03 mars 2012

SHS : Stresser sous le mail.


Les TIC, source de stress numéro un du salarié ! ! !
Quelles sont les répercussions du développement des technologies de l'information et de la communication (TIC) sur le contenu et l'organisation du travail dans les entreprises ?
Dans un rapport publié le 29 février, le Centre d'analyse stratégique (CAS) met en garde sur les risques psycho-sociaux qu'elles induisent, confirme les craintes de 2011, et émet pour 2012 des recommandations pour mieux les évaluer et les prévenir.

Quatre axes de réflexion dont feraient bien de s'inspirer les établissements universitaires, notamment ceux en charge des écoles d'ingénieurs ... histoire de montrer l'exemple aux futurs cadres et décideurs des entreprises ...

  • Les systèmes d'information sont avant tout des outils d'aide au travail et ils vont continuer à se développer.
  • Il faut former davantage les salariés à leur utilisation par un effort de formation continue.
  • Il est essentiel d'associer les "ressources humaines" dans la mise en oeuvre des projets.
  • Pour éviter les dérives, il faut développer des systèmes de régulation interne des usages des TIC.


Accès à la note de synthèse (ici).

TECH : Un transistor atomique !


La descente nanoélectronique arrive-t-elle à sa limite ?

Des chercheurs du Centre d’informatique quantique de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, à Sydney (Australie), avec des collègues coréens et américains (ref.), sont parvenus à positionner avec un microscope «à effet tunnel» et avec une précision de l'ordre de 1/2 manomètre, un atome de phosphore au sein d’une couche de 6 atomes de silicium, et en remplaçant ainsi l'un d'eux.
La position de l’atome de phosphore est fondamentale. Elle permet d'obtenir le plus petit transistor connu jusqu'à présent, ouvrant la voie à une rapidité et une puissance de calcul inégalées.
Les tests réalisés confirment que l’atome de phosphore joue bien le rôle d’un transistor, comme ceux qui sont utilisés en électronique classique. Il peut ainsi servir d’interrupteur ou d’amplificateur d’un signal électrique, tout en conservant une partie de ses propriétés quantiques.
Cette technique encore expérimentale pourrait être utile pour le développement de transistors au silicium à l’échelle de l’atome pour les futurs ordinateurs quantiques, pour peu que l'on puisse associer en réseaux un grand nombre de transistors atomiques reliés par exemple par des nanofils de silicium et de phosphore, large de quatre atomes et haut d’un seul, et parfaitement conducteurs de l'électricité.
Ces résultats ont été publié le 19 février 2012 dans Nature Technology.

TECH - BIO : Des fruits et des plantes pour de l'énergie


Le groupe de recherche Solare de l'Institut pour les procédés chimico-physique (Ipcf-CNR) du Conseil National des Recherches à Messina en Italie, en collaboration avec une équipe de chercheurs internationaux, a conçu des cellules solaires d'un type tout à fait particulier. Il s'agit de cellules bio-photo-voltaïques.
Le système est inspiré de la photosynthèse naturelle, et monte que les végétaux peuvent, grâce à leurs pigments naturels, produire de l'énergie "photoélectrochimique".
Les cellules utilisent des anthocyanes, des molécules naturelles responsables de la coloration de beaucoup de fruits comme les oranges sanguines, les poires, les mures, les figues de barbarie et le raisin largement présents en Sicile, ou des bétalaïnes des navets, des aubergines ou des figues de barbarie. Ces pigments sont disposés sur des électrodes transparentes poreuses permettant de capturer l'énergie et de la transformer en électricité. Les rayons lumineux sont transmis aux électrodes par ces pigments naturels, à travers une série de processus chimico-physiques naturels.
L'électricité produite est pour l'heure peu importante, le rendement de tels dispositifs est à peu près de 2% alors que celui des panneaux photovoltaïques utilisant des cellules en silicium varie de 10 à 15%. Ces dispositifs biophotovoltaïques montrent cependant une excellente stabilité thermique et une efficacité constante, même en cas de condition d'ensoleillement critique, et sont absolument recyclables.
Les chercheurs ont pu obtenir artificiellement une nouvelle classe de composés similaires aux colorants présents dans les produits naturels, ayant les propriétés photo-sensitives des pigments, tout en étant écologiques et non toxiques, simples à préparer et permettant d'espérer une efficacité et une stabilité supérieure à celle de leurs analogues naturels.
Voir source.

