31 mars 2020

DIV - SHS : L'anagramme du Covid-19.

« Il n’y a pas de hasard » disent les déterministes.
Une anagramme — du grec ανά, « en arrière », et γράμμα, « lettre », anagramma : « renversement de lettres » — est une figure du discours définie par les linguistes comme « figure de style » exprimant, par simple permutation des lettres d'un mot ou d’une phrase, un sens nouveau de ce mot ou de cette phrase devenus ainsi nouveaux. L’originalité de l’anagramme réside dans la création d’un sens métaphorique ou métonymique du mot ou à la phrase origine par enrichissement du sens du résultat de la transformation.
L’intérêt de l’anagramme réside, bien au-delà de l’exercice d’inversion de lettres, dans la production d’une sémantique explicite. on connaît parfaitement la phrase qui, convoquant « Le Marquis de Sade », permet de proposer le message explicite
« Le Marquis de Sade »,
« Démasqua le plaisir »,
« Marque des Ladies », soit
« Le Marquis de Sade démasqua le plaisir, marque des ladies »…

Le grand linguiste francophone Ferdinand de Saussure considère l'anagramme comme l’un des principes de base de la technique poétique indo-européenne, notamment avec ses origines grecques et latines que l’on retrouve à al fois dans la poésie mais également la religion :
« Ave Maria, gratia plena, Dominus tecum »
« Virgo serena, pia, munda et immaculata »
(Je vous salue Marie pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, dérivé en Vierge sereine, pieuse, pure et immaculée).

Pour la psychanalyse, et certains de ses théoriciens comme Lacan, l’anagramme est la figure du retour du refoulé : les mots sous les mots. L’expression du mot conscientisé permet celle du mot déguisé. Le travail de l’analyse consiste alors aider le sujet à démasquer ce fondement.
Enfin, l’anagramme a servi depuis toujours comme méthode de codage des messages devant rester confidentiels. certains savants, tels Galilée, l’utilisaient pour communiquer en toute impunité de censure religieuse et plus tard, l’anagramme a joué un rôle dans la transmission de messages codés, ou la désignation d’alias nominaux pour les militaires, ou les résistants de la seconde guerre mondiale. 

Certains auteurs ont utilisé et utilisent encore l’anagramme pour signer des textes qu’ils souhaitent anonymes ou attribués à autrui : « Étron de Bran » pour André Breton, appelant également Salvador Dali « Avida dollars ».

Pour ce qui est de la crise actuelle, on comprendra que le Covir-19 ne passe pas à côté des interrogations…
(remerciements à Cécile Claverie).

30 mars 2020

BIO - SHS : Le concept de "One Health" fonctionne-t-il en France ?

