28 août 2014

IA - BIO : Un exosquelette pour des membres surnuméraires.

Depuis quelques temps, plusieurs posts ont été consacrés à la cobotique et aux exosquelettes. L'ENSC s'intéresse à ces domaines appliqués à l'industrie, notamment avec des thèses Cifre avec le groupe Safran (2 thèses avec Herakles et 1 avec Aircelle). L'équipement programmé de l'école permettra d'ailleurs de former concrètement tous les élèves ingénieurs à la problématique.
La première vocation de la cobotique et particulièrement de l'exosquelette est d'augmenter les capacités et la performance de l'homme. Or l'hypothèse première est jusqu'ici consacrée à la force ou l'amplitude et la précision du mouvement ou du geste ainsi artificiellement augmentés.
L'équipe de robotique du laboratoire d'Arbeloff du MIT à Boston à exploré une autre piste qui nous paraît fort intéressante. Plutôt que de s'intéresser à l'augmentation de la performance des membres de l'utilisateur, les chercheurs ont opté pour une augmentation quantitative. Ils ont donc imaginé une prothèse robotique qui, une fois portée, permet à son utilisateur de bénéficier d’un ou deux prolongements supplémentaires : la problématique de "Shiva" ou celle de la pieuvre si l'on préfère.
Ce type de squelette artificiel complémentaire se nomme SRL (pour supernumerary robotic limbs), et sont des prothèses robotiques qui, lorsqu'elle sont portées, offrent un ou plusieurs membres de plus que d’ordinaire.
L’appareil qui pèse moins de 10 kilos et facile à porter : il s’attache aux épaules ou aux hanches de l'opérateur, laissant ainsi une entière liberté d'utilisation de ses membres pour des gestes naturels. 
Pour l'instant, l'appareillage n'est pas contrôlé par une interface BCI (cerveau-machine) ou par des capteurs EMG (activité myo-électrique), ce qui devrait être une piste de développement à privilégier. Par exemple, et c'est très intéressant, l’appareil dispose d'une capacité d'intelligence artificielle lui permettant d’apprendre à partir des mouvements du corps de la personne qui le porte en fonction de la tâche à faire. Ainsi, cet exosquelette permet par exemple d’ouvrir des portes laissant à son utilisateur les mains libres, pour porter des charges légères, fragiles ou pour utiliser un ordinateur portable.
Le développement IA Les chercheurs travaillent sur le développement d'algorithmes d'apprentissage de routines permettant, par exemple l’utilisation de certains outils ou la systématisation de certains comportements opératoires précis. Le but est, à terme, d'obtenir un exosquelette compagnon, qui servira à porter des objets, manipuler des éléments toxiques ou dangereux pour les mains des opérateurs, et soulager les tâches en proposant ou triant des outils pendant l’exécution d’une tâche de manipulation naturelle.
On voit ainsi une nouvelle application de la vocation de convergence entre différents domaines technologiques, la robotique et l'IA, et les sciences du comportement naturel, telles que l'ethnologie humaine, la bio mécanique et l'ergonomie en situation complexe.
Voir une vidéo du MiT (ici).


http://dailygeekshow.com/wp-content/uploads/2014/08/robot-carton.jpg

25 août 2014

IA : Une commande BCI pour piloter des avions.

L' équipe du professeur Florian Holzapfel de l’Université Louis-et-Maximilien de Munich, a mis au point un système de pilotage aérien par BCI.
La technique BCI (brain-computer interface, ou interface directe cerveau-machine) est connue depuis les "tortues" de Gray Walter dans les années 1950 à Bristol. Elle consistait alors à donner des ordres à un robot autonome directement par l'électroencéphalogramme. Le principe a récemment été repris en robotique et on voit apparaitre depuis quelques années une réinvention de la technique à propos de la communication homme système, notamment en conduite automobile ou pour la commande des fauteuil des personnes lourdement handicapées dans leurs activités motrices. Une formation au BCI est d'ailleurs mise au programme de l'ENSC (2ème année) depuis une dizaine d'années grâce à sa collaboration avec l'ETSI Telecomunicación de l'Université de Málaga (lien).
Le projet "brainflight" de Florian Holzapfel est du même principe et s'applique au pilotage des aéronefs.  Une vidéo (ici) montre un des membres de l’équipe aux commandes d’un simulateur de pilotage aéronautique. Ce dernier effectue une approche de piste et un atterrissage sans jamais se servir de ses mains, simplement équipé d’un casque EEG et d'un système convertissant les signaux bioélectriques en commandes de pilotage.
Info (ici). Voir le projet "BrainFlight" (ici).

25 juillet 2014

DIV : Les Escales du Design - à l'ENSC - le 4 décembre 2014


Pour plus d'info sur les Escales du Design 2014 : lien (ici)

IA - BIO : Bio-bots - les limites du vivant et de l'artificiel sont en train de tomber.

