03 janvier 2009

IA - SHS : Le GPS entre dans notre conception du Monde.

Le groupe interaction hommes-ordinateurs de l’Université de Cornell étudie l’impact du GPS sur notre perception du monde.
Selon Gilly Leshed, lors de la conférence sur les interfaces hommes-machines qui s’est tenue à Florence, la technologie GPS apporte un représentation abstraite de notre environnement physique, très différente de la représentation de ceux qui circulent et conduisent sans GPS. Ainsi les utilisateurs ne recherchent plus les caractéristiques des espaces traversés pour s’orienter, mais se basent sur l'aide électronique pour définir la direction à suivre et parvenir à destination. Selon elle, lorsque les usagers circulent avec un GPS, il n’ont plus besoin de s’orienter, n’ont plus besoin d’apprendre à naviguer, n'ont plus besoin de demander leur chemin, etc. En cela, le GPS n'est pas un simple outil de navigation, mais change la façon de concevoir et percevoir l'environnement.
Un progrès souhaitable consisterait à mieux impliquer l'usager, en prenant en compte les marques du territoire plutôt que les distances : plutôt que d'annoncer qu'il faut "tournez à gauche à 100 mètres", il faudrait dire "tournez à gauche après le pont". Un tel système permettrait de valoriser l'environnement alors que les systèmes actuels ont plutôt tendance à couper l'usager du monde physique.
Autre progrès souhaitable, un système GPS capable de s’adapter à l’expérience de l'usager : selon sa connaissance du lieu, selon les habitudes de conduite, selon les préférences pour tel type de routes par exemple. Et si les systèmes GPS sont conçus pour une interaction directe avec le conducteur, il faudrait qu’ils prennent en compte également le navigateur ou le passager du siège voisin.
Pour Marie Jonsson, doctorante au Department of Management and Engineering de l’université de Linköping en Suède, et qui travaille en collaboration avec Toyota à la conception de systèmes d’information dans le véhicule, la personnalisation de la conduite, des sources d’information de confort, de météorologie, de trafic, mais aussi les activités de proximité, le divertissement, la musique ou la vidéo,sont des fonctions sociales qui permettront d'être valorisées grâce au GPS, allant jusqu'à permettre aux gens de se rencontrer selon leurs centres d’intérêt et selon leur proximité. De tels systèmes couplés au GPS existent déjà sur des systèmes embarqués tels que la plate-forme iPhone, avec des logiciels comme "iClosBy" ou "Locly".
(Via Internet Actu.)
Aujourd’hui, le GPS est devenu un outil tellement banal pour ses utilisateurs qu'il est commercialisé sous forme d’appareils autonomes sur batteries, servant uniquement à la navigation routière, maritime, aérienne ou éventuellement cycliste ou piétonne. Dans ce cas, il est intégré à un terminal mobile, le plus souvent un téléphone portable. De nombreux téléphones mobiles sont ainsi capables de remplacer un GPS autonome, en étant capable de guider les déplacements en véhicule comme à pied. Ce progrès mérite également une étude des usages, dans lequel le GPS n'intervient plus que comme outil d'appoint à une navigation traditionnelle, voire comme simple outil de localisation géographique d'une photo ou pour une transmission en urgence vers des services de secours.
Le GPS n'a pas terminé de transformer nos comportements et notre intelligence, et de développer de nouveaux usages dans la connaissance du Monde.

02 janvier 2009

IA - SHS : Notre culture numérique transforme notre intelligence.

Excellent article de Hubert Guillaud dans InternetActu : Notre culture numérique transforme-t-elle notre intelligence ?

