Cognitique / Cognitics - Ce site est destiné aux élèves ingénieurs et aux doctorants de l'École Nationale Supérieure de Cognitique (ENSC Bordeaux-INP). Il donne en complément des enseignements des pistes de documentation et de débat selon les thèmes SHS, IA, BIO, TECH, culture, infos générales et vie de l'ENSC. Il prépare notamment aux épreuves du grand oral de fin d’études.
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18 mai 2021
SHS - BIO - TIC : Des théories pour la cognition - Nouvel ouvrage.
Libellés :
bio,
cerveau,
complexité,
comportement,
épistémologie,
ia,
info générale,
modélisation,
publication,
ressource pédagogique,
Sciences cognitives,
shs
Pays/territoire :
109 Avenue Roul, 33400 Talence, France
15 avril 2020
IA - SHS : De l’intérêt de la géolocalisation.
La société Apple, en analysant les données et en ne conservant pas d’historique personnalisé, à établi (ici) la représentation graphique des localisations des personnes utilisant le logiciel plan sur son iPhone.
Le firme propose ainsi de manière ouverte au scientifique, au politique, à l’étudiant comme aux simple curieux, un outil convivial de consultation des données illustrant les mouvements des populations pendant les derniers mois.
Elle affiche ainsi, pour chaque pays et par grande métropoles, le graphe combiné des requêtes des conducteurs ou passagers utilisant un véhicule, de celles des piétons et de celles des mouvements en transports en commun, correspondant aux trois modes de requêtes de son logiciel cartographique «plan».
Google avait déjà proposé une analyse similaire à partir de ses propres données (rapport consultable ici).
Des données de «plan», deux informations sautent aux yeux. La première confirme l’analyse de Google et concerne la forte diminution des mobilités suite à la décision de confinement. La seconde, plus intéressante, met en évidence une rythmicité des mobilités normales, en époque de non restriction de la liberté de circulation. Ce rythme semble, pour la France, s’établir de manière régulière sur la semaine, avec un pic en fin de semaine et un effondrement le dimanche, et la forte corrélation des trois courbes semble suggérer qu’il s’agit d’un phénomène global, qu’il reste à expliquer, indépendant du mode de mobilité adopté.
Cette régularité semble d’ailleurs se poursuivre à bas bruit en confinement, avec un choix privilégié pour l’utilisation de véhicules automobiles sur tout le pays, alors que cette rythmicité tend à s’estomper dans les grandes villes avec une moindre variabilité entre voitures et transports en commun.
La différence entre les données globales du pays et la somme de celles des métropoles permet d’obtenir la courbe des mobilités en province, avec alors le constat d’une nette prévalence pour les transports en commun dans les grandes villes et donc une plus grande utilisation des autres véhicules hors métropoles.
Toutes ces «open data» devraient être exploitées à l’occasion de cette mise à disposition pour étudier les mobilités à la fois entre pays, entre régions, entre modes de déplacement, en situation normale, ce qui permettrait de faire des prévisions de sortie de crise, et en situation critique, afin d’anticiper ces mobilités en cas de nouvelle crise. Voici peut-être une opportunité de projet d’études pour l’ENSC.
Article source de Mac Generation (lien).
Accès aux données brutes (lien).
Le firme propose ainsi de manière ouverte au scientifique, au politique, à l’étudiant comme aux simple curieux, un outil convivial de consultation des données illustrant les mouvements des populations pendant les derniers mois.
Elle affiche ainsi, pour chaque pays et par grande métropoles, le graphe combiné des requêtes des conducteurs ou passagers utilisant un véhicule, de celles des piétons et de celles des mouvements en transports en commun, correspondant aux trois modes de requêtes de son logiciel cartographique «plan».
Google avait déjà proposé une analyse similaire à partir de ses propres données (rapport consultable ici).
Des données de «plan», deux informations sautent aux yeux. La première confirme l’analyse de Google et concerne la forte diminution des mobilités suite à la décision de confinement. La seconde, plus intéressante, met en évidence une rythmicité des mobilités normales, en époque de non restriction de la liberté de circulation. Ce rythme semble, pour la France, s’établir de manière régulière sur la semaine, avec un pic en fin de semaine et un effondrement le dimanche, et la forte corrélation des trois courbes semble suggérer qu’il s’agit d’un phénomène global, qu’il reste à expliquer, indépendant du mode de mobilité adopté.
Cette régularité semble d’ailleurs se poursuivre à bas bruit en confinement, avec un choix privilégié pour l’utilisation de véhicules automobiles sur tout le pays, alors que cette rythmicité tend à s’estomper dans les grandes villes avec une moindre variabilité entre voitures et transports en commun.
La différence entre les données globales du pays et la somme de celles des métropoles permet d’obtenir la courbe des mobilités en province, avec alors le constat d’une nette prévalence pour les transports en commun dans les grandes villes et donc une plus grande utilisation des autres véhicules hors métropoles.
Toutes ces «open data» devraient être exploitées à l’occasion de cette mise à disposition pour étudier les mobilités à la fois entre pays, entre régions, entre modes de déplacement, en situation normale, ce qui permettrait de faire des prévisions de sortie de crise, et en situation critique, afin d’anticiper ces mobilités en cas de nouvelle crise. Voici peut-être une opportunité de projet d’études pour l’ENSC.
Article source de Mac Generation (lien).
Accès aux données brutes (lien).
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Pays/territoire :
Infinite Loop, Cupertino, CA 95014, États-Unis
14 avril 2020
BIO - SHS : À quel âge est-on vieux ? À propos des dérives politiques...

« Tout ce qui est fait pour moi, sans moi, est fait contre moi » déclarait Nelson Madella, inspiré de Gandhi, lors d’un discours aux afrikaners pour la sauvegarde du peuple noir. En perspective, dans son allocution au Peuple français, le 13 avril 2020, le président de la République a déclaré que « pour leur protection, nous demanderons aux personnes les plus vulnérables, aux personnes âgées, en situation de handicap sévère, aux personnes atteintes de maladies chroniques, de rester même après le 11 mai confinées, tout au moins dans un premier temps. » Et de rajouter : « ... il faudra essayer de s'y tenir pour vous protéger, pour votre intérêt ».
Ces deux parties d’un même moment du discours, l’une en introduction, l’autre en conclusion, articulée habilement entre elles, constituent une parfaite illustration des dimensions perverses de la pensée pathologique du politique. La désignation expliçite de ceux qui sont vieux, handicapés ou malades chroniques discrimine ainsi de ce qu’on considère jeunes, sains et entiers. Pourtant, le président est loin d’être seul à penser ainsi puisque, la semaine dernière, la présidente de la Commission européenne a estimé possible un confinement « des plus âgés » jusqu’à la fin de l’année. Chaque psychologue sait bien que la détestation du naturel n’est pourtant que l’expression de la peur, ici celle d’être vieux, là d’être malade ou encore toujours d’être diminué.
Un des problèmes du politique reste celui de la déclinaison de son dire dans l’écrit de la Loi et de la Réglementation. Et les questions sont donc celles des définitions opératoires, celles qui permettent aux administrateurs, aux administratifs, et aux gendarmes et autres opérateurs de la force de l’Etat, d’appliquer des textes sans le discernement dont on les souhaiterait capables maîtres que leur interdit une justice prompte au respect de la lettre avant celle de l’idée du texte.
Dans un tel contexte, à quel âge est-on âgé ? L’âge est le critère le plus simple à contrôler puisqu’il est défini par l’identité, porté au document obligatoire et indiqué par le sujet lui-même sur la déclaration sur l’honneur que chacun doit signer pour circuler hors de chez lui. Il suffit donc, chaque matin, de connaître la nouvelle date en deça de laquelle le citoyen deviendra contrevenant, vieux délinquant, à sanctionner, voire à priver de la liberté qu’il n’a pas, ou à condamner â des travaux d’intérêt collectif tels que pousser des charriots d’autres vieux ou de malades parfois plus jeunes qu’on aurait eu intérêt à inviter, eux, à rester chez eux. On peut imaginer ainsi un ensemble d’Ehpad entourés d’autres centres de concentration des âgés condamnés et ainsi sortis de l’espace commun. Cela est ni plus ni moins que la base institutionnelle d’un ostracisme anti vieux.
Reste le choix de la frontière ; sur quels critères vont s’appuyer les décideurs pour décider du fer rouge, nouvelle étoile de discrimation à porter de manière plus ou moins visible par ceux qui sortent, de fait, de l’espace de liberté. L’unisson n’est pas de mise et le débat commence à enfler. Deux conséquences à cela : la première, à laquelle on pouvait s’attendre, est que les définitions ne sont ni universelles ni consensuelles, la seconde, plus inquiétante, est que l’idée a déjà fait son chemin et que les hordes de gérontophobes affûtent leurs couteaux.
Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) indiquait dans une note du 30 mars sur la stratégie de prise en charge des personnes âgées vivant en établissement que « La population des personnes âgées de plus de 70 ans constitue le public le plus vulnérable à l’épidémie de Covid-19 ». Le ministère de la Santé rapporte que « les patients entre 50 ans et 70 ans doivent être surveillés de façon plus rapprochée ». Quant au président du Comité consultatif national d’éthique, par ailleurs président du conseil scientifique ad-hoc qui conseille le président, considère que l’âge pivot serait celui de 65 ans, parlant à l’oreille d’un gouvernement qui déclarait hier pour le projet de Loi sur la réforme des retraites que l’âge de 67 ans était celui du départ à taux plein. Le MEDEF est plus exigeant encore, expliquant qu’il fait travailler plus et plus longtemps pour sauver un régime dont on ne sait plus trop s’il sera par capitalisation ou restera par répartition. On voit bien qu’entre 50 et 70 ans, la frontière est floue, et qu’elle devra impérativement être contrôlée par le Conseil Constitutionnel dont la moyenne d’âge de ses membres est de 71 ans (de 60 à 93 ans).
Que nous apprend la biologie sur l’âge, pas grand chose sinon une grande variabilité d’un individu à l’autre. L’âge semble correlé à la diminution de la longueur des télomères des chromosomes, ces extrémités non codantes dont le rôle semble pourtant établi dans la production d’erreurs de codage de la reproduction cellulaire. À propos de celle-là, on peut s’intéresser à l’âge à partir duquel on ne se reproduit plus. Au mois d’octobre 2019, la petite Tianci est naît par césarienne dans une maternité de la ville de Zaozhuang, dans l’Est de la Chine, d’un papa de 68 ans et d’une maman de 67 ans. Les dérèglements génétiques, les affres de la vie, tant en santé qu’au travail, les toxicités du milieu et de l’alimentation, sont autant de facteurs de variation qui peuvent faire d’un jeune un déjà vieux ou d’un aîné un vert gaillard. La culture ne nous aide pas et les travaux de l’anthropologie montrent combien ces notions de jeunesse et de vieillesse varient d’un pays à l’autre, d’une époque à l’autre, d’un groupe social à un autre.
La médecine de ces trois derniers mois indique que l’âge médian des sujets Covid-19 qui en sont décédés est de 83 ans alors que seuls 3 % des personnes décédées avant l’âge de 65 ans ne présentant pas de comorbidité. Mais le psychologue et le physiologiste savent l’erreur épistémologique de certains sociologues, économistes, historiens et autres biologistes des populations prêts à reduire le comportement des individus aux statistiques des tendances centrales et à ce qu’ils définissent comme l’individu type, ou au mieux l’individu représentatif de telle ou telle catégorie ; comme si l’amour, le plaisir, la peur, santé, etc. étaient des notions inhérentes aux groupes.
Et quelles conséquences individuelles sont et seront celles du confinement et de l’ostracisme rampant ? Qui peut le prévoir, sauf à le prédire de manière conjuratoire comme la limitation de vitesse à été appliquée comme potion à l’accidentologie en son temps. Plus facile de criminaliser le conducteur que d’admettre la déchéance du réseau routier et de tout ce qui concours à l’usage automobile et à ses dangers. La majorité des analystes considèrent que c’est là l’origine majeure de la fronde des « gilets jaunes ». Le confinement n’est-il pas, à l’instar, le non dit d’un manque de masques, de gants, de surblouses et des moyens de protection qui ont clairsemé les Ehpad, repoussant d’autant la médiane de l’âge, confirmant dans une tautologie enarquienne que les vieux sont les plus fragiles, puisqu’on les a littéralement tués.
La plupart des spécialistes insistent sur la nécessité de prendre en compte les risques du confinement. Pour les personnes âgées à domicile, le repli sur soi et la perte de dépendance sont des conséquences certaines et irrémédiables d’un isolement et du confinement prolongé. Quelle société, sinon celle rêvée par certains politiciens pathologiques, se permet d’empêcher les enfants de venir visiter leurs parents âgés, d’assister, comme cela a été le cas récemment, aux derniers instants de son père, de parquer les vieux dans des vases clos d’un Covid devenu nosocomial ? L’abomination peut parfois prendre le costume de la respectabilité ou celui de la responsabilité.
L’appartheid est une abomination, et classer des catégories de citoyens sur des critères biologiques est justement la définition de cette infamie. Comment un pouvoir, aussi éclairé soit-il, peut-il se permettre de s’affranchir de la constitution, de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui dispose de l’égalité de tous et droit. Le principe d’isonomie dispose qu’aucun individu ou groupe d'individus ne peut avoir de privilèges garantis par la loi, et par voie de conséquence, qu’aucun individu ou groupe ne peut être privé d’un quelconque privilège que la loi garantirait à d’autres.
Pays/territoire :
55 Rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris, France
12 avril 2020
BIO - SHS : Les recommandations de l’Université Johns Hopkins contre le SARS-Cov-2.
Covid19 : comment s’en protéger, le pourquoi et le comment, selon l'Université Johns Hopkins (Maryland USA)
(traduction et adaptation par nessma.tv)
PRINCIPES GÉNÉRAUX :
Le virus se propage principalement d'une personne à l'autre, y compris à cause de personnes infectées mais ne présentant pas de symptômes. Si vous pensez que vous avez été exposé à Covid-19 et que vous développez de la fièvre et des symptômes, toux ou difficulté à respirer, appelez sans délai un médecin.
Il n'existe pas encore de vaccin pour prévenir la maladie à Covid-19, il faut donc prendre des mesures pour vous protéger et protéger les autres. La meilleure façon de prévenir la maladie est d'éviter d'être exposé à ce virus.
Le virus n'est pas un organisme vivant, mais une molécule de protéine (ARN) recouverte d'une couche protectrice de lipides (graisses) qui, lorsqu'elle est absorbée par les cellules des muqueuses oculaires, nasales ou buccales, modifie leur code génétique (mutation) et les convertit en cellules de multiplicateurs et d'agresseurs.
Parce que le virus n'est pas un organisme vivant mais une molécule de protéine, il n'est pas tué, mais se décompose de lui-même. Le temps de désintégration dépend de la température, de l'humidité et du type de matériau dans lequel il se trouve.
CONSEILS (retranscrits) :
- Le virus est très fragile ; la seule chose qui le protège est une fine couche de graisse extérieure. C'est pourquoi tout savon ou détergent est le meilleur remède, car la mousse casse le gras (c'est pourquoi il faut frotter autant : pendant au moins 20 secondes ou plus, et faire beaucoup de mousse). En dissolvant la couche de graisse, la molécule de protéine se disperse et se décompose d'elle-même. La chaleur dissout la graisse. Utilisez de l'eau à une température supérieure à 25 degrés pour vous laver les mains, les vêtements et tout le reste. De plus, l'eau chaude produit plus de mousse, ce qui la rend encore plus utile.
- L'alcool ou tout mélange avec de l'alcool à plus de 65%, enlève toutes les graisses, en particulier la couche lipidique externe du virus.
- Tout mélange avec 1 part d'eau de javel et 5 parts d'eau, dissout directement la protéine, la décomposant de l'intérieur.
- L'eau peroxyde aide beaucoup après le savon, l'alcool et le chlore, car le peroxyde dissout la protéine virale, mais il faut l'utiliser pure et elle fait mal à la peau. Evitez les Bactéricides. Le virus n'est pas un organisme vivant comme les bactéries. On ne peut pas tuer ce qui n'est pas vivant avec des antibiotiques, mais désintégrer rapidement sa structure avec tout ce qui a été dit.
- Ne jamais secouer les vêtements, draps ou draps usagés ou non utilisés. Bien que collé sur une surface poreuse, il est inerte et se désintègre en 3 heures (tissu et poreux), 4 heures (cuivre, car il est naturellement antiseptique ; et bois, car il élimine toute humidité), 24 heures (carton), 42 heures (métal) et 72 heures (plastique). Mais si vous le secouez ou utilisez un chiffon, les molécules du virus flottent dans l'air pendant 3 heures et peuvent se déposer dans votre nez.
- Les molécules virales restent très stables dans le froid extérieur ou artificiel comme les climatiseurs des maisons et des voitures. Ils ont également besoin d'humidité pour rester stables et surtout de l'obscurité. Par conséquent, les environnements déshumidifiés, secs, chauds et lumineux le dégraderont plus rapidement.
- La lumière UV sur tout objet brisera la protéine du virus. Par exemple, pour désinfecter et réutiliser un masque c’est parfait. Attention, il décompose également le collagène (qui est une protéine) de la peau, ce qui finit par provoquer des rides et le cancer de la peau à long terme.
- Le virus ne peut pas passer à travers une peau saine.
- Le vinaigre n'est pas utile car il ne décompose pas la couche protectrice de la graisse.