En utilisant du tissus musculaire imprimé en 3D et en le stimulant électriquement, des chercheurs du laboratoire de micro et nanotechnologie du département de bio-ingénierie de l'Université de l'Illinois, dirigé par Rashid Bashir, ont créé un "robot biologique" doté de capacités notices bio-artificielles.
Les "bio-bots" ou "robots biologiques" sont à la fois vivant et à la fois artificiels. D'une taille de moins d'un centimètre, ils sont constitués d'une combinaison de cellules vivantes et de cellules synthétiques en hydrogel et sont capables de marcher grâce à des muscles contrôlées par des impulsions électriques.
C'est à partir du modèle naturel musculo-squelettique (muscle-tendon-os) que les chercheurs ont réalisé leur hybride.
Une bande de cellules provenant de muscles squelettiques, dans la nature dépendant du contrôle volontaire du système nerveux central a été insérée dans  une armature d'hydrogel imprimée en 3D, suffisamment solide pour donner une structure au "bio-bot" et assez flexible pour plier comme une articulation. Le dispositif a été attaché aux deux "pieds" du bio-bot, de la même manière qu'un muscle est attaché à l'os par un tendon. La vitesse de flexion-extension peut être contrôlée en ajustant la fréquence des impulsions électriques "innervant" les cellules musculaires et en permettant le mouvement.
Un tel dispositif pourrait être doté de capteurs environnementaux, ce qui les rendrait mobiles et autonomes, pour par exemple aller détecter des molécules chimiques ou des fréquences électromagnétiques. Ces machines biologiques pourraient également être utilisées comme vecteurs pharmaceutiques ou comme "implants intelligents", en chirurgie substitutive ou robotisée.
Au delà de la performance, voici une nouvelle frontière qui se complexifie, avec l'ambiguité des statuts du vivant et de l'artificiel ici associés dans une hybridité micro-technologique vertigineuse, qui entraine la réflexion dans le domaine de l'éthique et du droit du vivant. Sommes nous en train d'assister à la naissance d'une nouvelle espèce d'animaux artificiels ou, à terme, de tissus bio-implantables entrainant l'homme dans un nouveau statut d'être artificiel.
Voir une vidéo (ici).
Article de ScienceDaily (ici).

21 juillet 2014

BIO - IA - SHS : Du Cybathlon aux jeux olympiques des robots.

Alors que le Premier ministre du japon, Shinzo Abe, projette d'organiser en parallèle des JO de 2020 à Tokyo, des Olympiades des robots
Les jeux olympiques seraient alors définis comme des jeux "humains", les olympiades des robots seraient des jeux "robotiques". mais à quand lies jeux olympiques mixtes, ceux qui permettront par exemple aux meilleurs athlètes de rivaliser avec des robots sportifs, comme on organise déjà en IA des rencontres humains/machines pour les jeux d'échecs, de dames ou le fameux Jeopardy.
Déjà, les robotisions concourent pour les olympiades des handicapés équipés de prothèses bioniques : ce "Cybathlon" se déroulera en 2016 à Zurich.

IA : Une main presque humaine.

La Shadow Robot Company a mis sur le marché une main artificielle robotique sensible. Elle est capable d’analyser la forme d’un objet pour décider de la position et de la force nécessaires pour s’en saisir, faisant ainsi passer le mouvement robotique à un stade supérieur.
La Dexterous Hand est équipé de capteurs de pression et d'une série informatique d'intelligence artificielle référée à un inventaire de prototypes de formes sensorielles, permettant de contrôler l'acte de saisie et la manipulation des objets fragiles.
Ce dispositif comporte donc une proto conscience de son environnement, ou tout au moins de l'objet saisi grâce au sens du toucher. Les capteurs des doigts couplés à des caméras 3D permettent au robot de "comprendre" ce qui l’entoure et d'interagir avec son environnement.
La Dexterous Hand est capable de placer ses doigts dans la bonne configuration en fonction de l’objet qui lui est présenté, de l’attraper et de la manipuler sans pression excessive tout en assurant la solidité de la saisie.
Le but est double : disposer d'un outil intelligent de manipulation déportée et développer une nouvelle génération de prothèses.
Voir une vidéo (ici).

19 juin 2014

16 juin 2014

DIV : Du nouveau dans l'eau !

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Une équipe de chercheurs de l’université Northwestern (Chicago, Illinois, Etats-Unis), dirigée par  le minéralogiste Steven Jacobsen, a publié dans la revue Science une étude selon laquelle une immense quantité d’eau, peut-être 3 fois le volume des océans, est située dans la zone de transition située entre les parties supérieures et inférieures du manteau terrestre, à quelque 640 km, notamment sous les USA. Ce réservoir est emprisonné dans une cavité de roche sous haute pression, la ringwoodite

Les chercheurs ont utilisé un ensemble de 2000 sismographes et ont modélisé la façon dont les ondes sismiques générées par les tremblements de terre bougeaient à travers l’intérieur de la Terre. La vitesse de ces vagues change en fonction des roches traversées, et la ringwoodite mouillée a un effet particulier sur cette propagation d'ondes. Or un petit morceau de ringwoodite a été découvert en mars 2013 (lien) et son analyse a révélé qu'il contenait une quantité importante d'eau, de l'ordre de 1,5% de son poids. Cette eau n'est cependant pas présente sous forme liquide. A cette profondeur la pression et la température brisent la molécule H2O qui se divise pour former un radical hydroxyle (OH) qui se lie à la structure cristalline du minéral.
Selon les chercheurs et après des expériences de simulation reproduites en laboratoire, la ringwoodite, lorsqu’elle est maintenue sous une extrême chaleur et un pression telle que celles des profondeurs du manteau terrestre, « transpire de l’eau ». Celle-ci serait alors piégée dans une zone de transition, entre 410 et 660 kilomètres de profondeur. Si, selon une hypothèse basse, un pour cent du poids des roches du manteau situées dans la zone de transition est constitué d'eau, elle correspondrait à l'équivalent de près de trois fois la quantité d'eau des océans.
Grâce à cette hypothèse, les chercheurs espèrent expliquer comment les océans se sont formés, sur Terre, à partir d'une origine souterraine. D’autres tests seront néanmoins nécessaires pour formaliser cette théorie.
L’équipe, pour l’instant, ne confirme que le fait que le réservoir se trouve sous les Etats-Unis, mais ne pose aucune hypothèse pour estimer jusqu’où il s’étend.
Cette découverte, si elle s'avérait vérifiée, révolutionne la minéralogie moderne et les sciences de la Terre en corroborant l'hypothèse de la présence d'une couche d'eau située sous terre qui avait été énoncée dès les années 1930.