Le concept « One Health » ou « Un Monde, Une Santé » est un mouvement d'idée promu au début des années 2000 et soutenu par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO) et Organisation mondiale de la santé animale (OIE). La One Health entend faciliter une approche systémique intégrée de la santé mondiale, combinant santé humaine publique, santé animale et santé environnementale. Cette démarche trouve son application tant aux échelles locales que continentales et même planétaire. Son but explicite est d’affronter efficacement les maladies émergentes à risque pandémique, et plus généralement tous problèmes sanitaires complexes à l’interface entre l’homme, l’animal et leur environnement commun. La « One Health » vise à promouvoir une action interdisciplinaire et intersectorielle dans la gestion publique de cette santé conçue comme globalité, nécessitant une étroite collaboration entre les disciplines de la santé humaine, de la santé animale et de la santé environnementale, cela aussi bien au niveau opérationnel et clinique, qu’au niveau des laboratoires et des supports d’exploration biologique, que de la recherche et de l’enseignement supérieur ou de la sensibilisation à une culture de la santé, de la prudence et de la résilience.
Cette approche accorde un rôle majeur aux spécialistes de santé (médecins, pharmaciens, biologistes, vétérinaires…), aux gestionnaires d’animaux (éleveurs, agriculteurs…), ainsi qu'aux personnes en contact régulier avec l’environnement et les faunes sauvages qui les occupent (pêcheurs, chasseurs, forestiers, gestionnaires d'espaces protégés…). La mise en œuvre passe par tous les moyens amenant tous ces acteurs, sans exclusive (et c’est difficile à certains de concevoir qu’ils ne sont pas les supérieurs naturels des autres disciplines) à s’informer mutuellement et à agir d’une manière concertée, en liaison avec les ministères concernés (santé, agriculture, eaux-et-forêts, mer et halieutique…) et les institutions publiques et privées (justice, police, douanes, environnement, transports, affaires maritimes, mais aussi cliniques, établissements de soins, compagnies maritimes ou aériennes…).
Les épidémies comme celles dite de la vache folle, de la peste pulmonaire de Madagascar, de la fièvre de la Vallée du Rift, des différentes grippes aviaires, des SRAS et du Covid-19, etc., mais encore les crises récurrentes d’insécurité alimentaire ainsi que la future catastrophe de l’antibiorésistance qui nous attend dès la sortie de la crise actuelle, nécessitent des approches intégrées de type « One Health » pour aborder la complexité des situations de crise.
Reste qu’il faut alors disposer des outils de cette gestion de crise, par exemple le command and control ou C4ISR, le big data et le cognitive computing, les moyens de la visualisation et de la transmission généralisée et interculturelle des résultats des analyses et des surveys.
Deux volets sont à examiner. Le premier concerne les épizooties, les phytopathologies, les atteintes environnementales, des paysages, des milieux humides, etc. et de la biodiversité, et leurs conséquences en termes de qualité et de quantité d’alimentation des populations. Le second intéresse directement la santé humaine puisque plus de 60 % des maladies humaines infectieuses connues ont une origine animale, au moins 70 % des maladies émergentes ou ré-émergentes graves sont depuis un siècle presque toujours des maladies zoonotiques ou à vecteurs animal, la plupart du temps favorisées par des déséquilibres écologiques, climatiques ou sociaux (migrations, guerres…). Un troisième volet concerne directement la sécurité globale avec le constat que 80 % des pathogènes mobilisés par le bioterrorisme ou les armées voyouses sont d'origine animale.
Mais alors, où est le problème ?
La position française par rapport à la « One Health » a fait l’objet d’un rapport de 2011 (ien ici) reposant sur plusieurs principes majeurs dont on se demande pourquoi certains n’ont pas fonctionné dans la gestion de la crise actuelle. En déclarant soutenir les trois organisations internationales, la France s’engage d’abord dans le renforcement des capacités de santé pour les pays en voie de développement (PED) et à promouvoir une approche régionale du Monde.
Afin de favoriser une coordination accrue entre les réseaux de surveillance en santé humaine, en santé animale, en sécurité alimentaire et en surveillance environnementale, il est appelé à une mise en relation et une coopération plus étroite des systèmes de santé publique et vétérinaire. On se demande alors pourquoi le Ministère de la santé n’accepte pas les offres de service des industries pharmaceutiques vétérinaires pour les productions de tests, de réactifs ou de gels hydroalcooliques. Vantant son expérience dans la lutte intersectorielle et la prévention de la «pandémie grippale», la France propose une démarche de même nature pour la santé des écosystèmes, la surveillance de l’environnement, et la gestion de la situation alimentaire et nutritionnelle. ici encore, on s’interroge sur la non-application de tels principes à l’arrivée du covid-19. Enfin, la France veut favoriser les capacités de diagnostic par la mise en réseau des laboratoires, alors qu’elle refuse l’aide des industries vétérinaires.
Aujourd’hui, l'Académie vétérinaire de France (AVF) interpelle le gouvernement (28 mars 2020) pour que les laboratoires vétérinaires sachant réaliser les tests Covid-19 puissent les produire à grande échelle Et contribuer à l’effort national : voir le communiqué de presse, alors que l’administration française refuse cette aide de 80 laboratoires publics et une dizaine de groupes privés, ainsi que celle des cinq producteurs de réactifs pour la fabrication de tests vétérinaires. Les vétérinaires ont depuis plusieurs années toutes les compétences sur les pandémies, sur les coronavirus, et sur l’approche populationnelle. Les laboratoires vétérinaires savent développer des tests à grande échelle pour ce type de maladies ; ils pourraient être très vite opérationnels pour le Covid-19 alors que les hôpitaux manquent de tout et que la politique de la détection généralisée est repoussée faute de réactifs.
Mais les textes français, échos de la culture nationale de l’unicité médicale humaine, empreints du principe de précaution et de la barrière de l’autorisation de mise sur le marché, ne facilitent pas les choses ; il est d’ailleurs curieux de voir que  l’on peut Rapidement adapter le Droit du travail mais pas celui de la Santé, et qu’il reste si difficile de prendre une décision temporaire d’exception sans danger…
D’autres nations ont résolu ce problème : la FDA a donné son feu vert pour mobiliser ses producteurs de réactifs aux USA, l’Allemagne qui systématise les tests de dépistage à grande échelle a mobilisé son réseau de laboratoires vétérinaires, etc.
Au-delà de la spécificité sectorielle connue du monde médical (débat en cours) qui ne faciliterait pas les choses, un élément de résistance réside dans la difficulté culturelle de considérer l’homme comme un animal comme d’autres ; notamment les grands mammifères dont il n’est pourtant qu’un exemplaire dans l’organisation du vivant. La problématique  réside dans l’attribution d’un statut, tout admissible qu’il soit, qui glisse d’une conception culturelle à la dimension purement biologique.
Il s’agit là d’un problème complexe, emprunts de différences culturelles majeures entre d’une part des spiritualistes, considérant l’homme au sommet de la pyramide des êtres, certains le croyant être posé là par volonté divine ou y ayant accédé conformément à un plan (intelligent design, etc.), et d’autre part d’autres personnes, privilégiant une vision socioculturaliste de l’humanité, attachée au primat des valeurs idéalisées et constitutives des groupes humaines, états, civilisations...
Entre les deux opèrent donc les ronds de cuir, refusant cette forme de « continuité » entre santé humaine et santé animale, entre humanité et environnement, veillant scrupuleusement à l’application de textes inadéquats, plus qu’à l’initiative et à la facilitation d’une réalisation de l’action commune nécessaire.

Nota : La situation évolue et le gouvernement fait marche arrière.
Le JIM (Journal International de Médecine) informe dans son édition en ligne du 6 avril 2020, qu’à compter de ce jour (lien ici) :
- les laboratoires vétérinaires sont invités à réaliser les tests de détection du SARS-CoV-2 :
- les respirateurs à usage vétérinaires peuvent être utilisés en réanimation humaine ;
- les médecins sont autorisés à utiliser les médicaments vétérinaires en clinique humaine en cas de pénurie.

29 mars 2020

IA : IBM ouvre ses accès gratuitement pendant 90 jours.

La chaire IBM de l’ENSC informe la communauté cognitique. 

Pendant la crise sanitaire mondiale, IBM a recensé quelques unes des offres les plus adaptées pour aider les organisations à faire face à leurs nouveaux challenges.

Le lien https://ibm.co/OffresIBM permet des accès gratuit pendant 90 jours.

Par ailleurs, pour assurer la continuité des programmes, IBM a réalisé un portail (https://www.ibm.com/remotelearning/) qui rassemble :
  • des outils et ressources pour l'enseignement à distance, notamment des gratuités exceptionnelles sur certaines solutions
  • des conseils pour bien accompagner chacun (enseignants, parents et accompagnants) dans ce mode d'éducation.
Le site IBM Academic Initiative (https://my15.digitalexperience.ibm.com/b73a5759-c6a6-4033-ab6b-d9d4f9a6d65b/dxsites/151914d1-03d2-48fe-97d9-d21166848e65/home) réunit des ressources gratuites, formations, vidéos, badges, logiciels et Cloud en libre-service pour les étudiants, élèves et enseignants. 
Les élèves peuvent y découvrir en autonomie les bases de l'intelligence artificielle, de la sécurité, des data sciences et de la blockchain, ou du quantique.

Ces ressources sont accessibles depuis votre adresse mail académique (ensc).
Pour tout renseignement, contacter Soit vitre responsable d’année, soit, le cas échéant, le directeur de la chaire IBM, Marc Rodier, à l’ENSC.

28 mars 2020

DIV : Plagiat et détection du plagiat dans les travaux universitaires.

