurones de 1988 (7 octobre).
Y-a-t'il quelque chose de vraiment nouveau ?
http://bernard.claverie.free.fr/references/Neuro-Image-1988.pdf
Les 6 et 7 octobre 1988 se tenait, à l'Université Bordeaux 2 (Carreire - Bordeaux), le premier colloque français sur les réseaux de neurones et la reconnaissance d'image : "Neuro-Image". Inspiré du mouvement initié par les PDP (parallel distributed processes) et par la programmation parallèle de Inmos®, l'IRASCA (Institut Régional Aquitain des Sciences Cognitives Appliquées - Université de Bordeaux II) réunissait quelque 120 scientifiques autour des invités d'honneur Jacques PAILLARD (Institut de Neurophysiologie et Psychophysiologie du CNRS - Marseille) et Paul SMOLENSKY (Université du Colorado - Boulder) une réunion historique autour de quatre thèmes :
Des sessions de conférences étaient complétées par d'autres consacrées à l'exposition commentée de posters.
Le colloque était patronné par l'Université de Bordeaux II, et le colloque ouvert par son président, le Professeur Dominique DUCASSOU, et avait obtenu le soutien de la Région Aquitaine et du Département de la Gironde, de la Direction de la Recherche et des Etudes Techniques (DRET) du Ministère de la Défense (DGA), du Ministère des Affaires Etrangères, de la CCI de Bordeaux, ainsi que des sociétés TELMAT, BULL, INMOS, SCAIB, France Télécom, SARDE, OFFIKLI, Soft-Image, Definicon-Systems, Graftk, Microtel, et des écoles ENSERB, ESPCI, ainsi que de l'institut de neurobiologie théorique (INBT) de l'Université d'Angers et le CARME de l'Université de Bordeaux, et de la Banque Populaire du Sud Ouest.
L'initiative était lancée et le comité d'organisation présidé par Bernard CLAVERIE et comportait des personnalités comme Jean-Louis ERMINE (CEA, Univ. Bordeaux 1), Pierre HUMBERT (IGD, Univ. Bordeaux 3), Jean-Pierre BOURGEOIS (Institut Pasteur - Paris), Jacques PATY (Univ. Bordeaux 2) et bien d'autres (voir la liste ici).
http://bernard.claverie.free.fr/references/Neuro-Image-1988.pdf
Les 6 et 7 octobre 1988 se tenait, à l'Université Bordeaux 2 (Carreire - Bordeaux), le premier colloque français sur les réseaux de neurones et la reconnaissance d'image : "Neuro-Image". Inspiré du mouvement initié par les PDP (parallel distributed processes) et par la programmation parallèle de Inmos®, l'IRASCA (Institut Régional Aquitain des Sciences Cognitives Appliquées - Université de Bordeaux II) réunissait quelque 120 scientifiques autour des invités d'honneur Jacques PAILLARD (Institut de Neurophysiologie et Psychophysiologie du CNRS - Marseille) et Paul SMOLENSKY (Université du Colorado - Boulder) une réunion historique autour de quatre thèmes :
- l'approche clinique de la reconnaissance (présidence de séance : Fréda NEWCOMBE - Radcliffe Infirmary - Oxford) ;
- les neurosciences de la vision, de l'image à la représentation (Présidence Michel IMBERT - Neurosciences de la Vision - Univ. Pierre et Marie Curie - Paris) ;
- les machines neuro-mimétiques pour la reconnaissance (Gérard DREYFUS - Ecole Supérieure de Physique et Chimie Industrielle - Paris) et Michel WEINFELD - Ecole Polytechnique - Paris) ;
- les modèles connexionnistes et l'IA pour la représentation (Jacques PAILLARD et Yves BURNOD - Institut Pasteur - Paris).
Des sessions de conférences étaient complétées par d'autres consacrées à l'exposition commentée de posters.
Le colloque était patronné par l'Université de Bordeaux II, et le colloque ouvert par son président, le Professeur Dominique DUCASSOU, et avait obtenu le soutien de la Région Aquitaine et du Département de la Gironde, de la Direction de la Recherche et des Etudes Techniques (DRET) du Ministère de la Défense (DGA), du Ministère des Affaires Etrangères, de la CCI de Bordeaux, ainsi que des sociétés TELMAT, BULL, INMOS, SCAIB, France Télécom, SARDE, OFFIKLI, Soft-Image, Definicon-Systems, Graftk, Microtel, et des écoles ENSERB, ESPCI, ainsi que de l'institut de neurobiologie théorique (INBT) de l'Université d'Angers et le CARME de l'Université de Bordeaux, et de la Banque Populaire du Sud Ouest.
L'initiative était lancée et le comité d'organisation présidé par Bernard CLAVERIE et comportait des personnalités comme Jean-Louis ERMINE (CEA, Univ. Bordeaux 1), Pierre HUMBERT (IGD, Univ. Bordeaux 3), Jean-Pierre BOURGEOIS (Institut Pasteur - Paris), Jacques PATY (Univ. Bordeaux 2) et bien d'autres (voir la liste ici).
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Pays/territoire :
146 Rue Léo Saignat, 33000 Bordeaux, France
20 décembre 2018
IA : Pourquoi les machines ne pensent pas.
Le projet des pionniers de l'intelligence artificielle (IA) était de vouloir « modéliser la pensée » pour pouvoir la connaître et la comprendre. Le principe était celui énoncé par Jean-Baptiste Vico selon lequel on ne connaît que ce que l'on crée, et donc que seul le créateur dispose de la connaissance de la création. C'était certainement oublier qu'il est alors facile de se prendre pour Dieu, ce que certains spécialistes de l'IA n'ont pas omis de faire. Et c'est ainsi que l'ambition a été de créer des machines intelligentes et de s'affranchir de la mission de connaissance pour aborder celle de faire. Mais que peut faire une machine intelligente, sinon de l'intelligence, et par là laisser croire qu'elle pense.
Si certains ne considèrent pas Philippe Dreyfus, mort l’été dernier à Biarritz dans l’indifférence générale, comme le père de l’informatique, c’est qu’ils ont oublié qu’il est le père du mot « informatique ». Avant lui, il y avait du calcul automatique, voire électronique, mais l’association des mots information et automatique fut en 1962 l’évènement qui nomma la discipline récente. Un peu, peut-être, comme si un créateur passant par là avait nommé Homme un singe que l’évolution darwinienne avait fait émergé comme pure « création » semantique.
Dix ans plus tard, un autre Dreyfus, Hubert, a montré en 1972 dans What Machine Can't Do que les machines ne font qu'exécuter des règles abstraites, alors que la pensée humaine est fondée sur l'émergence de contenus mentaux, motivés par les ambitions, des espoirs, des projets, et tant de choses que les phénoménologiques regroupent sous le terme d'intentions. Cette notion d’émergence cognitive est l’une des bases de la pensée de Francisco Varela.
