L’adage populaire selon lequel « un sourire demande moins d'efforts et de muscles que faire la gueule » est très répandu et, force est de le constater, bien mal suivi en termes de convivialité.
Mais, que les partisans du renfrognement se rassurent, la réalité physiologique est plus complexe qu’il n’y paraît.
D'un point de vue myologique, la face humaine compte une petite cinquantaine de muscles de la mimique au total (43 à 50 selon les auteurs si l’on ne considère que la face ou la contribution d’autres parties de la tête et du cou).
En réalité, le nombre exact de muscles mobilisés dépend de la définition que l'on donne à chaque expression et surtout de son intensité, qu’elle soit intentionnelle ou non, volontaire ou réflexe. Les muscles sont chacun plus ou moins sollicités, permettant l’extrême variété des expressions et l’originalité quasi infinie de la puissance de la communication non verbale qui en dépend.
Le sourire social, convivial ou poli, défini comme « sourire de courtoisie », mobilise a minima 10 à 12 muscles du bas du visage et des joues. Le grand zygomatique tire les coins de la bouche vers le haut et l'extérieur, le risorius et l'élévateur de la lèvre supérieure contribuent à la forme entrouverte de la bouche ou à sa closure. Les muscles mandibulaires sont alors sollicités et ceux du cou rejettent la tête légèrement en arrière, augmentant significativement ce décompte dans lequel les principaux auteurs ne les comptent pas. De la même façon, le buste est relevé, les épaules peuvent être écartées, la stature modifiée et la main parfois portée au visage, complexifiant d’autant le décompte qui devient alors très important.Le sourire vrai, dit sourire de Duchenne, mobilise quant à lui 17 à 20 muscles, incluant en plus les muscles du haut du visage. Le muscle orbiculaire de l'œil (orbicularis oculi) plisse les yeux et crée les rides dites « de la patte d'oie ». La tête est aussi mobilisée, parfois inclinée, et le plus souvent des mouvements de la tête mobilisent très significativement les muscles du cou (léger retrait temporaire de la tête, mouvements du menton, parfois ouverture et fermeture mandibulaire avec déglutition, contacts des mains avec les côtés de la tête ou avec des parties de la face). Ce comportement est très mobilisateur et phasique, c’est-à-dire qu’il disparaît rapidement au bénéfice du sourire de courtoisie. La plupart du temps, le sourire s’accompagne d’une expression phonatoire, de type « hum, hum » ou « ha, ha », qui mobilise un nombre considérable de muscles, du pharynx aux poumons. Ce sourire ne dure pas, probablement pour être mobilisateur d’énergie et épuisant. On peut facilement repérer ainsi un faux sourire qui persiste de manière suspecte ou qui est trop empreint, pour certaines de ses dimensions.
En tout état de cause, qu’il soit léger ou appuyé, le sourire n’est donc pas de tout repos

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire