15 mai 2017

IA : L'Intelligence Artificielle française est en deuil.

Le professeur Alain Colmerauer est décédé à l'âge de 76 ans.
Originaire de Carcassonne, il fit ses études à Grenoble, où il devint Ingénieur Ensimag puis docteur d'Etat. Sa thèse portait sur l'analyse syntaxique des langages de programmation.
Ne reculant pas devant la difficulté, il devint expert de traduction automatique de l'Anglais vers le Français (chose que certains ne peuvent pas raisonnablement concevoir, y compris pour une traduction naturelle) et inventa pour cela les systèmes-Q. C'est notamment à partir de ces travaux et d'autres, qu'il conduisit à Marseille sur le traitement informatique de la langue, qu'il développa avec son collègue Philippe Roussel, à partir de 1972, le langage de programmation Prolog.

11 avril 2017

BIO-TECH : Mauvais temps pour les humains !!! Viva la robosphère !!!

Le mouvement poshumaniste considère que l'avenir de l'humanité ne peut pas se réaliser sous la forme actuelle des humains biologiques. Douze principaux risques de disparition de l'humanité, surpopulation, viroses catastrophiques, éruption de super volcans, collision avec un astéroïde, ou simple écroulement social mondial, ont d'ailleurs été inventoriés il y a deux ans dans le rapport du "Future of Humanité Institute"  de l'Université d'Oxford.
Dans ce contexte, plusieurs pistes sont entrevues par les transhumanistes des Gafa, allant de la modification génétique à la fuite vers l'espace, ou la simple implémentation de l'esprit humain sur des robots ou dans un réseau cosmique.
Selon un autre courant, il est probable que l'humanité disparaisse complètement en laissant sur Terre des machines qui pourrait survivre (si l'on peut dire) à l'homme grâce à des capacités d'intelligence Artificielle incommensurables. C'est ce que postule par exemple l'astrophysicien Martin Rees dont on connait l'excellente présentation TED suite à la publication en 2004 de son ouvrage "Our final hour".
Pour Rees, et dans le ton des craintes de Stephen Hawking qui prédit la fin prochaine de l'homme par l'intelligence artificielle, ce seront les robots qui supplanteront l'homme. Cette annonce faite au dernier festival de science de Cheltenham en Angleterre, repose sur la conviction que l'existence des hommes sur Terre ne représentera qu'une toute petite phase de l'histoire de la Terre. Pour lui, alors qu'il a fallu quatre milliards d'années pour passer des premiers protozoaires à l'homme, il y a autant de différence entre l'intelligence de ces unicellulaire et la notre qu'il y en aura entre la notre et celle des éléments intelligents qui nous pourraient nous survivre dans quelques millénaires. Mais pour lui, cette survie sera technologique, c'est-à-dire que des formes artificielles d'intelligence seront développées sur des entités fabriquées par cette propre intelligence. Celle-ci pourrait même être dématérialisée, comme des « entités électroniques » qui remplaceront les formes de vie organique qui les ont conçues à la base. L'humanité restera alors un souvenir pour des machines qui auront pris le dessus et auront, elles, des milliards d'années devant elles...

IA - SHS : La Réalité Virtuelle s'invite dans les sciences du comportement à Berkeley.

L'Université de Stanford avait déjà son "Virtual Human Interaction Lab." (VHIL). L’université de Berkeley ouvre son laboratoire dédié à la recherche sur la réalité virtuelle (RV) au sein de son "Centre pour la Cognition Augmentée" (CAC). 
Le but est d'évaluer l'impact psychologique et comportemental de la RV sur l’être humain. Le "UC Berkeley Immerex Virtual Reality Lab." est organisé en joint venture entre l'université et une société de Santa Clara (Californie, USA), Immerex. Celle-là propose des lunettes de RV couvrantes et légères, ce qui est original par rapport aux autres solutions qui correspondent généralement à des casques classiques (lien).

