30 septembre 2011


La société IBM fait dans le gigantisme. Elle affirme mettre au point le plus grand système de stockage au monde, soit une capacité de 120 pétaoctets.
Cet équivalent d’environ 120 000 disques durs de 2 To, ou encore 24 milliards de MP3, aura donc une capacité dix fois supérieure aux plus grands systèmes actuels.  Pour constituer cette mémoire, IBM utilise 200 000 disques durs de 600 Go en parallèle, avec une sécurité de conservation que IBM juge lus que robuste (supérieur au million d’années sans perte de données ni diminution de performances).
Ce dispositif repose sur un système de fichiers inscrits sur de multiples disques afin de lire et d’écrire simultanément de multiples portions de chaque fichier. Baptisé GPFS, ce système a permis à IBM de recenser et scanner 10 milliards de fichiers sur un système de stockage en 3/4 heure seulement, remportant un nouveau record détenu jusque'à présente pour un simple milliard de fichiers scannés en 3 heures. Cette machine est attendue pour permettre des avancées scientifiques dans la modélisation, la simulation et la prévision numériques en physique, en astronomie, en climatologie, en biologie et en médecine.
Lien publication (lien).

IA : Des serious games pour la recherche.

Les Scientific Discovery Games (SDG) sont des jeux informatiques qui permettent à des joueurs en réseau de participer à une expérience scientifique menée grâce à Internet. Le principe est de traduire des éléments complexes issus d’une recherche scientifique sous la forme d'énigmes ou des puzzles, afin que des non spécialistes puissent les traiter sans connaissance scientifique précise. Seules la logique des joueurs et leurs capacités de résolutions de problème sont mises en jeu ... au service de la recherche
L'histoire des SDG débute en 2008 avec "Foldit" (littéralement "Plie-le"). Dans ce jeu vidéo expérimental sur le repliement des protéines, développé par le département d'informatique et le département de biochimie de l'Université de Washington, les joueurs tentent de résoudre un problème que les ordinateurs ne savent pas résoudre. 
Un exemple de ce principe collaboratif est celui du jeu "ESP" qui, face à l'incapacité des machines à classer les images (abscence de mots-clefs), confie cette tâche à des humains à travers un jeu en ligne. 
Lorsque deux personnes voient une même image et lui associe des mots-clefs ; si un même mot est proposé par les deux : il est validé et indexe l'image. L'ESP Game devrait permettre de classifier toutes les images du Web en quelques mois seulement. Ce principe permet de manière ludique de déléguer à des joueurs des procédures dont les machines sont incapables.
L’intérêt des SDG repose sur la participation quasi permanente des joueurs et leur nombre croissant. Plus le nombre de joueurs est grand, plus leurs connexions sont fréquentes, plus les chances de voir émerger des scores élevés est important : et donc plus les avancées scientifiques sont obtenues. 
C'est l’intelligence des articulants et l'émergence d'une intelligence collective qui permettent de résoudre "virtuellement" des problèmes scientifiques "réellement" posés. 
Au delà de FoldIt, on peut s'inscrire sur "Phylo", qui travaille sur la génomique comparative, "EteRNA" sur la compréhension de l’ADN, "Planet Hunters" en cosmologie, qui a récemment permis de découvrir deux nouvelles planètes (lien), etc.
Sommes nous à la veille d'une révolution des pratiques de recherche, ouvertes demain à une participation citoyen fédérative ? En effet, on constate un accroissement du nombre de jeux scientifiques collaboratifs mis en ligne. Néanmoins, pour un SDG réussi comme Foldit, trois autres sont également mis en ligne mais ne fonctionnent pas. la cause est double : un manque de visibilité et une faible communauté, une mauvaise conception ou une interface non conviviale.

Lire un article de Simon Bachelier, expert ne serious game, d’Universcience (lien).