Je suis un vieux monsieur, vieux professeur, et donc ayant vécu des époques difficiles desquelles nos jeunes générations ont heureusement été épargnées.
Aujourd’hui, dans une situation de crise majeure, je vois ressortir des mêmes vieux démons, des comportements, ceux des voyous et ceux de la dénonciation.
Ainsi, une campagne de promotion d'outils de détection du plagiait été lancée par une société qui propose une formation aux enseignants et aux étudiants ; les premiers pour sévir, les seconds probablement pour dénoncer ou voir si leurs éventuels plagiats passeraient au travers des outils en question.

Cette campagne appelle chez moi plusieurs réflexions :
1/- Tout est plus ou moins gris, et blanc et noir sont des fantasmes.
Dans la vraie vie, celle en dehors du numérique, rien n’est jamais tout blanc ni tout noir. C'est d'ailleurs pour cela qu'il existe des juges, et en matière académique, des professeurs (même si certains sont informaticiens).
Tout est plus ou moins gris, et le clair, j'en conviens, est dans certaines circonstances tout de même mieux que le sombre. Par contre, dans d’autres contextes, c’est le sombre qui tire son épingle du jeu.
Le plagiat pose le problème de la concurrence entre une forme idéalisée d'intégrité, qui postule que tout doit être une création de soi, ne devant rien aux autres, sauf à citer les extraits de manière précise après avoir (donc) vérifié qu'eux-mêmes ne tombaient pas sous le coup de la critique énoncée (qui le fait-il ?). Faire avancer la connaissance ; celle-là est évidemment basée, inspirée et motivée des travaux antérieurs (qui les cite-t-ils tous exhaustivement ?).
2/- Des outils probablement eux-mêmes critiquables.
Si des outils de détection existent, il existe forcément des outils de contre-détection. Ces contre-outils, que l'on trouve facilement sur le web, permettent de transformer des textes pillés pour être indétectables par la première catégorie d'outils. Les plus anciens reposent sur une traduction automatique en langue étrangère, éventuellement corrigée et adaptée par l'auteur du délit, puis une traduction retour que l'auteur peut alors amender, enrichir, etc. Et cela à plusieurs reprises en changeant l’ordre des paragraphes.
Bien évidemment, nous avons là ce que font gendarmes et policiers de manière très légitime : détecter les délinquants. Mais ce sont ici les petits, les maladroits, ceux qui veulent ou doivent pourtant contribuer à une production de savoir ou faire preuve d’un tel savoir pour un examen par exemple.. Mais qu'en est-il des gros que ces outils ne verront pas ? Et qu’en est-il des européens s’inspirant des anglo-saxons, des anglo-saxons le faisant des russes, ceux-là des asiatiques, et chaque groupe à qui mieux mieux des autres, parfois dans des efforts de compétitivité nationale.
De plus, ces outils sont-ils des productions faites ex-nihilo et ex-abrupto ? Ne s'inspirent-ils pas d'outils précédents ou de textes qu'ils ne citent pas ? N'empruntent-ils pas des briques technologiques non citées, elles-mêmes empruntant sans les citer d'autres briques, et ainsi de suite ? Bref, leurs auteurs ou promoteurs peuvent-ils assurer que ces outils ne sont pas typiques de ce qu'ils entendent dénoncer ?
3 - La paranoïa.
Méfions nous des travaux non inspirés, non inscrits dans un contexte d'écrits raisonnables, connus et validés. La paranoïa est parfois le début de l'inventivité, c'est aussi souvent le lieu d'une grande production de déchets qui encombrent, parasitent et handicapent le difficile travail d'évaluation. En retour, l'inventivité est souvent signe de paranoïa et à force de promouvoir les paranoïaques, on ne sélectionne que les hypertrophiques du moi, caractérisés par une fausseté du jugement et un sentiment de persécution ("je ne suis pas reconnu à ma juste valeur : les professeurs sont des ânes, ou ils m'en veulent pour quelque raison que ce soit").
4 - La peste et la honte.
Gardons nous de ce fléau, cette honte : la délation ! (Voir ici, et là)
La frontière est une zone grise : la dénonciation serait guidée par le bien, la délation par le mal. Mais qui peut dire où passe la frontière ? La dénonciation n’est-elle pas quelque part au bénéfice obscur, même inconscient, du dénonciateur ?
Si la dénonciation peut être considérée comme un devoir civique, c'est bien entendu lorsqu'elle concerne les crimes et des délits les plus graves, ceux qui portent atteinte à la société, à l’environnement ou à une personne vulnérable.  La question reste cependant débattue entre l'administration qui dispose de textes imposant la dénonciation de proches par exemple dans le cadre de l'infraction routière, et certaines juristes qui pensent que l'obligation de dénonciation ne peut s'appliquer en cas de délit mineur et surement pas d'infraction, sauf pour l'autorité administrative qui y est contrainte sans qu'aucune peine ne soit d’ailleurs prévue pour la non dénonciation.
En France, une dénonciation est un acte par lequel un citoyen porte à la connaissance de la justice ou de l’administration une infraction commise par autrui. Elle se distingue donc à la plainte qui serait une forme de dénonciation émanant de la victime elle-même, et de la délation qui est explicitement faite pour nuire (voir ici). La question reste entière, si l'auteur pillé est une victime et peut donc dénoncer le plagiat, le professeur évaluateur est-il victime ? Quel est la dimension de l'atteinte ? Doit-il régler le problème avec l’étudiant ou le faire traduire d’avant les instances disciplinaires ?
Tout cela dépasse bien évidemment ma compétence et doit être précisé par les juristes et établi par les juges. J'espère que leurs commentaires de ce post seront instructifs. En tous cas, il y a des gens qui en font leur petit commerce.
Il n'en reste pas moins qu’à titre personnel, comme vieux professeur, la dénonciation reste pour moi hors des cas exceptionnels d'atteinte à l'Etat, à la société, à une personne vulnérable, une peste brune, et cela d'autant qu’elle est facile, son auteur et ses complices bien planqués, leur grand nez touchant le tout petit écran de leur machine.