DIV : Deux sociétés aquitaines lauréates de la e-Santé.


Le ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie a communiqué une liste de 14 projets sélectionnés dans le cadre des investissements d’avenir, suite à l’appel à projets “Santé et autonomie sur le lieu de vie grâce au numérique” doté de 9 M€. Parmi eux figurent les aquitains Techvie et A-Tel.
Techvie est un projet porté par la société Helileo, chef de file aux côtés des sociétés 2Moro et Sport Control et du cluster thermal aquitain. Techvie obtient 430 K€ de financement pour un projet de 965 K€ consistant en un outil de service mobile et interactif d’éducation à la santé et de suivi des paramètres physiologiques des cures thermales. Techvie se présente sous la forme d’une application embarquée sur ordinateurs de poche ou smartphones.
A-Tel est un projet porté par la société Géri Communication. A-Tel a reçu 170 K€ permettant l'autofinancement du projet, consistant en un dispositif médical communicant interopérable dans le cadre des maladies respiratoires chroniques.

DIV : Neutrinos - du flou dans la mesure.


Nous nous étions fait l'écho de la mesure surprenante de l'équipe franco-italienne OPERA (Oscillation Project with Emulsion-tRacking Apparatus), semblant montrer que des neutrinos dépassaient la vitesse de la lumière (voir sur ce site). Les chercheurs rapportent dans Nature le 22 février 2012, c'est-à-dire cinq mois après les premiers résultats publiés, l'existence d'une possible erreur de quelques nanosecondes dans le calcul du temps de vol des neutrinos à travers 730 km de la croute terrestre.
Afin de vérifier, les chercheurs du projet OPERA ont demandé au CERN la possibilité de refaire l'expérience le plus rapidement possible. La production de neutrinos devrait recommencer en mars pour des premiers résultats en avril, sachant que l'enregistrement de données ira jusqu'en novembre 2012.
Dans le même temps, des chercheurs s'apprêtent à réaliser la même expérience, avec des neutrinos produits par le Fermilab, près de Chicago, et envoyés sur une cible dans le Minnesota, soit à 700 km du point de départ. Les résultats de ce projet MINOS devraient également être connus dans l'année et permettront de confirmer ou d'infirmer les résultats surprenants de l'expérience OPERA.

SHS : L'urbanisation décrite par les routes.


Un chercheur de l'IPhT (Institut de Physique Théorique, CEA-CNRS-URA) de Gif-sur-Yvette et du Centre d'Analyse et de Mathématiques Sociales, (EHESS de Paris), et des collègues suisse, italiens et britanique ont mesuré le développement urbain d'une région de 125 km², au nord de Milan, entre 1833 à 2007, à partir de l'évolution des routes et autres voies de circulation.
Les chercheurs sont partis de l'hypothèse que le phénomène complexe d'urbanisation se retrouve dans l'évolution du réseau viaire, et ont mesuré les grandeurs caractéristiques de la connectivité et de la densité du réseau formé par les routes à différentes époques. Leurs travaux montrent que l'évolution du réseau dépend de deux mécanismes principaux : (i) une densification correspondant à l'augmentation de la densité de voies dans les centres urbains, (ii) un processus d'exploration par lequel de nouvelles voies pénètrent des régions non urbanisées en définissant ainsi l'avancée de l'urbanisation. Ces deux phénomènes élémentaires semblent être constants à travers les décennies, indépendamment du développement des technologies et des changements de culture.
Les résultats montrent également une stabilité des voies à forte centralité, qui constituent le squelette de la structure urbaine. Ceci confirme l'importance du "chemin historique" dans l'évolution urbaine. Ils montrent en même temps une tendance vers l'organisation urbaine, avec augmentation des intersections à quatre voies, et une uniformisation de la forme des parcelles de terrain délimitée par plusieurs voies (îlots).
Selon les auteurs, on assiste à une évolution du réseau viaire vers un état organisé, et ceci malgré l'absence de planning sur une période aussi longue.
Ces travaux ont été publiés en ligne le 1er mars 2012 dans Nature Scientific Reports.

