16 juin 2014

DIV : Du nouveau dans l'eau !

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Une équipe de chercheurs de l’université Northwestern (Chicago, Illinois, Etats-Unis), dirigée par  le minéralogiste Steven Jacobsen, a publié dans la revue Science une étude selon laquelle une immense quantité d’eau, peut-être 3 fois le volume des océans, est située dans la zone de transition située entre les parties supérieures et inférieures du manteau terrestre, à quelque 640 km, notamment sous les USA. Ce réservoir est emprisonné dans une cavité de roche sous haute pression, la ringwoodite

Les chercheurs ont utilisé un ensemble de 2000 sismographes et ont modélisé la façon dont les ondes sismiques générées par les tremblements de terre bougeaient à travers l’intérieur de la Terre. La vitesse de ces vagues change en fonction des roches traversées, et la ringwoodite mouillée a un effet particulier sur cette propagation d'ondes. Or un petit morceau de ringwoodite a été découvert en mars 2013 (lien) et son analyse a révélé qu'il contenait une quantité importante d'eau, de l'ordre de 1,5% de son poids. Cette eau n'est cependant pas présente sous forme liquide. A cette profondeur la pression et la température brisent la molécule H2O qui se divise pour former un radical hydroxyle (OH) qui se lie à la structure cristalline du minéral.
Selon les chercheurs et après des expériences de simulation reproduites en laboratoire, la ringwoodite, lorsqu’elle est maintenue sous une extrême chaleur et un pression telle que celles des profondeurs du manteau terrestre, « transpire de l’eau ». Celle-ci serait alors piégée dans une zone de transition, entre 410 et 660 kilomètres de profondeur. Si, selon une hypothèse basse, un pour cent du poids des roches du manteau situées dans la zone de transition est constitué d'eau, elle correspondrait à l'équivalent de près de trois fois la quantité d'eau des océans.
Grâce à cette hypothèse, les chercheurs espèrent expliquer comment les océans se sont formés, sur Terre, à partir d'une origine souterraine. D’autres tests seront néanmoins nécessaires pour formaliser cette théorie.
L’équipe, pour l’instant, ne confirme que le fait que le réservoir se trouve sous les Etats-Unis, mais ne pose aucune hypothèse pour estimer jusqu’où il s’étend.
Cette découverte, si elle s'avérait vérifiée, révolutionne la minéralogie moderne et les sciences de la Terre en corroborant l'hypothèse de la présence d'une couche d'eau située sous terre qui avait été énoncée dès les années 1930.