Cognitique / Cognitics - Ce site est destiné aux élèves ingénieurs et aux doctorants de l'École Nationale Supérieure de Cognitique (ENSC Bordeaux-INP). Il donne en complément des enseignements des pistes de documentation et de débat selon les thèmes SHS, IA, BIO, TECH, culture, infos générales et vie de l'ENSC. Il prépare notamment aux épreuves du grand oral de fin d’études.
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18 mai 2021
SHS - BIO - TIC : Des théories pour la cognition - Nouvel ouvrage.
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Sciences cognitives,
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109 Avenue Roul, 33400 Talence, France
30 avril 2020
IA - SHS - DIV : De l’impossibilité potentielle de prévoir : le futur du Covid-19 dans l’impasse du chaos.
Outre le fait que le plus difficile à prévoir, c'est l'avenir (voir ici), certains s'y essaient pourtant. Ainsi le 16 avril, Elie Cohen, économiste et directeur de recherche au CNRS, a élaboré trois (3) scenarios de sortie de la crise économique due au coronavirus. Qu’en tirer comme conclusions ?
« scenario en V ». On plonge très profondément, on touche le fond, on rebondit rapidement. La crise est de courte durée : par exemple quelques semaines. L’économie reprend et la perte d’activité en 2020 serait compensée en 2021 et même 2022. Les deux ou trois ans moyennés seraient alors nuls en termes de croissance.
« scenario en U ». On plonge, on reste au fond le temps de la crise qui est longue : plusieurs mois sans reprise, au moins avant l’automne, peut-être plus. La perte de PIB est très importante, pouvant atteindre 10%. Il s’agit d’une crise majeure, sans réelle possibilité d’imaginer les conséquences économiques, sociales, culturelles, industrielles, militaires, etc.
« scenario en W ». On plonge, on rebondit et la crise sanitaire repart, et on replonge, et ainsi de suite avec une constante de temps par exemple de 3 à 4 semaines : succession de périodes de confinement et de redémarrage. Pour Cohen, « c’est le scenario noir absolu et c’est ce qu’il faut absolument éviter ». Néanmoins, c’est celui dont il n’est plus tabou de parler, et que le Premier Ministre envisage en y préparant le parlement et les citoyens à un scénario dit « stop and go » (voir ici).
Alors, que se passe-t-il dans ce cas W ? Ce scénario a notamment été théorisé par Neil Ferguson, épidémiologiste de l’Imperial College (voir ici), qui bien que particulièrement critiqué par de nombreux théoriciens (lien ici) semble avoir inspiré les politiques de françaises, américaines, anglaises ... en effet, à lorsqu’on sait qu’en matière biologique la négation n’a aucune valeur conjuratoire, il est utile d’examiner toutes les pistes d’interprétation des données jusqu’ici recueillies. Parmi les modèles qui ont été étudiés (lien ici), ce W rappelle les phénomènes rencontrés dans les théories du chaos déterministe. Et ces modèles chaotiques sont loin d’être incohérents. Dans ceux-là, la dynamique échappe à l’ambition épidémiologique, elle n’est plus prévisible, et seuls des modèles mathématiques spécifiques sont applicables.
De manière générale, on peut en décrire trois types de perspectives.
De manière générale, on peut en décrire trois types de perspectives.

Second cas : l’oscillation (Ww-) se stabilise sur deux valeurs, maximum et minimum, avec un rythme qu’il reste à découvrir, probablement lié à la période d’incubation du virus et à la durée des reconfinements. Là encore, on ne sait rien pour n’avoir aucune valeur pertinente potentielle pour alimenter le modèle. La variabilité des données à y entrer voit une explosion combinatoire des solutions, dépassant des capacités raisonnables de calcul informatique, et sans que personne ne puisse donc en donner une perspective.
Troisième cas : la dynamique (WXY) converge vers un attracteur étrange, non entier, de dimension fractale, caractéristique du chaos déterministe. Ce que l’on sait de certain à son propos est que l’étude de ce type de phénomènes ne peut se faire qu’à posteriori. Il n’y a aucune solution ni aucun moyen de prévoir quoi que ce soit ; toute prévision est mathématiquement impossible. On peut avoir des accélérations fréquentielles combinées à des phases de quasi stabilité plus ou moins longues avant de nouvelles explosions d’instabilité, cela sans maximum ou minimum calculables. Un exemple modelisé à partir d’une équation simple (x(i+1)=r.x(i)*(1-x(i)) avec r arbitrairement fixe à 2,6 (figure du haut), à 3,2 (figure du milieu) et à 3,7 (figure du bas) pour une valeur x de 0,4, illustre les trois cas cités, alors que les paramètres de l’équation sont très proches.
Comme les dynamique du troisième ordre sont excessivement sensibles à des conditions initiales dont des différences infimes amènent à des futurs complètement différents, toute tentative de rationalisation est vaine dès qu’on s’éloigne du moment initial de la dynamique.
Ainsi, on montre à partir de l’exemple précédent, dans le troisieme cas, qu’en réglant la valeur initiale x à 0,4 (figure du haut) ou à 0,4000001 (figure du bas), soit avec une différence (par exemple imprécision) inférieure à un millionième, la dynamique du phénomène est complètement différente. Elle montre, dans le cas considéré, l’impossibilité totale de toute prévision si l’on ne connaît pas avec très grande exactitude ces valeurs initiales, ce qui est bien entendu impossible dans les études portant sur des facteurs globaux estimés, approximés ou même inconnus et alors simplement supposés.
On peut donc comprendre, si tel est le cas, que personne ne sache ce qui va se passer, et que le politique, lui non plus ne sache rien. Il peut rassurer le peuple, mentir, donner des certitudes. Mais les modèles ne peuvent rien dire de futur.
Alors qu’elle perspective ? Autant une petite variation peut induire un effet chaotique, et le battement d’aile d’une chauve-souris en Chine peut provoquer un cataclysme en Europe et en Amérique, autant une autre petite intervention peut faire changer de trajectoire la dynamique considérée, et la précipiter sur un nouvel attracteur. On peut alors imaginer le rôle majeur que pourraient jouer des médicaments, largement diffusés, même si leur action n’est pas prouvée, mais qui changerait un tout petit peu le phénomène. Le jeu en vaut la chandelle, en attendant un vaccin qui jouera, espérons le, le rôle d’un nouvel attracteur entier majeur (pour peut qu’il puisse l’être), précipitant la dynamique mortelle dans une stabilité que chacun appelle de ses vœux.
Sur le chaos déterministe, lire l’article de Futura Sciences (lien ici), et celui de Sciences Étonnantes (lien ici).
Sur le chaos déterministe, lire l’article de Futura Sciences (lien ici), et celui de Sciences Étonnantes (lien ici).
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Pays/territoire :
57 Rue de Varenne, 75007 Paris, France
23 avril 2020
BIO : Ne nous plaignons pas des pangolins - Pour une vision écoépidémiologique.