Turing avait déjà jeté un pavé dans la mare avec l'application du jeu de l'imitation aux machines. Ce jeu consistant pour une personne ne communiquant avec les membres d'un couple par des petits bouts de papier écrits, à deviner qui était l'homme et qui était la femme, en sachant que l'un et l'autre pouvaient imiter son partenaire. Il en fit une théorisation pour une machine versus un humain, et inventa le test de Turing. Celui-ci n'est rien d'autre que le moyen de la reconnaissance de l'intelligence à partir de la capacité d'analogie des productions de la machine avec celle de l'humain. Le problème de l’analogie est qu’il s’agit d’une assomption. On ne fait que considérer la similitude de comportement : "c’est comme si ça faisait pareil, mais on sait que ça ne fait pas pareil ... par contre les autres peuvent penser que c'est pareil". Ici, il faut rappeler deux dimensions spécifiques de l'analogie : ma croyance personnelle ou la croyance des autres. Si je fais "vroum vroum", je peux croire que j'ai une grosse voiture, et jouer à faire comme si j'avais une grosse voiture. Si j'ai une voiture qui fait "vroum vroum", les autres peuvent penser que c'est une grosse voiture, alors que je peux très bien savoir que c'est le résultat d'un tuning réussi sur une vieille cacugne.
Appliquée à l’informatique, on peut caractériser deux catégories d'informaticiens qui déterminent deux formes d'IA. On peut imaginer une IA forte qui ambitionne de créer une vraie intelligence réalisée par des machines, et une IA faible circonscrite à des tâches spécifiques réalisant des briques d'intelligence plus ou moins efficace, mais satisfaisante pour les tâches considérées, analogues à l’intelligence humaine circonscrite à la tâche considérée. On rencontre alors ceux qui rêvent de remplacer le créateur, ou l’évolution, ou la nature, quel que soit le nom qu’on donne à ce qui motiverait ce qui est, et ceux qui tentent de résoudre des problèmes concrets, précis et circonscrits, avec le plus d'efficacité et de sérieux possibles, dans un jeu d’imitation partielle.
Or, si la discussion sur la globalité de l’intelligence ou l’existence d’une collection d’intelligences reste entière, celle de la pensée ne fait pas de doute. Une pensée ne peut qu’être globale, et toute tentative d’une décision d’une pensée partielle est une négation du concept même de la pensée. Donc, dans l’attente d’une éventuelle IA forte, les machines ne pensent pas.
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109 Avenue Roul, 33400 Talence, France
15 septembre 2018
DIV : Une chaire IBM à l'ENSC
Annoncée lors du salon NovAQ 2018, qui s'est tenu du 13 au 15 septembre 2018 au Hangar 14 du Port de Bordeaux, lors de l'interview que Nicolas Sekaki et Bernard Claverie, respectivement président de IBM France et directeur de l'ENSC, ont donné à TV7, une chaire industrielle IBM a ouvert à Bordeaux, au sein de l'Ecole Nationale Supérieure de Cognitique (lien).
Ce partenariat entre IBM et l'ENSC valorise des objectifs communs aux deux partenaires :
- enraciner des initiatives pédagogiques sur l'IA pour former de manière certifiante aux enjeux et aux outils émergeant de l'ère cognitive ;
- définir et, le cas échéant, mettre conjointement en oeuvre des projets prospectifs en favorisant le transfert et l'application de connaissances ;
- développer l'insertion professionnelle des étudiants de l'ENSC chez IBM et la formation permanente des spécialistes de IBM à l'école ;
- contribuer à un rayonnement mutuel dans différents réseaux et écosystèmes, et au développement de l'idée d'une approche scientifique concrète des dimensions humaines de l'IA.
La chaire est dirigée par Marc Rodier, ingénieur diplômé de l'ENSEEIHT (EN7 - Toulouse INP) ; docteur (PhD) et "distinguished Engineer" et leader du groupe de recherche et développement "Cloud IBM Services for Managed Application" ainsi que membre de la "IBM Academy of Technology".
Marc Rodier, qui a pris ses fonction de directeur de la chaire en décembre 2018, est le leader de l'équipe "global architecture and development team in IBM", spécialiste de Watson et des solutions cognitives de IBM, Marc Rodier intervient et enseigne la stratégie CAMSS (Cloud, Analytics, Mobile, Social and Security) dans différentes écoles d'ingénieurs et de management.
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109 Avenue Roul, 33400 Talence, France
03 avril 2018
DIV : Introduction aux sciences humaines et sociétales
par Jean-Claude Sallaberry & Bernard Claverie.
Éditions de L'Harmattan (Paris), collection "Cognition et Formation", 3 avril 2018.
L'idée directrice de cet ouvrage est celle d'une évidence pourtant encore discutée aujourd'hui. Les sciences humaines et sociétales ne peuvent plus ne pas s'inspirer de l'évolution de la science du XX et XXIe siècle. Loin de se vouloir exhaustif, quatre grands "évènements" sont choisis en tant qu'exemples marquants de cette exigence :
- le mouvement structuraliste, qui amène à la théorie des systèmes,
- l'apparition de la physique quantique, qui a radicalement boulversé bien des conceptions admises dans l'explication du monde,
- la complexité, qui ouvre les perspectives de l'auto organisation et de l'émergence.
Au fil de l'ouvrage, face aux "exigences" pour la modélisation qui découlent de ce souci de prise en compte, l'outillage fourni par les ensembles théoriques convoqués (théorie de l'institution, théorie des systèmes, cognitique, théorie de la représentation associée à une théorie du champ...) et retravaillés par les auteurs, permet d'y répondre, ainsi que de donner quelques outils pour la modélisation des "phénomènes" humains et sociétaux.
Broché, ISBN : 978-2-343-14357-6, 214 pages
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7 Rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris, France
11 mars 2018
BIO : Le cerveau n'est pas ce qu'il était ... pour les symbolistes, et encore moins pour l'IA.
Le débat n’est pas nouveau. Les psychologues s’écharpent depuis toujours pour l’adoption des modèles interprétatifs du fonctionnement de la pensée. À l’époque de Freud, l’hydraulique donnait les outils de comparaison avec les volumes, les pressions, les équilibres instables entre des volumes d’essences et de densités différentes. Vint l’époque des électrons circulant dans des câbles, celle les étincelles, et des différences entre les électricités statique ou circulante (attention ! il s’agit de l’interprétation du monde par les psychologues, pas par les physiciens). La physique quantique permit l’émergence de nouveaux modèles que vinrent encore plus compliquer ceux de la physique relativiste. La notion d’émergence eut récemment son heure de gloire, avant d’être balayée par le Graal de la psychologie cognitive : l’ordinateur.
En fait, ce n’est malheureusement pas l’ordinateur tel qu’on peut ici le penser, à la fois outil, moyen et objet d’étude de l’informatique. L’Albion est par définition perfide ; et les adeptes des chapeaux royaux imposent leur loi au reste du monde que les collaborateurs de la mondialité s’empressent d’adopter et surtout d’imposer : l’anglais. Outre-Manche, on parle de computer et de computation, c’est-à-dire de calcul. Et voici la cognition réduite à quelques opérations supportées par un organe imaginé comme une machine.