29 septembre 2011

DIV : Science Factor - le concours des lycéennes pour les sciences

Dans un contexte difficile de crise, avec ses conséquences sur l’emploi, les entreprises manquent pourtant de scientifiques.
C'est dans les domaines des hautes technologies que le manque est le plus important. Pour le résorber, il convient d'intéresser les jeunes aux sciences et aux technologies, ainsi qu'aux carrières d'ingénieur. 
Le concours Science Factor a pour objectif de combattre cette désaffectation des jeunes pour la science, et d’intéresser les garçons mais surtout les filles aux filières scientifiques et techniques. C'est une action conduite avec le parrainage du Ministère de l'Education Nationale, du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, et d'Universcienceen partenariat avec Orange et le Syntec.
Les lycéens ont jusqu’au 15 décembre 2011 pour s’inscrire sur la page Facebook de Science Factor, après s’être constitués en équipes de quatre. Le but pour chaque équipe est de décrire le projet, la découverte ou la recherche que les jeunes gens aimeraient entreprendre s’ils étaient déjà diplômés d’une filière scientifique. Les cinq équipes finalistes présenteront leurs projets au jury présidé par Claudie Haigneré.

28 septembre 2011

DIV : Aerospace Valley se dote d'une nouvelle présidente.

Fort de ses 490 membres, Aerospace Valley est l'un des trois pôles de compétitivité français les plus importants.Sa vocation mondiale s'appuie sur sa spécialité "Aeronautique, Espace et Systèmes embarqués" développée sur les territoires d'Aquitaine et de Midi-Pyrénées. AV a depuis sept ans labellisé ou accompagné plus de 480 projets de recherche et développement, pour un total de quelques 725 millions d’euros investis,
C'est à la suite de Jean-Marc Thomas, président fondateur sortant, que Agnès Paillard qui avait assuré ces deux dernières années la direction générale du pôle, a été élue présidente ce mercredi 28 septembre 2011 par les 37 membres du conseil d'administration. Ingénieur de l’École Supérieure de
Physique et Chimie Industrielle de Paris, Agnès Paillard a débuté sa carrière chez IBM France, puis a assuré la direction générale de
Serma Technologies, avant d'animer le développement économique, la recherche et le développement durable de la Région Aquitaine. Elle a assumé ensuite la direction générale du pôle Aerospace Valley, puis a rejoint EADS France Innovation Works comme vice-présidente.
Le programme de la nouvelle présidente sera notamment orienté vers la compétitivité et le développement des territoires et celui des PME et des ETI des deux régions. Agnès Paillard a réaffirmé la mission du pôle qui, au delà des nombreux projets de recherche et développement, doit aller jusqu’aux produits et aux procédés innovants, ainsi qu'à leurs marchés. Ce programme ambitionne le développement et la création d’entreprises et d'emplois dans les deux régions du Grand Sud-Ouest. Le pôle accompagnera également le nouvel Institut de recherche technologique (IRT) "Aeronautique, espace et systèmes embarqués" (AESE) labellisé cet été dans le cadre des Investissements d’avenir. Et si cet IRT est midi-pyrénéen, les aquitains n'en seront pas exclus puisque certaines de leurs spécialités viendront prochainement enrichir le projet.

24 septembre 2011

SHS : Psychodynamique du travail.