Ne nous plaignons pas des Pangolins ni des chauves-souris, véritables souches à virus (voir ici). En effet, dans leur chronique pour une approche globale de la santé, les responsables de 14 organismes de recherche et d’universités fédérés par Allenvie (voir ici) précisent que les analyses génétiques du Sars-CoV-2 le rattachent au groupe des Betacoronavirus, et notamment montrent sa proximité avec le virus RaTG13, isolé sur une chauve-souris de la province chinoise du Yunnan, à 60 kilomètres de Kunming, dans le sud-ouest de la Chine (77 % d’identité avec le Sars-Cov-2). Ils précisent qu’un virus encore plus proche a été récemment isolé chez le pangolin malais, qui peut infecter les cellules humaines (de 90% à 96%, voire 99 % d’identité avec le Sars-Cov-2 selon les publications - ici - et - là - ou encore - là - pour une revue), alors que le RaTG13 ne le peut pas. Cela suggère que le Sars-Cov-2 est issu d’une recombinaison entre deux virus différents, l’un proche de celui de la chauve-souris et l’autre plus proche de celui du pangolin (plus de précisions, voir ici). L'épidémie de Sras qui a démarré en 2002 touchant 8000 personnes était déjà dû à un virus similaire qui s'était développé chez ces mammifères dans une grotte reculée de la province du Yunnan,. Il était alors passé à l'humain par l'intermédiaire de la civette masquée, un petit mammifère carnivore.
« Une première leçon de ce constat sur les origines probables du virus est qu’il ne servirait à rien d’éradiquer les pangolins, ni les chauves-souris. Les virus de cette famille courent à travers toute la biodiversité des mammifères, laquelle comporte de nombreux porteurs sains », rappellent les scientifiques. Il est d’ailleurs absurde de « penser que la biodiversité représente un danger potentiel puisqu’elle héberge de nombreux pathogènes » et, bien que contre intuitif, c’est « tout le contraire ». En effet, d’une part « une grande diversité d’espèces hôtes potentielles ou effectives limite la transmission des virus par un effet de dilution » (voir l’explication ici d’un effet de dillution rencontré dans plus de 70% des cas), et d’autre part, « la diversité génétique propre à chaque espèce contribue à faire émerger des résistances de l’hôte à son pathogène, et donc limite aussi sa transmission ». Une récente étude d’une équipe de l’University of South Florida à Tampa (Floride, USA), publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas), et portant sur une méta-analyse de 202 études d’interactions hôtes/pathogènes, dont 47 espèces parasitaires n’affectant que les animaux et 14 touchant aussi l’homme, montre que l’hypothèse de l’effet de dilution n’est en rien une exception, mais semble au contraire la règle. Les organismes pathogènes feraient en effet plus de ravages lorsque le nombre d’espèces décroît dans le milieu (voir ici le débat). De nombreux travaux scientifiques récents montrent ainsi que de la qualité de la biodiversitédépend la qualité de la santé, d’où le concept de One Health, et que l’éradication des espèces vecteurs supprime l’effet de dillution et aggrave la situation sanitaire humaine.
La biodiversité amoindrit en effet les ravages causés par un parasite, et ce dans tous les contextes écologiques : microparasitee (virus, bactéries, champignons, etc.) ou macroparasites (vers nématodes, trématodes, etc.), cycles de vie soit plus ou moins complexes implicant un nombre plus ou moins grand d’espèces hôtes, et cela aussi bien pour les espèces animales (agriculture, chasse, médecine vétérinaire) ou l’homme (médecine humaine). C’est ainsi que « le déclin de la biodiversité qui, en réduisant les populations d’hôtes et, ce faisant, la probabilité d’apparition des résistances, augmente les risques de transmission des pathogènes et l’émergence des maladies associées ». Donc pour se protéger des virus, protégeons les souches à virus car, plus nombreux elles sont, plus elles nous protègent, pour peu qu’on les laisse tranquilles. Et là, et un second problème.
Voici le scénario que les auteurs de la tribune rapportent et qui a amené à la diffusion du virus. Alors que les chauves-souris et les pangolins n’ont aucune raison d’être en contact direct entre eux, et très peu de chances d’être en contact directement rapproché avec les hommes, c’est le fait de les chasser et de les concentrer sur des marchés qui a permis « le passage de la chauve-souris au pangolin, puis du pangolin aux humains ». Ainsi le coronavirus de la chauve-souris qui n'est pas transmissible à l'homme a bénéficié de la proximité des chauves-souris captives en contact avec des pangolins eux-mêmes captifs au même endroit. Deux hypothèses, soit il s'agit d'une mutation du virus de la chauve-souris àpar le passage par le pangolin, soit plus probablement il s’agit d’une chimère entre deux virus préexistants, qui a acquis des propriétés de capacité à pénétrer les cellules humaines (voir ici).
Alors que ces espèces animales sont strictement protégées, et que leur commerce est évidemment interdit, on constate que la consommation de leur viande et l’incorporation de certaines parties (ailes, écailles…) dans les préparations de médecine traditionnelle asiatique sont les raisons principales de cette hécatombe, et de l’augmentation des contacts avec les humains. Il y a là, évidemment des raisons traditionnelles, mais elles sont amplifiées par de véritables trafics mafieux probablement en réponse à des effets de mode et de défiance de la médecine moderne au bénéfice des nouvelles industries des médecines alternatives, ainsi que des remontées des croyances et d’un mouvement global mondial de négation et de refus de la science.
Les conséquences de ce constat sont multiples, avec en premier lieu la mise en œuvre de politiques résolues ; c’est « une nécessité de santé publique » alertent les signataires de la chronique du Monde. Il faut d’urgence limiter « les activités humaines qui appauvrissent directement la biodiversité ». Cela ne se fera pas sans entreprendre une éducation globale des populations, de manière transculturelle, et surtout sans une revalorisation de l’image de la science (qui n’est pas bien aidée par les batailles de chiffonniers ni les pratiques individualistes de chercheurs maintenus en concurrence par des systèmes compétitifs d’appels d’offres ou d’évaluation de carrière). C'est à ce prix qu'un effort international de lutte contre les mafias pourra être efficace, par la chasse à l’institutionnalisation des comportements à risque et à la chute des demandes de marché noir, en engageant dès les plus jeunes âges de scolarisation au respect de logiques naturelles de préservation de la biodiversité.
Nous en sommes malheureusement encore loin, y compris dans notre pays.
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Pays/territoire :
4202 E Fowler Ave, Tampa, FL 33620, États-Unis
22 avril 2020
BIO - SHS : Et revoilà la « One health » : les dirigeants des instituts de recherche pour une approche interdisciplinaire face au Coronavirus.

L’interdisciplinarité est un vrai champ de bataille. L’ENSC en est le témoin, construite à bout de bras malgré les ordres disciplinaires, les chapelles et les tuyaux d’orgue académiques ou des décideurs politiques nationaux, dont les rares partisans des transversalités sont également bien mal traités.