Cela aurait été injuste de poser là une forme de réductionnisme strict. Le génial Turing inventa une machine virtuelle : elle était à la fois le papier, la machine, le calcul et la mémoire… un peu comme s’il était impossible de séparer des choses qui, en fait, n’en sont pas vraiment, des choses. Certains autres génies se réunissaient outre-Atlantique pour donner naissance à la cybernétique, et certains d’entre eux inventaient, pour imiter la machine de Turing, les calculateurs selon l’architecture Von Neumann : un calculateur œuvrant sur des données électriques selon les itérations d’un programme rythmé par une horloge. On n'avait pas assez insisté sur le fait que c'était « pour faire comme si c'était ... ». Le plus grand pouvoir de l'analogie est de se faire oublier.
Et voilà que les psychologues avaient un modèle « concret » d’une idée jusque là parfaitement « abstraite »… un peu comme si Freud avait vraiment imaginé qu’il y avait de l’huile, de l’eau ou d’autres fluides dans la tête… et l’ordinateur devint le modèle du cerveau, et le programme celui de la pensée.
Et voilà que les psychologues avaient un modèle « concret » d’une idée jusque là parfaitement « abstraite »… un peu comme si Freud avait vraiment imaginé qu’il y avait de l’huile, de l’eau ou d’autres fluides dans la tête… et l’ordinateur devint le modèle du cerveau, et le programme celui de la pensée.
Autant une machine de Turing universelle (et donc virtuelle) est capable d’imiter toute autre machine de Turing, et par voie de conséquence tout ordinateur fonctionnant, autant elle ne simule aucune machine éteinte ni aucun programme non implémenté. Ce sont les deux en mouvement qu’elle simule, ou les deux volets simultanés de la même chose. Elle s’affranchissant de la ségrégation absurde du calcul, de l’information, de la mémoire, du langage de programmation et de l’horloge… toutes ces choses que nos amis électroniciens rendent séparément de plus en plus puissantes, performantes, séduisantes, merveilleusement imitantes.
Alors, pourquoi tant d’argent pour localiser l’administrateur central de Baddeley, la boucle audio-phonatoire ou le calepin visuo-spatial ? Pourquoi rechercher le neurone miroir de la carotte, du visage de sa mère ou de la bouteille de bière ? Pourquoi tant de psychologues formés à l’utilisation de ces modèles ségrégationnistes des éléments de la pensée, en oubliant son incarnation dans un corps d’humeurs, d’hormones, d'os et de viande soumise à la logique de l’humidité ? Les émotions et le cerveau humide… nous voilà bien loin d’une machine virtuelle dessinée au crayon sur un papier sec. D’autant que… le crayon doit être gras, et plus il l’est, plus il marque, et que le papier s’il est très sec part en poussière. Les choses ne sont donc, même pas là, aussi tranchées qu’elles pourraient le paraître.
Alors que penser de l’IA, cette intelligence artificielle dont tant et tant de spécialistes nous disent qu’elle va supplanter l’intelligence naturelle, la renvoyant aux oubliettes des choses obsolètes. C’est un peu comme si l’on avait prédit la disparition du corps humain et sa substitution par des vérins hydrauliques… et en avoir peur, c’est un peu comme si l’on craignait les locomotives qui font. Elles aussi, beaucoup mieux que le corps humain, en restant toutefois sur des rails, car à côté d’eux, elles ne font pas grand-chose.
Tel est l’avenir de l’intelligence artificielle : elle fera de grandes choses qui aideront les hommes, les rendront plus rapides, plus performants, plus puissants, plus intelligents… mais ne les remplaceront pas… Elle remplacera des métiers, fera beaucoup de chômeurs, enrichira encore plus les mêmes, ou d’autres… fera beaucoup de bonheur pour les uns, de malheur pour les autres, et peut-être fera émerger de nouveaux sentiments, transformera des passions et fera vivre les hommes de manière différente, meilleure ou pire selon le point de vue adopté. Mais pourquoi tirer les sonnettes d’alarmes, faire sonner le glas de la fin de l’humanité par l’IA ? C’est un peu comme si l’on avait craint que les locomotives allaient écraser toute l’humanité. La force n’est pas dans le vérin, le piston ou la bielle, comme l’intelligence n’est pas dans la machine. Ils ne font qu’imiter en mieux certaines parties artificiellement décomposées de ce que certains croient être des éléments d’intelligence.
Ainsi se posent deux problèmes : celui de la confusion entre le calcul et l’intelligence, et celui de la singularité. Prenons celle-là : si c’est pour dire que les machines feront des choses que les cerveaux ne peuvent faire, c’est déjà fait ; plus vite, mieux, de manière plus fiable, et sans être obligé de dormir, de se reposer, de ne pas boire ou de conduire. Si c’est pour craindre qu’elles fassent des choses que nous ne comprendrions plus, c’est également déjà fait. Si c’est pour imaginer qu’elles peuvent s’autonomiser, pourquoi pas. Mais si c’est pour penser qu’elles vont faire la même chose que l’homme ou les autres animaux, leur cerveau doté de leur pensée, alors il est probable que l’on se mette le doigt (qu’elles n’ont pas) dans l’œil (qu’elles n’ont pas non plus). Comme le pensent Miguel Nicolelis et Ronald Cicurel : « The Singularity is not near », tout au moins, pas celle qu’on fantasme.
Comme quoi, on peut être pour un transhumanisme rationnel, scientifique, éthique, et dédramatiser le débat dans lequel veulent nous faire tomber certains alarmistes catastrophismes. Nous ne sommes pas sortis du danger de l’holocauste nucléaire, de celui des viroses ou des atteintes bactériennes, de celui de l’impact d’un astéroïde destructeur ou du réveil d’un super volcan. Il est certain que l’IA va aussi compliquer les choses…
Mais pourquoi toujours se faire peur en donnant un monde sans espoir à nos enfants… ce n’est pas de la faute à l’intelligence artificielle, mais bien aux limites de la pensée naturelle, empreinte dans ses méandres irrationnels (voir ici).
Mais pourquoi toujours se faire peur en donnant un monde sans espoir à nos enfants… ce n’est pas de la faute à l’intelligence artificielle, mais bien aux limites de la pensée naturelle, empreinte dans ses méandres irrationnels (voir ici).
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109 Avenue Roul, 33400 Talence, France
10 janvier 2017
BIO - SHS : Petit traité de l'espace - Conférence de Michel Denis
Mercredi 18 janvier à 18h
Michel Denis est directeur de recherche émérite au CNRS. Ses travaux ont porté sur le rôle de l’image mentale
dans la cognition humaine et plus spécialement sur la construction d’images mentales à partir du langage. Ses
intérêts se sont étendus par la suite à la cognition spatiale, notamment au rôle de l’image et du langage dans
l’élaboration des connaissances spatiales, ainsi qu’à la construction de systèmes d’aide verbale à la navigation.
Avec ses collègues du CEA, il a mené les toutes premières études françaises sur l’imagerie mentale utilisant des
techniques d’imagerie cérébrale fonctionnelle. Il a mené également des travaux utilisant la réalité virtuelle dans
l’étude des processus responsables de la construction des connaissances spatiales.
Michel Denis a publié Petit traité de l’Espace aux éditions Mardaga (2016).
"Tout être vivant inscrit son activité dans l’espace. Environnements proches
accessibles à notre vue, environnements lointains, villes, continents...