Le mot travail est apparu vers 1200. Il est issu du latin médiéval "trepalium" : instrument de torture. Il a longtemps été vécu comme une obligation, interdite aux privilégiés, et au service de leur propre rentabilité. Bien qu'ayant évolué dans le siècle dernier au bénéfice du travailleur, il revêt pourtant toujours son aspect d'obligation et de contrainte.
Au delà de ses aspects négatifs, le travail présente des aspects constructifs : il est important pour se forger une identité ; il permet de développer de nouvelles aptitudes ; il confronte le sujet à des obstacles en lui permettant de se découvrir lui-même, de prendre conscience de ses capacités et de structurer sa personnalité. A l’extérieur du contexte professionnel, il permet de se façonner une identité et de construire son image sociale.
C'est dans cet équilibre entre aspects positifs et négatifs du travail que réside l'adaptation du travailleur, qui peut alors être globalement affecté par son travail et ses modifications.
Christophe Dejours est psychiatre, psychanalyste, et consacre son activité à la psycho-dynamique du travail. Professeur titulaire de la chaire de psychanalyse-santé-travail au Conservatoire national des arts et métiers, il y dirige le laboratoire de psychologie du travail et de l'action.
Ses théories reposent sur l'interprétation que le sujet donne à l'écart entre travail prescrit et réel, les processus qu'il met en oeuvre pour gérer cet écart, et les mécanismes de défense qu'il élabore contre la souffrance. Selon ces théories, les personnes en souffrance au travail sont souvent dans l’incapacité de surmonter « le réel du travail ». Par « réel » il désigne les aspects du travail qui résistent aux savoirs du travailleur.
Lorsque le travailleur se voit assigner une tâche, certains aspects de la tâche échappent à sa maîtrise directe. Il doit évidemment en premier lieu rencontrer le réel (travailler puis échouer), puis il doit être capable de surmonter l’obstacle, faire preuve d’ingéniosité, trouver des astuces pour compenser ses faiblesses. Cet état d’échec peut s’avérer plus ou moins long et plus ou moins possible à endurer.
Le travail peut aussi être néfaste pour le travailleur et éroder petit à petit sa personnalité ainsi que l’image qu’il a de lui-même ou qu'il veut donner de lui. Tout cela dépend évidemment d’une part de l’organisation du travail et de la part de liberté qu’elle offre et d’autre part de l’état psychologique du travailleur. Le dépassement des limites du supportable peut amener le travailleur à mettre fin à ses jours et ceci malgré une vie sociale et privée équilibrée.
Selon Christian Dejours, lorsque l’on apporte une contribution par son travail, on attend de la reconnaissance ainsi qu’une rétribution. Le premier aspect est moral alors que le second est matériel, néanmoins tous deux ont un impact psychologique sur le travail. Cet effet pouvant être soit négatif soit positif. Ces éléments permettent au travailleur de se construire une identité et une estime de soi. L’impression d’être utile est aussi un élément clef des bénéfices du travail.
Voir les vidéos de C. Dejours (lien)
Travail, usure mentale de Christophe Dejours, édition Bayard, 2010.

BIO - SHS : Le raisonnement analogique des singes.

Le propre de l'analogie est de reconnaître les relations entre les relations. Cette aptitude cognitive était jusqu'ici réputée humaine, puisque les chercheurs la considéraient impossible sans langage.
Deux psychologues du Laboratoire de psychologie cognitive de l'Université de Provence (lien) et du Franklin & Marshall College De Lancaster (lien) aux États-Unis viennent pourtant de démontrer que les singes pouvaient produire des analogies, sans le langage. Leur expérience menée sur 29 babouins (Papio papio) repose sur l'observation de formes géométriques et le choix ultérieur sur un écran tactile de deux autres formes représentant la même relation (d'identité ou de différence) que la paire initiale. Les singes devaient donc détecter des relations entre relations. La réussite à l'exercice par 6 singes a été observée après l'acquisition, mais semble stabilisée avec un respire tissage facilité après un an.
Ces travaux prouvent donc que l'analogie est possible sans langage, ou bien que les singes disposent d'un protolangage sur lequel s'étaye cette capacité utile au transfert de connaissances d'un domaine à l'autre. Ils montrent comment une pensée peut également exister sans langage.
Accès au résumé (lien).
Generalized Relational Matching by Guinea Baboons (Papio papio) in two by two-item analogy problems – Roger K. R. Thompson et Joël Fagot, Psychological Science, 20 septembre 2011,

SHS : Ouverture du site Internet de Philosophia Scientiæ

Philosophia Scientiæ est une revue scientifique publiée semestriellement par les Archives Henri Poincaré de Bancy (UMR 7117). Elle propose des travaux en épistémologie, en histoire et en philosophie des sciences. Elle accueille principalement des études traitant des mathématiques, de la physique et de la logique, mais également des recherches portant sur les autres disciplines scientifiques : physique, biologie, sciences humaines, sciences cognitives ... Les articles sont en français ou en anglais.
La mise en ligne de quinze numéros vient d'être réalisé, dont neuf en accès libre. Le site proposera l'ensemble des numéro ainsi que les cahiers spéciaux disponibles en texte intégral. Accès au site (lien).