BIO - IA : Vers l'homme implanté.

Lutter contre des maladies chroniques sévères nécessite souvent des injections médicamenteuses fréquentes et régulières. Un tel traitement est contraignant, et souvent fait l'objet d'irrégularité dans les prises. La chronobiologie pharmacologique impose également parfois des horaires peu compatibles avec une vie normale des patients.
La société américaine MicroCHIPS Inc, spécialiste des biosenseurs et située à Waltham dans le Massachusetts, a mis au point un Microchips muni d'un microreservoir permettant cette diffusion intracorporelle et une liberté du patient comme du personnel médical qui doit l'alimenter. Cette puce implantable est ainsi capable de stocker les doses nécessaires et de les délivrer automatiquement aux heures d'efficacité données.
Une expérimentation a été menée au Danemark sur 7 femmes de 65 à 70 ans souffrant d'une forme grave d'ostéoporose. Les résultats ont été présentés à l'AAAS Annual Conference à Vancouver, et publiés dans la revue Science Translational Medicine le 22 février 2012. Ils montrent une bonne tolérance de l'implant par les patientes. Le fabricant et les thérapeutes espèrent pouvoir généraliser d'ici cinq ans cette technologie, et l'appliquer à d'autres maladies chroniques.
Ref.: R. Farra, N. F. Sheppard, L. McCabe, R. M. Neer, J. M. Anderson, J. T. Santini, M. J. Cima, R. Langer, First-in-Human Testing of a Wirelessly Controlled Drug Delivery Microchip. Sci. Transl. Med. 4, 122ra21 (2012).

11 février 2012

IA - SHS : Google et les problèmes mondiaux.

Google a rendu public ce lundi 6 février 2011 le projet We Solve For X
Son but est de proposer des solutions aux problèmes majeurs actuels de la planète comme, entre autres, le climat, la pollution, l'agriculture, le cancer, la guerre... 
We Solve For X invite les scientifiques, inventeurs, étudiants, experts, à partager leurs idées. Le projet est relativement simple sur le principe et implique 3 facteurs :
  • un problème réel ("huge problem"), qui revêt une dimension mondiale en concernant par exemple des milliards de personnes.
  • une solution radicale ("radical solution"), qui pourrait régler le problème efficacement, sans contrainte de réalité, au risque d'être hypothétique ou recourir même à la science-fiction.
  • une technologie de pointe ("breakthrough technology"), qui pourrait rendre réalisable cette solution a priori théorique.
We Solve For X est donc une sorte de laboratoire virtuel, de forum d'experts, dans lequel quiconque rassemblerait ces 3 critères pourrait ajouter sa pierre à l'édifice de la science et de la technologie, un peu sur le principe des conférences TED.
Vidéo de présentation. Le projet a déjà de nombreux contributeurs (voir) :  Nicholas Negroponte et l'apprentissage personnalisé, Daphne Preuss et la productivité agricole, Rob McGinnis et le problème de la rarefaction de l'eau, Omri Amirav-Drory qui propose de créer des outils de vie synthétique, Mary Lou Jepsen qui souhaite voir nos rêves en vidéo, Mir Imran et la distribution automatique de médicaments ... Présentation par "HuffPost Tech".

01 février 2012

SHS : Le travail à l'épreuve du numérique

Une étude, commanditée par Dell et Intel auprès de TNS Global Research (lien), montre que les nouvelles technologies ont participé à l'évolution des méthodes de travail au niveau mondial.
Portant sur l'interrogation de 8 360 employés, elle fait ressortir des tendances clés en ce qui concerne l'économie française (sur 550 interrogés français).