09 avril 2017

IA : L'Avenir selon IBM avec le "cognitive compting" pour augmenter notre connaissance du Monde.

IBM Research a publié la version 2017 de son « IBM 5 in 5 » innovations list, et explore comment le "cognitive computing" va augmenter notre connaissance du Monde.
Ainsi, pour IBM, l’intelligence artificielle et les nanotechnologies sont au cœur des innovations des cinq prochaines années. Les cinq innovations qui changeront nos vies sont les suivantes (ici) :
L’intelligence artificielle et la santé mentale. D'ici cinq ans, ce que nous dirons et écrirons sera analysés par de nouveaux systèmes cognitif, et pourra être utilisé comme indicateurs de notre santé mentale et de notre bien-être physique, et détecteurs de risque de maladies mentales et neurologiques pour mieux prédire, contrôler et suivre ces maladies. Les techniques de machine learning à partir de transcriptions et d'enregistrement d'entretiens psychiatriques permettent de trouver des schémas prédictifs de psychose, schizophrénie, obsession ou dépression. Aujourd’hui, 300 mots environ suffisent à aider les cliniciens à prédire la probabilité de trouble mental.
L’hyperimagerie augmentée par intelligence artificielle. De nouveaux dispositifs d'imagerie utilisant la technologie d'hyperimagerie et l'intelligence artificielle vont permettre de voir largement au-delà du domaine de la lumière visible, en combinant de multiples bandes du spectre électromagnétique pour révéler des informations utiles ou des dangers potentiels qui seraient cachés. Ces appareils vont devenir portables, financièrement abordables et accessibles à tous. L'hyperimage d’un médicament pharmaceutique, d’un chèque bancaire, ou autre, pourront par exemple nous dire ce qui est frauduleux et ce qui ne l’est pas, avec une nouvelle gamme du perceptible par l’humain là où il est aujourd'hui aveugle.
La compréhension de la complexité de la Terre. Dans cinq ans, nous maîtriserons des algorithmes de machine learning et des logiciels de traitement des informations issues milliards d’appareils contribuant à un « macroscope », système de logiciels et d’algorithmes qui permet de rassembler toutes les données complexes de la Terre pour analyser leur signification. En agrégeant, organisant et analysant ces données, sur le climat, les conditions du sol, les niveaux d’eau, les pratiques d’irrigation ou de culture, les agriculteurs bénéficieront d’informations clés qui les aideront à faire les bons choix de culture, de parcelles les meilleures pour planter tel ou tel végétal, de pratiques à adopter pour obtenir des rendements optimaux, tout en maîtrisant les réserves d’eau. De telles études sont déjà mises en oeuvre à la Gallo Winery, en Californie.
Des laboratoires médicaux « sur puce ». Les détectives nanotechnologiques de santé, capables d'identifier des indices invisibles dans nos différents fluides corporels, informeront immédiatement par réseau le médecin. Une seule puce de silicium comportera tous les processus nécessaires pour analyser les données biologiques, en ligne et de manière permanente, sans recours au laboratoire d'analyse que nous connaissons actuellement. Aujourd'hui, on sait déjà séparer et isoler les bioparticules d’un diamètre allant jusqu’à 20 nanomètres. Cette échelle donne accès à l’ADN, à des virus, à des exosomes. Ces particules pourront être analysées pour révéler la présence d’une maladie bien avant que n'en apparaissant es symptômes, permettant une véritable médecine prédictive adaptée à chacun.
Des capteurs détecteurs de pollution. Dans cinq ans, de nouvelles technologies de détection informeront à la vitesse de la lumière des données de capteurs déployées près des puits d'extraction de gaz, autour d'installations de stockage et le long des réseaux de pipelines et de distribution. L'industrie pourra localiser les fuites invisibles en temps réel et à des prix maîtrisés. Des réseaux de capteurs IoT connectés sans fil au Cloud assureront aussi le suivi continu au domicile, dans l'usine ou même dans les véhicules et drones, permettant ainsi de détecter instantanément les problèmes, de réduire la pollution et la survenue d'événements catastrophiques. Ces puces photoniques pourront être intégrées dans les sols, les infrastructures, les matériaux des véhicules et vêtements, générant des données qui, combinées à des données satellitaires et à d'autres sources historiques, peuvent être utilisées pour construire des modèles environnementaux complexes.
Voir le rapport IBM (ici).