Et si le rêve transhumaniste, de pouvoir télécharger (’uploader‘) son cerveau sur des machines était déjà en passe d’être réalisé ? C’est l’idée que soulève Clive Thompson dans Wired. Thompson fonde sa réflexion sur une étude publiée durant l’été par le neuroscientifique britannique Ian Robertson, qui montrait que les plus jeunes de nos contemporains étaient moins capables que les plus âgés de se souvenir d’un numéro de téléphone ou d’une date de naissance.
La raison invoquée : la technologie et nos outils qui déportent les choses les moins importantes dont nous ayons à nous souvenir dans des mémoires numériques externes. ‘Sans le remarquer, nous externalisons d’importantes fonctions cérébrales périphériques à l’électronique qui nous entoure.’ Nous sommes déjà des cyborgs !
L’éditorialiste David Brooks, pour le New York Times, se fait la même remarque… depuis qu’il a acheté un navigateur GPS pour sa voiture.
‘Depuis l’aube de l’humanité, les gens doivent s’inquiéter de comment aller d’un endroit à un autre, explique-t-il. De la puissance cérébrale précieuse a été utilisée pour stocker des directions et mémoriser des détours. (…) Mon GPS m’a libéré de cette corvée. Il me permet d’externaliser l’information géographique depuis mon cerveau vers un cerveau satellite. (…) Et je me sens au Nirvana. (…) Jusqu’à présent, je pensais que la magie de l’âge de l’information était de nous permettre d’en savoir plus, mais maintenant, j’ai réalisé que la magie de l’âge de l’information est de nous permettre d’en savoir moins.’

Le numérique nous fournit des assistants cognitifs externes - disques durs, filtres collaboratif en ligne, algorithmes de personnalisation fondés sur nos préférence, connaissances en réseau… - qui nous permettent de nous libérer de nous-mêmes. ‘Mes goûts musicaux ? Je les ai externalisés aussi. Je me connecte à iTunes, et il me dit ce que j’aime.’
‘Suis-je pourtant en train de perdre mon individualité ?’, s’interroge David Brooks. ‘Je ne crois pas. Mes préférences sont plus précises et individuelles qu’elles ne l’ont jamais été. C’est plutôt mon autonomie que je suis en train de perdre.’
Notre individualité se démultiplie, comme le souligne avec acidité David Brooks :
‘J’ai abandonné le contrôle de mes décisions à l’esprit universel. J’ai fusionné avec la connaissance de la cybersphere, j’ai accédé au bonheur d’une plus haute métaphysique. Comme l’a écrit à quelque chose près John Steinbeck, un individu n’a pas vraiment son esprit à lui tout seul, mais juste un petit bout du grand esprit - celui qui appartient à tout le monde. Et puis, tout cela n’a pas vraiment d’importance. Je serai partout, tapi dans l’obscurité. Partout où il y a un réseau, je serai là. Là où un magnétoscope TiVo me recommande une comédie à partir de mes choix passés, je serai là. Là où un lecteur du New York Times choisira les articles qu’il lit parmi les plus envoyés par e-mail, je serai là. Je serai dans la manière dont Amazon lie les achats de Dostoïevski à ceux de mobilier de jardin. Et quand les mèmes se répandent, quand les vidéos humiliantes se partagent sur Facebook - je serai là aussi.’

En déportant notre mémoire dans les objets, les objets deviennent une extension de nous-même.
Mais il n’y a pas que notre mémoire que notre immersion dans la culture numérique transforme. Il y a bien sûr la façon dont nous communiquons, mais plus encore, la façon dont nous réfléchissons. Tout d’abord parce que l’externalisation libère certaines de nos fonctions mentales pour faire autre chose on l’a vu. Mais également parce que l’hypertextualité des données multiplie les connexions possibles entre celles-ci, les contextes, les applications et les personnes. En augmentant nos mots de liens, nous changeons le sens que nous leur donnons. Le contexte est toujours là et empêche de réduire l’information à ce qu’elle n’est pas. Parce qu’elle se prête mal au manichéisme facile, parce qu’elle pose le doigt sur la complexité du monde, la culture numérique nous pousse à un effort d’intelligence. Elle mobilise notre capacité de réflexion et d’analyse.
D’un autre côté, en devenant données, les informations peuvent être associées à toutes sortes de contextes, combinées avec d’autres informations, pour prendre une infinité de sens possibles. L’information a désormais plusieurs états. La connaissance organisée sur des supports adaptés, avec des arborescences, des classifications, explose sous nos yeux et nous demande elle aussi un sursaut d’intelligence pour inventer de nouvelles combinatoires. Comme si ce déport de nos fonctions cognitives changeait finalement les formes mêmes de construction de notre réflexion.
Reste qu’il faudrait encore savoir de quelle intelligence nous parlons ? L’intelligence humaine est-elle semblable à un processeur, doit-elle se consacrer surtout à analyser rapidement les données et à en reconnaître la structure, en laissant les données elles-mêmes au Web, à ce Web de données (Web of data) dont parle Tim Berners-Lee ? On voit bien que pour servir ce type d’intelligence (celle du raisonnement, du traitement), notre culture numérique est parfaitement adaptée. Reste qu’il faudrait également interroger son impact sur d’autres composantes de l’intelligence : notre sensibilité, notre perception, l’imagination, etc. pour autant que, à la suite du psychologue Howard Gardner, on distingue plusieurs formes d’intelligences.
Ce qui est certain, c’est que cette nouvelle culture réinterroge les précédentes et ne fait pas fi de la complexité, mais en montre tous les enjeux. Notre culture numérique a une influence sur notre façon dont nous mémorisons, concevons, partageons, innovons, mais indubitablement sur la façon même dont nous réfléchissons, dont nous appréhendons le monde. Certes ce n’est peut-être pas encore une capacité partagée par tous, mais indubitablement, même ceux qui pestent contre ces outils trop souvent défectueux le sentent bien : la culture numérique nous aide à mieux structurer notre analyse. Ca compense peut-être l’amnésie qui nous gagne ?
Hubert Guillaud