23 septembre 2011

DIV : Trop vite pour la théorie - chercher l'erreur.

Publiée hier sur le serveur public arXiv, des résultats de six mois d'expériences inquiètent bien les chercheurs du CNRS qui les ont produits.
En mesurant avec une précision de l'ordre de la dizaine de nanosecondes (milliardièmes de seconde) le trajet d'un faisceau de neutrinos entre l'accélérateur du Cern, près de Genève, et le détecteur Opera du laboratoire du Gran Sasso, sous les Apennins au centre de l'Italie, l'equipe menee par Dario Autiero de l'Institut de physique nucléaire de Lyon tombe sur un os !
Les particules semblent traverser les 731 kilomètres de croûte terrestre qui séparent les deux sites en quelques 2,5 millièmes de seconde. Or c'est en moyenne 60 nanosecondes d'avance par rapport à la vitesse calculée qu'aurait mis la lumière. Un tel décalage, qui paraît certes infime, est en contradiction avec la théorie actuelle.
Cette experience de violation est à prendre avec d'extrêmes précautions. Au-delà de la portée potentielle de ses résultats sur la théorie de la relativité, ils interrogent la communauté scientifique et ouvrent des pistes d'hypothèses jusqu'ici farfelues. Les particules ont-elles trouvé un raccourci dans une autre dimension que les 4 de la théorie (3 dans l'espace auxquelles s'ajoute celle du temps) ? La vitesse de la lumière ne serait-elle pas une vitesse limite ? La théorie actuelle peut-elle évoluer comme celle de Newton l'avait fait grâce à Einstein qui a proposé une théorie plus générale ? Et existe-t-il donc une théorie encore plus globale ?
L'immense avantage de cette expérience est celui de confirmer la réfutabilité poppérienne de la relativité restreinte et l'ingéniosité des scientifiques dans la recherche d'expériences cruciales pour toujours plus de validité de leurs théories.

Lien vers l'article dans arXiv.

Séminaire cet après-midi à 16 heure depuis le CERN à Genève par Dario Autiero (lien en direct).

Voir le communiqué du CNRS sur Opera (lien).
Article de Enviscope (lien).
Photos disponibles (lien - fichier .zip)
Reportage « Plus vite que la lumière ? » (lien - mp4).
Vidéo (lien - conducteur bilingue).

20 septembre 2011

IA : L'éclairage pour transmettre les données.

Accéder aux données d’un réseau sans fil (WLAN) peut se faire en utilisant un simple signal lumineux d'ambiance. Des chercheurs du Fraunhofer Institute for Telecommunications, Heinrich Hertz Institute (HHI) de Berlin (Allemagne) en partenariat avec Siemens et France Telecom Orange Labs sont parvenus à créer un réseau à haut débit en modifiant un éclairage basé sur la technologie LED, avec un débit de 100 Mbit/s.
La technologie de communication par lumière visible (VLC) est basée sur de simples diodes électroluminescentes en lumière blanche (LED). Elle permet de coder des informations en langage binaire par l’ajout d’un composant spécifique, un modulateur, tout en garantissant un éclairage perçu comme normal et stable. Ce modulateur allume et éteint successivement les LED à très haute fréquence (VHF), sans que l’œil humain ne puisse percevoir les variations de luminosité. Le signal lumineux modulé est alors capté par une photodiode fixée sur le terminal informatique.
Les limitations actuelles (fonctionnement uniquement direct en ligne droite et débit) seront probablement levées par des stratégies d'éclairage d'ambiance (multipoints) et de couleur (800 Mbit/s prevus en combinant des diodes rouges, bleues, vertes et blanches).
Bien en deçà des performances du WLAN électromagnétique, le WLAN optique trouve son application dans les hôpitaux, les avions, les environnements critiques industriels, voire les habitations, dans lesquels les ondes électromagnétiques sont nuisibles.