03 juin 2014

BIO : Soignez la dépression ... avec des lunettes.


lunettes-connecte-google-glass-concurrente-innovations1Pendant que Google augmente la réalité de votre vision grâce au Google glasses, d'autres chercheurs utilisent les lunettes pour vous soigner.
Les lunettes créées par Troy Hudson de sont ainsi conçues pour transporter sur vous les techniques de luminothérapie contre la dépression saisonnière. Cette pathologie  touche chaque hiver près de 10 millions de personnes dans l’hémisphère nord. Les symptômes associés sont l’anxiété, les sautes d’humeur et la dépression
lunettes-connecte-google-glass-concurrente-innovations2Le traitement habituel consiste, en appui d'une pharmacopée adaptée, en une exposition thérapeutique à des lampes UV spéciales qui imitent la lumière du soleil. 
Troy Hudson, de l’université Drexel à Philadelphie, a conçu une paire de lunettes connectées, contrôlée par iPhone (voir ce lien), qui simule la lumière du soleil et la diffuse dans le champ de vision périphérique du porteur, préservant ainsi la vision centrale tout en stimulant les champs périphériques qui sont connectés aux centres de la régulation de la vie chronobiologique.




30 mai 2014

IA : Pourquoi conduire, Google le fait pour vous.

On se posait depuis longtemps la question de savoir "pourquoi apprendre, puisque si vous ne le savez pas, Google le sait pour vous ?". On peut maintenant légitimement de poser la nouvelle question "pourquoi conduire, puisque Google le fait pour vous ?".
On sait parfaitement que les pratiques et les techniques d'accès au Web ont métamorphosé les cerveaux, les modes d'apprentissage des jeunes et la communication entre les personnes perpétuellement connectées. Google va plus loin dans son accompagnement de la mutation des hommes vers un état transhumain qu'il ambitionne et appelle de ses voeux. Inutile d'apprendre à conduire, inutile d'investir dans l'industrie de la signalétique, dans les moteurs et l'économie automobile du passé ; la singularité automobile a été atteinte : "plus besoin de conduire" !
Depuis quelques années, Google développe une voiture autonome capable de rouler dans le trafic normal, sans conducteur. La firme a tout bonnement supprimé le volant et les pédales et manettes de conduite. Ca ne sert plus a rien !
Le tout nouveau prototype (voir la page du Blog Google) sans volant ni pédale d'embrayage, d'accélérateur ou de frein,  est géré par un logiciel et des détecteurs s’occupent de tout. Avec son GPS intégré, la" Google car" peut calculer un itinéraire et s’y rendre en toute facilité, en toute rapidité, en optimisant les trajets en fonction de l'encombrement des routes, de leur état et du trafic potentiel en fonction des données en ligne et de son expérience issue du "big data". Les détecteurs quant à eux sont d'une efficacité redoutable puisqu'ils peuvent concevoir une image (qui n'est pas mentale mais techno-homologue) sur une superficie équivalente à deux terrains de football américain ; bien plus que ne peut concevoir un cerveau de conducteur humain.
Pour l'usager, le progrès est triple : la tranquillité, l'efficacité et la sécurité.
Un vidéo intéressante montre l'expérience de la nouvelle voiture autonome qui peut embarquer deux passagers. Ils n’ont plus qu’à profiter du voyage, discuter entre-eux, tout en pouvant modifier les données de l’itinéraire grâce à un écran de contrôle tactile sur lequel ils peuvent surveiller l'avancée d'un voyage à la vitesse optimisée maximale de 40 km/h (voir la vidéo).
Au-delà de la prouesse technique, l'expérience pose plusieurs questions.
S'il n'y a plus besoin des mains, des pieds, ni du cerveau, c'est que Google les déclare inutile, c'est que le conducteur traditionnel est inutile, cantonné à conduire les vieux tacots et autos d'un autre temps, ou peut-être les véhicules à bas coût et d'un autre âge que les populations archaïques devront encore assumer faute de ne pouvoir accéder économiquement ou culturellement aux automatismes.
Deux analogies sautent aux yeux. la première concerne les avions du passé, cantonnés aux aéroclubs et aux pays en voie de développement, alors que Airbus et Boeing d'une part, Dassault, Embraer et Bombardier sur un autre segment civil, Dassault, Boeing et General Dynamics ou Saab pour le militaire (voir un F16 sans pilote ici), dont on sait qu'un des enjeux sera prochainement le transport sans pilote et l'opérationnel purement mécanique, sont dans la compétition à l'automatisme et l'autonomie. La question se pose aussi pour les trains, avec déjà des métros sans conducteurs comme sur les lignes 1 et 14 et bientôt la ligne 4 à Paris, l'Orlyval à Anthony, etc (ref ici). La seconde analogie concerne la robotique autonome, avec les robots compagnons et de surveillance ou intervention, pour une meilleure efficacité et une sécurité des opérateurs comme des sites d'activité (voir cobotique).
Si l'on observe l'ensemble "Google-Car" dans son contexte, il faut admettre qu'il passe le "Test de Turing" ... Ou la conduite est un comportement idiot, ou s'il est intelligent, Google a dépasser les limites technologiques de l'intelligence. Comme d'habitude, dans ce cas, et ce fut celui de Deep Blue avec le dépassement des performance humaines aux échecs, on est en face de deux positions intellectuelles.
Soit on repousse les limites de l'intelligence humaine au-delà de la limite atteinte par les machines. Dans ce cas il faut donc admettre que ceux qui jusqu'ici se considéraient comme pratiquant une activité intelligente de haut niveau en conduisant vont être déçu. Dans le meilleur des cas, on peut admettre que ce n'était qu'une activité d'intelligence infra humaine, celle qu'un animal intelligent aurait pu atteindre, mais certainement plus une activité d'intelligence humaine supérieure ; le chauffeur est donc rangé au niveau du domestique, comme l'animal savant. Soit on statue directement sur le fait que conduire correspond à une partie d'intelligence qu'on qualifie d'automatique, et qui n'a donc rien de caractéristique d'humain. Conduire est du ressort de la machine : alors pourquoi continuer puisque les machines le font bien ? Tel a été le cas de nombreuses tâches domestiques ou industrielles que les hommes ont déléguées aux machines : laver, coudre, cuire, usiner, monter des pièces industrielles, assembler des mécanismes pour en faire des machines, mais également écrire, imprimer, relier, publier, ou compter, calculer, rédiger, réfléchir, etc.
Le statut même de l'intelligence doit être repensé à partir de l'efficacité du comportement qui en est issu. Si l'intelligence est ce que nos civilisations ont respecté en alternative à la force, et si la mécanisation en détruit le statut purement humain en en donnant les clefs à ceux qui ne l'ont pas, par défaut ou par choix, n'est-ce pas une forme de porte ouverte sur l'inconnu ? Quoi qu'il en soit, l'intelligence artificielle concrète, celle qui agit en perfuse la société, celle avec qui nous apprenons à partager le monde, se diffuse et rend l'aspect des choses drôlement intéressant. L'avenir du partage entre les hommes et les machines n'en est qu'à son début ... et l'aventure inévitable est lancée. Ça va décoiffer !