Nous explorons l’espace en le traversant, mais aussi en écoutant les
descriptions qui nous en sont faites, en étudiant cartes, atlas ou supports
numériques. Nous mémorisons des itinéraires, nous comparons des
distances, nous retrouvons notre point de départ après un long trajet. Nos
capacités de raisonnement nous permettent d’imaginer des raccourcis, de
créer de nouveaux parcours, en un mot, de manifester notre adaptation à
l’environnement. Les technologies numériques étendent cette capacité en
offrant à l’individu de nouvelles formes d’assistance au déplacement. Ces
dispositifs sont particulièrement utiles pour les personnes souffrant de
déficits visuels ou encore d’atteintes neurologiques spécifiques.
Quelles capacités mentales l’individu doit-il mobiliser lorsqu’il est confronté
à l’espace ? Quelles fonctions cérébrales met-il en œuvre ? La
psychologie et les neurosciences jouent un rôle primordial pour répondre à
ces questions, comme en témoignent plusieurs chapitres de ce livre. Mais
un ouvrage consacré à l’espace doit aussi donner leur place à d’autres
disciplines concernées par la question : la géométrie, la géographie,
l’urbanisme, l’architecture, la peinture, le cinéma, etc. Les sciences du
langage participent elles aussi à ce concert scientifique, lorsqu’elles analysent la manière dont l’art littéraire est mis au service de la description de l’espace. Enfin, les systèmes
d’aide à la navigation, la robotique, la réalité virtuelle constituent des domaines privilégiés d’application des
connaissances touchant à la représentation de l’espace.
L’espace est donc au carrefour de nombreuses disciplines. Pour la première fois, un ouvrage de synthèse révèle
la manière dont chacune apporte son éclairage à la compréhension des conduites de l’être humain au sein de
son environnement." (source Mardaga)
Lien vers le site de l'éditeur (ici).
La rencontre sera animée par Bernard Claverie, directeur de l'ENSC.
La Librairie Georges et le Café de Georges. 300, cours de la libération. TALENCE
0556046800 / www.librairiegeorges.com
0556046800 / www.librairiegeorges.com
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Pays/territoire :
300 Cours de la Libération, 33400 Talence, France
IA : le test de Turing n'est plus ce qu'il était.
Le test de Turing consiste, pour une intelligence artificielle, à tenter de se faire passer pour un humain, sans qu'un autre humain ne découvre qu'il ne s'agit pas, justement, d'un homme ou d'une femme. De nombreux commentaires ont été établis à propos de ce test qui, à l'époque de Turing, représentait une "expérience de pensée". Les informaticiens, portant les philosophes au mot, en ont fait un test permettant de sanctionner une frontière de performance des systèmes informatiques.
C'est à ce propos que Ashok Goel, professeur de "Computer Science and Cognitive Science" (lien) à la "School of Interactive Computing" de GeorgiaTech (Georgia Institute of Technology) d'Atlanta (GA, USA), a piégé ses étudiants en les mettant en relation toute l'année avec son assistante d’éducation, Jill Watson. Celle-là gérait les emplois du temps de la filière, et s’occupait de contacter les étudiants par email au sujet des dates de rendus de devoir et autres contacts pour leurs travaux. Elle a pu ainsi échanger quelque 10 000 messages avec les étudiants en un semestre. Or, Jill Watson est une intelligence artificielle qui s'appuie sur le site Piazza (plateforme de question-réponse) enrichie de 40 000 messages différents. Fille Watson ne répondait que lorsqu'elle évaluait sa propre crédibilité à ses réponses à plus de 97 %. Elle a été en mesure d’adresser 40 % des demandes des étudiants.
Le projet est maintenant d'introduire une procédure"dure de "double aveugle" en changeant de manière indépendante une vraie assistante d"éducation et un robot intelligent de répondre aux étudiants, sans préciser qui est qui (ou quoi ...).
La question que pose cette expérience et cette nouvelle utilisation du Test de Turing est celle de la validité de l'intelligence artificielle ou de la mesure d'une forme de "non intelligence naturelle" des fonctions que l'on confie aux humains. En effet, le test devient ici indice non pas de l'intelligence d'une machine mais de la qualification d'une forme de pauvreté du travail confié à certains opérateurs. Si une machine est capable de remplacer une personne, ce n'est pas forcément parce qu'elle est intelligente, mais probablement plus parce que la personne ainsi substituée est exploitée et cantonnée dans des taches de faible qualité cognitive. Dans l'idée de Turing, le test était une épreuve métaphorique virtuelle permettant de définir l'intelligence automatisée, et non pas un "indice de disqualification" des travaux confiés à des personnes dont on devra mesurer les conséquences "humaines" de cette disqualification.
De quoi nous remplir d'effroi lorsqu'on pense que Watson ambitionne de remplacer les médecins, les banquiers (là on peut comprendre) et les artistes, que certains grands avionneurs veulent supprimer les pilotes et que la robotique s'étend aux robots artisans, aux cobots industriels, et aux robots compagnons voire amoureux ...
(lien).
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Pays/territoire :
Georgia Tech, Atlanta, GA, États-Unis
06 juillet 2016
DIV : Le "Carnot Cognition" labellise un consortium piloté par l'ENSC - STAH
Le 6 juillet 2016, le Ministre délégué à l'Enseignement Supérieur et à la Recherche a annoncé la labellisation des "Instituts Carnot" (ici).
Parmi les lauréats, le "Carnot Cognition", labellisé "Tremplin Carnot".
Les « technologies cognitiques » désignent toutes les technologies d'interaction avec l'homme ou entre humains, qui engagent, aident, augmentent ou modifient les fonctions cognitives. Le "Carnot Cognition" est destiné à les assoir en mobilisant un consortium de 14 laboratoires engagés dans l’innovation des entreprises françaises par les produits et services prenant en compte de la dimension cognitique de l’humain (usager, utilisateur, client, décideurs, citoyens, etc.).

Ces 14 laboratoires interdisciplinaires dépendant de 19 tutelles, et se sont organisés en 4 pôles pour participer à une démarche et une logique d’entreprise pour la recherche contractuelle en sciences de la cognition et technologies cognitiques.
Il prend pour point de repère l’expérimentation à Bordeaux de la chaire industrielle STAH (Systèmes Technologiques pour l’Augmentation de l’Humain) de l’ENSC (Ecole Nationale Supérieure de Cognitique – Bordeaux INP), qui a promu une offre de recherche contractuelle tirée par la demande industrielle : 75 entreprises, 17 prospects, 25 propositions, 8 projets, 4 ETP non-permanents - CA : 150K€, 8 start-up et 40 emplois créés à l’ENSC.
Le Carnot Cognition s’appuie sur un engagement des tutelles bien ancrées dans les stratégies de partenariat, avec un leadership du CNRS qui s’implique totalement dans l’institut (support par la DR15 du CNRS). Le directeur du réseau est issu de l’industrie en ayant une expérience académique de recherche scientifique. Il dispose des moyens de la chaire STAH à l'ENSC qui héberge cette direction.
