30 novembre 2012

BIO - TECH : des nouveaux microcapteur biologique


Le Laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes (LAAS) e l’Université Toulouse III - Paul Sabatier et du CNRS a développé un nouveau concept de biocapteurs miniaturisés, en collaboration avec Hemodia. Ce système ElecFET consiste en une micro-puce en silicium dotée d'un microcapteur d’acidité et d'une microélectrode métallique utilisant une enzyme spécifique une molécule recherchée.
ElecFET permet alors d'isoler cette molécule recherchée (par exemple glucose, lactate ou glutamate) et de mesurer la variation de pH correspondante dans un micro volume (de l'ordre d'un microlitre). La précision du capteur est équivalente à celle des meilleures techniques actuellement utilisées, et ouvre la voie à une contrôle continu, in situ.
Le champ d'application de ce nouveau capteur concerne à la fois la biologie et la médecine, mais également l'agroalimentaire ou l'écologie.
Communiqué du CNRS (ici) - Article dans Science Direct.

21 novembre 2012

IA - BIO : Biofeedback automatique pour Muse.


La société canadienne IneraXon (Toronto) va commercialiser un système de capteurs intelligents se présentant sous la forme d'un bandeau frontal, appelé "Muse". Capable de recevoir et analyser certaines ondes cérébrales, le système prend en compte l'activité EEG de son porteur et détermine son état de concentration et son humeur. Couplé à une application pour smartphone, Muse permet ainsi de proposer à son utilisateur des petits jeux ciblés permettant d'améliorer votre acuité mentale, à la manière
d'un entraîneur qui pousse le porteur dans ses limites et l'aide à faire de son mieux à chaque instant, en fonction de ses aptitudes et de son état.
Ce système de biofeedback automatique ouvre également une porte sur le domaine de la télépathie artificielle, en permettant de transmettre à un partenaire des informations sur l'état cérébral de l'usager.
Actuellement fonctionnel sous forme de prototype, Muse est actuellement en phase de financement participatif afin de fabriquer et commercialiser ce produit "grand public" pour 2013 à un prix abordable par le plus grand nombre (prévu autour de 200$).

19 novembre 2012

TECH : Des nanosatellites en Aquitaines.

 UNE USINE DE NANOSATELLITES EN PROJET EN AQUITAINE.
 Le groupe Smartspace, créé à l'initiative de Laurent Husson, à pour projet de démocratiser les technologies spatiales et les appliquer au plus grand nombre de secteurs, notamment le sport, la santé, le luxe, etc. 
La filiale Smartspace Nanosatellites va commercialiser des satellites de moins de 50 kg à bas coût (environ 4 M€).
Smartspace souhaite implanter sa future usine dans les Pyrénées-Atlantiques, à proximité du site de Dassault à Biarritz.
Le programme "Investissements d’avenir" est sollicité, en associant l’expérience régionale en matière de composites.
L’usine, dans laquelle les satellites seraient à la fois conçus, produits, intégrés puis testés, sera opérationnelle fin 2014. Sa construction pourrait débuter dès 2013. 
Le premier nanosatellite, expérimental, serait alors lancé en 2013. Smartspace envisage de produire 12 satellites par an dans les premiers temps et créerait quelques 50 emplois.

05 novembre 2012

BIO : Biologie de garage.