04 mars 2020

IA : Quantique - Honeywell et Microsoft contre Google et contre IBM

La compétition entre les grands du monde du calcul quantique est relancée par Honeywell qui annonce aujourd'hui son ordinateur quantique qui sera disponible pour ses clients dans un délai de trois mois avec un volume quantique d'au moins 64. Honeywell déclare de plus que le volume quantique de son ordinateur sera multiple par 10 chaque année au cours des 5 prochaines années (lien).
La technologie utilisée est dite à couplage de charge quantique à ions piégés. Le système quantique est construit autour d'un piège cryogénique de surface permettant de réarranger arbitrairement les ions (atomes chargés) et d'opérer des portes parallèles tout en contenant des informations quantiques (ions piégés) grâce à des champs électroniques, qui sont manipulés et codés à l'aide d'impulsions laser. De manière simple, on peut comprendre que les ions sont alignés selon de puissants champs électro-magnétiques perpendiculaires les uns aux autres, séparés les uns des autres par un espace défini. Leurs électrons en orbite deviennent alors des adresses personnelles des QuBits et leurs orbites sont modifiés par  les vaisseaux laser, permettant ainsi de coder l'information en exploitant à la fois superposition d'état et intrication de certains ions.
L'annonce est d'autant plus intéressante que le volume quantique annoncé (64) est impressionnant. Le volume quantique est une mesure qui représente la puissance "finale" d'un ordinateur quantique en tenant compte des erreurs, de la diaphonie des appareils, de la connectivité, de l'efficacité des compilateurs et de la performance des programmes utilisables. C'est-à-dire qu'il représente la performance et l'utilité finale pour l'utilisateur. Il diffère d'un autre indice de performance, la suprématie quantique, qui permet de réaliser la solution concrète et fiable d'un problème de calcul que les super-ordinateurs classiques ne peuvent pas résoudre en un temps raisonnable (par exemple quelques minutes, voire secondes, contre des dizaines, voire centaines ou milliers d'années). Le volume quantique annoncé par Honeywell est 2 fois plus important que celui prévu par IBM dont le futur Q System One de  de 20 QuBits est annoncé pour 2020 avec un volume quantique de 16.
Pour maintenir sa performance, Honeywell investit dans des fournisseurs de logiciels quantique tels que  Cambridge Quantum Computing, Zapata Computing, et  JPMorgan Chase. Des applications directement applicables pour les services financiers sont développés par JPMorgan Chase, Cambridge Quantum développe des applications pour la chimie, le pétrole et le gaz et l'industrie en général, et Zapata se concentre sur le calcul massif, le deep learning et la cybersécurité, pour concurrencer les superordinateurs.
Pour permettre à ses clients un accès facilité à ses machines, Honeywell a conclu un partenariat avec Microsoft pour valoriser l'écosystème "Azure Quantum". De manière très transparente, Honeywell porte son projet de manière commerciale, et non à visée scientifique comme le font jusqu'ici IBM et Google, pour concrètement mettre à disposition de ses clients un outil permettant d'aborder la vaque du "calcul inabordable" par le prix du temps machine nécessaire au traitement du Big Data.
On peut regretter encore une fois que les compagnies ne puissent collaborer de manière constructive dans le développement d'une informatique quantique pour tous, en préfigurant des mondes parallèles, captifs et concurrentiels entre les grands acteurs, et des utilisateurs piégés dans un système plutôt qu'un autre.

02 mars 2020

IA : Les niveaux de maturité quantique.

Kristel Michielsen est une physicienne belge travaillant en Allemagne, au « Jülich Supercomputing Center » (JSC). Spécialisée en informatique quantique, elle s’est distinguée dans les études portant sur les composants et leur physique, puis sur les algorithmes qu’ils peuvent supporter.
Elle est à l’origine de l’adaptation de l’échelle de maturité technologique de la NASA en une échelle QTRL : la « Quantum Technology Readiness Level ».
Dans cette échelle, le QTRL1 concerne une technologie qui se limite au cadre théorique de l'informatique quantique c’est-à-dire les études des propriétés de base des dispositifs d'informatique quantique. Le niveau  supérieur, QTRL2, consiste une fois les principes de base du dispositif, à étudier des algorithmes qui pourraient être théoriquement supportés par le technologie informatique quantique précédente. La physique des Q-bits et leurs propriétés exploitées par cette algorithmique correspond au QTRL3, qui implique des études en laboratoire pour valider les prédictions théoriques et justifier ou non la poursuite du processus de développement. Le QTRL4 correspond à la fabrication concrète des systèmes uni- ou multi-Q-bits et leurs opérationalisation en termes de superposition et intrication, qui sont testés l'une avec l'autre. Au QTRL5, des composants intégrés peuvent constituer un processeur quantique, sans correction d'erreur, mais permettant une mesure fiable des résultats. Les technologies de correction d'erreur permettent d’aborder le QTRL6, de manière fiable et répétée. Cela permet d’aborder la création d’un ou plusieurs prototypes multi-Q-bits au QTRL7 en permettant de résoudre des calculs quantiques élémentaires, dans un environnement d’utilisation fluide et non expérimentale.  Les versions évolutives d'un ordinateur quantique répondant aux tests, au QTRL8, permet de mettre en œuvre et d’aborder la suprématie quantique qui correspond au QTRL9.

06 novembre 2019

IA - BIO - INFO - TECH : Les nouvelles prédictions de Ray Kurzweil (2019).