23 mai 2014

IA - SHS : Et si vous étiez malvoyant ; testez le !

Depuis longtemps, les philosophes discutent des différences cognitives et de la connaissance du monde entre voyants et malvoyants. Il suffit de se rapporter aux expériences de pensée de Thomas Nagel (eg.), de Frank Jackson (eg.), etc. et de les théories de l'Umwelt ou des Qualia, pour se convaincre de la complexité du débat.
Rien n'est plus enrichissant que de dépasser l'expérience de pensée pour la vivre, ou pour le moins en vivre un morceau ... C'est ce que permet de faire un serious game à visée pédagogique élaboré pour sensibiliser les familles et le personnel socio-pédagogique et médical au vécu des malvoyants.
Vivre sans voir ou en voyant mal est un état de handicap majeur. Même si beaucoup de personnes porteuses d'un tel déficit le surmontent étrangement avec une aisance presque naturelle, il est évident que de nombreux pans de la vie sociales sont dramatiquement restreints, notamment pour les études, la culture, les relations humaines, l'emploi et le milieu professionnel. 
C'est donc afin de sensibiliser chacun aux difficultés quotidiennes des malvoyants que la société Streetlab a développé avec l'Institut de la Vision un programme immersif en 3D, nommé Iris&co, qui fait vivre les situations vécues par les déficients visuels.
Le but est d'abord de sensibiliser les personnes qui accompagnent les mal-voyants, et ambitionne de promouvoir des bonnes pratiques "vécues" et ainsi faciliter le quotidien des personnes concernées.
Par exemple, le vécu perceptif d'une DMLA, d'une rétinopathie pigmentaire, d'une larétinopathie diabétique, d'une maladie de stargardt, ou d'un glaucome congénitale permet au personnel soignant ou environnant de connaître l'expérience spécifique du handicap, et d'envisager par exemple avec le patient d'adapter des parcours en transport en commun, d'aménager un poste de travail ou les méthodes de classement et d'accès aux informations, de gérer des pauses et temps de repos, etc.
Voir ici un film de présentation (YouTube).

16 mai 2014

BIO - TECH : Une neuropuce permet de contrôler une main paralysée.

Le projet BrainGate, un système d'implants neuronaux mis au point par la société Cyberkinetics en 2003, en collaboration avec le département de Neurosciences et celui de biotechnologie de l'Université Brown avait permis à des personnes paralysées de contrôler par la pensée les mouvements de leur fauteuil roulant. Dans cette perspective, une équipe de l'Institut américain Battelle de l'Université de l'Ohio, dirige par Chad Bouton, sont parvenus à créer un système qui transmet directement les pensées d'un patient à des muscles. Ce système, baptisé Neurobridge, contourne la colonne vertébrale de certains patients paralysés pour permettre au cerveau d'interagir directement avec l'avant-bras. Cette technologie permet alors de contrôler l'une des mains directement par la pensée.
Le premier bénéficiaire de cette technologie a reçu une puce cérébrale de 4 mm de large et qui comporte 96 électrodes. Les différentes instructions cérébrales sont transmises sous forme de signaux électriques au cerveau grâce à un câble relié à un ordinateur. Ce dernier transmet les commandes à  huit bandes très fines qui entourent l'avant-bras du patient et qui sont dotées de 20 électrodes chacune. les signaux envoyés permettent de stimuler les fibres musculaires, permettant un mouvement avec une latence inférieure à un dixième de seconde.
On est encore loin de la commande précise, néanmoins les progrès sont en route et on peut s'attendre à des développements et des perfectionnements d'ici les prochains mois.

BIO - TECH : Un implant rétinien français redonne une forme de vue à certains aveugles.

La société française Pixium a développé un implant rétinien électronique baptisé « Iris ». Celui-ci fait l’objet d’une étude clinique internationale dont les premiers résultats sur cinq patients viennent d'être publiés. Ainsi, une femme aveugle depuis 20 ans, a été l'une des premières patientes opérée il y a huit mois. Elle est aujourd'hui capable de percevoir des objets de différentes tailles sur une table et arrive à distinguer le noir et le blanc, alors que ses performances semblent augmenter.
La prothèse rétinienne utilise une caméra fixée sur la monture d'une paire de lunettes. Les images ainsi obtenues sont analysées et transformées par un microprocesseur dans l'implant qui comporte une cinquantaine d'électrodes qui permettent de transmettre au cerveau, via le nerf optique, les signaux électriques correspondant aux images enregistrées. Le cerveau réapprend, après une rééducation de plusieurs mois, à interpréter correctement ces images. 
Cette technologie destinée aux patients devenus complètement aveugles à la suite de pathologies comme la rétinopathie pigmentaire, permet ainsi aux patients de retrouver une certaine forme de vision.
Lien (ici).