- Pas d’alcool ni de Vodka. La vodka la plus forte est à 40% d'alcool et il vous en faut 65%.
- La Listerine (c'est un bain de bouche américain) fonctionne si vous en avez besoin ! Il s'agit d'un alcool à 65%.
- Plus l'espace est limité, plus la concentration du virus est importante. Plus ouvert ou ventilé naturellement sera l’espace, moins il sera concentré.
- Voilà pourquoi vous devez vous laver les mains avant et après avoir touché des muqueuses, de la nourriture, des serrures, des boutons, des interrupteurs, une télécommande, un téléphone portable, des montres, un ordinateur, des bureaux, une télévision, etc. Et quand on utilise les toilettes.
- Il faut aussi s'humidifier les mains, par exemple en les lavant beaucoup, car les molécules peuvent se cacher dans des micro-rides ou les coupures. Plus l'hydratant est épais, mieux c'est.
- Gardez les ongles courts pour que le virus ne s'y cache pas.
Traduction en Français par NESSMA-TV, télévision tunisienne (lien ici). Merci au Professeur Jean-Claude Sallaberry qui a fait circuler ces recommandations.
Libellés :
bio,
comportement,
santé
Pays/territoire :
733 N Broadway, Baltimore, MD 21205, États-Unis
07 avril 2020
BIO - SHS : Les relations étranges entre addiction aux jeux et dépression.

Le confinement des populations amène les personnes confinées a profondément modifer leur rapport au numérique. Le recours obligatoire au télétravail dès qu’il est possible, les réunions multisites, multiacteurs par recours aux plateformes de forum numérique, l’enseignement à distance dans le cadre de la continuité pédagogique des écoles et des universités et grandes écoles, l’ouverture de l’offre télévisuelle par les principaux fournisseurs d’accès, etc. sont autant d’exemples dont bénéficient ou auxquels sont contraints les citoyens reclus à leur domicile ou dans les espaces de vie confinée.
Dans ce contexte complètement nouveau et inattendu, aucun chercheur n’a eu le temps de mettre au point des protocoles d’études prospectives sérieuses, répondant à la fois aux critères d’objectivité de formulation d’hypothèses et à ceux de validation a priori des critères expérimentaux et de protection des personnes dans la recherche comportementale. Seules les premières études portent sur des observations a posteriori et les études expérimentales commencent à se mettre difficilement en place pour une réelle mise en marche dans des conditions elles-mêmes compliquées de confinement des chercheurs et de non accès aux laboratoires et aux moyens des universités et autres organismes de recherche. On peut supposer que les jeunes populations, mais également les moins jeunes et même les personnes âgées, ont augmenté leur recours et fréquences d’utilisation des jeux sur Internet, bien qu’aucune statistique ne puisse, pour l’heure, valider cette hypothèse. La question concerne tout particulièrement les enfants et les adolescents pris dans des conditions de suspension des activités physiques et des rythmes de la scolarisation obligatoire, qui présentent aujourd’hui toutes les conditions pour devenir « accros » aux jeux vidéos en ligne.
Une récente étude, réalisée en Corée du Sud juste avant la période pandémique, a étudié les relations réciproques qui semblent exister chez les jeunes entre addiction au jeu vidéo et tendance dépressive. Les résultats obtenus sur 366 enfants d'environ 10 ans confirment l’existence d’une « relation réciproque » entre la gravité des caractéristiques de l’addiction aux jeux, tels qu'évalués dans le cadre de l'Internet gaming disorder (DSM-5) sur Internet et le niveau des troubles dépressifs (idem). Une meilleure compréhension des liens entre ces deux types de troubles psychopathologiques pourrait s’avérer utile dans d'autres tranches d'âge, et notamment pendant la période de confinement pendémique qui enferme les personnes souvent devant leurs écrans.
- Jeong H et coll.: Reciprocal relationship between depression and Internet gaming disorder in children: A 12-month follow-up of the iCURE study using cross-lagged path analysis. Journal of Behavioral Addictions, 2019; 12: 725–732.
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internet,
shs
06 avril 2020
BIO : Mais qu’est-ce que c’est que ce virus ? À propos du SARS-CoV-2.
Un récent rapport (2020-SA-37) de l’ANSES fait le point sur cette question. Saisie en urgence par le gouvernement sur certains risques liés au COVID-19, l’Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’Environnement et Santé au travail propose une claire et intéressante mise au point sur le sujet accessible aux non spécialistes ayant une petite culture biologique.
La maladie respiratoire aiguë, hautement contagieuse et potentiellement mortelle "Covid-19" (COronaVIrus Disease apparue en 2019) est due à une infection des voies respiratoires de l’homme par le virus initialement désigné par l’OMS virus "2019-nCoV" (New COrona-Virus in 2019), et depuis le 11 février 2020, "SARS- CoV-2" (Severe Acute Respiratory Syndrome COronaVirus numéro 2 - second documenté dans la classification internationale de l’OMS après celui décrit en 2003 comme SARS-CoV, qu’il ne faut pas confondre avec celui dont on parle aujourd’hui).
Les coronavirus (CoVs) sont des virus de la famille des Coronaviridae qui appartiennent à l'ordre des Nidovirales.
Virus : Un virus (du latin « virus » signifiant « poison ») est une entité biologique originale, de dimension microscopique (généralement inférieure à 250 nanomètres) qui ne vit et ne se reproduit que grâce une cellule hôte dont il colonise l’appareil génétique pour profiter de ses propres caractéristiques et capacités de réplication de l’ADN. Le virus peut exister sous deux formes selon qu’il est libre (extracellulaire) ou intégré à l’intérieur d’une cellule hôte contaminée (intracellulaire).
De manière générale, les virus sont constitué d’une molécule d’ADN ou d’ARN directement réplicable (génome viral) protégée par une coque de protéines (« capside » : du grec « capsa » signifiant « boite »). La capside peut être tubulaire (hélicoïdale) ou polyédrique (isocaedre). Une enveloppe peut parfois recouvrir ces deux éléments (« péplos » du grec « manteau »), constituée d’un ensemble complexe de glucides, lipides et protéines. Le génome viral peut être composé d’un simple brin (monocaténaire) ou de deux (bicaténaire ou à double brin). De manière générale, le peplos, et à moindre dimension la capside sont des lieux de fragilité du virus, les plus résistants restant ceux qui ne sont constitués que d’ADN (ou d’ARN) libre.
Tous les êtres vivants peuvent être affectés par des virus, néanmoins sur plus de 5000 espèces de virus décrites, moins de 130 sont pathogènes pour l’homme. La prévention (stratégies barrières) et la vaccination sont les seules méthodes connues pour combattre les virus de manière préventive. La vaccination consiste à implanter volontairement (intoxication) des particules virales inactivées ou atténuées de manière infraliminaire (en dessous d’un seuil connu de toxicité) au sein d’un organisme afin de lui permettre de produire naturellement des anticorps et ainsi lutter contre le virus cible. Chaque vaccination est spécifique à une espèce de virus.
Coronavirus : Ce sont des virus enveloppés dont la taille varie de 60 à 220nm et dont le génome viral est une molécule d’ARN monocaténaire (Nidovirus) directement traduite par l’appareil métabolique de la cellule hôte. Ces coronavirus occupent une position particulière en virologie de par leur taille importante (60-220 nm), leur forme (sphérique) et leur aspect particulier en couronne ("corona" en latin). Leur nom vient en effet de cet aspect de l’enveloppe externe (péplos), vue en microscopie électronique, qui semble porter en surface des sortes de protubérances semblables à de petits clubs de golf. Cette enveloppe renferme en effet des protéines de surface dites "S" (pour Spike, spicule) dont une moitié externe forme ces protubérances. Une autre caractéristique remarquable de ces coronavirus est que la chaine monocaténaire de leur ARN génomique est très longue, comptant de 27 000 à 33 000 bases (pour rappel, 4 bases azotées de l'ARN sont l'Adénine, la Guanine, la Cytosine et l'Uracile (remplaçant la Thymine de la chaîne d'ADN).
On connaît quatre genres de coronavirus : alpha (αCoV), beta (βCoV) gamma (ƔCoV) et delta (ẟCoV). Les ƔCoV, ẟCoV sont responsables d’infections d’espèces aviaires (oiseaux) et les αCoV, βCoV, ƔCoV concernent les mammifères.Les coronavirus humains connus appartiennent aux genres αCoV (HCoV-229E et HCoV-NL63) et βCoV (HKU1, HCoV-OC43, SARS-CoV, MERS-CoV et SARS-CoV-2). Les maladies induites concernent principalement le système digestif ou le système respiratoire.