L’offre technologique du Carnot vers les entreprises est la suivante :A.—Les objets et environnements intelligents : 1.Systèmes autonomes et semi autonomes ; 2.Transport urbain intelligent; 3.Humain dans l’entreprise du futur ; 4.Habitat, architecture (Domotique) ;
B.—L'humain démultiplié et renforcé : 5.Interfaces homme-systèmes avancées (IHM, robotique cognitive) ; 6.Les systèmes et dispositifs médicaux personnalisés ; 7. Education, formation, apprentissage (serious games,…) ; 8.Accessibilité, inclusion, qualité de vie, autonomie (vieillissement) ;
C.—Les humains (inter)connectés : 9.Aide à la décision collective (Risque, sécurité) ; 10. Humain en société (Finance, économie, éthique, droit) ; 11. Cognition de groupe (réseaux sociaux, jeux,…) ; 12. Eco-humain (Energie, Nutrition, Objets/Humains connectés …)
Le siège social est établi 40 avenue d'Iéna, 75016 Paris - la direction à l'ENSC, 109 avenue Roul, 33405 Talence.
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ENSC,
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Sciences cognitives,
technologie
Pays/territoire :
109 Avenue Roul, 33405 Talence, France
13 mars 2016
BIO-SHS-IA : Est-il intelligent de penser que l'IA a quelque chose à voir avec l'Intelligence ?
L'histoire a commencé avec Spearman et Binet. Au début du siècle dernier, la science s'écrivait encore aussi en Français. en Allemand, en Russe, en Italien ou en Espagnol. L'Anglais était même parfois évité pour correspondre à une forme de culture rigoriste qu'évitaient encore autant que possible des gréco-romains dont le but et l'espoir sont souvent de s'arranger de la complexité.
Outre manche, Charles Spearman recherchait alors le moteur "pur" de l'intelligence, constitué d'un "facteur G" (G pour intelligence "générale"), dont dépendraient les différentes aptitudes de l'homme. Spearman était un psychologue anglais notoirement connu pour ses méthodes statistiques. Son analyse factorielle a pour but de dégager des facteurs sous jacents d'un ensemble de données d'observation. Par conséquent ces données, dont celles des différents comportements, sont conçues comme issues de facteurs cachés explicatifs de la variabilité humaine : tel est le cas du facteur G ou facteur général d'intelligence qui sous-tendrait pour l'anglais les performances et les tâches intellectuelles.
Alfred Binet proposait quant à lui avec Théodore Simon, une mesure de l'intelligence à partir de toutes un fatras de données de base évoluant en fonction de l'âge (âge mental) et variant pour certains en fonction du milieu socioculturel : expression orale, écrite et caractères graphologiques, aptitude au calcul, au raisonnement (notamment à propos des suites) et à la représentation géométrique, données biologiques et céphalométriques, etc. L'intelligence est alors conçue comme émergente de ses composantes, multicritères, évolutive et surtout relative ; elle s'exprime en pourcentage par rapport à des normes d'âge et de moyennes socioculturelles. Binet s'attachait ainsi à souligner les influences sociales, physiques et évolutives. Des interprétations rapides, notamment par certains ergonomes, psychométriciens et naturalistes américains, feront paradoxalement de l'échelle du QI composite de Binet un "Q test", instrument de sélection, d'élitisme, voire d'exclusion et de racisme.
Les approches étaient alors top-down (descendantes) d'un côté de la Manche, et ascendantes (bottom-up) du côté sud. S'opposaient une conception d'une intelligence théorique structurant les aptitudes des Anglais et celle d'un ensemble de performances des Français synthétisées dans un coefficient global qu'on aurait souhaité réservé à la détection et l'aide des fragilités, à l'orientation vers des procédures d'adaptation ou de rattrapage et au respect des différences de chacun.
Ces deux orientations culturelles et opposées, l'une d'une essence "pure" dont dépendent les diverses aptitudes implémentées chez chacun, l'autre globalisant les aptitudes constitutives des personnes, ont longtemps été discutées puis testées par les psychologues expérimentalistes. Ainsi Louis Thurstone ou Joy Guilford semblent se rassembler autour d'un modèle analytique dans lequel le système cognitif est composé d’aptitudes indépendantes les unes des autres. Parallèlement, John Carroll, Raymond Cattell et John Horn ont développé chacun sur d’autres bases des modèles qui a été récemment généralisés sous l'acronyme "CHC" (pour Cattell-Horn-Carroll), à l'origine d'un test devenu une référence des principales échelles d’intelligence.
À côté de cette intelligence particulièrement dépendante des aptitudes logico-mathématiques et verbales que privilégient les systèmes scolaires, de la sélection et du travail, d'autres approchent tentent heureusement d'enrichir le débat au-delà des jugements de valeur autour de termes très connotés d'intelligence, de surdoué, d'imbécillité ou de débilité. Elles appellent des notions de performance dans des domaines variés qui mobilisent des aptitudes exécutives, flexibles, de contrôle et de vitesse de traitement ou de raisonnement. Les chercheurs de la psychologie expérimentale, cognitive, différentielle, sociale ou culturelle, ceux des neurosciences, de la neuropsychologie et du handicap neurologique, les psychanalystes, les sociologues, les linguistes ont développé d'autres conceptions de l'intelligence, mesurable ou non, mais qui émerge progressivement d'aptitudes et d'expériences et de la construction progressive du cerveau qui s'exprime dans la confrontation à la complexité du monde extérieur comme intérieur. L'affinement des définitions, la multiplicité des mesures, le développement des recherches sur l'intelligence naturelle ont ainsi fait avancer les concepts. On a alors étudié l'intelligence des oiseaux, des rongeurs, des singes, et chez l'homme celle des bébés qui se constitue dans le rapport à la mère et à l'environnement, des enfants et adolescents qui se construit dans l'intégration et l'opposition au monde, l'intelligence du sportif, du danseur ou du musicien, celle du peintre ou de l'architecte, du militaire ou du manageur, de l'artisan ou du journaliste. Ces notions d'intelligence variées n'ont plus qu'un lointain rapport avec de simples "processus supérieurs" encapsulée dans des échelles strictes de jugement, d'attention, de mémoire. Elles privilégient l'adaptation, et convoquent des notions plus floues telles que celle de recrutement du cortex préfrontal, de mobilisation des connectomes cérébraux, de contribution des composantes du langage, des contraintes de la mémoire de travail, et surtout d'aptitudes à la "métacognition". Homo "sapiens sapiens" est l'homme "qui sait qu'il sait". Son intelligence est de savoir construire la sienne. Une telle construction émerge en fonction de stratégies qu'il sait mobiliser, adopter ou éviter, orienter ou mettre en œuvre avec plus ou moins de bonheur, de maturité et de sûreté, pour s'adapter à des modifications environnementales qu'il maîtrise sans pour autant les définir ou même parfois en avoir une pleine conscience.
Au-delà de cette puissance conceptuelle de la métacognition, la critique des modèles statiques a permis l'arrivée de modèles dynamiques. Le développement de l'intelligence prend du temps. Jean Piaget a ainsi montré la nécessité de développement par des stades qui traduisaient une modification dynamique des structures opératoires loin du modèle d'intelligence brute, factorielle, et du fantasme anglo-saxon du facteur général d'intelligence. Aujourd'hui, on s'intéresse à la diversité des processus d'apprentissage et des cultures, mais aussi à la "plasticité cérébrale" et au développement de modules cérébraux qui s'interconnectent en réseaux ou en sous-systèmes dynamiques, complémentaires, substitutifs les uns des autres, de la vie fœtale aux dernières heures de la vie des personnes de plus en plus âgées. Cette expression d'aptitudes auto-organisées est dépendante de celle de gènes interagissent entre eux en fonction du milieu et de l'expérience de la confrontation d'un individu "vicariant" à un milieu naturel, psychosocial ou culturel de plus en plus enrichi et dans lequel le numérique est omniprésent.