15 mai 2014

BIO : Du nouveau dans le vivant - l'enrichissement de l'ADN par de l'artificiel crée le premier être semi-synthétique

Un récent post sur ce blog montrait comment des chercheurs avaient réussi à "fabriquer" de l'ADN synthétique (ici). Les frontières de la recherche hybride, celle qui entend mélanger le naturel et l'artificiel, ne cesse d'évoluer puisque une autre équipe vient non pas de fabriquer un être hybride mais d'inventer un nouvel ADN. De quoi s'agit il ?
Pour rappel, l'ADN est la molécule du vivant construit à partir des quatre bases du code génétique (A, T, C et G)  groupées deux à deux. Et c'est ainsi depuis la nuit des temps de la vie : 4 bases  s'associent en une échelle constituée des barreaux A-T ou T-A et C-G ou G-C, les barreaux étant empilés les uns sur les autres pour former de longs brins qui se replient dans les chromosomes. Toute l'information génétique utile y est codée par les 4 lettres, et une grande part du stock est inutile, ou pour le moins ne sait-on pas encore à quoi elle sert.
Là est la révolution incroyable que viennent de développer des chercheurs de l'équipe de Floyd Romesberg du Scripps Research Institute (La Jolla,  Californie) et la société Synthorx, dans un article publié dans Nature (Malyshev et al., Nature, 7 mai 2014) rapportant des travaux qui ont réussi à créer un organisme semi-synthétique avec un alphabet génétique étendu par d'autres lettres que les 4 définissant le vivant historique. Les chercheurs sont ainsi parvenus à obtenir la reproduction correcte de la bactérie Escherichia coli (E. coli) à laquelle ils ont ajouté de l'ADN contenant deux bases supplémentaires artificielles nommées d5SICS et DNAM (X et Y). La bactérie modifiée a alors entamé des cycles de reproduction et l'ADN semi-synthétique  (A, T, C, G, X, Y) s'est correctement répliqué.

L’utilisation de ces nouveaux organismes dotés d’un ADN synthétique constitue une avancée originale par rapport aux OGM traditionnels. Contrairement à ceux-là, les nouvelles bases ne peuvent entrer dans la cellule qu'à la suite d'un processus technologique d'activation d'une protéine membranaire venue d'une algue, sorte de clef nanobiologique. Sans cette activation, la cellule revient automatiquement aux bases naturelles ATGC, et les bases ajoutées X et Y disparaissent de son génome. Cette sécurité permet ainsi de contrôler la production d’un ADN synthétique viable et d'assurer la sécurité, tout au moins jusqu'à ce qu'un chercheur trouve les moyens de synthétiser par modification génétique la production interne de la clef spécifique nécessaire au maintien de la duplication. Autant de question qui sont abordée dans une nouvelle discipline, la "xenobiologie".

Plusieurs réflexions sont néanmoins engagées.
  1. La première consiste à s'intéresser au fait qu'un organisme est capable d'accueillir sans l'altérer de l'information génétique supplémentaire. Cela montre que d'autres solutions sont possibles. Y en-a-t'il encore d'autres au-delà de X et Y et combien ? Sont-elles limitées ou infinies ?
  2. Ensuite une information non naturelle (artificielle) ou plus exactement extra naturelle telle que celle-ci pose le problème du pourquoi d'une limite à 4 bases différentes dans le vivant. Comment se fait-il que la "machine à créer le vivant" initiale ait sélectionné les 4 bases en question et uniquement celles-ci ?
  3. D'autre part, sachant maintenant que l’ancien modèle de l’ADN à quatre lettres n’est pas la seule façon de créer un organisme, la définition du vivant en est repoussée ? L'être hybride ainsi créé est-il naturel ou artificiel ? S'agit-il d'un animal ou d'un objet autorépliquant ? Avons nous affaire à un organisme à la fois vivant et artificiel ? Est-il plus vivant qu'artificiel, et cette question quantitative a-t-elle même un sens ? Si oui, peut-on dire qu'il est 2/3 vivant pour 1/3 créé et un futur être hybride pourrait-il dans ce cas être à l'inverse plus artificiel que naturel ? 
  4. Dans l'hypothèse d'une telle quantification de l'hybridité, à partir de quand ces être ont-ils des droits tels que ceux récemment déterminés par le Droit des animaux ? Sont-ce des êtres d'une autre espèce ? Et que signifie cette classification au terme des définitions classiques des espèces et des races ?
  5. Que se passera-t-il lorsque l'hybridité, qui ne manquera pas de se développer pour la perfection, la médecine ou la rentabilité des êtres, atteindra l'ADN de l'homme ?
  6. Enfin, la présence des bases naturelles "historique" sont-elles nécessaires à la duplication des nouvelles bases artificielles, ou peut-on envisager des avancées telles qu'un assemblage de bases purement artificielles soit aussi performant que celui du vivant naturel en se dupliquant et en faisant ainsi émerger des êtres nouveaux uniquement à partir de nucléotides étrangers ?
  7. Etc.

Il est trop tôt pour savoir si une telle manipulation génétique sans précédent se révélera fertile ou simplement utile à l'homme, mais il est probable que de nombreuses équipes vont dépasser ce prototype hybride et pousser encore plus loin les frontières de la biologie synthétique en ne modifiant plus seulement la Nature, mais en pouvant directement la créer.
Il est urgent de "penser" ce nouveau champs de connaissance et de production bio-nanotechnologique.
Voir un article de Futura-Sciences (ici) et un du Monde Sciences (ici).

iA -SHS : Le poids écologique de l'Internet.

Au lieu de lire ce message, pensez à l'environnement !!!

L'ADEME est l'organisme officiel français, créé en 1991, ayant pour mission la protection de l'environnement et la maîtrise de l'énergie en ce qui concerne les déchets, la pollution des sols, le transport, la qualité de l’air, le bruit, la qualité environnementale, l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Pour cela, l'ADEME s'appuie sur des expertises scientifiques et techniques pour proposer des conseil et accompagner les décideurs, et pour inciter et faciliter les choix favorisant des solutions respectueuses de l'environnement et les bonnes pratiques environnementales (site officiel de l'ADEME). 
Elle édite notamment le site "Réduisons vite nos déchets, ça déborde" (ici).
Depuis quelques années, l'ADEME s'est intéressée au prix écologique des TIC. Ainsi, elle propose un dossier "écocitoyens" sur la réduction de l'impact des usages de l'Internet et des courriels (ici) ou sur celui de l'usage des téléphones portables (ici).