BIO : 8,7 millions d’espèces eucaryotes.

La question du nombre d’espèces présentes sur Terre n'a jusqu'ici pas de réponse puisque nous n’en connaissons aujourd’hui qu’1,2 million et savons que ce chiffre est sans commune mesure avec la réalité. Des estimations sur leur nombre total varient d'ailleurs entre 3 et 100 millions.
Grâce à une nouvelle approche, une équipe de chercheurs canadiens, américains et anglais (lien) vient d’émettre une nouvelle estimation : il existerait 8,7 millions d’espèces eucaryotes (c’est-à-dire si l'on compte pas les bactéries).
Cette équipe a mis au point un nouveau modèle à partir de la classification des êtres vivants. Son application a des parties bien connues de la classification permet son extrapolation à l’ensemble de l’arbre du vivant. Il existerait ainsi 2,2 millions d’espèces marines et 6,5 millions d’espèces terrestres. Il y aurait 7,77 millions d’espèces d’animaux, 298 000 espèces de végétaux et 611 000 espèces de champignons.
Rapporté au nombre d’espèces déjà connu, cela signifie qu’il reste à découvrir (hors bactéries) 86 % des êtres vivants terrestres, et 91 % des marins. D’après les scientifiques, les spécimens inconnus ne vivraient que dans des zones géographiques très restreintes ou peu accessibles, comme les fonds marins, les forêts équatoriales ...
Une estimation facile montre qu’il faudrait 1 200 ans et plus de 300 000 taxonomistes pour répertorier l’ensemble de cette biodiversité. Le problème est qu'on ignore tout de son évolution réelle, et que selon le rythme des extinctions, beaucoup auront disparu avant même d'avoir pu être découvertes.
article dans Plos Biology de aout 2011.

SHS : Modéliser les flux et habitudes pour l'urbanisme.

L'analyse des mouvements humains facilite les politiques d'urbanisme. C'est l'hypothèse de UNA (MIT) qui combine géospatialisation et d'analyse des flux pour modéliser les habitudes des habitants d'une ville. Le but : faciliter le lancement de programmes d'urbanisme.
Etablir les meilleurs endroits pour construire des résidences, installer des bureaux, ou faciliter le développement de commerces dans un espace urbain doit se faire sur des données objectives. C'est dans ce but que la UNA Toolbox, un programme d'analyse des réseaux urbains, a été mise au point. Elle permet de modéliser les mouvements spatiaux et leurs évolutions.
Selon Andres Sevtsuk, le principal investigateur du projet, on pourra ainsi expliquer plus simplement : "sur quelle rue ou dans quel bâtiment on a le plus de chances de trouver un commerce de proximité, dans quelle zone se trouve le trafic à pieds ou en voiture le plus important et pourquoi la valeur du terrain varie d'un emplacement à un autre". La Toolbox prend en compte la géométrie globale des zones urbaines et des axes de transport, les distances mais également les immeubles dont on peut pondérer l'importance suivant différents critères : volume, population, influence sur les bâtiments environnants. Elle combine des programmes de géospatialisation et d'analyse de l'environnement urbain. L'un d'eux, par exemple, mesure combien de bâtiments peuvent être atteints dans un rayon donné à partir d'un immeuble de départ. Un autre calcule l'accessibilité d'un immeuble suivant l'attractivité et la distance des constructions proches. Un autre établit le nombre de passants dans une zone, quand un autre s'intéresse à l'écart métrique entre chaque bâtiment. Et enfin, un dernier établit le chemin le plus court entre deux points suivant le tracé des rues et des routes, puis compare cette donnée avec le temps qu'il faudrait pour parcourir la même distance à vol d'oiseau.
Ces éléments devraient permettre, par exemple, de quantifier efficacement si un immeuble occupe une position centrale et la facilité avec laquelle un habitant peut accéder à plusieurs endroits à partir d'un point de départ donné.