Au plan psychodynamique, l'intelligence est également conçue comme confrontation permanente et complémentarité réitérée entre d'une part les dimensions multisources telles que précédemment définies et d'autre part la personnalité. Celle-là est faite de préférences cognitives, d'émotions et d'affects stabilisés mais chaque jour réévalués. Chaque homme, pour l'avoir vécu, sait l'importance de ces dimensions affectives sur la mise en œuvre, la conduite, la fiabilité ou même la faillite du raisonnement. Ainsi certains neuropsychologues tels Antonio Damasio ou des psychanalystes s'intéressent-ils d'une part à l'existence d'une "cognition chaude" et d'autre part à la finalité d'une "pensée plaisir" plus orientée vers la récompense que la performance. On voit donc que l'intelligence est multidimensionnelle, et la réduire à la performance est bien preuve de son absence. Les aptitudes et compétences d'abstraction logico-mathématiques et verbales ont été balayées par des auteurs récents. Howard Gardner a par exemple, au contraire, montré leur dépassement dans un ensemble complexe et difficilement formalisable et réductible à de simples équations.
Et l'IA, là-dedans. C'est bien le problème. Certains informaticiens, qui n'ont souvent lu que des chiffres et quelques phrases en Anglais, ont retenu évidemment l'intelligence figée, celle de Spearman ou des échelles de CHC. Ils ont donc construit un projet automatique autour de cette définition obsolète pour doter les machine d'une forme calculatrice Le projet s'est structuré vers le Graal d'une intelligence "pure", avec le désir de la performance, mais aussi celui de la compétition qui en découle souvent. On a donc vu fleurir des IA qui ont permis de résoudre différents jeux dits d'intelligence, dont ceux de boules, le jeu de dame, le jeux d'échec, et maintenant, le Go. Reste le Poker, mais là, c'est connu, ça finira au révolver.
Bien sûr qu'il est idiot de vouloir être plus performant qu'une machine, que ce soit un régulateur de vitesse, un pilote automatique de bateau ou d'avion, de vouloir conduire mieux qu'une Google car, ou dépasse tout autre système artificiel intelligent. Mais quand ça va mal, chacun souhaite qu'il y ait un pilote dans l'avion ou dans la cabine du tgv. Ce qui veut bien dire que la définition de l'intelligence artificielle joue un petit peu sur l'écart référentiel à celle de l'homme. Les machines seront un jour, peut-être, aussi intelligente que les hommes, pour tout et dans tous les domaines, en s'appropriant les expériences des passés comme l'espoir et la conscience de l'avenir, mais ce sera alors l'intelligence d'un homme artificiel. Pour l'instant, ce n'est qu'une somme d'outils, comme des marteaux, de règles à calcul, des ordinateurs, des robots compagnons, ou des systèmes Internet. Il leur manque une caractéristique fondamentale de l'intelligence humaine : la vie.
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Séoul, Corée du Sud
11 mars 2016
BIO - IA : La compétition cerveau naturel - intelligence artificielle continue
On sait maintenant que l'IA pulvérise l'homme dans tous les jeux d'intelligence traditionnels.
Terrence Sejnowski est un célèbre neurobiologiste, professeur au Salk Institute à La Jolla (Californie - USA). Il est également référent du Howard Hughes Medical Institute de Chevy Chase (Maryland, USA). A partir d'une représentation 3D du tissu de l’hippocampe, l'équipe de Sejnowski a découvert quelques résultats surprenants, publiés dans la revue en ligne eLife (ici).
L'analyse de tissus cérébraux de rats a permis de reproduire en 3D quelques micromètres de l'hippocampe dont on connaît le rôle fondamentale dans la mémoire. La reconstitution de la connectivité neuronale à ainsi pu être faite à un niveau nanomoléculaire par microscopie de pointe, et grâce à des algorithmes de calculs et d'imagerie sophistiqués. Les chercheurs ont été surpris de constater qu'il n'existe pas 3 catégories de synapses comme on le pensait auparavant, mais 26. En découle une aptitude de stockage complètement augmentée : 10 fois supérieure aux estimations précédentes. En effet, chaque neurone peut avoir des milliers de synapses, le connectant à de milliers d'autres cellules.
![]() |
| Connectomes cérébraux |
Ramené au cortex cérébral et au nombre approximatif de synapses, les travaux de l'équipe de Sejnowsky (résumé) suggèrent que l'homme disposerait d'une capacité d'au moins un pétaoctet (10 puissance 15) de bits tout en ne consommant qu'une énergie ridiculement faible (moins qu'une simple ampoule basse consommation de 20W) par rapport à toute machine de calcul envisageable. Cela expliquerait pourquoi le cerveau parvient à stocker autant d'informations, malgré si peu d’énergie, et a encore de beaux jours de supériorité à venir sur la machine et la puissance brute informatique.
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04 février 2016
IA : Vers la fin du défi de l'IA contre les maîtres de Go.
L’intelligence artificielle de Google sera-t-elle capable de battre le meilleur humain au jeu de go ? La réponse sera peut-être déjà donnée en mars, quand AlphaGo, le programme développé par Google DeepMind, affrontera le Sud-Coréen Lee Sedol, aujourd'hui considéré comme le meilleur joueur de Go au monde.
La compétition se tiendra à Séoul du 9 au 15 mars 2016. Elle sera retransmise en direct sur YouTube, a annoncé jeudi 4 février Demis Hassabis, fondateur de DeepMind, sur son compte Twitter.
A la fin de janvier, Google avait annoncé la victoire de son programme AlphaGo sur l’actuel champion européen Fan Hui (classé à la 631e place), par cinq victoires à zéro, avec une machine qui avait utilisé 1202 CPU et 176 GPU. Cette première n'était qu'un début, classant selon la revue Nature le programme d'IA vers la 280ème place mondiale. Ici, la rencontre se fera avec celui qui a été considéré comme le meilleur joueur mondial, bien qu'actuellement classé à la cinquième place.
La répétition de l'exploit permettait alors d'être considéré comme une nouvelle victoire de l'IA sur l'homme ; comme ce fût le cas avec la performance de Deep Blue en 1997, contre le champion russe Garry Kasparov, dans le domaine des échecs. Le jeu de Go est une sorte but ultime pour la recherche en intelligence artificielle (lien).
C'est un des derniers remparts de supériorité de l'intelligence humaine dans des domaines fermés, bien que trop compliqués pour être traités de manière purement algorithmique. Une analyse rapide renvoie à la question : si la frontière recule encore, est-ce aussi celle de la définition de l'intelligence humaine, défini alors comme processus cognitif non imitable ? De grand débats en perspectives sur l'essence même de l'intelligence et sur la transitivité d'intelligence attribuée à celui qui conçoit et/ou réalise un programme plus intelligent que lui, sur le statut comportemental ou purement conceptuel de l'intelligence ...
Affaire à suivre, donc, à partir du mois prochain.