Le célèbre Ray Kurzweil, aujourd'hui responsable de la branche IA de Google, transhumaniste militant, s'est fait le spécialiste des prévisions des développements technologiques.
Ainsi pédisait-il, dès 1989, la chute de l'union soviétique par la diffusion de la téléphonie mobile et des télécopieurs, que les machines vaincraient le champion du monde d’échecs avant 1998. pari gagné puisqu'en 1997 Deep Blue (IBM) gagna la célèbre rencontre contre Garry Kasparov. Il évoquait la possibilité pour un PC d'être capable dès 2010 de répondre à des questions simples en cherchant sur internet, ce dont Google s'est depuis fait une spécialité, y compris pour des requêtes multiples de sens ouvert. Il prévoyait qu'en 2009, on pourrait donner aux machines des instructions en langage naturel. Et voilà que surgit les logiciels de dictée, ainsi que les logiciels de commande tels que Siri de Apple, puis Alexa de Amazon et Dis-Google !  La technologie est aujourd'hui embarquée sur les BMW et d'autres équipementiers se précipitent dans le projet toujours plus élaboré de l'hybridité du langage et de la traduction automatique en ligne. Quant à ses prévisions sur la réalité virtuelle et augmentée, elles ont été réalisée notamment grâce aux Google classes en 2011, puis vinrent rapidement les Hololens de Microsoft et d'autre lunettes et head-up displays en aéronautique, dans la conduite des ateliers des usines 4.0 et aujourd'hui dans l'automobile pour tout le monde.
Bien entendu, nombre de ces prédictions n'ont pas été concrétisées, mais restent pourtant d'actualité. C'est dans cette perspective de Ray Kurzweil a proposé une nouvelle liste chronologique des technologies du futur.
En 2009 Ray Kurzweil réactualisait sa liste et donnait d'autres pistes dont nombreuses se sont réalisées - voir la liste des prédiction de RK dans Wikipedia : ici. 
Aujourd'hui, dix ans après cette nouvelle série prophétique, Ray Kurzweil propose une série actualisée dont voici le résumé.
2019 – Disparition des fils et câbles pour les appareils individuels et les périphériques.
2020 – Puissance de traitement des PC comparable à celle du cerveau humain.
2021 – Internet sans fil pour 85% de la surface de la Terre. 
2022 – Émergence (USA, Europe) de lois réglementant les relations entre humains et robots, et formalisation des droits, devoirs et limitations/interdictions dans ces relations.
2024 – Conduite automobile obligatoirement supervisée par l'IA, et interdiction de conduire sans aide technologique.
2025 – Avènement d'un grand marché de gadgets-implants.
2026 – Prolongement technologique de la vie humaine (au moins autant que la vie passée).
2027 – Vulgarisation et généralisation des robot personnels autonomes pour des actions complexes. 
2028 – Énergie solaire universellement répandue suffisante aux besoins énergétiques de l’humanité.
2029 – Test de Turing pour les machines et fusion IA-IN par simulation informatique du cerveau.
2030 – Nanotechnologies généralisées pour une baisse significative des coûts de fabrication
2031 – Imprimantes biologique 3D dans tous les hôpitaux pour imprimer des organes humains.
2032 – Nanorobots médicaux pour apporter des substances nutritives aux cellules en éliminant les déchets. Scanner du cerveau humain par nanorobots pour la maîtrise de son fonctionnement.
2033 – Les voitures autonomes, sans conducteur ni parfois passager.
2034 – Premier rendez-vous de l’homme avec l’intelligence artificielle
2035 – Matériel spatial de protection permanente de la Terre contre les astéroïdes.
2036 – Reprogrammation cellulaire pour guérir des maladies, et imprimantes 3D pour fabriquer des nouveaux tissus et organes.
2037 – Découverte de centaines de sous-régions cérébrales ayant des fonctions spécifiques avec décryptage algorithmique et intégration aux réseaux neuronaux artificiels.
2038 – Apparition de personnes robotisées et de produits de technologies transhumanistes tels qu'implants optionnels supplémentaires.
2039 – Nanovéhicules directement implantés dans le cerveau pour une réalité virtuelle d'immersion totale, sans équipement supplémentaire.
2040 – Recherche Internet directement par la pensée avec résultats affichés sur des lentilles de contact (ou des lunettes spécifiques).
2041 – Débit internet maximal de 500 millions de fois plus élevé qu’aujourd’hui.
2042 – Première réalisation potentielle d’immortalité grâce aux nanotechnologies.
2043 – Plasticité d'aspect du corps humain grâce à des nanorobots, et organes remplacés par des dispositifs cybernétiques ultrafiables.
2044 – Intelligence non-biologique des milliards de fois plus performante que l'intelligence biologique.
2045 – Singularité technologique. La Terre se transformera en une gigantesque machine
2099 – Extension du processus de singularité technologique à tout (ou parties de) l’Univers. 
(voir la nouvelle liste des prédictions de RK de 2019 : ici)
Perspective : 2100 - Fin de l'humanité même sous sa forme artificielle (note de l'auteur).
https://en.wikipedia.org/wiki/Predictions_made_by_Ray_Kurzweil

24 octobre 2019

BIO : "Prime Editing" - le CRISP-Cas9 bientôt remplacé.

Une équipe du MIT et de la Harvard University publie dans le dernier numéro (21 octobre 19) de Science (ici) une nouvelle méthode d’édition du génome : le "prime editing".
Cette nouvelle technologie de bio-engineering permet, selon les auteurs, de fournir une meilleure précision que le CRISPR-Cas9. Contrairement à CRISPR-Cas9. Permettant de ne remplacer qu’un brin d’ADN à la fois, elle réduit la probabilité d’insertions aléatoires ou de suppressions de séquences d’ADN, ce qui résout le problème du CRISPR-Cas9 qui coupe les deux brins en même temps pour être remplacés par une nouvelle séquence sur chacun des deux brins.
La précision en est d'autant augmentée, permettant un travail quasi parfait au sein du génome. On attend les premiers résultats dans la mise en oeuvre de cette technologie révolutionnaire qui propulse encore plus en avant les progrès de la bio-ingénierie interventionnelle (ici).
Voir également dans ce blog : (ici)

07 octobre 2019

DIV : IA et images - les réseaux de neurones de 1988 (7 octobre).

Y-a-t'il quelque chose de vraiment nouveau ?
http://bernard.claverie.free.fr/references/Neuro-Image-1988.pdf