Kay Aull, une étudiante en bioinformatique de l’université de Californie, a mis en place en 2009, pour moins de 1 000 dollars, un « laboratoire » dans un placard de son appartement. En bricolant à l’aide d’outils d’occasion, la jeune femme avait fabriqué un test d’hémochromatose génétique, une maladie familialement transmissible qui ne se manifeste pas chez les personnes jeunes, dont son père était, et dont elle se demandait si elle était atteinte. Son matériel de laboratoire consistait en un distillateur (en fait cuiseur à riz), un incubateur (une boîte d’emballage en polystyrène), un thermomètre (thermomètre digital du commerce), un thermostat (d’aquarium), un raffraichisseur (un ventilateur), un thermocuiseur (un coussin chauffant).
Voici un exemple de ce que l’on appelle la « biologie de garage » ou la « do-it-yourself biology ». Elle consiste à se livrer à des expérimentations dans des laboratoires rudimentaires installés dans un garage, une cave ou parfois une armoire (voir l'article Biopunk de SiliconManiaks). 
La biologie de garage est souvent applaudie au vue de son potentiel pour démocratiser la science, pour favoriser une « science citoyenne », pour l’empowerment de personnes ordinaires mais aussi pour ses valeurs éducatives, citoyennes et socio-culturelles.
 Cette pratique récente et émergente, qui  fait l'objet d'un tout récent article de Morgan Meyer du Centre de Sociologie de l’Innovation, École des Mines de Paris (lien commercial ici), fait partie du mouvement de la science ouverte (open science - lien Sussan ici). Celui-ci consiste à partager ses connaissances de façon ouverte, non concurrentielle et en dehors des systèmes académiques d'évaluation ou de financement ciblé. La biologie de garage représente un « exemple d’une traduction directe des pratiques de logiciels libres et de piratage vers le domaine des cellules, des gènes et des laboratoires ». 
Le mouvement "bio-punk" ou "bio-hacker" ou même "cyber-punk"est ouvertement collaboratif. Ainsi des laboratoires associatifs s'organisent un peu partout comme le DIYbio aux États-Unis et le bio-hackerspace de La Paillasse en France. On y trouve le plus souvent des passionnés des sciences, souvent professionnels de la biologie ou de la médecine, faisant de la biologie de garage une science alternative et non pas seulement une science d'amateurs ou de pirates biologistes. 
Les bio-punk sont ainsi capables de séquencer les génomes, de produire des monstres biologiques, des produits inconnus ou autres OGM. 

Mecque du biohacking, l’Institut Technologique du Massachusetts (MIT) a lancé le projet OpenWetWare, dont les résultats sont en libre accès. Les participants y créent et assemblent des "biobricks", c'est-à-dire des portions d’ADN dont on connaît les fonctions précises, à la manière des briques Lego. Chaque assemblage offre un puzzle transposable à la réalité, et l’International Genetically Engineered Machine (IGEM) ou encore la revue io9, organisent des concours pour créer de nouvelles espèces vivantes ou bactériologiques, jusque-là inconnues. La start-up de Synthetic Biology Ginkgo Bioworks souhaite développer quant à elle une imprimante 3D pour biobricks.
Toute cette activité est centrée sur la bioinformatique qui considère désormais le génome comme un simple système d'information dont la destination est le système complexe de la vie.

cf. : Remi Sussan. Biohacking, à l’école des apprentis sorciers. InternetActu.net, 15/10/08 (lien).

cf. : Morgan Meyer, Bricoler, domestiquer et contourner la science : l’essor de la biologie de garage, Réseaux, n° 173-174, 2012/3.

IA - SHS : La voiture du Futur par Toyota.


Voici à quoi ressembleront les voitures dans le futur pour Toyota

Voiture conviviale, virtuelle, autonomes, iiMo est le concept de la voiture du futur.

Toyota présente ici son concept-car de voiture intelligente du futur dévoilé au 27ème salon international automobile de São Paulo (lien).
info issue de Tom's Guide.

23 octobre 2012

IA - SHS : Un monde sans humains (Arte)

ARTE a proposé mardi dernier, 23 octobre 2012, un film documentaire de Philippe Borrel.
"Un monde sans humains"

Pour tous les élèves ingénieurs de l'ENSC, en prolongement de la conférence du 20 septembre 2012 à l'ENSC : "2025 - où, comment, pourquoi ?" de David Angevin et Bernard Claverie.

Relai de ARTE : 
Depuis une quinzaine d'années, l'accélération du progrès technique a permis de réaliser des prouesses impensables. Refaire marcher des personnes amputées grâce à une prothèse bionique ou passer un entretien professionnel face à un robot ne relève plus de la science fiction. La technologie est partout. Elle régit nos rapports sociaux et va s'immiscer jusque dans nos corps. Mais jusqu'où laisserons-nous encore aller nos machines ? C'est cette question récurrente, à l'origine de nombreuses oeuvres utopiques, que pose ici Philippe Borrel.