La compétition se tiendra à Séoul du 9 au 15 mars 2016. Elle sera retransmise en direct sur YouTube, a annoncé jeudi 4 février Demis Hassabis, fondateur de DeepMind, sur son compte Twitter.
A la fin de janvier, Google avait annoncé la victoire de son programme AlphaGo sur l’actuel champion européen Fan Hui (classé à la 631e place), par cinq victoires à zéro, avec une machine qui avait utilisé 1202 CPU et 176 GPU. Cette première n'était qu'un début, classant selon la revue Nature le programme d'IA vers la 280ème place mondiale. Ici, la rencontre se fera avec celui qui a été considéré comme le meilleur joueur mondial, bien qu'actuellement classé à la cinquième place.
La répétition de l'exploit permettait alors d'être considéré comme une nouvelle victoire de l'IA sur l'homme ; comme ce fût le cas avec la performance de Deep Blue en 1997, contre le champion russe Garry Kasparov, dans le domaine des échecs. Le jeu de Go est une sorte but ultime pour la recherche en intelligence artificielle (lien).
C'est un des derniers remparts de supériorité de l'intelligence humaine dans des domaines fermés, bien que trop compliqués pour être traités de manière purement algorithmique. Une analyse rapide renvoie à la question : si la frontière recule encore, est-ce aussi celle de la définition de l'intelligence humaine, défini alors comme processus cognitif non imitable ? De grand débats en perspectives sur l'essence même de l'intelligence et sur la transitivité d'intelligence attribuée à celui qui conçoit et/ou réalise un programme plus intelligent que lui, sur le statut comportemental ou purement conceptuel de l'intelligence ...
Affaire à suivre, donc, à partir du mois prochain.
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Séoul, Corée du Sud
27 mars 2015
DIV : 9ème colloque de la FRESCO
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26 mars 2015
IA : Deep-Learning - ambition de Google.
Mais qu'est ce donc que le Deep-Learning ?Encore Google !!!
La firme de Mountain View a acquise pour quelque 400 millions de dollars la start-up DeepMind spécialisée en intelligence artificielle.
Cette société britannique, fondée en 2011 par des neurobiologistes et mathématiciens qui ont produit des jeux vidéo, des logiciels de résolution de conflits et de projectique. Ces spécialistes on d'ailleurs développé un modèle de réseau de neurones artificiels, testé sur une console Atari 2600, qui dans 3 jeux sur 7, ont manifesté une intelligence artificielle réalisant de meilleures performances qu’un être humain.
DeepMind développe des techniques de "deep structured learning" ("apprentissage en profondeur"). Ces techniques informatiques utilisent des données brutes pour apprendre sans supervision humaine, simplement par jeu de maturation de réseaux de neurones formels. La métaphore est celle d'un animal ou d'un humain qui apprend tout seul par essais erreurs, grâce à des renforcements positifs ou négatifs permettant la stabilisation de priorités. On parle de "deep neural networks" ou "convolutional deep neural networks". Ce système d'auto-apprentissage s'inspire directement de la nature et des propriétés des réseaux de neurones naturels et avaient été largement développés par les cybernéticiens et notamment le mouvement PDP ("parallel distributeur processes") de la fin des années 1980, alors que les chercheurs ne disposaient pas encore des apports récents des modélisations mathématiques de ces dernières années et surtout de la puissance et de la rapidité de calcul ainsi que des masses de mémoire aujourd'hui autorisées par les machines modernes (voir ce lien).
Or Google s'intéresse depuis plusieurs années à ces techniques déjà embarquées pour la reconnaissance vocale sur smartphones Android ou recherche automatique de photos sur le réseau social Google plus. Ce sont aussi des techniques IA impliquées dans le projet de cerveau artificiel de Google, dont on connait la performance de ses 16 000 processeurs en réseau, et qui avait déjà appris à distinguer "des chats" dans les vidéos postées sur le Web.
Le but est évidemment de fournir des outils auto-apprenants, mais surtout celui de faire émerger des "patterns cachés" qualifiant le comportement des internautes selon leurs caractéristiques ou leurs origines.
Cf "introduction aux algorithmes d'apprentissage profonds".
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technologie
Pays/territoire :
1600 Amphitheatre Parkway, Mountain View, CA 94043, États-Unis
20 mars 2015
BIO : Evolution du cortex humain guidée par les gènes.
L'équipe de Marta Florio a étudié les gènes propres à l’espèce humaine et analysé leur expression à à ce moment de la vie foetale. Elle a découvert l'implication particulière du gène ARHGAP11B qui est exprimé à ce moment dans des cellules cérébrales dites progénitrices, les protoneuroblastes, ancêtres des neurones. Or, ce gène, qui était déjà présent chez l’homme de Neandertal, serait apparu peu après la divergence avec les chimpanzés.
En transplantant le gène considéré à des souris qui n'en sont pas naturellement dotées, les chercheurs ont alors observé qu’il s’exprimait à un stade équivalent de leur développement foetal et qu’il décuplait de 12% la multiplication des cellules progénitrices, entraînant une augmentation de la densité neuronale et une expansion du cortex.
L'article, publié dans Science le 28 février 2015, permet donc de postuler que le gène apparu dans la préhistoire de l'humanité est impliqué dans le développement du cortex et a ainsi permis l'évolution humaine. (commentaires ici).
Voir également (lien).
Libellés :
bio,
cerveau,
Sciences cognitives
Pays/territoire :
Dresde, Allemagne
19 novembre 2014
DIV : JIMC'2015 - Modélisation de la part d'Irrationnel dans la Cognition
JMIC'2015 - première journée de Modélisation de la part d'Irrationnel dans la Cognition
Cycle de journées scientifiques communes AFIA - ARCo
16 janvier 2015 - 10-16 heures - petit amphithéâtre de l’ENSC
Très tôt, l'Intelligence Artificielle a trouvé sa place dans le cocktail interdisciplinaire destiné à l'approche scientifique de la cognition. Elle y occupe même une place de choix si l'on considère que les courants de pensée dominants pour aborder les aspects « PPLS » de l'esprit et de la pensée (aspects philosophiques, psychologiques, linguistiques et sociologiques), se sont assemblés autour des concepts du symbole et du neurone.
Dans l'étude de la cognition, l'Intelligence Artificielle a apporté ses modèles et enrichi considérablement les simulations menées sur des phénomènes liés à un individu, un groupe ou une foule. Aujourd'hui les défis de l'Intelligence Artificielle tiennent notamment dans la modélisation des différentes formes de raisonnement, le traitement de connaissances massives ou le partage d'autorité entre l'homme et la machine. Du coté des sciences cognitives, les défis pointés relèvent de la prise en compte de l'influence du corps (la matérialité), des émotions (le sensible) ou du contexte (la situation) sur la cognition.
Cette journée AFIA-ARCo a pour thème "Modéliser l'affectif" en abordant une notion très présente dans les processus cognitifs et pourtant par définition difficilement modélisable : l'irrationnel. Que ce soit dans des activités liées au langage, à la mémoire, au raisonnement, ou même à l'attention, certaines réactions observées tiennent de l'irrationnel. Faut-il pour autant les éliminer des relevés expérimentaux ? Sont-elles au contraire l'amorce d'une vision différente de la cognition ?