Les résultats concernent les comportements des employés face aux nouvelles habitudes de travail, les nouvelles approches quant à la mesure de la productivité, l'innovation à l'initiative des employés, le fossé entre employeurs et employés, aussi bien qu'entre générations.
Ainsi 69% des employés français souhaitent pouvoir bénéficier de l'interopérabilité de leurs appareils personnels et professionnels ; 48% pensent essentiel d’avoir leur mot à dire sur les décisions informatiques ; 28% des travailleurs en situation de dépendance hiérarchique s’attendent à une surveillance de leurs emails d’ici 10 ans.
L'équipement informatique, la liberté de choix en matière de technologies et la motivation des collaborateurs sont étroitement liées ; les PME devancent les grandes entreprises en favorisant la créativité des employés en matière d'innovation.
L’étude révèle également, au niveau mondial, que les pays émergents adoptent plus rapidement la consumérisation. Les entreprises en Chine (59 %), au Brésil (50 %) et au Mexique (57 %) devancent largement le Royaume-Uni (27 %), la France (28 %) et les États-Unis (29 %) en ce qui concerne la liberté de choix des technologies accordée au personnel. Les employés au Mexique (83 %) et au Brésil (76 %) se montrent plus optimistes face aux évolutions des méthodes de travail induites par les nouvelles technologies et Internet par rapport aux Britanniques (43 %), aux Français (44%) et aux Américains (46 %).
Le télétravail suscite moins l'enthousiasme des employés que leur souhait de bénéficier d'une certaine flexibilité au niveau de leurs horaires de travail (61 %), et un tiers des personnes interrogées (à l'échelle mondiale) estime que le télétravail "sape l'esprit d'équipe sur le lieu de travail" (soit 47% des +55 ans et 25% des 18-24 ans en France).
Plus de 60 % des employés souhaitent que l'on évalue la qualité de leur travail plutôt que leurs heures de présence. Ainsi moins des 2/3 des employés estiment pouvoir accomplir leurs tâches quotidiennes dans le cadre d'horaires classiques de type 9-17h.

Voir l'étude "Involving Workforce : Evolution de la technologie et des usages en entreprises" (dans Slideshare).
Présentation YouTube.

27 janvier 2012

IA : 1 bit pour 12 atomes.

Des chercheurs d’IBM viennent de publier, dans la revue Science, avoir repousser les limites de la miniaturisation informatique en stockant un bit (0 ou 1) sur 12 atomes. La densité potentielle de codage est donc largement supérieure à celle des disques durs actuels qui requièrent un million d’atomes par bit (lien). La démarche habituelle consiste à miniaturiser les couts et les tailles des composants, tout en augmentant leur densité et leur efficacité. Cette évolution "descendante" est confrontée à terme à des limites physiques. Les équipes d'IBM ont donc décidé d'adopter une démarche inverse, dite "ascendante", qui part du plus petit élément disponible, l’atome, pour monter jusqu'à atteindre une capacité de stockage minimale, un bit. Le futur, exploitant une forme particulière de magnétisme, l'antiferromagnétisme, permet d'espérer des nanostructures stockant ainsi beaucoup plus d'information sur un même espace. C'est à l’aide d’un microscope à effet tunnel que les chercheurs ont réussi à regrouper 12 atomes stockant un bit pendant plusieurs heures à basse température, et sans affecter les atomes voisins. Les ferro-aimants ne pouvaient jusqu'ici être réduits à des dimensions atomiques en raison de l’effet de leur champ magnétique sur les atomes voisins. En-dessous de 12 atomes, les effets quantiques qui se manifestent aux échelles nanoscopiques déstabilisent le dispositif, expliquent les chercheurs, qui semblent avoir atteint un seuil. Compte rendu de IBM (avec film commentaire). Article de synthèse dans "Sciences et Avenir".

22 janvier 2012

DIV : Les Français et la science.