La crise actuelle n’échappe pas aux dogmatismes, aux luttes de clans et aux pouvoirs de telle discipline sur une autre, souvent dans la fausse modestie des mandarins et de leurs adeptes, partisans ou détracteurs.
Considérer que la recherche médicale n’est que médicale, que l’éthique n’est qu’une discipline de l’Ordre, des comités national, de l’Inserm ou locaux de protection des personnes, est une caractéristique bien ancrée de l’institution française. Elle repose d’ailleurs sur un monde histoirique et « dérogatoire » de facultés « dérogatoires » réunissant des professeurs à carrière « dérogatoire » pour des études « dérogatoires » menant à un doctorat « dérogatoire » : les diplômés en sont d’ailleurs, spécificité française, les seuls que l’on appelle « docteur » comme si les autres scientifiques n’en étaient pas vraiment digne du titre. Ces facultés regroupent d’ailleurs parfois des disciplines fondatrices d'autres facultés, de sciences ou de lettres et humanités, mais aux titres desquelles on adjoint explicitement les termes de « médicales », « biomédicales », parfois « humaines (!) », « de santé » ou autre astuce sémantique pour marquer la distinction, la différence, le non mélange. Les unités n’en sont souvent dirigées que par des spécialistes, docteur par ci, professeur par là, blouses blanches partout et toges toujours : statistiques médicales, informatique médicale, biologie humaine, neurosciences biomédicales, psychologie médicale, pédagogie médicale, médecine du sport, du travail, santé publique ... marquant d’autant la singularité de ce monde académique « dérogatoire ».
C’est dans Le Monde le 17 avril 2020 que des dirigeants « non médicaux » des plus grands instituts de recherche français et de quelques universités signent une tribune appelant fermement à l’interdisciplinarité et à une approche « One Health » que nous avions déjà discutée et appelée de nos vœux, ici, dans ce site (lien). Cette démarche « One Health » (voir l'article sur le site de l'Agreenium) promue par l’OMS et de grandes organisations internationales ne trouve paradoxalement qu’une attention condescendante en France. Or, selon ces illustres signataires, la pandémie actuelle « est étroitement liée à la question de l’environnement ». Hors de la clinique et de l’intervention urgente sur la vie des personnes qui méritent évidemment d’être sauvées ou dont l'avenir doit être préservé, et pour lesquels l'hôpital universitaire est le meilleur endroit, la Santé ne peut être traitée de manière parcellaire par les seuls médecins. Les signataires rappellent que c’est « une perturbation humaine de l’environnement, et de l’interface homme-nature, souvent amplifiée par la globalisation des échanges et des modes de vie, qui accélère l’émergence de virus dangereux pour les populations humaines », et donc pour les individus qui les composent, « par recombinaison entre virus d’espèces différentes ».

Le constat est dur, il est également clair : en France, le débat scientifique et les orientations politiques de la réponse à la crise sont littéralement raptés par certains, dans un oubli quasi total des disciplines concernée et souvent rompues à croiser les approches, à collaborer et à promouvoir une interdisciplinarité globale. Les conflits rapportés par la presse, qui monopolisent la place publique, sont par exemple ceux qui opposent les Horaces et les Curiaces de la méthode, les fanatiques de l’« Evidence Based Medicine » (EBM) aux partisans des approches réalistiques (voir ici dans ce site). Selon les signataires, « il est paradoxal de constater que les études de médecine et de pharmacie continuent d’ignorer largement la biologie de l’évolution, et que celle-ci est récemment devenue facultative pour les deux tiers d’un parcours scolaire de lycéen », alors que l’approche One Health « doit devenir une priorité pour une recherche interdisciplinaire brisant les cloisonnements, encore trop présents, entre le monde biomédical et celui qui se consacre aux sciences de l’environnement ».
Afin de gérer cette crise, de s’inspirer des connaissances issues de précédentes et d’anticiper « celles qui ne manqueront pas de survenir », il est nécessaire, de recourir à une véritable « écologie de la santé » prenant en compte à la fois « les écosystèmes, les pratiques socioculturelles et la santé des populations humaines, animales et végétales » considérées comme un tout et des problématiques indissociables. « Cela implique, enfin, de tirer les conséquences pratiques et politiques des connaissances que l'écologie de la santé nous apporte sans attendre la prochaine crise », concluent les signataires qui semblent, représentants majeurs de la recherche en France, sifflet la fin d’une partie qui se joue manifestement sans eux, de manière tuyautée et fermée, entre des courants du pouvoir politique et des écoles de pensée d’un monde « dérogatoire » bien français.
Afin de gérer cette crise, de s’inspirer des connaissances issues de précédentes et d’anticiper « celles qui ne manqueront pas de survenir », il est nécessaire, de recourir à une véritable « écologie de la santé » prenant en compte à la fois « les écosystèmes, les pratiques socioculturelles et la santé des populations humaines, animales et végétales » considérées comme un tout et des problématiques indissociables. « Cela implique, enfin, de tirer les conséquences pratiques et politiques des connaissances que l'écologie de la santé nous apporte sans attendre la prochaine crise », concluent les signataires qui semblent, représentants majeurs de la recherche en France, sifflet la fin d’une partie qui se joue manifestement sans eux, de manière tuyautée et fermée, entre des courants du pouvoir politique et des écoles de pensée d’un monde « dérogatoire » bien français.
Un regret, un manquement dans cette démarche : l’absence notoire des SHS, avec notamment pas de sociologie ou d’anthropologie, de psychologie, de sciences économiques ou de philosophie, et bien d’autres encore qui trouveraient leur place avec grande pertinence dans la démarche « One Health » : « une seule santé ». Une remarque finale : une démarche de grands scientifique fédérés par l'alliance nationale pour l'environnement ; quelle position entend adopter Aviesan, l'alliance nationale pour la santé, jusqu'ici bien silencieuse sur l'urgence de l'interdisciplinarité dépassant le monde médical ?
Les signataires sont fédérés par l'Alliance nationale de recherche pour l'environnement AllEnvi :
alliance AllEnvi ;
direction de de la recherche fondamentale du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (Cea) ;
Muséum national d’histoire naturelle (Mnhn) ;
Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) ;
direction scientifique de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) ;
Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) ;
direction scientifique de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (Irsn) ;
Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inra-e) ;
Bureau de recherches géologiques et minières (Brgm) ;
Météo France (MF) ;
Institut écologie & environnement (Inee) du CNRS ;
Institut de recherche pour le développement (Ird) ;
présidence de l’université Gustave-Eiffel (Paris Est) ;
présidence de l’université de La Rochelle.
Retrouvez ici la déclaration complète publiée sur le site du Muséum National d’Histoire Naturelle et la tribune sur le site du journal Le Monde.
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28 Rue du Dr Finlay, 75015 Paris, France
07 octobre 2019
DIV : Complexité explicable.