Betacoronavirus : Ce genre viral très présent chez les animaux est subdivisé en cinq sous-genres : Embecovirus, Hibecovirus, Merbecovirus, Nobecovirus, et Sarbecovirus auxquels appartiennent les SARS-CoV : SARS-CoV découvert en 2003 et SARS-CovV-2 découvert en 2019. Les chauves-souris représentent le principal réservoir naturel des Alphacoronavirus et Betacoronavirus. Elles constituent le groupe de mammifères hébergeant le plus grand nombre de coronavirus.
Origine et barrière des espèces : Le SARS-CoV-2 appartient à un groupe de plusieurs dizaines de coronavirus de chauves-souris spécifiques (du genre Rhinolophus) et diffère des tous les Betacoronavirus retrouvés chez les animaux domestiques de rente (élevage, trait, courses ...) ou de compagnie, parfaitement connus et documentés par les vétérinaires. Au niveau de son origine probable, son génome est quasiment identique (à 96,3%) à celui du virus RaTG13/2013 retrouvé chez une chauve-souris Rhinolophus de Chine. L'évolution de ces virus a conduit à l’émergence en 1990 de « SARS-like », à la suite de quoi plusieurs recombinaisons ont eu lieu entre un Betacoronavirus de ce groupe « SARS-like » et d’autres Betacoronavirus Sarbecovirus (des rhinolophes), ce qui a été également trouvé chez le pangolin chinois connu pour avoir contribué à la mutation vers le génome actuel du SARS-CoV-2.
Trois évènements évolutifs semblent avoir conduit à l’émergence des souches du SARS-CoV vers 2002, du MERS-CoV vers 2012 et du SARS-CoV-2 en 2019, avec un intervalle latence de deux décennies, ce qui tend à montrer que le franchissement de la barrière d’espèce, s’il est possible et a amené l’évolution actuelle, n’est pas un phénomène fréquent et très accidentel. Il est donc peu probable en l’état des choses, que le virus puisse muter à court terme et être transmis de l’homme à une autre espèce (un cas de chien suspect est actuellement étudié à Hong Kong mais semble montrer que la présence du génome du virus ne correspond pas à une forme vivante ou active du virus).
Voies respiratoires et digestives : La présence de symptômes gastro-intestinaux chez certains malades a fait poser l’hypothèse d’une voie de transmission du SARS-CoV-2 par voie digestive. La pénétration intracellulaire du virus nécessite la présence d’un récepteur spécifique (ACE2, pour Angiotensin-Converting Enzyme 2) des SARS-CoV et SARS-CoV-2. Sans ACE2, pas d’entrée du virus dans les cellules. Ce récepteur s’exprime dans les cellules de l'œsophage supérieur, du poumon, du rein, des testicules et les cellules épithéliales de l’intestin (entérocytes de l’intestin grêle). L'expression de l'ACE2 dans différents types cellulaires peut expliquer une infection multi-tissulaire. Cependant, les études montrent que le coronavirus SARS-2 est à tropisme respiratoire primaire et que l’atteinte du système digestif pourrait être essentiellement secondaire à sa diffusion par virémie (hypothèse). L’infection digestive est connue pour certains coronavirus, mais dans des circonstances particulières de résistance aux sucs gastriques ; une telle propriété ne semble pas jusqu’ici avoir été étudiée pour le SARS-CoV-2. Les symptômes gastro-intestinaux chez certains patients seraient donc plus liés à une diffusion systémique du virus plutôt qu’à une entrée directe par voie digestive. Aucun cas de transmission féco-orale n'a encore été signalé et l’infection des voies respiratoires après ingestion d’un aliment contaminé n’a d’ailleurs pas été observée et paraît peu probable bien que non exclue.
La voie d’exposition principale reste donc, à la connaissance des experts de l’étude, la voie respiratoire, d’où l’intérêt majeur, immédiat et impérieux, d’adopter le masque en toutes circonstances d’exposition possibles et de multiplier les gestes barrières, notamment le lavage régulier des mains avant et après manipulation des aliments, avant et après la toilette et notamment après l’essuyage aux wc.
Hygiène : Le passage du virus d’une personne infectée à d'autres personnes peut principalement se produire par un éternuement, une toux ou un contact direct avec des mains souillées. La brumisation de l'espace respiratoire d'un sujet sain, le dépôt de gouttelettes contenant le virus sur une surface de contact, des ustensiles voire des aliments, la contamination de ses mains qu'il porte lui-même à son visage ou à ses yeux, sont les principales voies de transmission connues. L'hygiène générale, le port correct d'un masque que le sujet s'astreint à ne pas toucher, et le lavage systématique des mains avec du savon avant, pendant et après tous contacts sont des mesures essentielles combinées. Notamment, le lavage des mains doit impérativement avoir lieu après tout geste contaminant (après avoir toussé, après s’être mouché, après passage aux toilettes, etc.) et avant toute intervention sur des objets ou aliments que pourraient toucher d'autres personnes (et vice versa).
Pour aller plus loin sur les coconovirus, l'histoire de leur découverte et l'évolution des connaissances médicales à leur propos, un excellent article de vulgarisation du Monde (lien ici).
Libellés :
bio,
comportement,
info générale
Pays/territoire :
109 Avenue Roul, 33400 Talence, France
14 février 2019
DIV : La motivation féminine pour les sciences et l'ingénierie.
Les filières scientifiques sont majoritairement choisies par les jeunes gens après le baccalauréat, et les jeunes femmes y restent minoritaires, sauf pour les filières des sciences de la santé, des sciences de la vie et des sciences humaines.
Aussi, 75 % des élèves en classes préparatoires littéraires et seulement 30% de ceux des prépas scientifiques sont des femmes. Vingt cinq pour cent des diplômes d’ingénieurs délivrés en France le sont à des femmes.
Une hypothèse portant sur l’explication de cette différence concerne l’éducation et l’intériorisation des stéréotypes ; en effet, on sait que les représentations se forgeant très tôt dans l'enfance et sont confirmées durant l'adolescence. Notamment, la représentation d’une apparence « féminine » ou « masculine » est très tôt acquise chez les jeunes enfants. Celle de l’apparence du ou de la scientifique semble également tôt stabilisée.
Sans entrer dans un débat éthique qu’il conviendra pourtant d’avoir, certaines bonnes consciences pourraient imaginer tenter de résoudre ce décalage motivationnel entre filles et garçons pour des métiers scientifiques en proposant aux jeunes filles et des l’ecole des représentations valorisées associant les deux stéréotypes : féminité et scientificité ou « girlie » et « scientist ».
Problème, les choses ne semblent pas aussi simples que ça !
Diana Betz et Denise Sekaquaptewa, de l'université du Michigan, ont testé (lien) l’hypothèse selon laquelle les représentations des jeunes femmes sont modifiées lorsque des exemples de stéréotypes à la fois féminins et scientifiques sont présentés tôt dans la scolarité. Dans leur étude de 2012, des élèves âgées d'environ 11 ans devaient lire une interview dans un magazine. Pour la moitié d’entre elles, des femmes interrogées dans l’article étaient brillantes en sciences (scientist) et associées à des photos très « girlie » (que les chercheurs paramètrent par la présence de maquillage, habits roses, revues de mode à la main). Les autres jeunes filles lisaient l’interview de femmes également douées en sciences, mais d’apparence peu stéréotypée (pas de maquillage, habits sombres, position stricte). Les résultats montrent que dans le groupe de jeunes filles exposées à la combinaison des stéréotypes scientifique et de féminité, ces jeunes filles se disent moins intéressées par les sciences, se jugent elles-mêmes moins compétentes et s’attribuent moins de chances de réussite que dans l’autre condition expérimentale. Et elles sont significativement moins nombreuses à s’imaginer faire des études en sciences plus tard. Ainsi la combinaison stéréotypée du succès et d’une apparence très féminine ne permet pas aux filles de s’identifier plus facilement ; c’est même le contraire.
En fait, deux stéréotypes sont en jeu (les sciences ne sont pas pour les femmes, et les femmes féminines n’ont pas leur place dans le domaine scientifique). L’etude montre que vouloir lutter à la fois contre les deux stéréotypes s’avère contre-productif. Etre « girlie » et « scientist » semble encore plus incongru aux filles que d’être simplement doué en sciences.
Nous sommes là devant un effet complexe d’interaction entre variables. En effet, lorsqu’il s’agit d’un domaine non scientifique, présenter des personnages correspondant ou non au stéréotype féminin n’a pas de conséquence négative sur l’identification des sujets aux modèles.
Force est donc de constater que l’image associant l’ingénieure ou la scientifique stéréotypée féminine pour susciter des vocations scientifiques chez les jeunes filles va à l’encontre de l’effet recherché et pourrait même être décourageante.
Betz, D., and Sekaquaptewa, D. (2012). My Fair Physicist? Feminine Math and Science Role Models Demotivate Young Girls. Social Psychological and Personality Science. DOI:10.1177/1948550612440735
Une hypothèse portant sur l’explication de cette différence concerne l’éducation et l’intériorisation des stéréotypes ; en effet, on sait que les représentations se forgeant très tôt dans l'enfance et sont confirmées durant l'adolescence. Notamment, la représentation d’une apparence « féminine » ou « masculine » est très tôt acquise chez les jeunes enfants. Celle de l’apparence du ou de la scientifique semble également tôt stabilisée.