A l’occasion des Journées Annuelles d’Ethique des 20 et 21 janvier 2012, à la Maison de la Chimie de Paris, le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) a rendu public le résultat d'une enquête de BVA sur la perception par les Français de la science et de son rôle au sein de la société. Selon cette étude réalisé les 2 et 3 décembre dernier sur un échantillon de 1 016 personnes de plus de 15 ans, les Français sont favorables aux avancées de la sciences, mais se disent mal informés et souhaitent qu'elle soit contrôlée. Les Français semblent favorables au développement de la science, notamment dans les domaines du traitement du cancer ou du fonctionnement de l'organisme. Ainsi 84% d'entre eux approuvent la recherche génétique, avec 67% favorables à la recherche sur l'embryon, mais 83% sont opposés au clonage humain, en étant par exemple défavorables à la modification du patrimoine génétique ou contre la maîtrise des caractéristiques physiques et mentales des enfants avant la naissance. Les recherches sur la biométrie ou le contrôle d’identité sont accueillies, malgré leur caractère polémique, de manière favorable par 2 Français sur 3. Si 90% des personnes interrogées sont favorables aux recherches portant sur la compréhension des mécanismes du cerveau., 71% souhaitent imposer des limites à la science et la majorité (53%) se sent mal informée, notamment sur les enjeux éthiques (seulement 15% se sentent tout à fait informés). Cette avis et ce soutien à la science n’empêche pas les Français de s’opposer à certaines pratiques jugées dangereuses et/ou contraires à l’éthique. il convient d’imposer des limites à la science pour 7 Français sur 10. Comme le rappelle le CNE, "OUI à la recherche scientifique, NON à la science-fiction". Ces limites doivent être posées par des publics légitimes, que ce soient des scientifiques (pour 49% de personnes interrogées) ou par des comités réunissant religieux, scientifiques, intellectuels et élus (pour 44%).

02 décembre 2011

IA - SHS : Données publiques - suite ...

Dans la suite des deux récentes chroniques (1) et (2), la question de la réutilisation des données publiques est posée par Internet Actu.
sic : Alors que le 6 décembre 2011 devrait enfin ouvrir EtaLab, le portail de données publiques de l'Etat français (plus de 2 ans après l'initiative américaine Data.gov), nous vous proposons de faire un rapide point sur "l'open data", ce mouvement d'ouverture des données publiques, qui vise à rendre accessible, dans un format lisible tant par les humains que les machines, des ensembles de données publiques. A quoi cela sert-il ? Qui cela sert-il ?A l'heure où de nombreuses collectivités territoriales françaises ont commencé à développer des portails d'informations et à libérer des jeux de données, il est tant de revenir sur les enjeux de la réutilisation des données publiques tant pour l'action publique que pour le simple citoyen.

28 novembre 2011

BIO : L'EEG repousse les limites de l'état végétatif.