(Texte en anglais plus bas)
La complexité explicable (ou compréhensible) est une doctrine scientifique (SHS) basée sur le constat du refus et/ou de l’intolérance d’usage des technologies numériques, notamment dans le cadre de l’augmentation humaine et de l’hybridité, par des sujets lambda, et ce d’autant plus qu’augmente la complexité de cet usage ou celle de l’environnement dans lequel il s’insère ou qu’ils génèrent.
Le but est de doter ces systèmes des formes/aptitudes communicationnelles permettant aux sujets concernés de comprendre :
- à quoi ils servent (pour faire quoi ?),
- en quoi ils servent (comment font-ils cela ?) et
- pourquoi ils servent (quelle est la justification de leur existence ?).
Les objets ou systèmes complexes ou induisant de la complexité doivent être, dès leur conception, prévus pour les utilisateurs (anthropologie, médecine et ergonomie) et doivent être accessibles comme objet de raisonnement (cognitique), et cela de manière indépendante des groupes culturels ou nationaux amenés à collaborer grâce à ces dispositifs.
Ceux-là doivent expliquer capables de « décrire » leurs objets et d’ « expliquer » leur logique dans le cadre d’une adéquation intelligible à des objectifs explicités. Notamment, leur logique et leur degré d’autonomie doivent pouvoir être transparentes et facilement compréhensibles.
Le but recherché s’articule autour :
Le but recherché s’articule autour :
- de l’acceptabilité,
- de la tolérance et
- de la confiance.
La complexité explicable prend une dimension particulière, impérative, avec les dimensions de la formation des personnels et de/à leur collaboration. Elle doit pouvoir être comprise par les sujets qui y sont confrontés, permettant de faciliter à la fois les procédures d’apprentissage, mais aussi celles de l’adaptation continue. en cel, elle est à la fois un objectif (former à la complexité explicable) et un moyen (former par la complexité explicable) des pédagogies d.avenir.
La complexité explicable doit être connue selon un plan d’action conceptuel (design) qui prend en compte :
- les points forts et les faiblesses des dispositifs ;
- ceux des interfaces, notamment dans le cas d’interfaces adaptatives ;
- la justification des démarches de décision impliquant l’humain ou d’autonomie substitutive ;
- la logique de ces choix décisionnels ;
- le niveau de confiance à accorder à chaque niveau explicatif ;
- le type d’erreurs susceptibles d’être produits ;
- les mesures correctives (ou d’échappement) en fonction du but à atteindre.
La redevabilité, c’est-à-dire la responsabilité artéfactielle explicitée, attachée à chaque niveau contribuant à la complexité globale, doit pouvoir être justifiée et comprise par les individus qui y sont formés. On est donc dans des plans de formation à la compréhension plus qu’à l’utilisation, ce qui inverse une position classique de la préparation des personnels.
Dans le cadre d’une complexité technologique ou instrumentale de plus en plus répandue, il est important de pouvoir disposer d’indice de confiance permettant l’adaptation ou la tolérance à cette complexité.
Le concept est à la base de certains cours de l’ENSC.
Bernard Claverie © 7 octobre 2019 (Bordeaux).
Le concept est à la base de certains cours de l’ENSC.
Bernard Claverie © 7 octobre 2019 (Bordeaux).
The explicable (or understandable) complexity is a scientific doctrine (HSS) based on the observation of the refusal and / or intolerance of the use of digital technologies, particularly in the context of human increase and hybridity. subjects lambda, and all the more so that increases the complexity of this use or that of the environment in which it is inserted or that they generate.
The goal is to equip these systems with communication forms / skills that enable relevant subjects to understand what they are used for (to do what?), What they serve (how do they do that?) And why they serve (what is the justification of their existence?).
Complex or complexity-inducing objects or systems must be designed for users (anthropology, medicine and ergonomics) from the outset and must be accessible as an object of reasoning (cognitive), independently of cultural or national groups brought to collaborate through these devices.
They must be able to "describe" their objects and "explain" their logic in the context of an intelligible adaptation to explicit objectives. In particular, their logic and degree of autonomy must be transparent and easily understandable. The goal is based on acceptability, tolerance and trust.
Explainable complexity is usually evoked with the dimensions of staff training and collaboration. It must be understood by the subjects who face it, making it possible to facilitate both learning procedures and those of continuous adaptation.
The explicable complexity must be known according to a conceptual action plan (design) that takes into account:
- the strengths and weaknesses of the devices;
- those of the interfaces, especially in the case of adaptive interfaces;
- the justification of decision-making procedures involving the human being or of substitutive autonomy;
- the logic of these decision-making choices;
- the level of confidence to be given at each explanatory level;
- the type of errors that can be produced;
- corrective measures (or escape) depending on the goal to be achieved.
Accountability, that is to say the explicit artefactual responsibility attached to each level contributing to the overall complexity, must be justified and understood by the individuals who are trained there. We are therefore in training plans for understanding rather than for use, which reverses a classic position in staff preparation.
In the context of an increasingly widespread technological or instrumental complexity, it is important to have a confidence index allowing adaptation or tolerance to this complexity.
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Pays/territoire :
TALENCE, boulevard George v
11 mars 2018
BIO : Le cerveau n'est pas ce qu'il était ... pour les symbolistes, et encore moins pour l'IA.
Le débat n’est pas nouveau. Les psychologues s’écharpent depuis toujours pour l’adoption des modèles interprétatifs du fonctionnement de la pensée. À l’époque de Freud, l’hydraulique donnait les outils de comparaison avec les volumes, les pressions, les équilibres instables entre des volumes d’essences et de densités différentes. Vint l’époque des électrons circulant dans des câbles, celle les étincelles, et des différences entre les électricités statique ou circulante (attention ! il s’agit de l’interprétation du monde par les psychologues, pas par les physiciens). La physique quantique permit l’émergence de nouveaux modèles que vinrent encore plus compliquer ceux de la physique relativiste. La notion d’émergence eut récemment son heure de gloire, avant d’être balayée par le Graal de la psychologie cognitive : l’ordinateur.
En fait, ce n’est malheureusement pas l’ordinateur tel qu’on peut ici le penser, à la fois outil, moyen et objet d’étude de l’informatique. L’Albion est par définition perfide ; et les adeptes des chapeaux royaux imposent leur loi au reste du monde que les collaborateurs de la mondialité s’empressent d’adopter et surtout d’imposer : l’anglais. Outre-Manche, on parle de computer et de computation, c’est-à-dire de calcul. Et voici la cognition réduite à quelques opérations supportées par un organe imaginé comme une machine.
Cela aurait été injuste de poser là une forme de réductionnisme strict. Le génial Turing inventa une machine virtuelle : elle était à la fois le papier, la machine, le calcul et la mémoire… un peu comme s’il était impossible de séparer des choses qui, en fait, n’en sont pas vraiment, des choses. Certains autres génies se réunissaient outre-Atlantique pour donner naissance à la cybernétique, et certains d’entre eux inventaient, pour imiter la machine de Turing, les calculateurs selon l’architecture Von Neumann : un calculateur œuvrant sur des données électriques selon les itérations d’un programme rythmé par une horloge. On n'avait pas assez insisté sur le fait que c'était « pour faire comme si c'était ... ». Le plus grand pouvoir de l'analogie est de se faire oublier.