31 mars 2017

IA - SHS : Cybercriminalité - la santé attaquée - la protection cognitive à l'ordre du jour.

L'indice IBM X-Force Threat Intelligence est un indicateur d'observation de la cybercriminalité, publié chaque année par l'entité sécurité d’IBM. 
Il est composé d'observations internes, issues de la surveillances de 8000 clients répartis dans 100 pays, et de données externes tels que des capteurs de spam, hameçonnage, honeynets et autres dispositifs malwares, grâce à des réseaux-pièges et à la surveillance de plus 37 milliards de pages Web, d'images et mails frauduleux.
IBM a publié son rapport le 30 mars 2017, et constate que le nombre de données compromises est passé de 600 millions 2015 à plus de 4 milliards en 2016, soit une augmentation de 566% pour la seule année dernière.
L'évolution concerne évidement les cartes de crédit, les mots de passe et les renseignements personnels, mais l'explosion concerne aujourd'hui n-beaucioup plus les données médicales personnelles.
De même, IBM a constaté un changement de stratégie des cyber-déliquants. Ainsi, ceux-là s'attaquent plus aux données non structurées, telles que les archives d’emails, les documents commerciaux et de propriété intellectuelle, et le code source.
Un troisième constat d'évolution qualitative concerne l'intention de ransomware qui a fait corrélativement augmenter le nombre de spams de près de 400%. En effet, la principale méthode utilisée pour le ransomware utilise les pièces jointes malveillantes dans les courriers indésirables. 
Face à cette menace et ce danger, l'économie a elle-même évolué. IBM signale que 70 % des entreprises touchées par le ransomware payent plus de 10 000 $ pour récupérer l’accès aux données et aux systèmes. Le FBI a estimé que, pour les trois premiers mois de 2016 aux USA, les cybercriminels ont perçu en rançon près de 210 millions de dollars, ce qui permet une estimation d’un milliard de dollars sur l’année 2016. Le ransomware représente ainsi 85 % des attaques. 
La santé et les services financiers sont les secteurs les plus atteints. Ainsi, l’industrie de la santé a été assaillie par un très grand nombre d’incidents, avec une concentration sur les des cibles plus petites, ce qui entraîne un nombre plus faible de fuites de données mais déstabilise beaucoup plus le système global, les petites structures étant moins bien protégées et culturellement préparées.
Le rôle de la prévention et de la protection cognitive semble de plus en plus évident. En moyenne les clients suivis par IBM ont enregistré plus de 54 millions d’événements de sécurité en 2016, soit seulement 3 % de plus qu'en 2015, avec une baisse de 12 % des attaques d’une année à l’autre. Ces résultats semblent liés à l'évolution des systèmes de sécurité qui s'améliorent et surtout, d'après IBM, à de nouvelles innovations, comme les systèmes cognitifs.
Accès au rapport IBM X-Force (ici).
Voir le communiqué d'IBM (ici).

30 mars 2017

DIV : Les élèves de ENSC distingués par le prix du jury "Vie Professionnelle" de TousHanScène 2016-17