C'est la question qui hante les cliniciens et les proches des patients comateux : existe-t-il une conscience ches les patients plongés dans des états végétatifs chroniques (EVC) ?
Campons le tableau. Un sujet est alité, immobile, sans mouvement volontaire, sans réponse aux stimulations extérieures. Peut-il nous entendre, peut-il penser alors que toute communication vers l'extérieur lui est impossible ? Cette absence totale de réponse volontaire et reproductible au Monde est-elle le signe d'une absence de vie intérieure cognitive et affective ?
La neurologie l'affirmait jusqu'ici. Mais le 3 février 2010, une équipe belge et britanique publiait sur le site du New England Journal of Medicine, une recherche montrant que, parmi 21 patients en EVC, l’IRM fonctionnelle avait mis en évidence chez 4 d'entre eux une activité cérébrale structurée. Il y avait donc une conscience élaborée en dehors de tout signe extérieur, et la pensée est dissociée de la capacité comportementale. Cette découverte remettait alors en cause la définition clinique des états végétatifs chroniques et posait la question de l'attitude clinique et legale (definition de la mort) en preconisant la recherche systématique d’un tel état de conscience chez les sujets en EVC.
Cependant, tant pour des raisons économiques que d'accès aux dispositifs de détection, et que pour des raisons d'incomatibilité clinique (métal intra corporel par exemple), il est difficile de tester en IRM fonctionnelle tous ces patients. La même équipe vient de décrire dans le Lancet du 10 novembre 2011 une nouvelle méthode ambulatoire basée sur l'EEG (électro-encéphalographie) de détection d’une réponse cérébrale adaptée et hors motricité à des commandes verbales simples.
Les auteurs ont proposé à 16 patients en EVC (contre 12 témoins sains) un protocole demandant de répondre à des ordres simples tels que bouger la main et un orteil. Dans 3 cas et alors que le dossières l'examen cliniques ne permettaient pas de différencier les patients ou de prévoir des états de conscience, les sujets ont pu produire des répondes EEG différentiées.
Outre la confirmation des résultats IRMf par l'EEG, l'etude permet d'envisager de tester facilement tous les patients et ainsi de modifier la prise en charge des patients "conscients" et surtout d'envisager des dispositifs électroniques permettant d'établir une communication avec çes patients, en court-circuitant la motricité volontaire.
Voilà probablement du travail pour les cogniticiens et les spécialistes de l'IMS.
La question reste de savoir comment aborder le cas des patients qui ne seront pas positifs au test, car rien ne on permet de penser qu'ils ne sont pas conscients, comme rien ne nous le permettait il y a quelques temps à propos des patients concernés par cette étude, et que pourtant la neurologie considéraient comme en état désespéré. La technologie électronique ne permet que de repousser la frontière clinique, elle ne modifie pas la réalité de l'emmurement? Mais elle permet d'augmenter l'homme contraint, au delà de son incapacité comportementale "totale".
Cruse, D, et la. (2011) Bedside detection of awareness in the vegetative state : a cohort study. Lancet, mise en ligne le 10 novembre 2011 (DOI:10.1016/S0140-6736(11)61224-5).

26 novembre 2011

BIO : Des cellules programmables pour de multiples fonctions.

Une équipe interdisciplinaire de biologistes, chimistes et informaticiens, travaille sur une solution permettant de créer des cellules re-programmables, à l'image du fonctionnement d'un ordinateur, afin de créer un système d'exploitation biologique. Ce projet est baptisé "Towards an Universal Biological Cell Operating System".
Le consortium associe l'Université de Nottingham (chef de file) et l'Université d'Edinburgh(UK), les Universités d'Etat d'Arizona, du Michigan, les Universités de Californie à Santa-Barbara et à San-Francisco, l'Université de New York, le Massachusetts Institute of Technology (USA), le Centro Nacional de Biotecnologia espagnol et l'Institut Weizmann pour la Science (Israël).
Ce projet de biologie synthétique associe les principes de la biologie avec des principes de l'ingénierie. Le but est de programmer des cellules bactériennes, qui seront capables d'exécuter ce programme. Autrement dit, il s'agit de créer un système d'exploitation pour des cellules biologiques.
Actuellement, lorsqu'on veut créer des organismes pour capturer per exemple du carbone relâche dans l'air suite à la combustion de pétrole, ou pour transformer l'arsenic polluant des rivières, ou pour des traitements synthétiques sur le corps humain, les biotechnologistes doivent sélectionner des souches et les transformer en fonction des buts à atteindre. Le projet vise à permettre de programmer, puis de reprogrammer des micro-organismes grâce à cet OS biologique (software), et ceci à partir d'une même souche de cellule utilisée comme hardware (par exemple la bactérie E. coli.
Inspirée du fonctionnement des systèmes d'exploitations des ordinateurs, qui sont capables d'assurer plusieurs fonctions sur le même matériel, les scientifiques envisagent, sur le même principe, de reprogrammer un groupe de cellules afin d'exécuter une action précise. Cette méthode pourrait permettre de créer de nouvelles entités vivantes qui n'existent pas dans la nature à ce jour, une nouvelle forme de vie à fonctionnement universel. Les perspectives sont envisagées dans la création de nouveaux médicaments adaptés aux besoins précis d'un patient particulier, de créer de nouvelles sources de nourriture ou d'énergie, de dépolluants, de capteurs de carbone ou de purificateurs d'eau alimentaire.