Sans entrer dans un débat éthique qu’il conviendra pourtant d’avoir, certaines bonnes consciences pourraient imaginer tenter de résoudre ce décalage motivationnel entre filles et garçons pour des métiers scientifiques en proposant aux jeunes filles et des l’ecole des représentations valorisées associant les deux stéréotypes : féminité et scientificité ou « girlie » et « scientist ».
Problème, les choses ne semblent pas aussi simples que ça !
Diana Betz et Denise Sekaquaptewa, de l'université du Michigan, ont testé (lien) l’hypothèse selon laquelle les représentations des jeunes femmes sont modifiées lorsque des exemples de stéréotypes à la fois féminins et scientifiques sont présentés tôt dans la scolarité. Dans leur étude de 2012, des élèves âgées d'environ 11 ans devaient lire une interview dans un magazine. Pour la moitié d’entre elles, des femmes interrogées dans l’article étaient brillantes en sciences (scientist) et associées à des photos très « girlie » (que les chercheurs paramètrent par la présence de maquillage, habits roses, revues de mode à la main). Les autres jeunes filles lisaient l’interview de femmes également douées en sciences, mais d’apparence peu stéréotypée (pas de maquillage, habits sombres, position stricte). Les résultats montrent que dans le groupe de jeunes filles exposées à la combinaison des stéréotypes scientifique et de féminité, ces jeunes filles se disent moins intéressées par les sciences, se jugent elles-mêmes moins compétentes et s’attribuent moins de chances de réussite que dans l’autre condition expérimentale. Et elles sont significativement moins nombreuses à s’imaginer faire des études en sciences plus tard. Ainsi la combinaison stéréotypée du succès et d’une apparence très féminine ne permet pas aux filles de s’identifier plus facilement ; c’est même le contraire.
En fait, deux stéréotypes sont en jeu (les sciences ne sont pas pour les femmes, et les femmes féminines n’ont pas leur place dans le domaine scientifique). L’etude montre que vouloir lutter à la fois contre les deux stéréotypes s’avère contre-productif. Etre « girlie » et « scientist » semble encore plus incongru aux filles que d’être simplement doué en sciences.
Nous sommes là devant un effet complexe d’interaction entre variables. En effet, lorsqu’il s’agit d’un domaine non scientifique, présenter des personnages correspondant ou non au stéréotype féminin n’a pas de conséquence négative sur l’identification des sujets aux modèles.
Force est donc de constater que l’image associant l’ingénieure ou la scientifique stéréotypée féminine pour susciter des vocations scientifiques chez les jeunes filles va à l’encontre de l’effet recherché et pourrait même être décourageante.
Betz, D., and Sekaquaptewa, D. (2012). My Fair Physicist? Feminine Math and Science Role Models Demotivate Young Girls. Social Psychological and Personality Science. DOI:10.1177/1948550612440735
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comportement,
ingénieur,
shs
Pays/territoire :
530 Church St, Ann Arbor, MI 48109, États-Unis
20 décembre 2018
IA : Pour une histoire naturelle de l’intelligence artificielle.
L’actualité et les succès informatiques de l’Intelligence Artificielle ainsi que les performances toujours plus spectaculaires des machines numériques, calculateurs et robots, amènent certains spécialistes de l’IA à la présenter et la faire considérer par le grand public comme un domaine spécifique, à part de ceux de la cognition ou de ses productions artefactielles. Ce statut singulier, qui mobilise les milieux socio-économiques comme les artistes et certains penseurs transhumanistes, ne peut pourtant pas être conçu sans référence à l’homme, à sa pensée et à sa puissance d’instrumentation, mais aussi et plus largement à sa place dans le monde du vivant.
Bernard Claverie propose ici un article, dans le numéro spécial « Le devenir-cyborg du monde » de la revue « Figures de l’art » (numero 35), coordonné par Bernard Lafargue et Bernard Andrieux, montrant comment la métaphore d’une IA toute puissante peut être ramenée au problème global de la valeur biologique des intelligences, et combien l’IA gagnerait à s’inscrire dans une vision intégrée, saine et évolutive de l’intelligence naturelle.
Lien de téléchargement de l’article (ici).
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Pays/territoire :
109 Avenue Roul, 33400 Talence, France
12 décembre 2018
SHS - TECH : Colloque FRACTURES à l'ENSC - 12-13 XII 2018
Colloque
Ecole Nationale Supérieure de Cognitique
109 avenue Roul - 33405 Talence
(Tram B - Station Béthanie)
La question des inégalités numériques est une question de société majeure à l’heure où les environnements, activités, relations sont profondément marqués par une hyper présence des outils et services numériques. Le programme initié grâce à la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine (MSHA) aborder cette problématique à partir des questions de l’accessibilité numérique et par rapport au public des personnes en situation de handicap (porteuses d'une déficience physique, sensorielle, cognitive…), des personnes âgées et d’une façon plus générale, de toutes personnes mises en situation de handicap.
Deux axes forts sont abordés pendant le colloque organisé à l'ENSC :
Accessibilité, handicap et communication dans les écosystèmes numériques
Dispositifs, expérimentations, usages : des dynamiques aux innovations.
Accès au programme : (lien ici).
Libellés :
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innovation,
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réunion scientifique,
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Pays/territoire :
109 Avenue Roul, 33400 Talence, France
18 octobre 2018
IA-SHS : Cybersécurité - le piégeage du Web par faille cognitive.
Le Typosquatting » est une technique toxique et très efficace de piégeage des utilisateurs du Web. Elle repose sur l’écriture d’un nom de domaine qui ressemble à un nom de domaine officiel ou privé connu par celui qui reçoit un message comportant un lien. Celui-là, en confiance, ouvre le lien ... ce que souhaite ke cyber pirate.
Cette nouvelle technique a fait l’objet de deux rapports (1) et (2) publiés en février 2018 par la société de sécurité informatique Menlo Security.
Le Principe du typosquatting repose sur le fait que notre cveraue est doté ed capciatés éotanntes moibilsant des procsesus proches ed la dysxelsie. Ces processus ont fait l’objet d’études scientifiques (lien) qui montrent que les mots sont spontanément lus par groupes de lettres.
Cette propriété est à la fois une performance et une faille. Ainsi, un pirate peut acheter des noms de domaine imitant des noms de site connus, ou envoyer un message mail avec le nom falsifié d’un correspondant habituel, la différence résidant dans un détail, par exemple une faute d’inversion de lettres (ENCS pour ENSC) ou d’utilisation d’un caractère non romain (@, &, €, etc.) ou non codifié de manière informatique classique (ç, ë, å, etc.). Loin d’être une erreur typographiques, la stratégie consiste en un leurre pour l’usager qui n’a ainsi pas conscience de s’être fait piéger.
Le typosquattage peut s’appuyer sur des noms qui mobilisent l’émotion de l’internaute, tels que « tresor-pubilc, mais aussi tresor-publics, tresar-public, tresor-public, etc. », ou « dircetion-ensc, direction-esnc, mais aussi direction-ėnsc, direčtion-ensc, directiøn-ensc, etc. ». Il peut consister en utilisation, élision ou inversion de lettres (unviresite-bordeaux, unversite-bordeaux, etc.), en suppression ou ajout d’un tiret, d’un slash ou autre (universitebordeaux, universite_bordeaux, ou universite/bordeaux, pour universite-bordeaux), en utilisation d’accentuation orthographiquement correcte (université-bordeaux), ou en modification du code terminal (.tr pour .fr, .cam pour .com, .arg pour .org, etc.). L’important est que l’erreur soit efficace et que la victime n’en prenne pas conscience, ou trop tard. Une technique très efficace repose d’ailleurs sur l’étude statistique des erreurs de frappe récurrentes de l’internaute à piéger pour lui proposer des erreurs congruentes avec son propre handicap, ses habitudes ou sa personnalité cognitive.
Dans tous les cas réussis, la victime, pensant correspondre avec une personne, une société, un organisme typosquatté, est alors invitée à donner des informations personnelles ou confidentielles dans un processus de phishing (hameçonnage).
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Pays/territoire :
2300 Geng Rd #200, Palo Alto, CA 94303, États-Unis
11 mars 2018
BIO - SHS : Ne pas dire "non" est une histoire de dégoût ou d'autorité.
Vous savez dire non ? Vous avez de la chance ! Certains en sont incapables...
Pourquoi donc certaines personnes peuvent affirmer leur désaccord et d'autres pas ? C'est la question que se sont posée des scientifiques du laboratoire de neurosciences sociales de l'Institute of Cognitive and Clinical Neurosciences de la Monash University (Melbourne), et de l'école de psychologie de l'University du Queensland (St Lucia) en Australie.