Et voilà que les psychologues avaient un modèle « concret » d’une idée jusque là parfaitement « abstraite »… un peu comme si Freud avait vraiment imaginé qu’il y avait de l’huile, de l’eau ou d’autres fluides dans la tête… et l’ordinateur devint le modèle du cerveau, et le programme celui de la pensée.
Et voilà que les psychologues avaient un modèle « concret » d’une idée jusque là parfaitement « abstraite »… un peu comme si Freud avait vraiment imaginé qu’il y avait de l’huile, de l’eau ou d’autres fluides dans la tête… et l’ordinateur devint le modèle du cerveau, et le programme celui de la pensée.
Autant une machine de Turing universelle (et donc virtuelle) est capable d’imiter toute autre machine de Turing, et par voie de conséquence tout ordinateur fonctionnant, autant elle ne simule aucune machine éteinte ni aucun programme non implémenté. Ce sont les deux en mouvement qu’elle simule, ou les deux volets simultanés de la même chose. Elle s’affranchissant de la ségrégation absurde du calcul, de l’information, de la mémoire, du langage de programmation et de l’horloge… toutes ces choses que nos amis électroniciens rendent séparément de plus en plus puissantes, performantes, séduisantes, merveilleusement imitantes.
Alors, pourquoi tant d’argent pour localiser l’administrateur central de Baddeley, la boucle audio-phonatoire ou le calepin visuo-spatial ? Pourquoi rechercher le neurone miroir de la carotte, du visage de sa mère ou de la bouteille de bière ? Pourquoi tant de psychologues formés à l’utilisation de ces modèles ségrégationnistes des éléments de la pensée, en oubliant son incarnation dans un corps d’humeurs, d’hormones, d'os et de viande soumise à la logique de l’humidité ? Les émotions et le cerveau humide… nous voilà bien loin d’une machine virtuelle dessinée au crayon sur un papier sec. D’autant que… le crayon doit être gras, et plus il l’est, plus il marque, et que le papier s’il est très sec part en poussière. Les choses ne sont donc, même pas là, aussi tranchées qu’elles pourraient le paraître.
Alors que penser de l’IA, cette intelligence artificielle dont tant et tant de spécialistes nous disent qu’elle va supplanter l’intelligence naturelle, la renvoyant aux oubliettes des choses obsolètes. C’est un peu comme si l’on avait prédit la disparition du corps humain et sa substitution par des vérins hydrauliques… et en avoir peur, c’est un peu comme si l’on craignait les locomotives qui font. Elles aussi, beaucoup mieux que le corps humain, en restant toutefois sur des rails, car à côté d’eux, elles ne font pas grand-chose.
Tel est l’avenir de l’intelligence artificielle : elle fera de grandes choses qui aideront les hommes, les rendront plus rapides, plus performants, plus puissants, plus intelligents… mais ne les remplaceront pas… Elle remplacera des métiers, fera beaucoup de chômeurs, enrichira encore plus les mêmes, ou d’autres… fera beaucoup de bonheur pour les uns, de malheur pour les autres, et peut-être fera émerger de nouveaux sentiments, transformera des passions et fera vivre les hommes de manière différente, meilleure ou pire selon le point de vue adopté. Mais pourquoi tirer les sonnettes d’alarmes, faire sonner le glas de la fin de l’humanité par l’IA ? C’est un peu comme si l’on avait craint que les locomotives allaient écraser toute l’humanité. La force n’est pas dans le vérin, le piston ou la bielle, comme l’intelligence n’est pas dans la machine. Ils ne font qu’imiter en mieux certaines parties artificiellement décomposées de ce que certains croient être des éléments d’intelligence.
Ainsi se posent deux problèmes : celui de la confusion entre le calcul et l’intelligence, et celui de la singularité. Prenons celle-là : si c’est pour dire que les machines feront des choses que les cerveaux ne peuvent faire, c’est déjà fait ; plus vite, mieux, de manière plus fiable, et sans être obligé de dormir, de se reposer, de ne pas boire ou de conduire. Si c’est pour craindre qu’elles fassent des choses que nous ne comprendrions plus, c’est également déjà fait. Si c’est pour imaginer qu’elles peuvent s’autonomiser, pourquoi pas. Mais si c’est pour penser qu’elles vont faire la même chose que l’homme ou les autres animaux, leur cerveau doté de leur pensée, alors il est probable que l’on se mette le doigt (qu’elles n’ont pas) dans l’œil (qu’elles n’ont pas non plus). Comme le pensent Miguel Nicolelis et Ronald Cicurel : « The Singularity is not near », tout au moins, pas celle qu’on fantasme.
Comme quoi, on peut être pour un transhumanisme rationnel, scientifique, éthique, et dédramatiser le débat dans lequel veulent nous faire tomber certains alarmistes catastrophismes. Nous ne sommes pas sortis du danger de l’holocauste nucléaire, de celui des viroses ou des atteintes bactériennes, de celui de l’impact d’un astéroïde destructeur ou du réveil d’un super volcan. Il est certain que l’IA va aussi compliquer les choses…
Mais pourquoi toujours se faire peur en donnant un monde sans espoir à nos enfants… ce n’est pas de la faute à l’intelligence artificielle, mais bien aux limites de la pensée naturelle, empreinte dans ses méandres irrationnels (voir ici).
Mais pourquoi toujours se faire peur en donnant un monde sans espoir à nos enfants… ce n’est pas de la faute à l’intelligence artificielle, mais bien aux limites de la pensée naturelle, empreinte dans ses méandres irrationnels (voir ici).
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04 mars 2018
DIV : De l’oubli des contraintes cognitives.
Nous savons bien le mépris dans lequel les politiques tiennent les scientifiques. Persuadés qu'ils sont de détenir «"a réalité", ils "savent" ce qui est bien pour les autres, "investi d'une mission" d'histoire, et fiers d’etre capables d’assumer "être impopulaires", argument ultime pour faire passer leurs habituelles prétentions, oukases ou faiblesses de courage.
On peut parler du décalage entre l’heure d’hivers et l’heure d’été, que nos organismes supportent mal toujours plus de quarante ans après. Le 19 septembre 1975, dans un contexte d'économie d'énergie, MM. Chirac, D'Ornano et Cavaillé décrétèrent que le 28 mars 1976 serait le début d'une mesure "provisoire" qui ne devait durer que le temps du choc pétrolier. Un autre exemple encore plus caractéristique est celui des longueurs des mois, qui nous contraint toujours, plus de deux mille ans après une des décisions politiques les plus prétentieuses de l’ordre Romain.