IA : Une mémoire associative sans électricité

Une équipe de l'Université du Tohoku, dirigée par le Professeur Ohno, en partenariat avec DEC, a annoncé avoir développé la première mémoire adressable par contenu (CAM) ne nécessitant pas d'électricité pour enregistrer des données.
Pour conserver des données ou des paramétrages, les appareils actuels reçoivent, en étant simplement branchés au circuit électrique, un flux constant d'électricité. L'électricité utilisée par cette activité "passive" est estimée à environ 6 % de l'électricité totale consommée dans les foyers.
La mémoire adressable par contenu (CAM) qui, contrairement aux mémoires de types RAM, a un contenu non plus accessible par une adresse mais par une donnée, est une mémoire extrêmement rapide.
Sa non-volatilité (cad sa capacité à ne pas perdre d'information sans apport d'électricité) est directement due au système physique d'enregistrement des informations. La mémoire utilise ce qu'on appelle la spintronique : les spins des électrons sont capables de se comporter comme des petits aimants et, selon leur orientation, de "stocker" des données. Ce type de mémoire pourrait être utilisé dans de nombreux appareils électroniques, notamment pour développer des appareils démarrant instantanément et ne consommant aucune électricité en veille.

09 septembre 2011

IA : un humanoïde dans l'espace.

Selon BBC news, un robot-astronaute humanoïde a été mis en oeuvre dans la station spatiale internationale. Le robot R2 (pour Robonaut v2) ressemble à un astronaute dépourvu de jambe (un torse, deux bras et deux mains à forme humaine, ainsi que d’un casque doré avec visière pour la tête). Le poids de cet « homme de fer » est de 136kg. Une version ultérieure lui permettra de recevoir des jambes et des pieds afin qu'il puisse se déplacer dans l’ISS dont les coursives sont prévues pour les hommes. Il pourra également être fixé sur un module d’exploration Centaur 2 afin de parcourir la surface de la Lune ou de Mars.
Fruit de 15 ans de travaux de la Nasa et de General Motors, c'est le premier humanoïde spatial développé pour travailler et aider les humains à l’intérieur comme à l’extérieur de la station.
Selon la Nasa, le robot est capable d’effectuer des mouvements quatre fois plus rapide que les premières versions terrestres R1. Il a plus de dextérité et dispose de meilleurs capteurs R2 effecteurs.
F1 dispose d'un compte Twitter (@astrorobonaut) déjà suivi par plus de 45.000 followers. Il répond ainsi aux questions des internautes comme le ferait un astronaute humain, tout en étant capable de réaliser d'autres tâches techniques ou de communication avec les autres membres de l'équipage et les contrôleurs sur terre.
De tels robots tel que celui testé sur l'ISS seront chargés d’effectuer des tâches de maintenance et de ménage, d’aider les astronautes durant leurs sorties, de les remplacer dans des conditions critiques ou trop dangereuses, mais également de leur tenir compagnie.
On envisage également de recourir à eux de manière autonome pour effectuer de la maintenance sur les satellites et pour préparer l’arrivée des humains sur Mars, et cela sans se préoccuper de leur survie ou de leur retour.
Accès au site de R2 (lien)

03 septembre 2011

IA : robotique anthropomorphique.