52min - Diffusé le 23-10-12 à 20:53 - replay

A ne pas rater, la rediffusion sur Arte :

Samedi, 27 octobre 2012, 16h05
Jeudi, 22 novembre 2012, 11h00

Ecouter l'émission de France-Inter du 20 octobre 2012, sur "Un monde sans humain" - lien.

11 octobre 2012

SHS : Créativité et Cognition - congrès 2013

organisent du 17 au 21 juin 2013

Creativity and Cognition 2013
«Intersections and Interactions»

Sydney (NSW, Australie)

SHS : IEEE et e-Science

2013 IEEE 9th International Conference on e-Science
23-25 octobre 2013
Beijing (Chine)

IA - SHS : SOCIETY 2013.


International Conference on Social Intelligence and Technology 2013
SOCIETY 2013
May 8 -10, 2013, State College, Pennsylvania USA
Theme: Computing towards Social Intelligence

lien : ici

03 octobre 2012

DIV : Le principe 20/80

Relai d'une information de Benoit Le Blanc - dr. adj. ENSC.

Vous verrez dans le texte ci-relié (ici) (Journal Les échos - recherche/innovation - 28-11-201) des explications sur le principe du 20/80 qui vise finalement à focaliser les activités sur ce qui touche le plus. Le corolaire est donc dans notre cas de faire le tri pour ne retenir que les actions visibles et porteuses.
L'idée de S.Jobs de recentrer les produits apple sur seulement 4 produits (selon deux axes GdPublic-Professionnels et AuTravail-EnMobilité) peut sans doute s'appliquer à nos activités de recherche : 
Interfaces (travaux sur la forme de la cognition) ----- Connaissances (travaux sur le fond de la cognition)
Suppléance (agir à la place de) ------ Augmentation (agir en plus de)
Benoit le Blanc

IA : Robot et tablette - la présence dépersonnalisée.

Le Human Support Robot (HSR) est un robot créé par Toyota, et développé pour assister les personnes handicapées à domicile, dans le cadre du programme Partner Robot. Spécialement conçu pour aider les personnes handicapées ou âgées ayant des difficultés à se déplacer, il fonctionne à l'aide d'une tablette grâce à une interface simplifiée. La tablette est disponible sur le robot, afin des faciliter la communication avec une personne à distance.
Double Robotic avait déja proposé le principe avec un rabot communiquant qui est équipé de deux roues et pèse environ 7 kilos. Il peut élever l'iPad à une hauteur comprise entre 1 mètre et 1,50 mètre et dispose d'une autonomie d'environ 8h. Lui n'a qu'une vocation de communication, et promet l'émergence de comportements intéressant et d'expérience amusantes sur la dépersonnalisation.
A quand un tel proto à l'ENSC ... demandons à Stéphane.