24 novembre 2011

DIV : Batelle pointe le recul de la France en investissement de R&D.

Le conseil européen affichait en 2000 l'objectif de faire de l’Europe “l’économie de connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du Monde”.
Cette stratégie de Lisbonne, véritable engagement européen vers l’avenir, s’accompagnait d’objectifs précis, dont la volonté de développer la recherche et développement (R&D), décrite comme seule source d’innovation et de croissance sur le long terme. La stratégie de Lisbonne a été développée au cours de plusieurs Conseils européens postérieurs et repose sur trois piliers :
Un pilier économique qui vise à transformer l'économie européenne en une économie compétitive, dynamique et fondée sur la connaissance.
Un pilier social qui doit permettre de moderniser le modèle social européen grâce à l'investissement dans les ressources humaines et à la lutte contre l'exclusion sociale.
Un pilier environnemental, ajouté lors du Conseil européen de Göteborg en juin 2001, qui attire l'attention sur le fait que la croissance économique doit être dissociée de l'utilisation des ressources naturelles.
Cet objectif était chiffré : les états s'engageaient à atteindre en 2010 un taux d'investissement -public et privé- total dans la R&D égal à 3% du PIB européen (objectif dit de Barcelone) et un taux d'emploi de 70% (proportion de la population européenne en âge de travailler qui occupe un emploi).
Cette règle unanime des 3% était jugée comme largement accessible en comparaison des autres pays développés. L'espoir était au rendez-vous, le développement scientifique était programmé, et d'ailleurs réaffirmé en 2005 par le Conseil Européen (chapitre 11 du rapport de mars 2005).
Même si la stratégie de Lisbonne a été revue à la baisse par les Etats, il convient de regarder les dépenses de R&D de manière relative entre eux. Ainsi la France se situait en 1993 au 5e rang mondial en pourcentage de la richesse nationale consacré à la recherche. Le rapport annuel de la société Battelle montre que le pourcentage de dépenses en R&D de la France est descendu sous la barre symbolique des 2% depuis 2010 (2% en 2009, 1,9% en 2010, 1,9% en 2011). La France se retrouve en 6ème place en valeur absolue dans le classement mondial en termes d’investissement en R&D pour 2011, alors qu'elle était encore 5ème en 2009. Elle se retrouve surtout mal placée en investissement relatif au PIB, bien loin des 3%, et 13ème derrière Israel (4,2%), le Japon et la Suède (3,3%), la Finlande (3,1%), la Corée du Sud (3%), les Etats-Unis (2,7%), l'Autriche (2,5%), le Dannemark (2,4%), l'Allemagne, Taiwan, la Suisse, l'Islande et Singapour (2,3%).
Bien entendu, toutes les bonnes raisons et justifications des politiques en charge sont au rendez-vous ! reste que la recherche française s'appauvrit, loin des engagements et du but fixé des 3%.
Voir le rapport Battelle 2009.
Voir le rapport Battelle 2011.
Voir l'ensemble des tableaux de la R&D en Europe/OCDE.

22 novembre 2011

DIV : 40 propositions des ingénieurs pour réindustrialiser la France !

Depuis trop longtemps négligés dans le débat public, méconnus des politiques plus prompts à valoriser les diplômés des écoles de commerce, de politique ou autres plus que de conception ou de production, régulièrement malmenés par des universitaires rêvant de dissoudre les écoles dans des universités pour conjurer leur propre décrépitude, et parfois victimes d'une nouvelle engeance de manageurs-dépaysateurs, les ingénieurs et scientifiques entendent profiter des campagnes électorales de 2012 pour faire valoir leur voix.
C'est sous la forme d'un livre blanc que les ingénieurs et scientifique de France ont regroupé 40 propositions pour réindustrialiser la France.
Le Livre blanc vient d'être envoyé aux candidats à la présidentielle et aux parlementaires.
Il fera l'objet de rencontres et débats jusqu'aux élections législatives, relayés par de grands médias comme L'Usine Nouvelle.
Les sujets n'y manquent pas : Fukushima, Mediator, PSA, Investissements d'avenir... C'est l'actualité qui guide les questions et les propositions pour lesquelles la science et l'ingénierie est au centre des réponses.
Selon L'Usine Nouvelle : un vrai travail d'ingénieurs, méthodique et mesuré. cela change de certains discours et sa lecture ferait certainement du bien à certains candidats ... pour peu qu'ils le veuillent ou le puissent, dans les quelques mois prochains qui s'annoncent fort mouvementés.
Lire le livre blanc (.pdf).