Chacun sait, depuis l’école primaire, qu’une année fait 365 jours, un peu plus tous les quatre ans et en début de siècle, pour rattraper la désynchronisation des rotations terrestres, l’une sur elle-même, l’autre autour du soleil (365,24 jours). Il était donc possible, et les astrologues devenus astronomes puis astrophysiciens l’avaient bien montré, d’alterner des mois de 29 et de 31 jours (en fait, c’etait Un peu plus compliqué) et de supprimer un jour de temps en temps.
C’était sans compter sur l’empereur Auguste !!! Le calendrier julien, qui précéda notre calendrier grégorien, débutait alors en mars, mois du dieu de la guerre, pour se terminer en février, celui qui permettait ainsi les réajustements nécessaires à la fois de fin de mois et de fin d’année. Le nom de februarius dérive du verbe februare, qui signifie "purifier" ; la purification en fin de cycle.
Le mois de juillet était quant à lui consacré à César : julius en latin, july en anglais ... celui d’août célébrait le nom d’Auguste : augustus, august. Mais voilà, celui de Jules était de 31 jours et celui d’Auguste se retrouvait donc plus court. Impossible à supporter pour un nouvel qui devait s'inscrire dans l'histoire ! Auguste a donc décidé de prendre un jour au mois de rattrapage et de le rajouter au mois d’août. Le calendrier grégorien a depuis changé l’ordre des mois et février est alors apparu en début d’année, rendant le système complètement incompréhensible.
Mais l’empereur était content ; fier comme un bar-tabac, disait Bérurier quelques années avant d’être repris par Coluche ... S'engouffrant dans la brèche, de multiples conseillers ont amener les princes à ajouter, retirer, rattraper, supprimer des jours par ci, par là, afin de faire rentrer le décalage des deux rotations terrestre dans une logique calendaire des plus absconse : plus personne n'y comprend goute, et les savants discutent encore ...
Cela nous rappelle évidemment d’autres aberrations par rapport à des règles établies en prenant en compte la facilité de comprendre. Par exemple, il en est ainsi des vitesses sur la route. Sans entrer dans l’évidence que "diminuer la vitesse économise des morts" (voir aussi le modèle de Nilsson), les experts avaient admis que la complexité du code de la route devait faire l’objet de mesure de simplification "cognitique", reposant sur des règles spontanément compréhensibles pour les usagers de la route. Par exemple, les vitesses imposées aux automobilistes, ce qui est différent pour les poids lourds, sont « impaires » : 30 et 50 km/h en agglomération, 70 et 90 sur routes normales, 110 et 130 sur les voies rapides et autoroutes. C’etait simple et le serait resté si un politique n’avait souhaité imprimer sa marque : plutôt que de baisser à 70, il le fit à 80, rendant ainsi, comme Auguste, tout incompréhensible ... et évidemment pour de longues années !
Voulant rester sans l’histoire comme celui qui a eu le courage de sauver des vies, il n’est pas certains qu’il ne soit pas celui qui sera cité comme le responsable du grand bazar, comme Auguste ... toutes proportions gardées ; on espère bien que la voiture autonome n’attendra pas 2000 ans.
Cet exemple amusant montre combien il est encore difficile de convaincre de respecter les caracteristiques, limites ou préférences cognitives spontanés des usagers dans des processus qui les concernent tous.
Voulant rester sans l’histoire comme celui qui a eu le courage de sauver des vies, il n’est pas certains qu’il ne soit pas celui qui sera cité comme le responsable du grand bazar, comme Auguste ... toutes proportions gardées ; on espère bien que la voiture autonome n’attendra pas 2000 ans.
Cet exemple amusant montre combien il est encore difficile de convaincre de respecter les caracteristiques, limites ou préférences cognitives spontanés des usagers dans des processus qui les concernent tous.
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27 novembre 2017
IA : L'intelligence artificielle forte.
Les spécialistes de l’Intelligence Artificielle (IA) distinguent l’IA "forte" de l’IA "faible".
Il n’est évidemment pas question ici de puissance, mais d’une forme "épistémologique" de la discipline privilégiant l’inspiration d’imitation ou celle d’indépendance du fonctionnement de l’Intelligence Naturelle (IN).
Plus exactement, la première forme d'IA désigne l'intelligence d'une machine, ordinateur, drone ou robot, la plus similaire possible à l'intelligence des êtres humains, conçue comme étant issue de choses simples combinées entre-elles, pour arriver à des choses compliquées, voire complexes dans le cas de productions émergentes.
Ces productions potentielles permettraient alors à la machine la plus sophistiquée, pour l'heure théorique, d'être dotée de "conscience", allant jusqu’à pouvoir éprouver des besoins, des émotions et des sentiments. Cet automate imitatif pourrait à un certain niveau de complexité penser lui-même, croire que son existence bien qu’artificielle, et cela avec ou non l’intervention de composants naturels dans le cas de constructions "hybrides", soit d’essence animale ou même humaine.
Ce problème de la "conscience" doit être conçu à deux dimensions : celle de la "conscience de soi" et celle de la "conscience de situation". La première permet à l’automate de considérer sa propre existence comme "personnelle", unique et inscrite dans une forme d’expérience du passé et d’une ambition du futur, et la seconde, permettant l’appréciation des caractéristiques du milieu environnement physique, relationnel humain, hybride ou artificiel, est constitutive du sentiment de la différence entre "soi" et "non soi". Ces deux dimensions concurrentes sont constitutives d’une forme de "compréhension" de ses propres "raisonnements", d'une "métacognition", et de l’émergence d’un "sens moral", c'est-à-dire d'un jugement porté sur ses propres pensées, comportements et intentions.
Pour un tel projet, il convient de distinguer les deux formes incompatibles de l’IA que sont le "symbolisme" et le "connexionnisme".
Dans le premier cas, un programme exprimé dans un langage interne manipulant des symboles selon des règles d’une grammaire bio inspirée, hybride, ou complètement artificielle, permet l'expression d’éléments émergents, non strictement programmés. Il doit cependant disposer de caractéristiques fondamentales telles que de la mémoire, des capacités d’apprentissage, une logique interne et une forme de motivation à la "survie" et à l’appétence "cognitive". Ce programme doit donc être en mesure d’emmagasiner des informations et d’y adapter son propre fonctionnement, avec une "motivation" à s’enrichir lui-même. Un programme autonome intelligent qui reste dans son coin sans rien faire et rien connaître de son environnement ne sert à rien, ni pour lui ni pour d’autres. Il peut rester temporairement en sommeil, mais doit pouvoir être "réveillé" en fonction de l’apparition des circonstances qui permettraient son "intégration" environnementale.