L'ADEME a produit, avec la société "Bio Intelligence Service" une série d'études objectives de l'impact environnemental des usages quotidiens des TIC. Ce travail avait été relayé sur ce blog (lien interne) et a fait l'objet d'une nouvelle publication de sensibilisation en février 2014 (lien ici).
En mesurant l'impact de trois usages des TIC (mail, consultation, stockage) en termes d'émission de gaz à effet de serre (en équivalent CO2), d'épuisement potentiel des métaux (en équivalent fer) et d'épuisement potentiel de ressources fossiles (en équivalent pétrole), en prenant en compte la fabrication du matériel informatique (ordinateurs, disques et data centers), son usage, et la fin de vie des équipements, l'ADEME arrive à des conclusions inquiétantes (bilan ici).
Ainsi, le prix écologique de l'envoi d'un mail à une ou plusieurs personne, avec ou sans pièce jointe, celui des clics et des consultations Web telles qu'on peut les faire sans y penser en recherche documentaire, en jeu en ligne, ou en musardant simplement sur la toile, est quantifié et montre combien des quantités effarantes de tonnes CO2 par an sont ainsi dépensées dans le monde. Le "pompon" reviendrait aux clefs USB et aux connexions entre ordinateurs et clefs USB qui dépensent une quantité surprenante d'énergie. 
Toutes proportions gardées, et selon les statistiques de l'ADEME appliquées à l'ENSC,  une diminution de 10% de courriels de 10 Mo au sein de l'école, c'est à dire pour à peu près 200 personnes, permettrait de gagner plus de 15 tonnes équivalent CO2 par an, c'est-à-dire l'équivalent d'environ trente traversées aériennes transatlantiques. 

De nombreux rapports internationaux commencent à poser très sérieusement la question de l'impact des TIC sur l'environnement. Selon certains d'entre-eux, le numérique va faire exploser la consommation d'énergie mondiale dans la prochaine décennie avec à minima 4% de cette énergie, et selon certains jusqu'au double prévu d'ici à 2020.  
Au plan mondial, le film documentaire "Internet, la pollution cachée" (à voir ici), présenté en 2013 au festival international du film scientifique Pariscience, montre comment sans qu'on le sache vraiment des millions de kilomètres de cuivre ou de fibres optiques transportent les mails, les images et les musiques vers des milliers de data centers. Il révèle la face cachée de l'industrie silencieuse de l'Internet. Ainsi, d'après les réalisateurs du film, un mail envoyé entre deux voisins immédiats parcourt-il en moyenne 15.000 km alors qu'en une heure transiteraient quelque dix milliards d’emails dans le monde, pour une consommation d'à peu près 15 centrales nucléaires. Le stockage dans les data centers nécessite des quantités colossales d'énergie de refroidissement. Et les spécialistes commencent à s'inquiéter du boum du commerce en ligne qui produit beaucoup d’octets, comme d'ailleurs la publicité ciblée à laquelle on ne prête que peu d'attention et qui pourtant vient probablement imprimer sa trace infraconsciente dans le cerveau de l'internaute.
Sans revenir sur l'utilité évidente des TIC dans la lutte contre le changement climatique (surveillance satellitaire, télémédecine, rationalisation du travail et des déplacements, etc.) telle que peuvent le montrer des études internationales (voir par exemple ici), ni sur l'intérêt dans l'éducation et pour la culture de la jeunesse et des peuples, on ne peut que prendre conscience de la trace écologique très significative d'un usage facile et non raisonné de l'Internet, du mail et du Web, en incitant chacun de nous à diminuer ses connexions, ses clics et ses envois pour le bien de la planète. Voici par exemple de quoi reposer rationnellement l'intérêt des supports et des bibliothèques traditionnelles, ou de l'écriture et de la prise de note traditionnelles, dans un contexte qui n'est pas aussi simple qu'il apparaît, ou qu'on voudrait nous le faire croire.

12 mai 2014

DIV : L'homme interfacé - Conférence de Franck Renucci.

L’homme interfacé - Conférence de Franck Renucci
14 mai 2014 - 16 heures - petit amphithéâtre de l’ENSC

Que devient la communication au moment où les contours qui définissent l'humain changent ? L'homme-interfacé est celui qui interroge sa singularité quand les frontières de l'humain s'estompent avec la technique, la nature et les animaux. De nombreux auteurs qui ont développé ces dernières années une réflexion sur l'humain, nous permettent d'interroger de façon nouvelle sa communication. La question est alors de savoir dans quelle mesure l'apparition de l'Homme-interfacé et les relations établies avec l'artificiel modifient la communication humaine et sa pensée.

Franck Renucci, chercheur en délégation à l'ISCC, est directeur honoraire de l'Institut Ingémédia (UFR en Sciences de l'Information et de la Communication, de l'Université du Sud Toulon-Var). Dans un monde où les frontières de l'humain s'estompent, il s'intéresse à la communication humaine à travers les figures du corps, de l'altérité et de la création.
Conférence de l'ENSC, de l'IMS, de la MSHA et de l'ISCC Aquitaine - Organisation : Benoît Le Blanc - Nathalie Pinède
Accès à l'information sur le site de l'ENSC - rubrique - Congrès-conférences.