Les 6 et 7 octobre 1988 se tenait, à l'Université Bordeaux 2 (Carreire - Bordeaux), le premier colloque français sur les réseaux de neurones et la reconnaissance d'image : "Neuro-Image". Inspiré du mouvement initié par les PDP (parallel distributed processes) et par la programmation parallèle de Inmos®, l'IRASCA (Institut Régional Aquitain des Sciences Cognitives Appliquées - Université de Bordeaux II) réunissait quelque 120 scientifiques autour des invités d'honneur Jacques PAILLARD (Institut de Neurophysiologie et Psychophysiologie du CNRS - Marseille) et Paul SMOLENSKY (Université du Colorado - Boulder) une réunion historique autour de quatre thèmes :
  1. l'approche clinique de la reconnaissance (présidence de séance : Fréda NEWCOMBE - Radcliffe Infirmary - Oxford) ; 
  2. les neurosciences de la vision, de l'image à la représentation (Présidence Michel IMBERT - Neurosciences de la Vision - Univ. Pierre et Marie Curie - Paris) ; 
  3. les machines neuro-mimétiques pour la reconnaissance (Gérard DREYFUS - Ecole Supérieure de Physique et Chimie Industrielle - Paris) et Michel WEINFELD - Ecole Polytechnique - Paris) ; 
  4. les modèles connexionnistes et l'IA pour la représentation (Jacques PAILLARD et Yves BURNOD - Institut Pasteur - Paris).
Chantre de l'interdisciplinarité, l'IRASCA avait ainsi mêlé les dimensions neuropsychologiques, cognitives, informatiques et électroniques des applications naissantes de réseaux de neurones. Ainsi les personnalités citées côtoyaient Glyn HUMPHREYS (Birkbeck College - Londres), Raymond BRUYER (Université de Louvain la Neuve - Bruxelles) et Xavier SERON (Clinique St. Luc - Bruxelles) Bernard RENAULT (Labo. d'Electrophysiologie et Neurophysiologie Appliquées - CNRS Salpêtrière - Paris), Simon THORPE (Lab. Neurosciences de la vision - UPMC Paris), ou J.M. CHASSERY et C. BELLISSANT de l'Institut de Mathématiques Appliquées de Grenoble), P. ANIZAN (CNET - Lannion), L. PERSONNAZ (ESPCI - Paris), H.P. GRAF (AT&T Bell Lab. - Holmdel et ses collègues, M. MOUGEOT et R. AZENCOTT (Lab. math. Application. - Paris Sud - Orsay), B. ANGENIOL (I.A. , Thomson CSF - Bagneux), B. ZAVIDOVIQUE et ses collaborateurs (ETCA - Arceuil), A. MARUANI et collaborateurs (Ecole nationale supérieure des Télécommunication - Paris), et Yves CHAUVIN (Lab. Psychologie de l'Univ. Stanford).
Des sessions de conférences étaient complétées par d'autres consacrées à l'exposition commentée de posters.
Le colloque était patronné par l'Université de Bordeaux II, et le colloque ouvert par son président, le Professeur Dominique DUCASSOU, et avait obtenu le soutien de la Région Aquitaine et du Département de la Gironde, de la Direction de la Recherche et des Etudes Techniques (DRET) du Ministère de la Défense (DGA), du Ministère des Affaires Etrangères, de la CCI de Bordeaux, ainsi que des sociétés TELMAT, BULL, INMOS, SCAIB, France Télécom, SARDE, OFFIKLI, Soft-Image, Definicon-Systems, Graftk, Microtel, et des écoles ENSERB, ESPCI, ainsi que de l'institut de neurobiologie théorique (INBT) de l'Université d'Angers et le CARME de l'Université de Bordeaux, et de la Banque Populaire du Sud Ouest.

L'initiative était lancée et le comité d'organisation présidé par Bernard CLAVERIE et comportait des personnalités comme Jean-Louis ERMINE (CEA, Univ. Bordeaux 1), Pierre HUMBERT (IGD, Univ. Bordeaux 3), Jean-Pierre BOURGEOIS (Institut Pasteur - Paris), Jacques PATY (Univ. Bordeaux 2) et bien d'autres (voir la liste ici).

DIV : Complexité explicable.

(Texte en anglais plus bas)

La complexité explicable (ou compréhensible) est une doctrine scientifique (SHS) basée sur le constat du refus et/ou de l’intolérance d’usage des technologies numériques, notamment dans le cadre de l’augmentation humaine et de l’hybridité, par des sujets lambda, et ce d’autant plus qu’augmente la complexité de cet usage ou celle de l’environnement dans lequel il s’insère ou qu’ils génèrent.
Le but est de doter ces systèmes des formes/aptitudes communicationnelles permettant aux sujets concernés de comprendre :
  • à quoi ils servent (pour faire quoi ?), 
  • en quoi ils servent (comment font-ils cela ?) et 
  • pourquoi ils servent (quelle est la justification de leur existence ?).
Les objets ou systèmes complexes ou induisant de la complexité doivent être, dès leur conception, prévus pour les utilisateurs (anthropologie, médecine et ergonomie) et doivent être accessibles comme objet de raisonnement (cognitique), et cela de manière indépendante des groupes culturels ou nationaux amenés à collaborer grâce à ces dispositifs.
Ceux-là doivent expliquer capables de « décrire » leurs objets et d’ « expliquer » leur logique dans le cadre d’une adéquation intelligible à des objectifs explicités. Notamment, leur logique et leur degré d’autonomie doivent pouvoir être transparentes et facilement compréhensibles. 
Le but recherché s’articule autour :
  • de l’acceptabilité, 
  • de la tolérance et 
  • de la confiance.
La complexité explicable prend une dimension particulière, impérative, avec les dimensions de la formation des personnels et de/à leur collaboration. Elle doit pouvoir être comprise par les sujets qui y sont confrontés, permettant de faciliter à la fois les procédures d’apprentissage, mais aussi celles de l’adaptation continue. en cel, elle est à la fois un objectif (former à la complexité explicable) et un moyen (former par la complexité explicable) des pédagogies d.avenir.

La complexité explicable doit être connue selon un plan d’action conceptuel (design) qui prend en compte :
  • les points forts et les faiblesses des dispositifs ;
  • ceux des interfaces, notamment dans le cas d’interfaces adaptatives ;
  • la justification des démarches de décision impliquant l’humain ou d’autonomie substitutive ;
  • la logique de ces choix décisionnels ;
  • le niveau de confiance à accorder à chaque niveau explicatif ;
  • le type d’erreurs susceptibles d’être produits ;
  • les mesures correctives (ou d’échappement) en fonction du but à atteindre.
La redevabilité, c’est-à-dire la responsabilité artéfactielle explicitée, attachée à chaque niveau contribuant à la complexité globale, doit pouvoir être justifiée et comprise par les individus qui y sont formés. On est donc dans des plans de formation à la compréhension plus qu’à l’utilisation, ce qui inverse une position classique de la préparation des personnels.
Dans le cadre d’une complexité technologique ou instrumentale de plus en plus répandue, il est important de pouvoir disposer d’indice de confiance permettant l’adaptation ou la tolérance à cette complexité.

Le concept est à la base de certains cours de l’ENSC.
Bernard Claverie © 7 octobre 2019 (Bordeaux).