(Via Internet Actu.)

01 janvier 2009

IA : Modélisation du trafic aérien.


Des élèves de l'école d'ingénieurs de la Zürcher Hochschule für Angewandte Wissenschaften, ont réalisé le film (format.mov) de l'ensemble du trafic aérien dans le monde en 24 heures projetées en 1 minute sur une mappemonde.
Chaque point jaune représente un avion ; on observe l'alternance jour/nuit et ses conséquences sur les flux, en fonction des continents.
De l'utilité de la puissance de calcul pour découvrir les faits (voir ce blog : Vers une nouvelle science du pétaoctet.

Film au format Windows Media Player
Film au format Quicktime Player

DIV : 2009 - une année comme les autres ?


Et pourquoi donc 2009 n'est pas bissextile ?

30 décembre 2008

DIV : A.M.A.09

2009 déclarée AMA09 : "Année mondiale de l'astronomie" par les Nations Unies et l'UNESCO.
(Via Techno-Science.)
L'année débutera avec une cérémonie d'ouverture internationale, qui se tiendra au siège de l'Unesco à Paris les 15 et 16 janvier 2009, suivie de nombreux événements, comme les 100 h d'astronomie du 2 au 5 avril, et les 50 h d'astronomie du 24 au 25 octobre ; des manifestations multiples permettront aux astronomes amateurs d'observer sur divers sites pour voir les merveilles du ciel et de l'Univers.

09 décembre 2008

DIV - IA : Anniversaire - 40 ans de clics ...

C'est en 1963 que Douglas C. Engelbart, alors qu'il était employé au Stanford Research Institute, inventa la souris qu'il présenta pour la première fois en public en 1968.
C'est cette date symbolique, lors d'une démonstration de nombreuses inventions devant plus de mille informaticiens, qui définit la naissance officielle de la souris informatique.

05 décembre 2008

DIV : UNESCO et Droits de l'Homme.

Ce 10 décembre 2008 est la Journée mondiale des droits de l’homme.
La Déclaration universelle des droits de l’homme aura 60 ans. Elle a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1948 à Paris au Palais de Chaillot par la résolution 217 A (III). Elle précise les droits humains fondamentaux de chaque individu et sa reconnaissance et son respect par la Loi. Elle comprend un préambule avec huit considérations reconnaissant la nécessité du respect inaliénable de droits fondamentaux de l'homme par tous les pays, nations et régimes politiques, et se conclut par l’annonce de son approbation et sa proclamation par l’Assemblée générale des Nations unies.
L’UNESCO et l’ensemble de ses réseaux organisent de multiples manifestations à travers le monde pour promouvoir les droits contenus dans cette Déclaration et permettre de mieux comprendre la contribution essentielle apportée par l’UNESCO au renforcement et au développement des 4 droits relevant de ses propres domaines de compétence.
- Le droit à l'éducation (article 26) ;
- Le droit de prendre part à la vie culturelle (article 27) ;
- Le droit à la liberté d'opinion et d'expression (article 19) ;
- Le droit de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent (article 27).

Le texte de la déclaration.