Les scientifiques, qui ont publiés leurs résultats dans Frontiers in Human Neuroscience, ont tenté de trouver une explication à ce phénomène bizarre : pourquoi certaines personnes ne peuvent-elles littéralement pas dire "non" ou entrer dans une forme d'opposition à autrui ? Ils ont étudié par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) les zones du cerveau en activité chez des patients souffrant d'un trouble léger consistant à ne jamais oser affirmer leur opinion propre et à adopter systématiquement celle des autres. Que se passe-t-il lorsque on leur demande toutefois de se forcer à se dépasser et à imposer leur pensée en déclarant leur propre opinion contradictoire ?
Les régions les plus stimulées dans une telle condition expérimentale sont apparues au niveau du cortex préfrontal médian, supposées impliquées dans le langage, la mémoire de travail, et le raisonnement. Mais, à la différence des témoins, une autre zone est concernée : le cortex insulaire qui est stimulé à ce moment-là. Il correspond à un territoire dont l'activité est habituellement associée au dégoût, à la dépendance et qui semble impliquée dans les processus de prise de conscience. Ces deux régions interagissent chez les patients et provoquent un stress intense. Ainsi, lorsqu’une personne qui ne sait ou ne peut pas dire non est amenée à refuser une opinion, son cerveau génère un message d’anxiété, et elle se comporte comme si elle ne se sentait pas autorisée à penser par elle-même. Les personnes souffrant de ce problème se retrouvent alors dans une situation critique, car elles se sentent obligées d’être conformes à ce que pensent les autres, y compris à l’encontre de leur propre intérêt, ce dont elles ont néanmoins conscience.
De toute façon, être en désaccord n’est jamais une partie de plaisir, et ne facilite pas les bonnes relations sociales… Mais encore moins pour ces personnes qui, selon les chercheurs, se retrouvent en situation de "stress mental intense", dans une situation difficile et anxiogène. La solution, pour elles, serait alors de fuir les situations dans lesquelles elles risqueraient d'entrer en désaccord. Ou bien, l'idéal trouvé par certains est encore plus efficace : obliger les autres à adopter leurs idées.
Pourquoi donc certaines personnes peuvent affirmer leur désaccord et d'autres pas ? C'est la question que se sont posée des scientifiques du laboratoire de neurosciences sociales de l'Institute of Cognitive and Clinical Neurosciences de la Monash University (Melbourne), et de l'école de psychologie de l'University du Queensland (St Lucia) en Australie.
Les scientifiques, qui ont publiés leurs résultats dans Frontiers in Human Neuroscience, ont tenté de trouver une explication à ce phénomène bizarre : pourquoi certaines personnes ne peuvent-elles littéralement pas dire "non" ou entrer dans une forme d'opposition à autrui ? Ils ont étudié par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) les zones du cerveau en activité chez des patients souffrant d'un trouble léger consistant à ne jamais oser affirmer leur opinion propre et à adopter systématiquement celle des autres. Que se passe-t-il lorsque on leur demande toutefois de se forcer à se dépasser et à imposer leur pensée en déclarant leur propre opinion contradictoire ?
Les régions les plus stimulées dans une telle condition expérimentale sont apparues au niveau du cortex préfrontal médian, supposées impliquées dans le langage, la mémoire de travail, et le raisonnement. Mais, à la différence des témoins, une autre zone est concernée : le cortex insulaire qui est stimulé à ce moment-là. Il correspond à un territoire dont l'activité est habituellement associée au dégoût, à la dépendance et qui semble impliquée dans les processus de prise de conscience. Ces deux régions interagissent chez les patients et provoquent un stress intense. Ainsi, lorsqu’une personne qui ne sait ou ne peut pas dire non est amenée à refuser une opinion, son cerveau génère un message d’anxiété, et elle se comporte comme si elle ne se sentait pas autorisée à penser par elle-même. Les personnes souffrant de ce problème se retrouvent alors dans une situation critique, car elles se sentent obligées d’être conformes à ce que pensent les autres, y compris à l’encontre de leur propre intérêt, ce dont elles ont néanmoins conscience.
De toute façon, être en désaccord n’est jamais une partie de plaisir, et ne facilite pas les bonnes relations sociales… Mais encore moins pour ces personnes qui, selon les chercheurs, se retrouvent en situation de "stress mental intense", dans une situation difficile et anxiogène. La solution, pour elles, serait alors de fuir les situations dans lesquelles elles risqueraient d'entrer en désaccord. Ou bien, l'idéal trouvé par certains est encore plus efficace : obliger les autres à adopter leurs idées.
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publication,
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Pays/territoire :
Scenic Blvd, Clayton VIC 3800, Australie
04 mars 2018
DIV : De l’oubli des contraintes cognitives.
Nous savons bien le mépris dans lequel les politiques tiennent les scientifiques. Persuadés qu'ils sont de détenir «"a réalité", ils "savent" ce qui est bien pour les autres, "investi d'une mission" d'histoire, et fiers d’etre capables d’assumer "être impopulaires", argument ultime pour faire passer leurs habituelles prétentions, oukases ou faiblesses de courage.
On peut parler du décalage entre l’heure d’hivers et l’heure d’été, que nos organismes supportent mal toujours plus de quarante ans après. Le 19 septembre 1975, dans un contexte d'économie d'énergie, MM. Chirac, D'Ornano et Cavaillé décrétèrent que le 28 mars 1976 serait le début d'une mesure "provisoire" qui ne devait durer que le temps du choc pétrolier. Un autre exemple encore plus caractéristique est celui des longueurs des mois, qui nous contraint toujours, plus de deux mille ans après une des décisions politiques les plus prétentieuses de l’ordre Romain.
Chacun sait, depuis l’école primaire, qu’une année fait 365 jours, un peu plus tous les quatre ans et en début de siècle, pour rattraper la désynchronisation des rotations terrestres, l’une sur elle-même, l’autre autour du soleil (365,24 jours). Il était donc possible, et les astrologues devenus astronomes puis astrophysiciens l’avaient bien montré, d’alterner des mois de 29 et de 31 jours (en fait, c’etait Un peu plus compliqué) et de supprimer un jour de temps en temps.
C’était sans compter sur l’empereur Auguste !!! Le calendrier julien, qui précéda notre calendrier grégorien, débutait alors en mars, mois du dieu de la guerre, pour se terminer en février, celui qui permettait ainsi les réajustements nécessaires à la fois de fin de mois et de fin d’année. Le nom de februarius dérive du verbe februare, qui signifie "purifier" ; la purification en fin de cycle.
Le mois de juillet était quant à lui consacré à César : julius en latin, july en anglais ... celui d’août célébrait le nom d’Auguste : augustus, august. Mais voilà, celui de Jules était de 31 jours et celui d’Auguste se retrouvait donc plus court. Impossible à supporter pour un nouvel qui devait s'inscrire dans l'histoire ! Auguste a donc décidé de prendre un jour au mois de rattrapage et de le rajouter au mois d’août. Le calendrier grégorien a depuis changé l’ordre des mois et février est alors apparu en début d’année, rendant le système complètement incompréhensible.
Mais l’empereur était content ; fier comme un bar-tabac, disait Bérurier quelques années avant d’être repris par Coluche ... S'engouffrant dans la brèche, de multiples conseillers ont amener les princes à ajouter, retirer, rattraper, supprimer des jours par ci, par là, afin de faire rentrer le décalage des deux rotations terrestre dans une logique calendaire des plus absconse : plus personne n'y comprend goute, et les savants discutent encore ...
Cela nous rappelle évidemment d’autres aberrations par rapport à des règles établies en prenant en compte la facilité de comprendre. Par exemple, il en est ainsi des vitesses sur la route. Sans entrer dans l’évidence que "diminuer la vitesse économise des morts" (voir aussi le modèle de Nilsson), les experts avaient admis que la complexité du code de la route devait faire l’objet de mesure de simplification "cognitique", reposant sur des règles spontanément compréhensibles pour les usagers de la route. Par exemple, les vitesses imposées aux automobilistes, ce qui est différent pour les poids lourds, sont « impaires » : 30 et 50 km/h en agglomération, 70 et 90 sur routes normales, 110 et 130 sur les voies rapides et autoroutes. C’etait simple et le serait resté si un politique n’avait souhaité imprimer sa marque : plutôt que de baisser à 70, il le fit à 80, rendant ainsi, comme Auguste, tout incompréhensible ... et évidemment pour de longues années !
Voulant rester sans l’histoire comme celui qui a eu le courage de sauver des vies, il n’est pas certains qu’il ne soit pas celui qui sera cité comme le responsable du grand bazar, comme Auguste ... toutes proportions gardées ; on espère bien que la voiture autonome n’attendra pas 2000 ans.