Le Concours Vidéos Handicap Étudiants "Tous HanScène" a pour objectif d'encourager les jeunes en situation de handicap à accéder aux études supérieures et d'inciter les établissements d'enseignement supérieur à s'ouvrir davantage à ces jeunes pour leur permettre de réussir leurs études et s'insérer dans la société en minimisant les conséquences de leur handicap.
Il est dramatique de constater que dans notre pays, seuls 7% des jeunes scolarisés en situation de handicap accèdent aux études supérieures et parmi eux, seulement 1% atteint le niveau bac+5 !!!
Partant de ce constat, "Tous HanScène" s'inscrit dans trois grands enjeux nationaux : (1) inciter plus de collégiens et lycéens en situation de handicap à prolonger leurs études dans l'enseignement supérieur, (2) amplifier l'ouverture des cursus des établissements de l'enseignement supérieur aux jeunes en situation de handicap, et (3) permettre aux entreprises de recruter des personnes handicapées avec des niveaux d'études supérieurs.
C'est dans cette philosophie active que "Tous HanScène", soutenu par des grandes entreprises et organes de presse nationaux, organise un concours vidéo dont les meilleures réalisations sont saluées par une série de prix : le prix du public va à la vidéo la plus vue, et des prix du jury distinguent les vidéos dans les catégories "Arts et essais, Humour, Sport, Vie étudiante, Vie professionnelle, Vie quotidienne". Un "coup de coeur" ainsi que des pris "Jeune Pousse" pour les lycées et "Mobilisation Etablissement" pour les universités sont d'ailleurs accompagnés d'une subvention pour financer la mise en place d'un projet handicap. 
Les vidéos du concours 2016-2017 (saison 5) sont disponible en ligne (ici).
L'ENSC travaille depuis longtemps à la question de la facilitation de la vie des personne en situation de handicap. Véronique Lespinet, en charge du domaine Santé-Handicap, a coordonné cette année la production des élèves de l'école qui viennent d'être récompensés, lors de la cérémonie officielle du 30 mars 2017, par le prix du jury "Vie professionnelle".
Un grand bravo à tous ceux qui se sont associés à cette entreprise.

18 mars 2017

IA - SHS : Des robots tueurs ... des cols bleus.

Daron Acemoglu est professeur d'économie au Massachusetts Institute of Technology où il est titulaire de la "chaire Charles P. Kindleberger". il vient de publier, avec l'un de ses doctorants aujourd'hui assistant à la Boston University, Pascual Restrepo, l'une des études les plus détonantes sur l'emploi et la robotisation aux États Unis.
En mai 2016, les deux scientifiques publiaient des travaux de thèse selon lesquels l'apparition des robots dans un secteur se traduirait par une création d'emplois qualifiés. Ils formulaient alors l'hypothèse que ces nouveaux emplois "recycleraient" d'anciens métiers, notamment manuels, et que la transition avait tout lieu d'être bénéfique à la fois sur le nombre d'emplois, la qualification des personnes et leur niveau de rémunération.
Dans une publication datée du 17 mars 2017 (ici), les deux scientifiques reviennent sur leurs prévisions et constatent à partir d'observations chiffrées de l'emploi industriel aux États-Unis entre 1990 et 2007, que la robotisation a indéniablement eu un effet négatif sur l'emploi et les salaires.
Ainsi, la création d'emplois liés à la robotisation est loin de compenser la perte des postes d'ouvriers, et, si les robots créent des postes, pour leur maintenance, leur gestion opérationnelle et dans le domaine économique à la fois pour leur investissement, leur maintien et leur amortissement, le meilleur gain de productivité pour l'industriel réside dans la suppression de main-d’œuvre.
Selon leur étude, les robots ont supprimé quelque 670 000 postes sur la période considérée, avec un taux évalué à 6,2/1000 postes disparus pour chaque robot industriel. Comme le développement et l'installation de ces robots sont entrés dans une logique de l'exponentiel dans laquelle l'évolution de la robotisation dépasse largement le temps nécessaire aux humains pour se former et augmenter leur expertise, nous sommes donc littéralement aujourd'hui au-delà d'un point de singularité où la disparition des emplois va s'accélérer. De manière concourante, et contrairement à toutes les autres prévisions, la robotisation a entraîné les salaires vers le bas. Une baisse de 0,7 % constatée sur le strict domaine de l'étude des chercheurs s'explique selon eux par la baisse du besoin de main-d’œuvre, l'augmentation du nombre des chercheurs d'emploi, et la baisse de demande sur le marché du travail. Cela entraînerait alors des effets cumulatifs tels que la baisse du niveau de consommation dans le bassin d'emploi et donc celle de l'attractivité générale et des services.
Cette constatation alarmante apparaît alors que, après une première période de robotisation commencée dans les années soixante pour la substitution des tâches simples, de manutention puis opérationnalisation mécanique, instrumentale puis plus récemment agricole, une seconde période s'ouvre avec une ouverture du domaine robotique à des tâches de haute qualification : diagnostic, finance, loi, médecine, biologie, chirurgie, commerce en ligne, livraison par drones, etc. Le constat était jusqu'ici politique, avec un rapport de la commission européenne recommandant de taxer la productivité des robots au même titre que celui des opérateurs humains. Le débat est entré dans le domaine politique français avec des déclarations récentes de certains candidats à la présidence de la République. Le débat prend, à notre sens, beaucoup trop de temps par rapport à la logique de l'exponentiel à laquelle est soumise la robotisation. Force est donc de constater que cette publication apporte un regard objectif à un domaine en débat, ou les convaincus d'une paupérisation des emplois s'opposent aux partisans d'une libération du travail ou à ceux du toujours plus de revenus pour soi au détriment de ceux qui donc s'appauvrissent en même temps. Le débat n'est pas nouveau, il a été connu pour toutes les périodes de l'industrialisation, de l'époque de Ludd aux récentes grandes crises qui sont à l'origine de la surprise des dernières élections présidentielles américaines.