03 décembre 2008

SHS - BIO : Rapport annuel du Comité consultatif d'ethique

Le rapport annuel du Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé aborde les nouveaux questionnements éthiques que suscitent les progrès de la médecine et le développement des nouvelles technologies médicales, dont les nanotechnologies.
Au cours de l'année, le Comité a présenté des avis sur les questions et problèmes éthiques relatifs à :
- la détection de troubles précoces du comportement chez l'enfant ;
- la délivrance de l'information génétique néonatale à l'occasion du dépistage de maladies génétiques (exemples de la mucoviscidose et de la drépanocytose) ;
- la biométrie ;
- la contrainte budgétaire sur les dépenses de santé en milieu hospitalier ;
- etc.
Le rapport revient également sur les Journées d'éthique 2007 (« Savoir, Croire, Prévoir ») qui portaient sur les avantages, mais aussi sur les limites, des méthodes de prévention.

Accès au Rapport annuel.

01 décembre 2008

DIV : Une nouvelle présidence au BNEI.

Mademoiselle Pascale Ollivier a été élue présidente du Bureau national des élèves ingénieurs (BNEI) lors du 10ème congrès annuel qui s'est tenu à Paris du 14 au 16 novembre 2008.
L’ensemble du bureau a été renouvelé à cette occasion, laissant une place à deux élèves de l'IPB.
Pascale Ollivier, élève aux Arts et Métiers ParisTech, succède à Ugo Silveir.

28 novembre 2008

DIV : Sur l'économie de l'immatériel.

Le Professeur Yann Moulier Boutang, économiste à l'Université Technologique de Compiègne (UTC), intervenait dans l'émission de Frédéric Taddei sur FR3, lors d'une rencontre autour de l'économie immatérielle.

L'économie immatérielle, ou économie de l'immatériel, est une économie qui n'a pas de fondement physique et qui place, au coeur de la création de valeur, ce qui, au sens propre, n'a jusqu'à présent pas vraiment eu de prix : l'imagination, le talent, l'inspiration, la pensée, la cognition, bref la capacité de chacun d'inventer et d'innover, d'appliquer ses raisonnements et son inventivité dans le monde social, etc. L'immatériel irrigue tous les aspects de notre société et il contribue à les unir.

L'économie immatérielle représente 20 % de la valeur ajoutée et 15 % de l'emploi en France. C'est une économie de réseaux, qui rend possible ce qui ne l'était pas dans l'ère industrielle : elle se fonde sur les idées.

Pour voir la vidéo de l'émission (pour en savoir plus sur la rencontre).

Interview de Maurice Levy et Jean-Pierre Jouyet, et le rapport de la commission Levy/Jouyet sur l'Economie de l'Immatériel, publié à la Documentation Française.

26 novembre 2008

DIV : PHENIX - La communication à l’ère des technologies numériques

La communication à l’ère des technologies numériques - Innovation, mutations, médiations et usages.
L'Institut des Sciences de la Communication du CNRS, le Centre de Recherche et de Développement de l'IUT Bordeaux 1, l'Institut de Cognitique de l'Université Bordeaux 2 et de l'Institut Polytechnique de Bordeaux, l'Institut des Sciences de l’Information et de la Communication de l'Université Bordeaux 3, organisent à Cap Sciences, le mercredi 17 décembre 2008 de 9 à 17 heures, une journée de lancement de l'action scientifique transversale Phénix.
Lieu : Cap Sciences, hangar 20, Quai Bacalan - Bordeaux

Entrée libre sur inscription dans la limite des places disponibles à l’adresse <phenix.aquitaine@u-bordeaux3.fr>
Télécharger le programme.

IA - SHS : Actualité de la recherche en TIC.



Le rendez-vous européen de la recherche en technologies de l'information et de la communication ICT’08 se déroule pendant trois jours à Lyon.
Des projets et compte rendus sont disponibles sous le tag ICT08 sur le blog FingLive de la Fing.

17 novembre 2008

BIO : Tout savoir sur le sommeil.

Futura Science propose cette semaine un intéressant dossier : Tout savoir sur le sommeil.
Curieusement alors qu'il occupe le tiers de notre vie, l'homme éveillé a longtemps ignoré la physiologie et les pathologies liées au sommeil. Nos connaissances ne progressent que depuis les années 1950. Elles sont aujourd'hui en plein expansion et conduites par plusieurs équipes scientifiques et cliniques.
A l'occasion de la fête de la science 2008, venez poser toutes vos questions à Sylvie Royant-Parola sur le forum spécial "Les mystères du sommeil".

DIV : rencontre chercheur créateur d'entreprise.


"Chercheur, créateur d'entreprise : Même aventure?"
Mardi 25 Novembre 2008, de 9h à 18h - Centre Condorcet - Pessac

(gratuit - inscription obligatoire)

15 novembre 2008

DIV : Vers la création d'un unique institut des sciences de la vie et de la santé.

La création d'un unique "Institut national des sciences de la vie et de la santé": telle est l'une des recommandations du comité de visite international, présidé par Elias Zerhouni, directeur des NIH américains (National Institutes of Health), et chargé par l'Aeres d'évaluer l'Inserm.
Son rapport est rendu public jeudi 13 novembre 2008. Selon le comité, "le mélange et l'abondance actuels d'institutions de recherche nationales, qui gèrent et/ou financent cette recherche, nécessitent des mesures radicales de restructuration".

L'institut unique ne devrait pas avoir de rôle de gestion mais plutôt se consacrer au pilotage et au financement de la recherche en sciences de la vie "pour tous les opérateurs", estime le comité. Il recommande que l'Inserm soit désigné comme l'intégrateur de toutes les fonctions et entités en charge du financement de la recherche et actuellement fragmentées et qu'il devienne, après une période de transition, le nouvel institut en question.

Lire la suite.

Accès direct au rapport ou à son résumé.

02 novembre 2008

IA - BIO - SHS : Des logiciels qui boostent le cerveau.

Alors que les résultats d'une nouvelle étude publiée dans le numéro d'octobre de Neurology (Neurology, 2008 Oct 21; 71 (17):1342-9 1893642) par un consortium de recherche en neurosciences cliniques italien, confirme que la réflexion professionnelle et l'éducation poussée semblent préserver des pertes de mémoire liées à la maladie d'Alzheimer, le marché des logiciels qui boostent le cerveau est en expansion dans le monde et se structure en véritable filon commercial.
Si, malgré des exceptions célèbres, notamment dans le monde politique anglo-saxon, l'éducation est un
rempart contre l'Alzheimer, le domaine de la prévention par les nouvelles technologies attire de plus en plus d’argent et en produit de plus en plus… Ainsi, en 2006, les "capital risqueurs" ont-ils investi 1, 6 milliard de dollars dans les entreprises qui s’y consacrent, soit 7,5 % de plus que l’année précédente. En septembre 2008, le Nasdaq a créé un nouvel indice, le Nasdaq Neurosinsight Neurotech Index qui s'est ouvert aux nouvelles technologies et au "brain training" ou "neurologiciels".
La production de ces programmes informatiques qui "exercent" différentes capacités cognitives représente un marché mondial que le New York Times évaluait à 2 millions de dollars en 2005 et estime à 70 millions en 2008 pour le seul domaine "grand public", et que Sharpbrains.com, (site de référence sur le sujet) estime à 225 millions de dollars en incluant les marchés médicaux et professionnels.
L’un des principaux succès est le célèbre programme d’entraînement cérébral du Docteur Ryuta Kawashima vendu par Nintendo à plus de 4 millions d’exemplaires, malgré l'absenced' étude scientifique sérieuse. Le marché est donc là !
D’autres groupes exploitent le marché, comme le belge Mindfit, le français Happy Neuron, l'anglais Lumosity ou l'américain Posit Science qui est l’un des plus importants, créé par Michael Merzenich, ancien neurobiologiste de l'Université de Californie à San Francisco, et qui a vendu plus de 100 000 programmes pour PC, Mac ou Linux, et vient d'être élu pour ses travaux à l'Institute of Medicine et la National Academy of Sciences.
Merzenich a d'ailleurs publié en juin dernier une étude dans les Proceedings of the National Academy of science selon lequel la technologie "Posit Science" avait amélioré les capacités cognitives de 93% de 182 sujets testés. Une autre étude menée par l'Université de Californie du Sud ( sur 400 sujets de plus de 65 ans confirme cette tendance.
La valeur de l’exercice cérébral semble en tous cas évidente pour les seniors. Elle présente peut-être également quelque intérêt pour la pédagogie. Ainsi une expérience portant sur 30 élèves d’une école primaire s'entraînant sur la Nintendo DS pendant 15 minutes avant les leçons de mathématiques ont présenté une amélioration importante de leurs résultats scolaires en une dizaine de semaines (ref. BBC).
Selon le magazine Portfolio, le "mental fitness" pourrait devenir un élément d’une nouvelle industrie parallèle à l’industrie pharmaceutique, sur le principe de la prévention mais également du traitement rééducatif recourant à des technologies neuropsychologiques non invasives sur ordinateur pour "recabler" le cerveau.