Insérer des robots dans le monde physique conçu pour les humains peut se faire de deux manières. La première consiste à recourir à des robots dont la mobilité s'affranchit totalement des contraintes de la motricité humaine (roues, chenilles, survol, coussin d'air, etc.), la seconde réside dans l'imitation biomécanique des capacités humaines et de ses caractéristiques morphodynamiques. C'est la voie qu'à choisi de suivre l'équipe robotique du Department of Electrical Engineering and Computer Science (EECS) de l'Université du Michigan à Ann Arbor (USA).
Subventionné par la National Science Fundation et la DARPA, le programme MABEL consiste en la réalisation d'un robot bipède, ayant des jambes et genoux. Ce robot n'est pas un humanoïde, mais est capable de se mouvoir et courir à plus de 10 km/h sur ses deux pieds. Voir le film sur YouTube.
Les perspectives de développement sont envisagées pour l'aide au handicap dans la constitution d'exosquelettes autonomes ou pour l'aide robotique à distance dans des situations de secours aux personnes ou d'intervention dans des zones dangereuses, toxiques ou radioactives.
Voir le site de MABEL.

02 septembre 2011

SHS - IA : sur le Web en 60 secondes.

Une équipe de Web designers de Shanghai (Go-Gulf.com) vient de publier en ligne une étude qui estime ce qui se passe chaque minute sur le réseau mondial de communication électronique.
En 60 secondes :
Google : près de 700 000 requêtes ;
Flickr : plus de 6 600 images mises en ligne ;
YouTube : plus de 25 heures de vidéos mises en ligne ;
Pandore : plus de 13,000 heures de musique en streaming ;
Skype : plus de 370 000 minutes d'échanges vocaux ;
FaceBook : près de 700 000 mises à jour de statuts, plus de 500 000 nouveaux commentaires et près de 80 000 messages sur le mur de quelqu'un ;
Twitter : quelques 320 nouveaux comptes ouverts et 98 000 tweets générés ;
Linkedin : près de 100 comptes créés ;
AppleStore : 13 000 applications téléchargées ou mises à jour ;
FireFox : 1 700 téléchargements du programme ;
WordPress : plus de 50 téléchargement du programme ;
Yahoo : quelques 40 nouvelles questions posées sur YahooAnswers.com ;
Emails : plus de 168 millions de messages échangés ;
Noms de domaine : quelques 70 nouveaux noms déposés ;
etc.

22 août 2011

IA - BIO : Homme augmenté par capteurs bioniques

Mesurer le rythme cardiaque, celui de la respiration ou recueillir l'activité électroencéphalographique sera prochainement possible par l'accolement d'un patch électronique ultra-fin (quelques microns d'épaisseur) à la surface de la peau.
Le principe du tatouage électronique est appelé "épiderme électronique". il comporte sur un support élastique, qui consiste en une très fine couche de plastique soluble dans l'eau (élastomère), une série de composants électroniques (circuits, capteurs, diodes, transistors, condensateurs, photodétecteurs ...) conçus pour pouvoir se déformer en fonction de l'élasticité de la peau. Fabriqués en matériaux semi-conducteurs, ils ont une forme de "serpentins filamenteux" qui leur permet de suivre les déformations structurelles (rides, bosses ...) et fonctionnelles (torsions, étirements ...).de la peau.
Le dispositif s'applique simplement par transfert en frottant un "tatoo", dans lequel est dissimulé le dispositif, directement sur la peau avec un peu d'eau.
Publié dans la revue "Science" du 12 août 2011 par John Rogers et son groupe de l'université de l'Illinois, le dispositif présente un potentiel d'applications médicales, physiologiques et ergonomiques multiples, rapprochant encore plus les domaines du biologique et de l'électronique.
"Epidermal Electronics," Science 333, 838-843 (2011) - lien.
Comment - lien.

12 août 2011

DIV : Ecrivez ... vous polluez !