Peut-être serait-il utile de ramener un peu de raison dans ces débats de chiffonniers politiques en redonnant quelques crédits aux scientifiques pour voir ce qui se passe réellement en France et en Europe dans le domaine.

10 janvier 2017

BIO - SHS : Petit traité de l'espace - Conférence de Michel Denis


Rencontre avec Michel Denis à la Librairie Georges de Talence
Mercredi 18 janvier à 18h

Michel Denis est directeur de recherche émérite au CNRS. Ses travaux ont porté sur le rôle de l’image mentale dans la cognition humaine et plus spécialement sur la construction d’images mentales à partir du langage. Ses intérêts se sont étendus par la suite à la cognition spatiale, notamment au rôle de l’image et du langage dans l’élaboration des connaissances spatiales, ainsi qu’à la construction de systèmes d’aide verbale à la navigation. Avec ses collègues du CEA, il a mené les toutes premières études françaises sur l’imagerie mentale utilisant des techniques d’imagerie cérébrale fonctionnelle. Il a mené également des travaux utilisant la réalité virtuelle dans l’étude des processus responsables de la construction des connaissances spatiales.

Michel Denis a publié Petit traité de l’Espace aux éditions Mardaga (2016).
"Tout être vivant inscrit son activité dans l’espace. Environnements proches accessibles à notre vue, environnements lointains, villes, continents... Nous explorons l’espace en le traversant, mais aussi en écoutant les descriptions qui nous en sont faites, en étudiant cartes, atlas ou supports numériques. Nous mémorisons des itinéraires, nous comparons des distances, nous retrouvons notre point de départ après un long trajet. Nos capacités de raisonnement nous permettent d’imaginer des raccourcis, de créer de nouveaux parcours, en un mot, de manifester notre adaptation à l’environnement. Les technologies numériques étendent cette capacité en offrant à l’individu de nouvelles formes d’assistance au déplacement. Ces dispositifs sont particulièrement utiles pour les personnes souffrant de déficits visuels ou encore d’atteintes neurologiques spécifiques.
Quelles capacités mentales l’individu doit-il mobiliser lorsqu’il est confronté à l’espace ? Quelles fonctions cérébrales met-il en œuvre ? La psychologie et les neurosciences jouent un rôle primordial pour répondre à ces questions, comme en témoignent plusieurs chapitres de ce livre. Mais un ouvrage consacré à l’espace doit aussi donner leur place à d’autres disciplines concernées par la question : la géométrie, la géographie, l’urbanisme, l’architecture, la peinture, le cinéma, etc. Les sciences du langage participent elles aussi à ce concert scientifique, lorsqu’elles analysent la manière dont l’art littéraire est mis au service de la description de l’espace. Enfin, les systèmes d’aide à la navigation, la robotique, la réalité virtuelle constituent des domaines privilégiés d’application des connaissances touchant à la représentation de l’espace.
L’espace est donc au carrefour de nombreuses disciplines. Pour la première fois, un ouvrage de synthèse révèle la manière dont chacune apporte son éclairage à la compréhension des conduites de l’être humain au sein de son environnement." (source Mardaga)
Lien vers le site de l'éditeur (ici).
La rencontre sera animée par Bernard Claverie, directeur de l'ENSC.