11 mai 2014

DIV : L'homme et la machine - Conférence de Dominique Wolton

"L’homme et la machine" - Conférence de Dominique WOLTON
14 mai 2014 - 15 heures - petit amphithéâtre de l’ENSC

Le XXème siècle a été celui de l'information et du progrès technique. Aussi le domaine de la communication a eu tendance à s'installer dans l'idéologie de la facilitation du message : facilitation technique avec la multiplication des canaux de communication, et facilitation rhétorique avec l'apparition de professionnels de la communication. Ces deux postures sont évidemment critiquables. D'une part la multiplication des tuyaux et le monde connecté n'améliore en rien la communication entre individus ; d'autre part le décorum des messages ne change en rien la compréhension du fond d'un discours. Mais au delà de ce simple constat, il faut bien prendre conscience que ces deux simplifications ouvrent la porte à l'effacement progressif de l'homme face à la machine. Pourtant la communication n'est en rien automatisable. Elle prend racine dans la nécessaire cohabitation et l'incontournable négociation. La question est donc de savoir quelle sera au XXIème siècle la place de la communication humaine, dans un monde peuplé de machines et d'hommes..

Dominique WOLTON, sociologue, directeur de recherche émérite au CNRS, est le fondateur de l’Institut des Sciences de la Communication du Centre National de la Recherche Scientifique. Spécialiste des médias, de l'espace public, de la communication politique, et des rapports entre sciences, techniques et société, il a conduit des recherches contribuant à valoriser une conception de la communication qui privilégie l'homme et la démocratie plutôt que la technique et l'économie. Il est actuellement directeur de publication de la revue Hermes et conseiller auprès du président du CNRS.


Organisation : Benoît Le Blanc - Nathalie Pinède

Entrée libre mais inscription obligatoire sur le site de l’ENSC - rubrique Congrès-Conférences

08 mai 2014

BIO : Des spermatozoïdes artificiels.

C'est en 2012 qu'une équipe de chercheurs de l'Université d'Etat du Montana et de l'Université de Stanford (États-Unis), équipe dirigée par Reijo Pera, a envisagé la fabrication de sperme fertile à partir de cellules souches impliquée dans la constitution de peau humaine. Depuis cette date, les scientifiques ont testé plusieurs méthodes et viennent de réussir, à partir de cellules de peau de trois hommes. Ces cellules ont été génétiquement modifiées pour les transformer en cellules souches telles qu’on peut les trouver chez les embryons. Pour rappel, les cellules souches sont omnipotentes, c'est-à-dire qu'elles peuvent croître pour devenir n’importe quelle autre cellule du corps humain. Ces cellules souches ont ensuite été implantées chez des souris et ont plus tard donné naissance à des spermatozoïdes.
Ces cellules reproductrices ainsi créées sont encore insuffisantes pour permettre la conception reproductrice, mais les expériences se poursuivent et les scientifiques considèrent comme tout à fait possible le fait de leur donner une potentialité reproductrice à moyen, voire à court terme. Pour l'heure, le modèle ainsi développé est le premier qui permette d'étudier expérimentalement le développement des spermatozoïdes et d'envisager à terme la transplantation de telles cellules directement dans les testicules des hommes ayant des problèmes à produire des spermatozoïdes.
Lien info (ici).

04 mai 2014

SHS : Un outil simple pour évaluer l'épuisement professionnel.

En 1981, Christina Maslach a mis au point le premier test d'évaluation du "burn-out", le MBI. Christina Maslach, professeur de psychologie à l'Université Berkeley (Californie-USA) et Michael Leiter,  professeur de psychologie à l'Université d'Acadie (Canada) ont largement vulgarisé le concept de "burn-out" comme "syndrome d'épuisement professionnel" (1). En fait, c'est en 1969 que Loretta Bradley, professeur d'éducation à l'Université du Texas (USA) a désigné sous ce terme un stress particulier lié au travail. Il fut repris en 1974 par le psychanalyste américain Herbert Freudenberger, clinicien de l'épuisement professionnel, et en 1976 par Christina Maslach dans ses études des manifestations d'usure professionnelle.

L’épuisement professionnel ou "burn-out" se caractérise selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) par "un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail". On différencie le "bournout" de la dépression en ce que le premier est nécessairement lié au travail, alors que pour la seconde, le travail n’est pas la cause première, mais souvent un facteur aggravant et directement concerné par l'état de souffrance du sujet. En cas de burnous, la personne atteinte est toujours en situation de stress chronique alors que c’est n'est pas systématique dans la dépression (50% des cas). Des différences physiologiques sont également manifestées, avec une hyperproduction de cortisol dans la dépression et un déficit dans les cas d' épuisement professionnel.

Le Maslach Burnout Inventory, ou Test d'Inventaire de Burnout de Maslach (MBI) est composé de 22 questions relatives au ressenti psychologique face au travail.
Il sert de référence mondiale et est utilisé en France par l'INRS pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles.

En 2005, Tage Søndergård Kristensen, psychologue fondateur de Task-Consult à Copenhague (Danemark), a mis au point pour l'Institut national de la Santé au Travail, le Copenhagen Burnout Inventory (CBI) s'appuie sur le modèle factoriel de Karasek.
De manière générale, on convient que les travailleurs qui traversent une période d’épuisement sont en situation de stress chronique, et donc en état de vulnérabilité. La majorité des victimes sont d'une part soumis à une charge de travail élevée, à laquelle s’ajoutent d'autre part une ou plusieurs des condition suivantes : manque d’autonomie et faible participation aux décisions liées à sa tâche ; déséquilibre entre les efforts fournis et la reconnaissance obtenus de la part de l’employeur, du supérieur ou des clients ; faible soutien social avec le supérieur, les collègues ou les clients ; communication insuffisante de la direction aux employés, concernant la vision et l’organisation de l’entreprise ou de la tâche.

En plus de ces facteurs, des particularités individuelles entrent en jeu, avec des résistances différentes selon les sujets et/ou les contextes professionnels ou personnels (responsabilités familiales, solitude, isolement géographique, etc.)

Quelles que soient les sources de stress au travail, un déséquilibre s'établit entre la pression subie et les ressources (intérieures et extérieures, perçues ou réelles) du sujet pour l’affronter.