The explicable (or understandable) complexity is a scientific doctrine (HSS) based on the observation of the refusal and / or intolerance of the use of digital technologies, particularly in the context of human increase and hybridity. subjects lambda, and all the more so that increases the complexity of this use or that of the environment in which it is inserted or that they generate.

The goal is to equip these systems with communication forms / skills that enable relevant subjects to understand what they are used for (to do what?), What they serve (how do they do that?) And why they serve (what is the justification of their existence?).

Complex or complexity-inducing objects or systems must be designed for users (anthropology, medicine and ergonomics) from the outset and must be accessible as an object of reasoning (cognitive), independently of cultural or national groups brought to collaborate through these devices.
They must be able to "describe" their objects and "explain" their logic in the context of an intelligible adaptation to explicit objectives. In particular, their logic and degree of autonomy must be transparent and easily understandable. The goal is based on acceptability, tolerance and trust.

Explainable complexity is usually evoked with the dimensions of staff training and collaboration. It must be understood by the subjects who face it, making it possible to facilitate both learning procedures and those of continuous adaptation.

The explicable complexity must be known according to a conceptual action plan (design) that takes into account:
  • the strengths and weaknesses of the devices;
  • those of the interfaces, especially in the case of adaptive interfaces;
  • the justification of decision-making procedures involving the human being or of substitutive autonomy;
  • the logic of these decision-making choices;
  • the level of confidence to be given at each explanatory level;
  • the type of errors that can be produced;
  • corrective measures (or escape) depending on the goal to be achieved.

Accountability, that is to say the explicit artefactual responsibility attached to each level contributing to the overall complexity, must be justified and understood by the individuals who are trained there. We are therefore in training plans for understanding rather than for use, which reverses a classic position in staff preparation.
In the context of an increasingly widespread technological or instrumental complexity, it is important to have a confidence index allowing adaptation or tolerance to this complexity.



03 octobre 2019

DIV : Derniers diplômes.

Derniers diplômes signés dans cet exercice de direction. 
Cinq jours avant la fin du mandat, clos le 7 octobre 2019 
(7 octobre, tiens-tiens !!! -> 64 ans pour en arriver là ...).

04 août 2019

DIV : que font 8/2.4 ?

Les mathématiques sont elles solubles dans la personnalité de l’informaticien ? Telle peut être posée la question à propos de celle qui anime une communauté d’internautes à propos de la question : Quelle est la solution de «  8 / 2 x 4 » ?
Est-ce a = (8/2) x 4 ou est-ce b = 8 / (2x4) ?
Dans les pays anglo-saxons deux règles sont utilisées. BODMAS* donne la priorité aux parenthèses, puissances, divisions, multiplications, additions puis soustractions. PEMDAS** qui suit le même ordre de priorité, mais inverse divisions et multiplications
BODMAS (utilisée par les calculatrices Texas Instruments ou par la calculatrice de Apple ou par celle en ligne de Google) donne alors (a = 16).
PELDAS (utilisée par exemple par les machines Casio) donne (b = 1).
Mais alors, la confiance dans la machine doit-elle s’affranchir de celle du choix de la programmation, et donc de l’éducation, de la culture et de la certitude de celui qui a conçu le programme ?
Si le résultat est celui qui détermine votre salaire en fin de mois, entre 1M€ et 16M€, on a, à peu près, la gamme des revenus des français. Mais que dire si le calcul s’applique sur une coefficient de freinage de votre voiture, ou au calcul de la dose médicamenteuse qui doit sauver votre enfant ?
Le calcul mécanique est certes contraint par les mathématiques, mais également par les choix du programmeur, sa culture, ses certitudes ... et la prétention de certains exécutants des basses œuvres arithmétiques à savoir ce qui est bien pour les autres est insupportable. Notre soumission à cette catégorie qui pense pouvoir régir le monde n’est pas moins dangereuse.
* brackets, order, division, multiplication, addition, substruction.
** parenthesis, exponents, multiplication, division, addition, substruction.
Voir le site : https://www.quora.com/What-is-8-2x4

28 juillet 2019

DIV : Introduction à l’épistémologie et à la méthode de recherche.

INTRODUCTION À L'ÉPISTÉMOLOGIE ET À LA MÉTHODE DE RECHERCHE


A l'usage des ingénieurs et autres scientifiques de l'industrie

Préface de Jean-Claude Sallaberry


L'activité de recherche, qu'elle soit fondamentale ou appliquée, est l'une des dimensions du travail des ingénieurs et des scientifiques de l'industrie. 

Souvent confrontés à des problématiques complexes, ils se doivent d'y apporter des réponses concrètes, efficaces et argumentées, de prendre les décisions rationnelles et parfois d'éclairer les décideurs sur les choix les plus conformes aux critères de vérité scientifique. 

Il est alors parfois utile de revenir aux bases de la pensée scientifique moderne et l'épistémologie et la méthode en sont deux pierres d'achoppement.

Éditions de l’Harmattan, collection Cognition et Formation : Broché - format : 15,5 x 24 cmISBN : 978-2-343-17567-6 • 23 juillet 2019 • 222 pages 
Commander ici.

25 juin 2019

SHS : Les juges et l’interprétation de la science.