La Librairie Georges et le Café de Georges. 300, cours de la libération. TALENCE
0556046800 / www.librairiegeorges.com 

IA : le test de Turing n'est plus ce qu'il était.

Le test de Turing consiste, pour une intelligence artificielle, à tenter de se faire passer pour un humain, sans qu'un autre humain ne découvre qu'il ne s'agit pas, justement, d'un homme ou d'une femme. De nombreux commentaires ont été établis à propos de ce test qui, à l'époque de Turing, représentait une "expérience de pensée". Les informaticiens, portant les philosophes au mot, en ont fait un test permettant de sanctionner une frontière de performance des systèmes informatiques.
C'est à ce propos que Ashok Goel, professeur de "Computer Science and Cognitive Science" (lien) à la "School of Interactive Computing" de GeorgiaTech (Georgia Institute of Technology) d'Atlanta (GA, USA), a piégé ses étudiants en les mettant en relation toute l'année avec son assistante d’éducation, Jill Watson. Celle-là gérait les emplois du temps de la filière, et s’occupait de contacter les étudiants par email au sujet des dates de rendus de devoir et autres contacts pour leurs travaux. Elle a pu ainsi échanger quelque 10 000 messages avec les étudiants en un semestre. Or, Jill Watson est une intelligence artificielle qui s'appuie sur le site Piazza (plateforme de question-réponse) enrichie de 40 000 messages différents. Fille Watson ne répondait que lorsqu'elle évaluait sa propre crédibilité à ses réponses à plus de 97 %. Elle a été en mesure d’adresser 40 % des demandes des étudiants.
Le projet est maintenant d'introduire une procédure"dure de "double aveugle" en changeant de manière indépendante une vraie assistante d"éducation et un robot intelligent de répondre aux étudiants, sans préciser qui est qui (ou quoi ...).
La question que pose cette expérience et cette nouvelle utilisation du Test de Turing est celle de la validité de l'intelligence artificielle ou de la mesure d'une forme de "non intelligence naturelle" des fonctions que l'on confie aux humains. En effet, le test devient ici indice non pas de l'intelligence d'une machine mais de la qualification d'une forme de pauvreté du travail confié à certains opérateurs. Si une machine est capable de remplacer une personne, ce n'est pas forcément parce qu'elle est intelligente, mais probablement plus parce que la personne ainsi substituée est exploitée et cantonnée dans des taches de faible qualité cognitive. Dans l'idée de Turing, le test était une épreuve métaphorique virtuelle permettant de définir l'intelligence automatisée, et non pas un "indice de disqualification" des travaux confiés à des personnes dont on devra mesurer les conséquences "humaines" de cette disqualification.
De quoi nous remplir d'effroi lorsqu'on pense que Watson ambitionne de remplacer les médecins, les banquiers (là on peut comprendre) et les artistes, que certains grands avionneurs veulent supprimer les pilotes et que la robotique s'étend aux robots artisans, aux cobots industriels, et aux robots compagnons voire amoureux ...
(lien).