01 novembre 2008

SHS - IA : Où vont les technologies de l'artefact.

Quand est ce que les technologies de l’artefact nous submergeront-elles ?

Altération de visages : le premier et le second visage donnent le troisièmeLe Face swapping (l’échange de visages) n’est pas qu’un petit groupe d’utilisateurs de Flickr qui s’amuse avec les images, mais c’est désormais un logiciel qui modifie des parties de visages depuis une bibliothèque d’images, comme l’ont expliqué ses concepteurs dans leur étude (.pdf) présentée au dernier Siggraph (vidéo). Le logiciel substitut aléatoirement des éléments du visage d’une photo en puisant dans une banque d’image : une bouche par-ci, un nez par là, permettant par exemple de conserver votre allure générale tout en modifiant votre apparence de détail. Le système pourrait être utilisé pour ‘obscurcir’ (à sa manière) des visages de témoins d’un crime, de personnels militaires, d’une foule, etc. Le logiciel est également capable de modifier un groupe de visages depuis une batterie de photos prise au même moment afin que tout le monde sourie sur une photo de groupe.

Une photo de groupe souriante composée depuis plusieurs images

Pour ses concepteurs, le logiciel repose sur un principe d’obfuscation plus séduisant que le floutage (ce qu'utilise Googe massivement pour anonymiser les visages dans StreetView), la pixelisation ou le masquage que l’on connaît par ailleurs, car il ne diminue pas l’attrait visuel de l’image. Reste que pour obfusquer des images avec ce système, il faut encore que d’autres ne publient pas les originaux pour vous. Via Keven Kelly et le New Scientist.

Dans la continuité, le New Scientist a publié un dossier sur l’avenir de la photographie (2e partie), recensant une somme d’innovations qui vont améliorer nos pratiques de la photographie en modifiant les capacités techniques de nos appareils photos. Systèmes permettant d’éviter les flous liés aux mouvements (en faisant que l’objectif compense le mouvement des personnages, en bougeant dans le sens de leur déplacement), systèmes permettant d’éviter les éblouissements, systèmes permettant d’améliorer les photos que vous prenez (sans avoir à passer par un logiciel), systèmes permettant de créer une photo de groupe réussie depuis plusieurs photos prises en rafales… La recherche n’est pas en reste pour essayer de compenser les failles de la réalité.

Des mouvements flous aux mouvements toujours nets

La retouche d’image se popularise disions-nous récemment. Les travaux d’André Gunthert, directeur du Laboratoire d’histoire visuelle contemporaine, nous rappellent fort heureusement que l’absence de retouche sur les photographies tient, depuis l’origine, plus du mythe que de la réalité.

Reste encore à comprendre comment notre perception de la réalité, de la preuve, va être altérée par le développement de ces ‘technologies de l’artefact’, comme les désigne le chercheur en Sciences de l’information et de la communication, Olivier Ertscheid. Par technologies de l’artefact, entendons des systèmes socio-techniques capables de créer des ‘représentations volontairement altérées et artificielles de la réalité dans une recherche (une ‘mimesis’) de la vraisemblance’. Il est sûr qu’avec l’avènement de la photographie qui calcule (computational photography), intégrée directement dans les appareils, nous allons désormais pouvoir prendre en photographie des choses que nous ne voyions pas jusqu’alors, et surtout, des réalités qui n’existent pas. Pas sûr, qu’à terme, ces systèmes techniques soient en mesure d’en apporter toujours les preuves ou les vérifications que nous sommes en droit d’en attendre.