Le Big Data correspond à la fois (1) à un ensemble de données massives issues d’observations ou de descriptions d'éléments ou d’ensembles d'éléments du monde, et sur lesquelles peuvent porter des techniques scientifiques permettant le traitement de ces données, (2) à l’ensemble de ces techniques et outils utilisés afin de décrire des structures sous-jacentes à ces données, et (3) à l’attitude intellectuelle qui consiste à considérer l’existence de telles structures plus ou moins cachées sous ces données comme explicatives de l’organisation du monde. Cette attitude constitue une partie récente de la science statistique, elle-même partie des mathématiques appliquées, qui a pu se développer grâce au déluge des données mises à disposition et qui peuvent être stockées grâce à des mémoires magnétiques de plus en plus puissantes, et traitées grâce aux progrès combinés des algorithmes et des moyens du calcul automatique.
L’un des principes du Big Data repose sur l’absence d’a-priori quant à la sélection des données en entrée. Filtrer consiste pour certains théoriciens à commencer à transformer les résultats et donc à manipuler les résultats potentiels des analyses ainsi biaisées : c’est-à-dire commencer à fausser la représentation du monde ! 
La France vient de prendre une décision bizarre en la matière. En effet, les principes juridiques consacrés par la Loi imposent que des décisions de justice soient rendues publiques avec les noms des juges concernés. Elles ne sont donc pas anonymisées. Mais, et c’est là le paradoxe, une nouvelle Loi (n° 2019-222 du 23 mars 2019) vient pourtant limiter l’utilisation de données issues de cette publication des décisions de justice. En effet, leur analyse statistique à visée rétrospective ou prospective, doit être anonyme, donc filtrée. Et toutes personnes, y compris les scientifiques, mathématiciens, sociologues, psychologues, criminologues, etc., sont passibles de cinq ans de prison s’ils utilisent les données publiques qui permettraient de produire des informations (cachées) concernant tel ou tel juge !!! Or le principe du Big Data est justement qu’on ne sait pas ce que l’on va trouver. 
L’article 33 de la Loi « dispose » (comme disent ces juges) que « Les données d'identité des magistrats et des membres du greffe ne peuvent faire l'objet d'une réutilisation ayant pour objet ou pour effet d'évaluer, d'analyser, de comparer ou de prédire leurs pratiques professionnelles réelles ou supposées. ». Au delà du cas des juges franco-français, et on peut comprendre que le législateur ait souhaité les protéger, on renvoit l’obligation d’anonymisation de données publiques, publiées par un organisme public, au scientifique ... 
Cette position est inquiétante, car le législateur impose ni plus ni moins de fausser les analyses en inventant de fait une nouvelle classe de data : celle qui est interdite au scientifique, Autrement dit,   comme aux meilleurs temps de l’obscurantisme où le juriste dictait la science, on impose au scientifique de modifier les données.
Mais alors, que va alors donner la jurisprudence ? En effet, le principe constitutionnel d’égalité des citoyens (et les juges ne sont pas des citoyens supérieurs) impose donc, de fait, d’interdire toute démarche analytique prédictive portant sur des données publiques identifiées. La porte est désormais ouverte pour que l’on limite ainsi les techniques dites d’analytics pour quiconque, y compris les experts, pilotes ou médecins, voire les clients ou les malades ... 
Tout cela va grandement compliquer les choses dans nombre secteurs en interdisant que l’identité publique de toute personne soit utilisée, et cela quelle qu’en soient les fins, prédictives, de qualité, de sécurité, de sûreté, de prévention ou de santé. Comment alors utiliser le bigdata pour l’amélioration de l’expérience client ou usager, pour l’optimisation de la performance opérationnelle, pour la diversification ou l’adaptation clinique ou pédagogique, etc.
Enfin, tout cela en France, car de l’autre côté de la frontière, aux USA, en Chine ou ailleurs, les analyses pourront être faites, ce qui pose alors le problème de l’internationalisation de la science.
Bref, la boîte de Pandore est ouverte, et cela par une décision hautement scandaleuse, prise peut-être  en toute bonne foi.

24 juin 2019

DIV : Préparer la succession de direction de l'ENSC.

La succession s'organise (lien) pour préparer une rentrée sans à-coups (lien).
L'ouverture des candidatures aux fonctions de directeur de l'ENSC est officiellement ouverte par la publication de l'Arrêté du Directeur général de l'Institut Polytechnique de Bordeaux (Bordeaux INP) auquel est rattachée l'école d'ingénieurs de cognitique (voir l'arrêté : lien).
L'élection par le Conseil d'école aura lieu le 23 septembre 2019, parmi les candidats qui auront déposé leur profession de foi (avant le 30 aout, midi), pour une prise de fonction le 8 octobre 2019, pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois.

D'ici là, l'activité et le dynamisme de l'ENSC continuent pour accueillir les 80 jeunes élèves issus des prépas généralistes scientifiques pour le CCINP (20 élèves - ex Concours commun polytechnique) et le concours GEIDIC (10), des cycles préparatoires des INP (10) et de l'Université de Bordeaux (10), et du concours spécifique sur titre pour les élèves (30) issus des IUT (GE2I, Informatique), Licences professionnelles, Licences MASS ou Sciences cognitives et Masters des différentes universités françaises. Un exemple d'ouverture et de diversité des origines thématiques pour une interdisciplinarité au fondement même des études, de la recherche et de la valorisation en ingénierie cognitique.

La recherche se confirme autour des laboratoires et chaires d'adossement : IMS (UMR 5218) et IMB (UMR 5251), laboratoire HEAL avec Thales, chaire STC d'IBM et Carnot Cognition ; la valorisation se poursuit avec le club des entreprises de l'ENSC, en partenariat avec les pôles de compétitivité et clusters de Nouvelle Aquitaine.

10 juin 2019

DIV : Clap de fin et renouveau à l’ENSC

Bernard Claverie, fondateur en 2003 de l’Institut de Cognitique (Université Bordeaux Ségalen), puis en 2009 de l’École Nationale Supérieure de Cognitique (Institut Polytechnique de Bordeaux - Bordeaux INP), seule école d’ingénieurs double compétence TIC-SHS et habilitée par la CTI, quitte sa direction en octobre 2019. Il laisse ainsi à un nouvel élu la destinée de cette école nationale des sciences cognitives appliquées à l’industrie et à la gestion des grands systèmes à risques impliquant des humains. 
Ancien directeur du laboratoire de Sciences Cognitives (EA 487), psychologue, physiologiste, professeur de classe exceptionnelle expert auprès de l’ANR, de l’HCERES, de la DGRI, et membre scientifique du réseau ADER de l’Armée de l’air, Bernard Claverie redevient enseignant-chercheur à l’issue de ce second mandat de direction. Spécialiste des questions bio- et psycho-cybernétiques, il rejoint l’équipe de recherche d’ingénierie cognitive de l’IMS (umr CNRS - Université de Bordeaux - IPB) pour y développer la cyberpsychologie, notamment pour les problématiques liées à l’IA et à l’augmentation de l’humain. 
Sa succession sera ouverte par la publication de la vacance du poste de directeur de l’ENSC et l’appel à candidatures, publiés cet été. L’élection par le conseil de l’ENSC s’effectuera en fin septembre prochain. Bernard Claverie promeut explicitement l’idée d’une continuité assumée, telle que la propose l’équipe de direction qui l’a accompagné pendant ces dernières années, en relation étroite avec les partenaires industriels et institutionnels qui ont participé au succès de l’entreprise ENSC.