18 septembre 2012

IA : Un réseau de drones pour la livraison de colis

UAV Matternet
Matternet est une start-up basée à Palo Alto (Californie), au coeur de la Silicon Valley. Elle vient de proposer un projet de réseau de mini-drones pour assurer la livraison de colis de petite taille.
L'idée est de transposer le modèle du "peer to peer" numérique au monde physique, pour assurer la livraison de paquets dans des zones peu accessibles et non couvertes par les services de messagerie rapide.
Le projet initial de Matternet a un but humanitaire : assurer la livraison de médicaments par des drones (UAV) dans les pays en voie de développement, en mettant en place un réseau de stations desquelles décolleraient les drones pseudo autonomes. Une démonstration a eu lieu lors de la conférence TexHelvetia cette semaine (13 septembre 2013 à Lausanne). Un mini-drone, proche du principe du Parrot AR Drone, en plus gros et plus robuste (, 6 propulseurs, 40 km/h, 400 pieds d'altitude, vol de jour comme de nuit par conditions météo même difficiles, doté d'un parachute de récupération), permet ainsi de porter un paquet de 2kg sur une dizaine de kilomètres. Le dispositif nécessite des structures physique de réception-émission des drones (sorte de mini aérogares automatiques) et d'une couverture GPS fiable.
En espace rural
Le système est testé au Lesotho pour un plan d'aide et de traitement du HIV comportant 47 cliniques, 6 laboratoires sur 138 km2, notamment pour le transport des prélèvements sanguins.  Le prix d'un tel équipement s'avère raisonnable, et ceci d'autant plus que le trafic est élevé. Dans le cas cité, un réseau de 50 stations et de 150 appareils revient à 900K$, moins que la construction de deux kilomètres d'autoroute. De manière générale, il faut compter 1K$ par drone, 15K$ par station, avec une maintenance de moins du dixième par an - d'après Matternet, le prix pour 2kg sur 10 kilomètre dans un réseau de seulement 3 drones et 3 stations au sol avec un trafic de 25 mission par jour est de moins de 25 cents.
En ville
Selon Andreas Raptopoulos, cofondateur de Matternet, c'est bien au-delà de ce projet spécifique que de tels drones gérés en réseaux pourraient permettre d'organiser en P2P la livraison de courriers et colis, et ceci quel que soit l'état des routes ou des axes physiques de communication (routes barrées, travaux ou météo, etc.). On peut, selon lui, égalemement imaginer un service dans les grandes villes et les mégacités, d'immeubles à immeubles. On peut facilement imaginer également une couverture de toutes les banlieues, ou même avec des relais (style réseau de Chappevers des destinations plus lointaines, et ceci pour la messagerie, mais également des pizzas ou des sushis, des fleurs, de livres ou de cadeaux, ou même servir de relai de presse pour livrer les magazines ou journaux ... L'imagination n'a ici que les limites du ciel ... et de l'anticolision des drones dans un ciel qui risque forte de se complexifier en 3 dimensions.
Voir la présentation de Andreas Raptopoulos (ici) et le site de Matternet (ici).

27 août 2012

DIV - IA : L'Internet en 10 ans.

Le site Bestedsites ("Best Education Sites") publie le 26 août une infographie "A decade later" qui met en perspectives les données du l'Internet en 2002 et celles de 2012.
En seulement 10 ans, beaucoup de choses ont changé dans notre univers numérique (nombre d'utilisateurs, réseaux sociaux, temps d'accès et de téléchargement ...).
Par exemple, de moins de 600 millions de personnes reliées à Internet il y a dix ans (cad moins de la moitié du nombre des inscrits à Facebook aujourd’hui), on est passé à un tiers de la population mondiale. En moyenne, les usagers utilisent le Web 50 fois plus longtemps par jour et le social networking est passé de 3 millions d'utilisateurs à 900 millions. Les vitesses de téléchargement d'une page ont été triplées alors que les contenus se sont complexifiés, avec un design amélioré ; et télécharger une chanson se fait 40 fois plus rapidement.
Le document propose également une liste de sources intéressantes et mentionne également les grands noms de l'Internet pour les deux périodes.
Voir l'infographie sur Bestedsites.

25 août 2012

DIV : Un cadre européen pour conserver l'information numérique.

Le problème du stockage et de la conservation de l'information numérique, par essence importante, labile et codée, est une préoccupation majeure de notre siècle. Il convient en effet de la protéger, de l'indexer et de la rendre accessible aux générations futures. C'est pourquoi un projet financé par l'Union Européenne a élaboré une architecture de référence afin de conserver l'information numérique et la rendre utilisable à l'avenir, quel que soit le lieu ou de la manière dont elle est enregistrée.
Un problème réside dans l'évolution technologique incessante, qui rend très vite obsolète à la fois les matériels de saisie, de stockage et de restitution, et les méthodes et formats dans lesquels l’information numérique est traitée. Pourtant, on sait que la prospérité des générations futures dépend de leur accès à l'information du passé.
Jusqu'ici elle a été assurée par la parole, les mythes, les chansons et le théâtre, le dessin, la gravure, l'art, la tradition, etc., et surtout l'écriture et plus récemment l'imprimerie. Aujourd'hui, l'ensemble de ce patrimoine tend à se numériser et l'ensemble de l'information nouvelle produite l'est, en quasi-totalité, de manière numérique.
Face à cette problématique critique, l’Union européenne a mis en œuvre le projet SHAMAN qui propose un cadre de conservation numérique de pratiquement n'importe quel format de données. Shaman signifie "être éclairé" en Tungus, dérivé lui-même du sanskrit Shramana (orthographié Chaman en français) et signifiant "détenteur des connaissances".
Ce projet collaboratif d'un consortium associant plusieurs sociétés et universités européennes vient de publier son rapport final, ayant atteint son objectif en fin 2011. Le travail de l'équipe du projet a consisté d'abord à analyser les pratiques et les préoccupations de ceux qui utilisent les méthodes de conservation des objets numériques dans une grande diversité d'organisations. Le but est de produire une solution qui simplifie le travail de conservation, notamment pour les institutions, entreprises et personnes pour lesquelles cette préservation ne fait pas partie des préoccupations ou exigences prioritaires.
L’architecture de référence du SHAMAN (SRA pour Shaman Reference Architecture) repose sur la technique du Grid Computing pour l'hébergement en raison de sa robustesse et de ses redondances. La technique du Cloud Computing n’a pas été retenue en raison de l’immaturité des technologies et de sa faible fiabilité face à des entreprises malveillantes. SHAMAN propose une vue holistique et unifiée de la préservation numérique autour de trois prototypes qui ont été testés respectivement par la Bibliothèque nationale allemande, dans un contexte industriel et dans les universités.
Le premier est à dominante méthodologique et montre que l’intégralité du cycle de vie numérique (création, montage, archivage, adoption et réutilisation) pourrait être appliqué aux livres, aux images et aux vidéos. Le deuxième est plus technologique en garantissant la conformité légale et améliorant la robustesse de sauvegarde. Le troisième est plus adapté au secteur de la science et de la santé qui génère un volume considérable et exponentiel de données toujours accessibles et réutilisables.
Selon les responsables du projet, il est probable qu’avec le développement de l’open data (ouverture des données) SHAMAN trouve facilement de nouvelles applications.

04 juillet 2012

SHS : A vos vielles bobines ! Mémoires partagées

L'INA collecte le patrimoine audiovisuel des Français (films en bobines, en cassettes, déjà numérisés).
L'Institut National de l'Audiovisuel a lancé une campagne de collecte de films amateur réalisés par les Français : Mémoires partagées.
Ce programme vise à recueillir les trésors audiovisuels de tous types, enfouis dans les armoires et tiroirs  ou dans les vidéothèques d'amateurs : fêtes populaires, célébrations historiques (libération, évènements politiques...), mutation des villes et des campagnes, mais également évènements familiaux revêtant un caractère de témoignage historique, ethnologique...
Cet appel à contribution s'adresse à tous : particuliers, associations, institutions, entreprises. Dans un premier temps, il est focalisé sur la région Aquitaine.
Les archives ainsi recueillies et sélectionnées seront consultables sur le site de l'INA.