Les spécialistes de l’IA imaginent qu’un tel programme commence avec des concepts simples pour les combiner selon des règles de logique, et ainsi arriver à l’expression de comportements complexes. Certains informaticiens s’inspirent de l'apprentissage de l’enfant qui s’adapte et apprend de son environnement physique et relationnel, pour programmer une "aptitude cognitive". Celle-là n’est pas suffisante sans une "motivation" qui entraîne le programme lui-même à s’auto-enrichir. Le programme assemble alors entre eux des éléments simples pour produire des éléments qui le sont moins, et ainsi de suite. Ces éléments sont des représentations de l’environnement ou d'éléments de logiques, c’est-à-dire des symboles. La perspective évolutive est ici non prévue, même si elle peut être incitée, et les connaissances comme les représentations ou les réactions ultérieures ne sont pas contenues dans le programme initial. Il y a bien "émergence" des éléments d’intelligence ; cette émergence peut être hiérarchisée en niveaux allant de l’inventaire des éléments de base jusqu’aux concepts les plus sophistiqués ou même, le cas échéant, jusqu’à la conscience de soi et celle de son environnement.
L’approche connexionniste s’affranchit quant à elle de la présence d’un programme interne manipulant des symboles. Elle s'affranchit également d'une mémoire déclarative contenant des symboles et surtout d'une horloge qui règle les séquences des itérations internes comme dans une architecture Von Neumann. Seules les caractéristiques organisationnelles, fonctionnelles et structurales, de la machine sont définies au départ. Ce sont les capacités de modifications internes de l’automate qui permettent une "auto-organisation" interne, intimement couplée avec l’environnement, capable d’en détecter les modifications et de s’y adapter en fonction de cette transformation interne. Les réseaux de la machine sont évolutifs et peuvent se doter de nouvelles connexions ou même de nouveaux composants par enrichissement circonstanciel. La machine peut alors, dans un cas théorique parfait, recruter d’autres machines ou même des hommes pour partager un patrimoine informationnel commun ou réparti en fonction des besoins. Le système de couplage environnemental est ici au centre d’un fonctionnement auto-émergent et peut, dans un cas idéal promu par certains spécialistes de l’IA connexionniste, s’auto-enrichir et s’autoproduire selon le principe d'une "autopoïèse", c'est-à-dire d'une propre production de soi.
L’apprentissage connexionniste se fait en deux processus concurrents et concourants : imprégnation, et enrichissement. Il n’y a pas à proprement parler de mémoire déclarée en symboles dans un programme formel. Les symboles ne sont ici que l'expression de la machine capable de lire certains de ses états internes. Cette expression est structurée par une grammaire qui émerge des contraintes structurales et fonctionnelles de l’automate, ainsi que de l’environnement dont la machine à "conscience" ; elle n’est pas en elle, ni implémentée ni incarnée, mais s’exprime dans l’intégration machine-milieu. Dans le connexionnisme, la mémoire prospective résulte de la disposition de nouveaux réseaux ou la modification d’anciens, la mémoire rétrospective dans le maintien de configurations existantes, qui peuvent ou non être réutilisées, remobilisées de manières complète ou partielle. Ce recyclage explique ainsi des phénomènes quasi naturels d’amnésie et de modulation des souvenirs.
De manière concrète, la plupart des programmes d’IA dite "ascendante" correspondent actuellement à des architectures comportant plusieurs éléments simples reliés entre eux, à l'imitation du vivant, mais implémentés sur des structures de calcul symbolistes (architecture Von Neumann). On joue à faire "comme si" c'était vivant. Même si c’est l’interaction entre les éléments qui dicte le fonctionnement du programme, celui-là reste contraint par une segmentation du programme et de la mémoire, et par un fonctionnement réglé par une rythmique séquentielle contrainte par une ultrahorloge interne totalement étrangère à une structure naturelle. Même si le programme peut évoluer et faire exprimer des comportements non initialement programmés, cette émergence est limitée par la structure même de l’électronique actuelle.
Néanmoins, le plus grand avantage de l’IA ascendante est qu’elle peut apprendre et s’adapter. Cette approche permet également une imitation plus fidèle de la cognition naturelle avec des programmes conçus analogiquement à des êtres vivants, ou même à des ensembles d’êtres vivants, réseaux ou collectivités En effet, les types de programmes les plus connus d’IA ascendante concernent les systèmes multi-agents, les algorithmes génétiques et le deep learning, et les réseaux de neurones formels ou artificiels.
On est donc encore loin d'une réalité artificielle connexionniste, en restant à un jeu d'imitation dans lequel même Alan Turing savait qu'il n'était question que d'une pâle copie de la réalité du vivant.
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02 août 2017
BIO - TECH : Mercredi noir pour le Monde.
Alors que le ministre français de l'environnement (ministre de la transition écologique et solidaire) appelle, dans une tribune publiée ce mercredi 2 août 2017 sur le site du Journal Le Monde, les citoyens à un "sursaut" pour la planète, l'humanité a franchit, sans réellement s'en préoccuper, le "Jour du dépassement".
C'est à partir de cette date que l'ONG Global Footprint Network (Oakland, Californie, USA) a déterminé que l'humanité vit "à crédit" en ce qui concerne les ressources de la Terre.
Le "jour du dépassement de la Terre" est chaque année calculé sur la base de quelque 15000 paramètres économiques et environnementaux fournies par les Nations Unies. Ainsi, la comparaison entre empreinte écologique de l’homme, exploitation des ressources naturelles, biocapacité de la Terre à absorber les gaz à effet de serre et reconstituer les ressources dépensées, montre aujourd'hui une dette cumulative de plus de 70% par an. Et celle dette augmente tous les ans selon une logique exponentielle.
Le jour du dépassement de la Terre intervient donc tous les ans de plus en plus tôt.
Les causes sont notamment celles d'une incohérence des constantes de temps. Le temps économique est de plus en plus bref, appelé en cela à la performance par les gestionnaires, manageurs, commerçants et autres apôtres de la performance marchande. C'est oublier que les temps biologiques, géologiques et écologiques restent les mêmes, immensément longs, sans réelle possibilité de comparaison.
L'homme coupe ainsi les arbres à un rythme nettement plus élevé que celui de leur croissance, que l'on ne sait pas biologiquement accélérer. Il prélève plus de poisson qu'il ne peut s'en reproduire naturellement et qu'on ne sait en élever de manière compensatoire. Il rejette d'avantage de carbone que les forêts et océans ne peuvent en absorber, sans aucune solution connue ou pouvant être raisonnablement mise en œuvre, et ainsi de suite.
Aujourd'hui, il faudrait 1,7 Terre par an pour répondre aux besoins économiques de l'humanité et aux ambitions toujours plus élevées des compagnies maritimes, aériennes, ferroviaire , automobiles, à ceux de leurs usagers, aux ambitions économiques des firmes industrielles, bancaires, commerciales et de communication, et aux besoins de consommateurs de plus en plus exigeants qui ne voient pas pourquoi, eux, devraient se priver face au luxe toujours plus insensé de la vie des riches de plus en plus riches.