Programme :
- 9h30 : Accueil de la journée et présentation de l'AFIA et de l'ARCo
- 10h-12h30 : Éclairages sur la question
. Catherine Pélachaud (CNRS et Telecom ParisTech) : Modélisation des comportements émotionnels et modélisation d'interaction avec des agents émotionnels
. Frédéric Alexandre (INRIA et Institut des Maladies Neurodégénératives) : Intégrer le rôle des émotions dans la modélisation cognitive: apport des neurosciences
. Joffrey Becker (Laboratoire d'Anthropologie Sociale et Musée du Quai Branly) : La robotique et la tentation du théâtre [la figuration des émotions dans les théories de l'acteur] (titre provisoire)
- 13h30-16h : Débat et travail collectif sur la modélisation de l'affectif
Organisation : Xavier Aimé (LIMICS, Inserm), Alain Giboin (WIMMICS, Inria-I3S), Benoît Le Blanc (ENSC, Bordeaux-INP)
Inscriptions, modalités, calendrier et informations à propos de cette Journée pour la Modélisation de l'Irrationnel dans la Cognition "Modéliser l'Affectif" ici (lien)
L’AFIA (Association Française pour l’Intelligence Artificielle) est une association fédérant la communauté française et francophone d'intelligence artificielle. L'AFIA édite son Bulletin qui est l'organe de liaison des adhérents et l’outil de fédération de la communauté IA et organise de nombreuses manifestations scientifiques.
L’ARCo (Association pour la Recherche sur la Cognition) est l’association fédérant les chercheurs en sciences cognitives. L’ARCo a pour vocation de promouvoir les sciences cognitives en France et en Europe.
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shs
Pays/territoire :
ENSC, 109 Avenue Roul, 33400 Talence, France
19 février 2014
BIO - SHS : Les émotions sont stables dans les cerveaux.
Une publication dans PLoS ONE rapportant des travaux associant le Center for Cognitive Brain Imaging et le Department of Social and Decision Sciences de Carnegie Mellon (Pittsburgh, Pennsylvanie), tend à montrer que tous les humains utilisent les mêmes aires cérébrales lorsqu’ils activent leurs émotions.
Les chercheurs ont demandé à des sujets explorés en imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) de reproduire mentalement neuf émotions de base : peur, colère, joie, tristesse, dégoût, bonheur, envie, honte, désir. Le traitement des données recueillies a montré une étroite correspondance interindividuelle de l'activité cérébrale pour chaque émotion. Les résultats suggèrent une structure stable de représentation neuronale de l'émotion. Le modèle de systématicité des activations neuroniques suggère même aux auteurs la possibilité de produire dans le futur une prédiction de la réaction émotionnelle à un stimulus particulier.
Lien vers la publication : Kassam KS, Markey AR, Cherkassky VL, Loewenstein G, Just MA (2013) Identifying Emotions on the Basis of Neural Activation. PLoS ONE 8(6): e66032. doi:10.1371/journal.pone.0066032
Les chercheurs ont demandé à des sujets explorés en imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) de reproduire mentalement neuf émotions de base : peur, colère, joie, tristesse, dégoût, bonheur, envie, honte, désir. Le traitement des données recueillies a montré une étroite correspondance interindividuelle de l'activité cérébrale pour chaque émotion. Les résultats suggèrent une structure stable de représentation neuronale de l'émotion. Le modèle de systématicité des activations neuroniques suggère même aux auteurs la possibilité de produire dans le futur une prédiction de la réaction émotionnelle à un stimulus particulier.
Lien vers la publication : Kassam KS, Markey AR, Cherkassky VL, Loewenstein G, Just MA (2013) Identifying Emotions on the Basis of Neural Activation. PLoS ONE 8(6): e66032. doi:10.1371/journal.pone.0066032
Libellés :
cerveau,
publication,
Sciences cognitives
Pays/territoire :
Carnegie Mellon, 5000 Forbes Avenue, Pittsburgh, Pennsylvania 15213
07 décembre 2013
BIO - SHS : La forme du cerveau et l'intelligence future.
Une étude menée par des chercheurs du Laboratoire de psychologie du développement et de l’éducation de l'enfant du CNRS et du centre NeuroSpin, viennent de montrer que la structure du cerveau avait une influence sur les capacités cognitives des enfants préscolaires.
Ainsi un certain type d'asymétrie entre les deux hémisphères cérébraux pouvait expliquer en partie les performances intellectuelles d'enfants de 5 ans sur une tâche qui permet de mesurer le contrôle cognitif. Les enfants dont les deux hémisphères sont asymétriques au niveau du cortex cingulaire ont de meilleurs résultats sur certaines tâches cognitives. L'hypothèse avancée par les scientifiques pour expliquer ces performances est que l'asymétrie des hémisphères droit et gauche correspond à une plus grande latéralisation et donc à une plus grande spécialisation de chacun d'entre eux. Une telle variabilité anatomique entre individus n'interviendrait que pour 20 % dans les résultats cognitifs constatés. Le reste, c'est-à-dire l'essentiel des performances intellectuelles enregistrées, dépendrait de l'ensemble des facteurs environnementaux, éducatifs et sociaux.
La publication sent le souffre : on peut alors imaginer que les enfants pourraient avoir des besoins pédagogiques différents en fonction des spécificités anatomiques de leur cerveau. Une porte ouverte sur une certaine forme de sélection, non plus au faciès, mais pire encore, à la forme de son cerveau. Laissez trainer cette idée chez certains anciens politiques et ils proposeront des programmes scientifiques de détection de l'adaptation sociale ou scolaire chez les jeunes enfants.
Voir la publication (lien).
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publication,
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shs
Pays/territoire :
South Pole, Antarctique
16 janvier 2013
BIO - SHS : Pourquoi les bonobos sont ils généreux ?
Martin Gay-Lussac publie le 16/01/2013 dans le cercle psy un article qui rapporte les résultats d'une étude publiée dans la revue Plus One ici
Si on sait depuis (seulement) quelques années que des comportements d’assistance et d’entraide sont fréquents chez les animaux, tout un récent courant de recherches tend à montrer qu’il ne s’agit pas d’inventions humaines liées à l’éducation ou la religion, mais bien de données biologiques inscrites dans l’histoire de l’évolution. Un second volet de recherches aborde non plus les comportements altruistes animaux tournés vers les membres du groupe, mais également au delà, des gestes de générosité envers des inconnus, ce que beaucoup de spécialistes considéraient comme spécifique des seuls humains. L'étude en question montre que la générosité à l’égard d’inconnus peut être pratiquée par les bonobos
Selon les auteurs de l'expérience réalisée à l’université de Duke (USA), lorsque l'on place un bonobo dans une cage en lui donnant bien plus de nourriture qu’il ne peut en manger, et que la cage est reliée à d’autres congénères connus ou inconnus par une porte que lui seul peut ouvrir, le bonobo fait spontanément partager sa nourriture. Mais paradoxalement, il la partage plus avec des inconnus qu'avec ses proches.
L'interprétation des auteurs est que, au-delà de l'envie de partage, la générosité du bonobo n’est pas gratuite : elle vise manifestement à se faire de nouveaux amis.
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