Cet exemple amusant montre combien il est encore difficile de convaincre de respecter les caracteristiques, limites ou préférences cognitives spontanés des usagers dans des processus qui les concernent tous.
Voulant rester sans l’histoire comme celui qui a eu le courage de sauver des vies, il n’est pas certains qu’il ne soit pas celui qui sera cité comme le responsable du grand bazar, comme Auguste ... toutes proportions gardées ; on espère bien que la voiture autonome n’attendra pas 2000 ans.
Cet exemple amusant montre combien il est encore difficile de convaincre de respecter les caracteristiques, limites ou préférences cognitives spontanés des usagers dans des processus qui les concernent tous.
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complexité,
comportement,
éthique,
polémique
Pays/territoire :
109 Avenue Roul, 33400 Talence, France
10 janvier 2017
BIO - SHS : Petit traité de l'espace - Conférence de Michel Denis
Mercredi 18 janvier à 18h
Michel Denis est directeur de recherche émérite au CNRS. Ses travaux ont porté sur le rôle de l’image mentale
dans la cognition humaine et plus spécialement sur la construction d’images mentales à partir du langage. Ses
intérêts se sont étendus par la suite à la cognition spatiale, notamment au rôle de l’image et du langage dans
l’élaboration des connaissances spatiales, ainsi qu’à la construction de systèmes d’aide verbale à la navigation.
Avec ses collègues du CEA, il a mené les toutes premières études françaises sur l’imagerie mentale utilisant des
techniques d’imagerie cérébrale fonctionnelle. Il a mené également des travaux utilisant la réalité virtuelle dans
l’étude des processus responsables de la construction des connaissances spatiales.
Michel Denis a publié Petit traité de l’Espace aux éditions Mardaga (2016).
"Tout être vivant inscrit son activité dans l’espace. Environnements proches
accessibles à notre vue, environnements lointains, villes, continents...
Nous explorons l’espace en le traversant, mais aussi en écoutant les
descriptions qui nous en sont faites, en étudiant cartes, atlas ou supports
numériques. Nous mémorisons des itinéraires, nous comparons des
distances, nous retrouvons notre point de départ après un long trajet. Nos
capacités de raisonnement nous permettent d’imaginer des raccourcis, de
créer de nouveaux parcours, en un mot, de manifester notre adaptation à
l’environnement. Les technologies numériques étendent cette capacité en
offrant à l’individu de nouvelles formes d’assistance au déplacement. Ces
dispositifs sont particulièrement utiles pour les personnes souffrant de
déficits visuels ou encore d’atteintes neurologiques spécifiques.
Quelles capacités mentales l’individu doit-il mobiliser lorsqu’il est confronté
à l’espace ? Quelles fonctions cérébrales met-il en œuvre ? La
psychologie et les neurosciences jouent un rôle primordial pour répondre à
ces questions, comme en témoignent plusieurs chapitres de ce livre. Mais
un ouvrage consacré à l’espace doit aussi donner leur place à d’autres
disciplines concernées par la question : la géométrie, la géographie,
l’urbanisme, l’architecture, la peinture, le cinéma, etc. Les sciences du
langage participent elles aussi à ce concert scientifique, lorsqu’elles analysent la manière dont l’art littéraire est mis au service de la description de l’espace. Enfin, les systèmes
d’aide à la navigation, la robotique, la réalité virtuelle constituent des domaines privilégiés d’application des
connaissances touchant à la représentation de l’espace.
L’espace est donc au carrefour de nombreuses disciplines. Pour la première fois, un ouvrage de synthèse révèle
la manière dont chacune apporte son éclairage à la compréhension des conduites de l’être humain au sein de
son environnement." (source Mardaga)
Lien vers le site de l'éditeur (ici).
La rencontre sera animée par Bernard Claverie, directeur de l'ENSC.
La Librairie Georges et le Café de Georges. 300, cours de la libération. TALENCE
0556046800 / www.librairiegeorges.com
0556046800 / www.librairiegeorges.com
Libellés :
comportement,
publication,
réalité virtuelle,
réunion scientifique,
Sciences cognitives,
shs
Pays/territoire :
300 Cours de la Libération, 33400 Talence, France
25 mars 2016
BIO - SHS : Attendez demain, c'est aujourd'hui la journée mondiale de la procrastination décrétée par l'ONU.
25 mars : Journée mondiale officielle de la procrastination.
Selon une équipe de chercheurs du Départément de psychologie et de neurosciences, et du Département de génétique l'Université du Colorado à Boulder (USA), la procrastination et l'impulsivité seraient influencés par des mêmes traits génétiques. Selon une étude publiée dans Psychological Science (lien), près de 50 % de ces traits génétiques seraient à l'origine de ces deux comportements particulièrement caractéristiques de la personnalité de chacun.
Comme Procrastination et impulsivité semblent génétiquement liées, il est fort probable que ces deux tendances comportementales aient évolué ensemble de manière phylogénétique. Et plusieurs facteurs leur seraient associés, tels le stress et la dépression. Une source de la procrastination et de l’impulsivité pourrait également résider dans l’oubli ou la perte de vue de ses objectifs, plutôt que dans une simple tendance à toujours repousser à plus tard. Reste à savoir si c'est la société moderne, dans laquelle, l'homme ne chasse plus pour vivre, n'a plus besoin de faire du feu, etc. et où tout est facilité, sans besoin de faire d'efforts, sans plus d'urgence vitale immédiate, est une cause facilitante ou si elle n'est qu'une conséquence de cette dimension évolutive.
L'étude a porté sur 181 paires de jumeaux identiques et 166 paires de faux jumeaux. Outre l'origine génétique, il existe un chevauchement certain entre les deux traits de caractère qui seraient liés à l'aptitude à une forme de distraction, lorsqu’on poursuit un objectif sur le long terme. Les procrastinateurs auraient tendance à succomber à une récompense sur le court terme, abandonnant leur but ultime et ayant des difficultés à gérer leurs ambitions. Les chercheurs s'attachent dorénavant à découvrir si les deux traits sont liés à des capacités cognitives telles que les fonctions exécutives, et s’ils influencent l’autorégulation au quotidien.
Quant à la journée mondiale de la procrastination, elle a été fixée par les Nations unies en 2014, la première journée mondiale de la procrastination ayant eu lieu le 25 mars 2010. Elle est reproduite depuis tous les ans à la même date. L’idée a émergé à la parution du livre « Demain c’est bien aussi » de Kathrin Passig et Sascha Lobo, publié en 2009 et qui a connu un vrai succès en Allemagne. L’ouvrage, très vite traduit en français en 2010, vise à déculpabiliser les procrastinateurs ; l'ONU semble les avoir suivis, d'autant que maintenant, on sait que c'est n'est pas tout à fait de leur faute mais, pour la moitié, celle de leurs ancêtres. Enfin, on verra ça demain ...
Libellés :
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Pays/territoire :
Colorado Ave, Boulder, CO, États-Unis
13 mars 2016
BIO-SHS-IA : Est-il intelligent de penser que l'IA a quelque chose à voir avec l'Intelligence ?
L'histoire a commencé avec Spearman et Binet. Au début du siècle dernier, la science s'écrivait encore aussi en Français. en Allemand, en Russe, en Italien ou en Espagnol. L'Anglais était même parfois évité pour correspondre à une forme de culture rigoriste qu'évitaient encore autant que possible des gréco-romains dont le but et l'espoir sont souvent de s'arranger de la complexité.
Outre manche, Charles Spearman recherchait alors le moteur "pur" de l'intelligence, constitué d'un "facteur G" (G pour intelligence "générale"), dont dépendraient les différentes aptitudes de l'homme. Spearman était un psychologue anglais notoirement connu pour ses méthodes statistiques. Son analyse factorielle a pour but de dégager des facteurs sous jacents d'un ensemble de données d'observation. Par conséquent ces données, dont celles des différents comportements, sont conçues comme issues de facteurs cachés explicatifs de la variabilité humaine : tel est le cas du facteur G ou facteur général d'intelligence qui sous-tendrait pour l'anglais les performances et les tâches intellectuelles.
Alfred Binet proposait quant à lui avec Théodore Simon, une mesure de l'intelligence à partir de toutes un fatras de données de base évoluant en fonction de l'âge (âge mental) et variant pour certains en fonction du milieu socioculturel : expression orale, écrite et caractères graphologiques, aptitude au calcul, au raisonnement (notamment à propos des suites) et à la représentation géométrique, données biologiques et céphalométriques, etc. L'intelligence est alors conçue comme émergente de ses composantes, multicritères, évolutive et surtout relative ; elle s'exprime en pourcentage par rapport à des normes d'âge et de moyennes socioculturelles. Binet s'attachait ainsi à souligner les influences sociales, physiques et évolutives. Des interprétations rapides, notamment par certains ergonomes, psychométriciens et naturalistes américains, feront paradoxalement de l'échelle du QI composite de Binet un "Q test", instrument de sélection, d'élitisme, voire d'exclusion et de racisme.