Le CBI prend en compte les trois dimensions fondamentales du burn-out : l'épuisement personnel, l'épuisement professionnel et l'épuisement relationnel. Il peut être utilisé par un clinicien ou faire l'objet d'un autogestionnaire. Dans tous les cas, il doit être interprété avec l'aide d'un spécialiste.
Le test comporte trois séries de questions. Chaque réponse donne un nombre de points. Il suffit d'additionner ces points pour connaître l'état d'épuisement du sujet.

1 - Epuisement personnel (inférieur à 13 : pas d'inquiétude ; de 13 à 17 : alerte, vigilance nécessaire ; supérieur à 17 : épuisement physique et psychique).
  • Je suis fatigué(e) - Jamais ou presque jamais = 0 - Rarement = 1 - Parfois = 2 - Souvent = 3 - Tout le temps = 4
  • Je suis physiquement épuisé(e) - Jamais ou presque jamais = 0 - Rarement = 1 - Parfois = 2 - Souvent = 3 - Tout le temps = 4
  • Je suis émotionnellement épuisé(e) - Jamais ou presque jamais = 0 - Rarement = 1 - Parfois = 2 - Souvent = 3 - Tout le temps = 4
  • Je me dis que je n'en peux plus - Jamais ou presque jamais = 0 - Rarement = 1 - Parfois = 2 - Souvent = 3 - Tout le temps = 4
  • Je me sens vidé(e) - Jamais ou presque jamais = 0 - Rarement = 1 - Parfois = 2 - Souvent = 3 - Tout le temps = 4
  • Je me sens faible et susceptible de tomber malade - Jamais ou presque jamais = 0 - Rarement = 1 - Parfois = 2 - Souvent = 3 - Tout le temps = 4
2 - Epuisement professionnel (inférieur à 15 : pas d'inquiétude ; de 15 à 19 : alerte, vigilance nécessaire ; supérieur à 19 : l'organisation professionnelle de votre entreprise épuise le sujet physiquement et mentalement).
  • Mon travail est émotionnellement épuisant à un degré - Très faible = 0 - Faible = 1 - Moyen = 2 - Elevé = 3 - Très élevé = 4
  • Mon travail m'épuise à un degré - Très faible = 0 - Faible = 1 - Moyen = 2 - Elevé = 3 - Très élevé = 4 
  • Mon travail me frustre à un degré - Très faible = 0 - Faible = 1 - Moyen = 2 - Elevé = 3 - Très élevé = 4
  • Je me sens vidé(e) à la fin d'une journée de travail - Très faible = 0 - Faible = 1 - Moyen = 2 - Elevé = 3 - Très élevé = 4
  • En me levant, je me sens déjà épuisé(e) à l'idée d'une nouvelle journée de travail - Très faible = 0 - Faible = 1 - Moyen = 2 - Elevé = 3 - Très élevé = 4
  • Chaque heure de travail me paraît éprouvante - Très faible = 0 - Faible = 1 - Moyen = 2 - Elevé = 3 - Très élevé = 4
  • Je manque d'énergie dans les activités de loisir avec ma famille et mes amis - Très faible = 0 - Faible = 1 - Moyen = 2 - Elevé = 3 - Très élevé = 4
3 - Epuisement relationnel (total inférieur à 13 : pas d'inquiétude ; de 13 à 17 : les symptômes d'épuisement relationnel sont préoccupants ; supérieur à 17 : los relations professionnelles à l'intérieur ou à l'extérieur de l'entreprise épuisent le sujet). Le mot "client" est un indicateur. Le remplacer en fonction de son environnement professionnel.
  • Travailler avec mes clients (3) m'est difficile à un degré - Très faible = 0 - Faible = 1 - Moyen = 2 - Elevé = 3 - Très élevé = 4 
  • Travailler avec mes clients est frustrant à un degré - Très faible = 0 - Faible = 1 - Moyen = 2 - Elevé = 3 - Très élevé = 4 
  • Travailler avec mes clients m'épuise à un degré  - Très faible = 0 - Faible = 1 - Moyen = 2 - Elevé = 3 - Très élevé = 4 
  • Considérant ce que je donne à mes clients, leur retour me déçoit à un degré - Très faible = 0 - Faible = 1 - Moyen = 2 - Elevé = 3 - Très élevé = 4 
  • Travailler avec mes clients me fatigue - Jamais ou presque jamais = 0 - Rarement = 1 - Parfois = 2 - Souvent = 3 - Tout le temps = 4
  • Je me demande combien de temps je tiendrai encore dans ce travail - Jamais ou presque jamais = 0 - Rarement = 1 - Parfois = 2 - Souvent = 3 - Tout le temps = 4
Voir ici un site sur l'épuisement professionnel et ici le site de Doctissimo sur le travail.
A lire le numéro du 1er au 7 mai 2014 du Nouvel Observateur sur le Burn-Out (lien).
En cas de questionnement ou d'inquiétude, se rapprocher le plus rapidement possible de son médecin, ou selon le cas du médecin du travail ou du médecin de prévention universitaire. Le département d'ergonomie de l'ENSC est également spécialisé dans les risques psychosociaux et peut aider à orienter les personnes concernées.

30 avril 2014

DIV : La table connectée à Bordeaux.

La société Digitale Interactive est à l’origine d’une table intelligente qui possède des fonctions telles que le wifi, une webcam, un lecteur de code QR, etc.
 La société Max à Table, fondée par Mathias et installée à Bordeaux (ici), a équipé d'un tel dispositif son premier restaurant connecté qui a ouvert aujourd'hui 30 Avril 2014 dans le quartier Paul Doumer. La table permet évidemment de manger, mais aussi de préparer les menus, de passer sa commande et de payer. Des jeux et des vidéos sont disponibles pour passer le temps avant que les plats n'arrivent et on peut regarder la préparation en cuisine grâce aux caméras qui la filment en direct.
Voir un article de "connected-objects", un autre de "lesGourmands2.0" et un petit film (par ici) pour un concept "high touch" bien "sympa" ...