IA : L'année Turing

À l'occasion du centenaire de la naissance de Alan Turing, plusieurs actions vont être menées au cours de cette année 2012.
La revue Philosophia Scientiæ publiera un volume spécial, prévu pour mars, comportant une sélection d'articles en rapport avec trois thématiques : 
1. Histoire des sciences : L'œuvre de Turing dans l'histoire de la logique mathématique
2. Philosophie de la logique : L'œuvre  de Turing du point de vue de la philosophie de la logique
3. Logique mathématique, informatique fondamentale: L'influence actuelle de l'œuvre de Turing en logique mathématique.
Du 2 au 6 juillet 2012 se tiendra à Birmingham (Royaume Uni) la réunion conjointe de l'AISB (The Society for the Study of Artificial Intelligence and Simulation of Behaviour) et de l'IACAP (The International Association for Computing and Philosophy) consacrée à Turing.
De nombreuses autres initiatives seront signalées ici au fil des mois prochains.
L'année Turing est coordonnée par le Turing Centenary Advisory Committee (TCAC).

20 novembre 2011

DIV : Mystères chinois ...

(40.452107,93.742118), (40.458148,93.393145) pour un rectangle ou un carré rainurés, ou même des carrés en carré (ici) ;
(40.458679,93.31314) pour les douze cadrans d'une forme spirale ;
(40.452107,90.85693359375) pour de grands bassins ...!

Tapez ces coordonnées dans Google-Map ...
C'est la liste que Gizmodo publie en posant la question "mais que fait la Chine dans son désert" dans son billet du 13 novembre 2011 ?
Quelles sont ces gigantesques structures construites et couvertes parfois de voitures détruites, ou striées d'immenses bandes tirées au cordeau ? Et que sont ces aérodromes doubles et lumineux, à pièces déportées (40.488966,93.50004), ces immenses piscines côtoyant des tours similaires à celles d'une usine nucléaire, ou ces alignements de stries parallèles sur des kilomètres et des kilomètres (44.711336, 93.529494) ?
C'est à n'y rien comprendre, vu d'en haut, sauf que la Chine construit dans l'immensité du désert, des structures elle-mêmes démesurées, dont l'occident ignore tout ... mais que Google voit ...

19 novembre 2011

DIV : Encore trop vite pour la lumière ...

La polémique sur les particules qui semblent avoir dépassé la limite de la vitesse de la lumière, et que nous annoncions le 23 septembre dernier, n'est pas prête de s'arrêter.
Une nouvelle expérience organisée entre le Cern et l'Italie a encore une fois montré que les neutrinos avaient clairement dépassé la vitesse de la lumière, éliminant une source d'erreurs potentielles dans les premières mesures. Ces neutrinos ultraluminiques mettent à mal une nouvelle fois la théorie de la relativité restreinte.
faut-il revoir la physique ?

15 novembre 2011

IA : Google laboratoire du futur.

Le New York Times vient de révéler dans son édition du 13 novembre 2011 (lien) l'existence à Montain-View (juste entre Stanford et Sunnyvale, en plein coeur de la Silicon Valley) d'un laboratoire secret, baptisé Google X, où de nombreux projets futuristes et technologiques sont en train de voir le jour.
Ce laboratoire du futur développe théoriquement et/ou pratiquement des projets pensés par les cerveaux "maison" : voitures drones (déjà révélé par Google), robots, ampoules télécommandées, ascenseurs spatiaux, etc., concernant tous l'interface homme-machine, la robotique, la domotique, et l'intelligence artificielle.