30 juin 2012

IA - SHS : La mort du minitel

Le Minitel est mort ce soir !
30 juin 2012
Pour Larousse, c'est un "Terminal d'interrogation vidéotex diffusé par l'Administration de La Poste." Il s'agit de l'abréviation de "Médium interactif par numérisation d'information téléphonique", et c'est Bernard Marti qui en fut le père au Centre commun d'études de télévision et télécommunications de Rennes (CCETT). Il y coordonna les travaux à l’origine du Minitel , supervisés par Jean-Paul Maury, alors directeur du projet "Annuaire Électronique et Minitel" de 1979 à 1985 (voir vidéo).
Véritable fait de société, le Minitel a été développé par le Ministère des Postes et Télécommunications  (P&T) et utilisé en France dans les années 1980 et 2000, avant d'être supplanté par l'Internet. Il désigne à la fois le solide appareil en plastique qui équipait chaque possesseur d'une ligne téléphonique, et l'ensemble du service Vidéotex ainsi que le réseau associés.
C'est en 1978 que le président Giscard d'Estaing reçu des mains de Simon Nora et Alain Minc un rapport sur l'informatisation de la société. Celui-ci va être à l'origine d'une véritable révolution technologique, dite "télématique" (association informatique et télécommunications), qui incitait à la connexion de terminaux permettant la visualisation de données informatiques stockées dans des ordinateurs à travers les réseaux de téléphoniques. Le réseau vidéotex utilisant les lignes téléphoniques fut lancé en 1978 et rendu public à l'Intercom 79 de Dallas (Texas-USA), annonçant pompeusement "le déclin de l'ère du papier" (voir "Minitel story").
En service pour l'annuaire éléctronique en accès gratuit (36-11), il a donné naissance au commerce et aux services en ligne (36-12, 36-13, etc.), à la vulgarisation de l'astrologie, à la communication associative et aux forums en ligne, jusqu'aux services de messagerie rose et aux sites de rencontre avec le fameux 36-15 (voir notre post).
Une page d'histoire se tourne...
Voir l'émission de la deuxième chaine française du 21 décembre 1983 (source INA) sur l'annuaire électronique et les services Minitel de l'époque.
Idem JT première chaine du 19 mai 1978 (source INA) sur le rapport Nora-Minc.

DIV : Vieillir un peu moins vite.

Dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 juillet 2012, toutes les horloges devront ajouter une "seconde intercalaire" à "presque deux heures du matin".
Pourquoi "presque", en fait parce que une seconde avant deux heures du matin, il sera exactement deux secondes avant minuit.
Explication : La Terre a pris son temps, et une diminution de sa vitesse de rotation oblige à recaler les horloges. Donc, samedi à exactement 23h59min59s en Temps Universel (nous sommes à TU+2 en France), il faudra attendre deux secondes avant de passer au 00h00min00s TU. La dernière minute aura alors duré 61 secondes!  Les horloges du monde entier devront donc afficher 23h59min59s TU, puis 23h59min60s TU, puis 2h00min00s TU.
Deux questions :
Plus la terre vieillit, moins elle tourne vite, et donc plus son son horloge jour/nuit ralentit. Or nous savons depuis les premiers travaux de chronobiologie, que notre (nos) propre(s) horloge(s) interne(s) se synchronise(nt) sur ce nychthémère. Nous sommes nous-mêmes des éléments constitutifs de la terre ; nous gagnons du temps par rapport à un temps absolu (!) repéré par des horloges atomiques qui, soit dit en passant, doivent donc nous paraitre s'accélérer. Vieillissons nous donc moins vite avec le temps ?
Quelle est donc l'essence de cette seconde en plus (en trop ?). Nous ne vieillissons conventionnement que d'une seconde en deux secondes. Une seconde, ça va, ça passe inaperçu ... Mais imaginons qu'il s'agisse d'une heure, d'un jour, voire de plusieurs comme ce fut le cas en 1582 au passage du calendrier julien au calendrier grégorien, et où le 15 octobre fut immédiatement suivi du 4 octobre.
Peut-on considérer que les gens rajeunissent, alors que leur coeur continue de battre, que leurs rythmes cérébraux poursuivent leurs écoulement, que le sommeil revient régulièrement et que les enfants continuent de grandir ?
Cette expérience met en évidence deux caractéristiques de notre temps biologique : c'est bien le temps social qui découle du temps physiologique, malgré les conventions et les études de l'Observatoire de Paris ; nous sommes dépendants de notre planète, et c'est elle qui rythme notre propre temps. La dernière seconde rajoutée l'a été le 31 décembre 2008, et ce soir, ce sera seulement la 25e fois qu'on rajoute une seconde au temps universel depuis l'instauration de ce système.
La convention ne fait pas l'unanimité, et si aucune fusée ne sera lancée pour cette cause pendant cette période. Certains pays souhaitent l'abolition de cette seconde intercalaire, perturbatrice et source d'erreurs. L'administration américaine de gestion du système de géolocalisation par satellites GPS a déjà fait savoir qu'elle entendait ne se rapporter qu'à l'horloge atomique, sans tenir compte des ajouts irréguliers, en compensant les secondes manquantes ultérieurement par décalage du signal émis et envoyé au sol. Une autre façon de freiner le temps.
 Si vous êtes dehors entre deux heures moins une et deux heures cette nuit, n'oubliez pas de regarder le ciel, et vous le verrez peut-être défiler tout d'un coup deux fois plus vite devant vos yeux ... à moins que ce ne soient eux qui vous jouent des tours !
Communiqué de l'Observatoire de Paris (lien).