Comme le dit encore André Gunthert, la photographie entre dans une nouvelle ère, change de nature, et risque dans les années à venir de devenir un média plus proche du cinéma, de la fiction, que du réel. En matière de photographie aussi, ‘la culture l’a emporté sur la nature, la réalité des usages sur la prédestination technique.’

(Ce texte est un relais d'article de Internet Actu.)

IA - BIO : Gordon le cyborg.

Le professeur Kevin Warwick, responsable de l'unité cybernétique à l’Université de Reading en Angleterre, a présenté Gordon, un robot mécanique qui est doté d'un cerveau biologique.
C'est à partir de neurones de rat en culture sur une soixantaine d'électrodes que le cybernéticien a constitué un tableau multi-électrodes (TME) réalisant une véritable interface entre tissus nerveux et machine. Il permet au cerveau d’envoyer des impulsions électriques pour diriger les roues, et de recevoir des informations sur l'environnement à partir de capteurs.
Le robot hybride apprend par répétition et peut par habitude contourner un obstacle, par simple apprentissage au niveau des neurones qui tissent des connexions au sein du TME.
L'étude actuelle consiste à faire varier le voltage sur différents électrodes, en modulant les influx par des produits chimiques pour favoriser ou stopper les transmissions neuroniques. La possibilité de changer de TME en fonction de l'expérience semble montrer, selon Kevin Warwick, que chacun développe une personnalité propre. Les chercheurs de l'Université de Reading étudient et manipulent ainsi un certain nombre de processus fondamentaux, ce qui serait impossible in vivo.
Chaque TME se compose actuellement de 50 000 à 100 000 neurones contre environ deux cent millions pour un cerveau de rat et quelques 100 milliards pour un homme.
Gordon constitue ainsi un modèle simplifié d’un cerveau biologique dans un corps dont on peut contrôler afférences et efférences.

31 octobre 2008

BIO - SHS : Communication par la pensée.

Bientôt, les soldats communiqueront par la pensée.
C'est en tout cas ce que prévoit l’armée américaine qui vient d’accorder à l’université de Californie d’Irvine un fond de 4 millions de dollars afin de développer un système de ‘télépathie synthétique’ qui permettra aux combattants sur le front d’envoyer des messages directement à partir du recueil de l'activité cérébrale.
Le système consisterait en une interface neurale directe qui détecterait certaines manifestations cérébrales EEG. En réception le contenu serait affiché en mode texte ou converti en message vocal.
Via MSNBC/Discovery.com.

30 octobre 2008

DIV : Vers une nouvelle science du pétaoctet.

Bienvenue dans l’âge où les informations sont stockées dans des nuages, explique la revue The Edge, qui consacre un dossier à la fin de la science à l'ère du pétaoctet.
Sommes nous à la fin de la science telle que nous la connaissons ?
À l’échelle du pétaoctet, l’information n’est pas une question de simples dimensions en matière de taxonomie et d’ordre, mais de statistiques agnostiques en termes de dimensions qui nécessite une approche totalement différente, et nous oblige à concevoir la donnée comme quelque chose qui ne peut être visualisée dans sa totalité.
Alors que la méthode scientifique est construite à partir d'hypothèses que l’on teste, de modèles et d’expérimentations qui confirment ou infirment les hypothèses, des nouvelles données massives obtenues issues d'algorithmes mis en oeuvre sur des puissances de calcul jusqu'ici inconnues, permettent des découvertes inatendues.
L’exemple du séquençage des gènes permet par exemple de trouver des centaines de nouvelles espèces, de nouvelles bactéries dont on ne dispose que d’une alerte statistique, une séquence, qui représente une nouvelle espèce. La revue The Edge donne plusieurs exemples de ces pétaoctets d’informations, dans les domaines de la physique, de la biologie, de la politique, de l’information ...
Ce flot de données permet d'ouvrir de nouveaux territoires scientifiques qui ne sont pas sans rappeler la science exploratoire et descriptive du XVIIe siècle. L'exploitation de ces immenses flux de données en astronomie, en physique, en géologie, etc. nécessite de puissants ordinateurs qui peuvent dégager des tendances inaccessibles à l’échelle cognitive humaine, qui viennent enrichir la connaissance actuelle basée sur la théorie qu'elles dépassent et propulsent dans le monde de l'inattendu.