Les approches étaient alors top-down (descendantes) d'un côté de la Manche, et ascendantes (bottom-up) du côté sud. S'opposaient une conception d'une intelligence théorique structurant les aptitudes des Anglais et celle d'un ensemble de performances des Français synthétisées dans un coefficient global qu'on aurait souhaité réservé à la détection et l'aide des fragilités, à l'orientation vers des procédures d'adaptation ou de rattrapage et au respect des différences de chacun.
Ces deux orientations culturelles et opposées, l'une d'une essence "pure" dont dépendent les diverses aptitudes implémentées chez chacun, l'autre globalisant les aptitudes constitutives des personnes, ont longtemps été discutées puis testées par les psychologues expérimentalistes. Ainsi Louis Thurstone ou Joy Guilford semblent se rassembler autour d'un modèle analytique dans lequel le système cognitif est composé d’aptitudes indépendantes les unes des autres. Parallèlement, John Carroll, Raymond Cattell et John Horn ont développé chacun sur d’autres bases des modèles qui a été récemment généralisés sous l'acronyme "CHC" (pour Cattell-Horn-Carroll), à l'origine d'un test devenu une référence des principales échelles d’intelligence.
À côté de cette intelligence particulièrement dépendante des aptitudes logico-mathématiques et verbales que privilégient les systèmes scolaires, de la sélection et du travail, d'autres approchent tentent heureusement d'enrichir le débat au-delà des jugements de valeur autour de termes très connotés d'intelligence, de surdoué, d'imbécillité ou de débilité. Elles appellent des notions de performance dans des domaines variés qui mobilisent des aptitudes exécutives, flexibles, de contrôle et de vitesse de traitement ou de raisonnement. Les chercheurs de la psychologie expérimentale, cognitive, différentielle, sociale ou culturelle, ceux des neurosciences, de la neuropsychologie et du handicap neurologique, les psychanalystes, les sociologues, les linguistes ont développé d'autres conceptions de l'intelligence, mesurable ou non, mais qui émerge progressivement d'aptitudes et d'expériences et de la construction progressive du cerveau qui s'exprime dans la confrontation à la complexité du monde extérieur comme intérieur. L'affinement des définitions, la multiplicité des mesures, le développement des recherches sur l'intelligence naturelle ont ainsi fait avancer les concepts. On a alors étudié l'intelligence des oiseaux, des rongeurs, des singes, et chez l'homme celle des bébés qui se constitue dans le rapport à la mère et à l'environnement, des enfants et adolescents qui se construit dans l'intégration et l'opposition au monde, l'intelligence du sportif, du danseur ou du musicien, celle du peintre ou de l'architecte, du militaire ou du manageur, de l'artisan ou du journaliste. Ces notions d'intelligence variées n'ont plus qu'un lointain rapport avec de simples "processus supérieurs" encapsulée dans des échelles strictes de jugement, d'attention, de mémoire. Elles privilégient l'adaptation, et convoquent des notions plus floues telles que celle de recrutement du cortex préfrontal, de mobilisation des connectomes cérébraux, de contribution des composantes du langage, des contraintes de la mémoire de travail, et surtout d'aptitudes à la "métacognition". Homo "sapiens sapiens" est l'homme "qui sait qu'il sait". Son intelligence est de savoir construire la sienne. Une telle construction émerge en fonction de stratégies qu'il sait mobiliser, adopter ou éviter, orienter ou mettre en œuvre avec plus ou moins de bonheur, de maturité et de sûreté, pour s'adapter à des modifications environnementales qu'il maîtrise sans pour autant les définir ou même parfois en avoir une pleine conscience.
Au-delà de cette puissance conceptuelle de la métacognition, la critique des modèles statiques a permis l'arrivée de modèles dynamiques. Le développement de l'intelligence prend du temps. Jean Piaget a ainsi montré la nécessité de développement par des stades qui traduisaient une modification dynamique des structures opératoires loin du modèle d'intelligence brute, factorielle, et du fantasme anglo-saxon du facteur général d'intelligence. Aujourd'hui, on s'intéresse à la diversité des processus d'apprentissage et des cultures, mais aussi à la "plasticité cérébrale" et au développement de modules cérébraux qui s'interconnectent en réseaux ou en sous-systèmes dynamiques, complémentaires, substitutifs les uns des autres, de la vie fœtale aux dernières heures de la vie des personnes de plus en plus âgées. Cette expression d'aptitudes auto-organisées est dépendante de celle de gènes interagissent entre eux en fonction du milieu et de l'expérience de la confrontation d'un individu "vicariant" à un milieu naturel, psychosocial ou culturel de plus en plus enrichi et dans lequel le numérique est omniprésent.
Au plan psychodynamique, l'intelligence est également conçue comme confrontation permanente et complémentarité réitérée entre d'une part les dimensions multisources telles que précédemment définies et d'autre part la personnalité. Celle-là est faite de préférences cognitives, d'émotions et d'affects stabilisés mais chaque jour réévalués. Chaque homme, pour l'avoir vécu, sait l'importance de ces dimensions affectives sur la mise en œuvre, la conduite, la fiabilité ou même la faillite du raisonnement. Ainsi certains neuropsychologues tels Antonio Damasio ou des psychanalystes s'intéressent-ils d'une part à l'existence d'une "cognition chaude" et d'autre part à la finalité d'une "pensée plaisir" plus orientée vers la récompense que la performance. On voit donc que l'intelligence est multidimensionnelle, et la réduire à la performance est bien preuve de son absence. Les aptitudes et compétences d'abstraction logico-mathématiques et verbales ont été balayées par des auteurs récents. Howard Gardner a par exemple, au contraire, montré leur dépassement dans un ensemble complexe et difficilement formalisable et réductible à de simples équations.
Et l'IA, là-dedans. C'est bien le problème. Certains informaticiens, qui n'ont souvent lu que des chiffres et quelques phrases en Anglais, ont retenu évidemment l'intelligence figée, celle de Spearman ou des échelles de CHC. Ils ont donc construit un projet automatique autour de cette définition obsolète pour doter les machine d'une forme calculatrice Le projet s'est structuré vers le Graal d'une intelligence "pure", avec le désir de la performance, mais aussi celui de la compétition qui en découle souvent. On a donc vu fleurir des IA qui ont permis de résoudre différents jeux dits d'intelligence, dont ceux de boules, le jeu de dame, le jeux d'échec, et maintenant, le Go. Reste le Poker, mais là, c'est connu, ça finira au révolver.
Bien sûr qu'il est idiot de vouloir être plus performant qu'une machine, que ce soit un régulateur de vitesse, un pilote automatique de bateau ou d'avion, de vouloir conduire mieux qu'une Google car, ou dépasse tout autre système artificiel intelligent. Mais quand ça va mal, chacun souhaite qu'il y ait un pilote dans l'avion ou dans la cabine du tgv. Ce qui veut bien dire que la définition de l'intelligence artificielle joue un petit peu sur l'écart référentiel à celle de l'homme. Les machines seront un jour, peut-être, aussi intelligente que les hommes, pour tout et dans tous les domaines, en s'appropriant les expériences des passés comme l'espoir et la conscience de l'avenir, mais ce sera alors l'intelligence d'un homme artificiel. Pour l'instant, ce n'est qu'une somme d'outils, comme des marteaux, de règles à calcul, des ordinateurs, des robots compagnons, ou des systèmes Internet. Il leur manque une caractéristique fondamentale de l'intelligence humaine : la vie.
On peut à ce propos revenir à une définition plus globale et biologique de l'intelligence, en ramenant son expression au meilleur moyen de favoriser et donc de transmettre un patrimoine génétique : la sexualité. Elle commence avec le choix des partenaires, leur séduction, l'échange des gamètes, la grossesse et sa protection, l'écoulement et l'élevage des lignées descendantes, la constitution d'un havre de paix chez les nidicoles, la famille, la tribu et autres artifices sociaux de protection des enfants, de valorisation des parents et de respect des aïeuls. Le plus intelligent est celui qui survit et fait survivre sa lignée, sa famille, et donc celui qui se reproduit. C'est donc celui qui sait, peut ou pourrait négocier au mieux la survie de ses gènes au-delà de sa propre existence. Tout le reste ne serait que des stratégies d'intelligence qui accompagnent le génome dans sa poursuite millénaire. Pour cela il faut évidemment savoir parler, calculer, mais être puissant et séducteur, avec la force, l'art, l'humour, les études, le niveau social… Toutes ces stratégies de contour que l'individu essaye de mettre en œuvre pour survivre, pour lui ou sa descendance, sont guidées par un principe dual majeur : la motivation et le plaisir, la recherche du renforcement positif... En définitive, l'intelligence ne serait-elle pas qu'une question d'espoir et de bonheur ?
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