Envoyer des mails pollue l'environnement dans les mêmes proportions que le trafic aérien. C'est ce qu'affirme l'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), en publiant le 7 juillet 2011 une note de synthèse sur l'impact environnemental du courrier électronique.
Ainsi, les courriels d'une société de cent personnes génèrent annuellement une pollution qui serait celle de quatorze allers-retours Paris-New York. Les technologies de l'information et de la communication (TIC) pourraient ainsi être responsables en 2020 de près de 4 % des émissions de gaz à effet de serre en Europe, contre 2 % en 2005. Cette pollution serait alors supérieure à celle du transport aérien, qui ne représenterait alors que 2 à 3 % des émissions européennes de gaz à effet de serre.
L'envoi d'un e-mail de 1 mégaoctet génère près de 20 grammes équivalent CO2, en raison de l'énergie consommée par les ordinateurs de l'expéditeur, du destinataire, et des serveurs et réseaux utilisés. Comme un salarié français reçoit en moyenne 58 e-mails par jour et en envoie 33, les courriels de 100 personnes entraîneraient l'émission de 13,6 tonnes équivalent CO2 par an. La situation est grave si l'on considère que quelques 500 milliards de e-mails sont envoyés chaque jour dans le monde.
Une solution : les bonnes pratiques !
Diminuer le nombre de mails, diminuer le nombre de destinataires, supprimer les copies, supprimer les réponses automatiques, faire la chasse aux spams, privilégier les filtres amont, etc.
Un exemple, selon l'ADEME, Réduire de 10 % l'envoi de courriels incluant systématiquement son responsable et son collaborateur direct au sein d'une entreprise de 100 personnes permet d'économiser environ une tonne équivalent CO2 sur l'année, soit un aller-retour Paris-New York.
Les recommandations de l'ADEME pour le bon usage des TIC (lien).

BIO : Le bonheur, c'est bon pour le coeur.

Une équipe multidisciplinaire associant la Harvard School of Public Health (Boston, USA), l'Université du Michigan (Ann Arbor, USA) et l'University College (Londres, GB), a étudié un échantillon de prés de 8000 personnes des deux sexes et d'âge moyen proche de 50 ans (cohorte Whitehall II).
Cette étude épidémiologique montre que le fait d'être satisfait de son sort, notamment dans sa vie personnelle, sa famille, sa vie sexuelle et son identité personnelle, a des conséquences bénéfiques et préventives sur le coeur et le système coronarien. Ces résultats ont été publiés le 4 juillet 2011 dans l'European Heart Journal.

03 août 2011

DIV : Où va la science ?

Voici quelques textes débats de quelques grands noms de la science et de l'épistémologie contemporaines, publiés en octobre 2007 dans le numéro 61 de Alliage.
La thématique qu'ils abordent n'est pas sans importance et tous les jours plus d'actualité : où va la science ?
On peut y adhérer, les contester, mais probablement aussi, les discuter.

Au sommaire :
Jacques Testart, « La recherche confisquée par l’innovation marchande »
Jean-Marc Lévy-Leblond, « Notes pour une autre politique scientifique »
Jean Chesneaux, « Construire une culture politique de l’écologie »
Aline Paillet, « Ça marche ! »
Gruppo scienza semplice, « Un Theatrum Mundi à l’heure d’internet ? »
Baudouin Jurdant, « La colonisation scientifique de l’ignorance »
Igor Babou, « Éloge de l’indisciplinarité »
Sulli Prudhomme, « Le chercheur »
Joost Mertens, « Les couleurs selon Charles Bourgeois »
Jorge Wagensberg, « Le plaisir intellectuel et la tristesse de la pensée »
Zéphyrin Xirdal, « La chronique du savant fou »

30 juillet 2011

DIV : Liberté de la presse

Signée il y a 130 ans, la Loi 29 juillet 1881 instaure la liberté de la presse. Le texte permet de s'affranchir des entraves à la publication d'un journal, dont l'autorisation administrative préalable, et établit le respect du ecret des sources des journalistes. Le délit d'opinion est supprimé. Cette loi est due à Jules Ferry, qui a oeuvré dix ans après l'instauration d'un régime démocratique, la IIIe République, pour qu'elle puisse être promulguée.
Lire la version consolidée au 21 mai 2011 (lien).