Les conséquences de cette situation de surconsommation effrénée sont, pèle mêle selon l'ONG, une crise de l'eau avec l'acidification des océans et la pénuries en eau potable, une crise de la terre avec l'érosion des sols et l'accumulation des déchets,
une crise du vivant avec la déforestation et le déclin de la biodiversité, une crise de l'atmosphère avec l'élévation de la concentration de CO2 et le phénomène le Niño, etc.
Face à cette catastrophe annoncée dans l'indifférence générale, les réfugiés se pressent aux portes des nations et grandes puissances qui s'arment et perfectionnent leurs moyens de sécurité, de défense, mais aussi de conquête des territoires, espaces maritimes et autes lieux terrestres de ressources résiduelles. La course à l'armement accompagne celle de la conquête spatiale ; il faudra bien chercher des ressources ailleurs ... ou s'en aller.
Dans ce paysage noir, la technologie devient première et, phénomène nouveau, s'impose à l'économie alors qu'elle lui était jusqu'ici secondaire. Selon le ministre, "la transition écologique est en train de faire ses preuves" avec des énergies renouvelables de moins en moins chères et leur production de plus en plus performante, vers "un avenir sans énergies fossiles". Le monde du transport va "tripler l’offre de véhicules électriques d’ici à 2020". La biodiversité est aujourd'hui protégée par la Loi "et l’agriculture biologique décolle".
Si, selon le ministre, "de nouveaux choix de société sont en train de naître", accompagnés d'une prise de conscience nécessitant et menant à "une détermination politique" sans concession, c'est au niveau international que le problème se pose de manière critique, avec des grandes puissances qui ne jouent pas et ne joueront probablement pas, on le sait aujourd'hui, le jeu de la solidarité, et des peuples en devenir qui ne comprendraient pas qu'on leur interdise ce que l'occident s'est autorisé lui-même depuis des siècles en menant l'humanité dans cet impasse. Il faudra bien en sortir ... par la mort et ce n'est pas gai pour le futur de l'humanité, par la décroissance et c'est un combat perdu d'avance sauf pour quelques illuminés du retour à la campagne, ou par la science et la technologie, et il serait temps, Mister M, d'y "mettre le paquet!".
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15 mai 2014
iA -SHS : Le poids écologique de l'Internet.
Au lieu de lire ce message, pensez à l'environnement !!!
L'ADEME est l'organisme officiel français, créé en 1991, ayant pour mission la protection de l'environnement et la maîtrise de l'énergie en ce qui concerne les déchets, la pollution des sols, le transport, la qualité de l’air, le bruit, la qualité environnementale, l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Pour cela, l'ADEME s'appuie sur des expertises scientifiques et techniques pour proposer des conseil et accompagner les décideurs, et pour inciter et faciliter les choix favorisant des solutions respectueuses de l'environnement et les bonnes pratiques environnementales (site officiel de l'ADEME).
Elle édite notamment le site "Réduisons vite nos déchets, ça déborde" (ici).
Depuis quelques années, l'ADEME s'est intéressée au prix écologique des TIC. Ainsi, elle propose un dossier "écocitoyens" sur la réduction de l'impact des usages de l'Internet et des courriels (ici) ou sur celui de l'usage des téléphones portables (ici).
L'ADEME a produit, avec la société "Bio Intelligence Service" une série d'études objectives de l'impact environnemental des usages quotidiens des TIC. Ce travail avait été relayé sur ce blog (lien interne) et a fait l'objet d'une nouvelle publication de sensibilisation en février 2014 (lien ici).
En mesurant l'impact de trois usages des TIC (mail, consultation, stockage) en termes d'émission de gaz à effet de serre (en équivalent CO2), d'épuisement potentiel des métaux (en équivalent fer) et d'épuisement potentiel de ressources fossiles (en équivalent pétrole), en prenant en compte la fabrication du matériel informatique (ordinateurs, disques et data centers), son usage, et la fin de vie des équipements, l'ADEME arrive à des conclusions inquiétantes (bilan ici).
Ainsi, le prix écologique de l'envoi d'un mail à une ou plusieurs personne, avec ou sans pièce jointe, celui des clics et des consultations Web telles qu'on peut les faire sans y penser en recherche documentaire, en jeu en ligne, ou en musardant simplement sur la toile, est quantifié et montre combien des quantités effarantes de tonnes CO2 par an sont ainsi dépensées dans le monde. Le "pompon" reviendrait aux clefs USB et aux connexions entre ordinateurs et clefs USB qui dépensent une quantité surprenante d'énergie.
Toutes proportions gardées, et selon les statistiques de l'ADEME appliquées à l'ENSC, une diminution de 10% de courriels de 10 Mo au sein de l'école, c'est à dire pour à peu près 200 personnes, permettrait de gagner plus de 15 tonnes équivalent CO2 par an, c'est-à-dire l'équivalent d'environ trente traversées aériennes transatlantiques.
De nombreux rapports internationaux commencent à poser très sérieusement la question de l'impact des TIC sur l'environnement. Selon certains d'entre-eux, le numérique va faire exploser la consommation d'énergie mondiale dans la prochaine décennie avec à minima 4% de cette énergie, et selon certains jusqu'au double prévu d'ici à 2020.
Au plan mondial, le film documentaire "Internet, la pollution cachée" (à voir ici), présenté en 2013 au festival international du film scientifique Pariscience, montre comment sans qu'on le sache vraiment des millions de kilomètres de cuivre ou de fibres optiques transportent les mails, les images et les musiques vers des milliers de data centers. Il révèle la face cachée de l'industrie silencieuse de l'Internet. Ainsi, d'après les réalisateurs du film, un mail envoyé entre deux voisins immédiats parcourt-il en moyenne 15.000 km alors qu'en une heure transiteraient quelque dix milliards d’emails dans le monde, pour une consommation d'à peu près 15 centrales nucléaires. Le stockage dans les data centers nécessite des quantités colossales d'énergie de refroidissement. Et les spécialistes commencent à s'inquiéter du boum du commerce en ligne qui produit beaucoup d’octets, comme d'ailleurs la publicité ciblée à laquelle on ne prête que peu d'attention et qui pourtant vient probablement imprimer sa trace infraconsciente dans le cerveau de l'internaute.
Sans revenir sur l'utilité évidente des TIC dans la lutte contre le changement climatique (surveillance satellitaire, télémédecine, rationalisation du travail et des déplacements, etc.) telle que peuvent le montrer des études internationales (voir par exemple ici), ni sur l'intérêt dans l'éducation et pour la culture de la jeunesse et des peuples, on ne peut que prendre conscience de la trace écologique très significative d'un usage facile et non raisonné de l'Internet, du mail et du Web, en incitant chacun de nous à diminuer ses connexions, ses clics et ses envois pour le bien de la planète. Voici par exemple de quoi reposer rationnellement l'intérêt des supports et des bibliothèques traditionnelles, ou de l'écriture et de la prise de note traditionnelles, dans un contexte qui n'est pas aussi simple qu'il apparaît, ou qu'on voudrait nous le faire croire.
Le film "Internet, la pollution cachée"
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