27 juin 2012

IA - SHS - BIO : Le dernier numéro de CogniScienceS est en ligne.


Le dernier numéro (n°11) de CogniScienceS, le journal des sciences de la cognition, est accessible en ligne à l'url.

Au sommaire :
  • 1956, La naissance des sciences cognitives, par Audrey Bruneau
  • Les sciences cognitives en France, Une histoire de couverture, par White Rabbit
  • Les conférences Macy, par Marion Labadie
  • Généalogie des sciences de la cognition, N'oubliez pas vos origines, par White Rabbit

Plus d'informations sur CogniScienceS (ici).
Accès aux numéros antérieurs (ici).

24 juin 2012

DIV : Evolution du français.

Le nombre de francophones est celui qui a progressé le plus rapidement (en pourcentage) au monde entre 2007 et 2010 : il a augmenté de 10% passant de 200 à 220 millions de personnes. En 2050, selon les estimations de l'ouvrage de synthèse "La langue française dans le monde", publiée par l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), il y aura 750 millions de francophones, dont 90% seront africains (source).
Selon les Cahiers Quebecois de démographie, la population francophone devrait passer de 3% de la population mondiale en 2000 à plus de 8 % de la population mondiale en 2050. Des prévisions indiquent que la population anglophone (langue maternelle) diminuera proportionnellement par rapport au chiffre de la population mondiale, passant de 9 % en 2000 à moins de 5 % d'ici 2050.
Actuellement (ordre de grandeur) : langues chinoises (plus de 1,2 milliards de locuteurs), langues indiennes - Hindi, Urdu et Bengali (1,2 millions), Espagnol et Portugais (plus de 500 millions), langues anglo-saxonnes (400 millions), langues arabes (300 millions).

DIV : Sur l'origine latine et religieuse de l'ordinateur ...

Du latin ordinator (« celui qui met de l’ordre, ordonnateur »).
C'est la firme IBM qui a introduit en France, vers la fin des années 50, le mot "ordinateur" pour traduire l'anglo-saxon "computer". On utilisait à l'époque la traduction littérale "calculateur", mais ce mot était trop restrictif et ambigu en français.
François Girard, directeur commercial d'IBM France, sollicita Jacques Perret, alors titulaire de la chaire de philosophie latine à la Sorbonne, qui proposa le terme religieux "ordinateur", alors tombé en désuétude et qui signifie étymologiquement “Dieu met de l’ordre dans le monde”.
Cette proposition, datée dans une lettre manuscrite du 16 avril 1955, a été acceptée et le néologisme francophone "ordinateur électronique" est né. Le mot a été protégé quelques mois par IBM France, mais a été rapidement adopté par des experts et les clients, pour tomber dans le domaine public en 1965 et connaitre la fortune qu'on sait.
On constate cependant, avec la passivité et parfois l'activisme des universitaires français, qu'on lui préfère souvent aujourd'hui le terme anglo-saxon, dans un renoncement bien connu des adeptes du tout anglais, dont la suprématie mondiale est pourtant en perte de vitesse manifeste (voir le post suivant).